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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Au Venezuela, les premières étapes et expériences en matière d’aquaculture remontent à 1830 et au premier décret publié par le général José Antonio Páez pour empoissonner le lac Valencia dans l’Etat de Carabobo avec des espèces marines. Par la suite, des espèces commerciales exotiques ont été introduites et des techniques de culture ont été mises en place afin d’élever des espèces indigènes en captivité. Le véritable développement de l’aquaculture s’est cependant produit au Venezuela au cours des vingt dernières années, avec tout d’abord la culture de crevettes pénéides (Penaeus spp.) dans les années 1980. Jusqu’à la fin de l’année 2004, l’industrie crevetticole a été affectée par le syndrome de Taura. Cette maladie virale a provoqué une chute significative de la production de crevette qui représente 90,8 pour cent de la production aquacole nationale totale (INAPESCA, 2004). En 2005, l’introduction de la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei), espèce non porteuse d’agents pathogènes spécifiques et résistantes au virus du syndrome de Taura, n’a été approuvée qu’à des fins de reproduction (INAPESCA, 2005).

    En termes d’importance, l’élevage de tilapia (Oreochromis spp.) et la truiticulture (Oncorhynchus mykiss) viennent après la crevetticulture. Ils ont tous deux été affectés ces dernières années par la dégénérescence génétique des stocks de géniteurs, ce qui ne permet pas un approvisionnement suffisant en alevins. La quantité et la qualité de ces deniers ne satisfont pas la demande et réduisent la rentabilité de l’élevage de ces deux espèces.

    L’Institut national de la pêche et de l’aquaculture (INAPESCA), l’institution officielle responsable des politiques menées dans ces deux secteurs, a par conséquent inclus dans ses programmes un projet dont le but est l’amélioration génétique des espèces qui sont cultivées pour leur grande valeur, tant biologique que commerciale. Ce projet est soutenu par la recherche nationale.

    L’élevage de tambaqui ou cachama (Colossoma macropomum) est quant à lui développé dans les zones rurales du pays (le plus souvent sous forme de pisciculture intégrée à d’autres activités agricoles). Sa contribution à la production aquacole nationale est de l’ordre de 7,9 pour cent (INAPESCA, 2004). Ses perspectives de croissance semblent cependant limitées à cause d’une promotion et de sources de financement insuffisantes pour permettre son réel développement (manque d’aliments concentrés et bon marché pour poisson, commercialisation encore balbutiante du produit).

    Au vu de la situation précédemment décrite, le secteur public a inscrit dans ses programmes la création d’une usine de transformation d’aliments concentrés pour poisson adaptée aux besoins du secteur. Réalisée par l’intermédiaire de l’INAPESCA, celle-ci vise à encourager le développement de l’aquaculture et plus particulièrement celui de la pisciculture en eau chaude. Un programme de financement établi avec les banques publiques a aussi permis d’accorder des crédits aux aquaculteurs à petite et moyenne échelle.
    Historique et aperçu général
    Les premières étapes ou tentatives en matière d’aquaculture au Venezuela remontent à 1839 et au premier décret publié par le général José Antonio Páez pour empoissonner le lac Valencia dans l’Etat de Carabobo avec des espèces marines (INCAPESCA, 2004). En 1937, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (MAC) a introduit avec succès la truite arc-en-ciel (Oncorynchus mykiss) dans le pays. En 1940, ce fut le tour de la carpe commune (Cyprinus carpio) et, en 1959, celui du tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) qui ont été mis en charge dans des pièces d’eau naturelles. La mytiliculture (moule de rocher sud-américaine, Perna perna) et l’ostréiculture (huître creuse des Caraïbes, Crassostrea rhizophorae) ont quant à elles débuté en 1960 dans l’est du pays. Enfin, le tilapia rouge (Oreochromis spp.) a été introduit comme espèce commerciale en 1980 et de grandes exploitations piscicoles commerciales ont été construites pour l’élevage d’espèces locales (hybride de tambaqui, Colossoma macropomum, et de pirapitinga, Piaractus brachypomus) en 1982.
    Le projet de recherche et développement MAC/PNUD/FAO/VEN sur les pêches continentales a été mis en place entre 1974 et 1977. La pisciculture continentale en eau chaude a alors été encouragée avec le développement de technologies de reproduction induite (hypophysation) de coporo (Prochilodusmariae), de pirapitinga (Piaractus brachypomus), de tambaqui ou cachama (Colossoma macropomum) et de l’hybride de ces deux derniers (C. macropomum x P. brachypomus). L’introduction de crevettes pénéides (Penaeus spp.) a été approuvée en 1984 alors que la culture de bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) a démarré en 1985. L’élevage des espèces de tilapia Sarotherodon et Oreochromis spp. a quant à lui démarré en 1992. En 2005, l’introduction de la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei), espèce non porteuse d’agents pathogènes spécifiques et résistantes au virus du syndrome de Taura, n’a été approuvée qu’à des fins de reproduction.

    Les principaux systèmes de culture adoptés sont extensifs (réempoissonnement des lacs et des réservoirs), intensifs (élevage dans des environnements contrôlés à des densités élevées) et super intensifs (élevage dans des environnements contrôlés à densités élevées avec un recours à des technologies spécialisées). L’aquaculture est également réalisée dans des cages et des viviers (installés dans les réservoirs, sur le littoral, dans les lagunes et dans les deltas). Il existe encore d’autres conditions de culture (filières, radeaux, plates-formes, etc.).

    Les systèmes de production relèvent de la pisciculture, de la culture de crustacés ou de la conchyliculture selon les espèces cultivées. La pisciculture comprend aussi bien des espèces exotiques (truite, tilapia, carpe, poisson d’ornement) que des espèces locales. Parmi ces dernières, on peut citer le tambaqui, le pirapitinga, leurs hybrides, l’atipa (Hoplosternum littorale), des poissons d’ornement, le carachama (Liposarcus multiradiatus), le palometa (Mylossoma duriventre), le silure glane (Pseudoplatystoma spp.), le mulet blanc (Mugil curema), le mulet lebranche (Mugil liza), les pompaneaux (Trachinotus spp) et le bocachico de l’Orinoque (Semaprochilodus kneri). La culture de crustacés se résume essentiellement à la crevetticulture. Il s’agit d’espèces exotiques de crevettes de mer et d’eau douce provenant du Pacifique et de Malaysie (Penaeus vannamei, L. stylirostris et Macrobrachium rosembergii) ainsi que de la culture d’espèces autochtones de micro-crustacés (Artemia spp.). Enfin, la conchyliculture se divise en mytiliculture et ostréiculture.

    La formation académique de professionnels et de techniciens aquacoles a démarré en 1980. La formation technique s’est concentrée sur la conchyliculture ainsi que sur la pisciculture marine et continentale, la culture de crustacés et l’algoculture. Le secteur privé a encouragé la formation et le développement d’un groupe spécialisé dans la production aquacole grâce à la réalisation de projets piscicoles et crevetticoles. Les instituts de recherche ont à leur tour entrepris un travail scientifique en relation avec l’aquaculture pour identifier dans un premier temps les espèces indigènes qui pouvaient le mieux s’adapter aux conditions locales. Ils ont ensuite porté leurs recherches sur des espèces exotiques dont la rentabilité a pu être vérifiée sur le plan international.

    De son côté, le secteur public a formé un nombre significatif de professionnels pour s’occuper des domaines qui lui incombent, c’est-à-dire de l’administration et de la gestion des ressources aquacoles.

    L’introduction de la truite arc-en-ciel en 1937 a stimulé le développement de la pisciculture dans les régions andines du pays. Par la suite, au cours des années 1970, les recherches se sont portées sur la biologie et l’élevage d’espèces locales dans des conditions de captivité (notamment des genres Colosssoma, Piaractus, Prochilodus, et Pseudoplatystoma). Après 1982, le développement de l’aquaculture a été encouragé par l’introduction et la culture d’espèces de crustacés intéressantes du point de vue commercial comme les crevettes marines dont la culture a permis le développement de systèmes de production de larves et de grandes unités de grossissement.
    Ressources humaines
    D’après les données fournies pas la Société vénézuélienne d’aquaculture (SVA) et l’Institut national de la pêche et de l’aquaculture (INAPESCA), on compte une soixantaine de professionnels dont la formation est reconnue dans le domaine de la recherche et de la promotion de l’aquaculture ; 55 pour cent des hommes, 45 pour cent des femmes (SVA, 2004 et INAPESCA, 2005). Dans le secteur privé, on estime à 5 000 le nombre de techniciens qui travaillent directement dans la production crevetticole et à environ 3 000 ceux qui sont impliqués dans la pisciculture marine et continentale (INAPESCA, 2005).

    La plupart des professionnels ont obtenu leurs diplômes dans les principales universités du pays. Ces dernières proposent des cours sur l’aquaculture, la pêche et l’ingénierie halieutique. La majorité de ces professionnels a été embauchée par le secteur public qui a développé à son tour des programmes de formation et d’organisation des communautés dans le but de préparer une main d’œuvre qualifiée sur le plan technique afin de contribuer au développement de l’aquaculture rurale.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Les principales zones de production aquacole dans le pays correspondent à des endroits faciles d’accès qui présentent les meilleures conditions physiques, naturelles et économiques pour l’installation d’unités de production rurales à petite échelle et/ou commerciales et industrielles. Ces zones sont définies dans le plan d’aménagement du territoire. Elles font partie des politiques envisagées par le secteur public national. Le ministère de l’Environnement et des ressources naturelles (MARN) et l’Institut national de la pêche et de l’aquaculture (INAPESCA) sont ainsi les institutions responsables du développement harmonieux de l’aquaculture par rapport aux autres activités économiques dans les différentes régions du pays. Il est important de souligner que le principal objectif de ce plan est de stimuler le développement des régions qui, sur le plan économique et social, sont le plus sur le déclin. Il cherche à stimuler les sources d’emploi et la fourniture d’aliments de nature aquacole. Ce plan organisationnel entend aussi protéger tous les espaces naturels constitués d’écosystèmes extrêmement fragiles qui pourraient être affectés d’une façon ou d’une autre par le développement de l’aquaculture. C’est par exemple le cas des mangroves qui ont été sérieusement touchées par la crevetticulture dans d’autres pays.

    Pisciculture. Au Venezuela, les principales zones de développement piscicole se trouvent dans les Etats de l’est (Bolívar, Anzoátegui, Monagas, Sucre et Delta Amacuro), du centre (Cojedes, Guárico et Carabobo) et du sud-ouest (Táchira, Apure, Mérida et Zulia).

    Crevetticulture. La crevetticulture est réalisée dans les Etats côtiers comme ceux de Zulia (rives du lac Maracaibo), de Falcón, d’Anzoátegui, de Sucre et de Nueva Esparta. De nouvelles zones destinées à des projets crevetticoles sont en cours d’assignation au niveau gouvernemental. Ces zones se trouvent dans les Etats centraux de Miranda et de Carabobo qui n’avaient pas été envisagés précédemment pour le développement de telles activités.

    Conchyliculture. La conchyliculture domine dans les Etats de Falcón (zone d’intérêt écologique de Cuare dont le site faisant partie des zones humides d’importance internationale - Ramsar), de Sucre (côte sud du golfe de Cariaco) et de Nueva Esparta (côte sud des îles Margarita et de la baie d’El Saco sur l’île de Coche).

    D’après les statistiques de l’INCAPESCA pour l’année 2004, les systèmes de culture extensifs et semi-intensifs dominent dans le secteur aquacole. Ils sont intégrés aux activités agricoles et activités halieutiques dans le cas de la pisciculture et de la crevetticulture. L’aquaculture intensive est pratiquée pour l’élevage de truite arc-en-ciel et de tilapia ainsi que dans la crevetticulture. Elle représente environ 5 pour cent de la production aquacole nationale totale.

    Les surfaces consacrées à la production aquacole sont réparties comme suit :

    • Pisciculture : 530 ha.
      • Pisciculture extensive et semi-intensive : 503,5 ha.
      • Pisciculture intensive : 26,5 ha.

    Crevetticulture . 8 000 ha réduits de moitié fin 2004 et au cours de l’année 2005 à cause de l’épizootie provoquée par le syndrome de Taura. Les 4 000 ha alors exploités se décomposaient comme suit :
    • Crevetticulture semi-intensive : 3 800 ha.
    • Crevetticulture intensive : 200 ha.

    Conchyliculture . 0,35 ha. Encore dans une phase pilote, il n’est pas possible de définir des tendances relatives à cette activité.

    Utilisation des ressources :
    • Sols. D’après les données fournies par l’INCAPESCA (2004), environ 99 pour cent des sols destinés à la production aquacole (pisciculture et crevetticulture) sont utilisés pour construire des étangs artificiels (en terre), des bassins en béton et des étangs à revêtement (géomembranes pour les sols perméables).
    • Eaux. 99 pour cent environ de l’eau utilisée pour la production aquacole sert à remplir par pompage les bassins piscicoles et crevetticoles. Le reste (1 pour cent) est directement utilisé dans les systèmes de production ayant adoptés les cages flottantes, les enclos et les radeaux pour l’exploitation des pièces d’eau marines, continentales et d’estuaires (Cabrera et al., 1995; Cadenas, 1996; INCAPESCA, 2004).
    • Aliments. 40 pour cent de sous-produits et de résidus agricoles et 60 pour cent d’aliments concentrés.
    • Engrais. 4 077 tonnes d’engrais biologiques et 825 tonnes d’engrais chimiques chaque année.

    Quantité de poissons produits par surface. Dans le domaine de la pisciculture, de nouvelles espèces locales ont été adoptées. La quantité de poisson par mètre carré (densité de mise en charge) varie selon l’espèce, le taux d’échange des eaux, les ressources économiques, etc. (Cadenas, 1996; Palencia, 1996). On peut notamment citer les espèces suivantes qui constituent les alternatives les plus importantes pour la production de poissons destinés à la consommation humaine :
    • Tambaqui ou cachama : le taux de mise en charge de cette espèce est d’un poisson par mètre carré. Dans des conditions d’élevage semi-intensives, son cycle de production dure huit mois et la récolte s’élève à 14 000 individus par hectare par an (Cardona, 1996).
    • Bocachico : cette espèce est surtout élevée dans des conditions extensives et sous forme de polyculture (avec le tilapia rouge et le tambaqui) à des densités comprises entre 0,2 et 1 poisson par mètre carré. Son cycle de production dure six mois et sa production annuelle est comprise entre 2 000 et 10 000 poissons d’un poids moyen de 450 grammes. (Palencia, 1996).
    • Tilapia rouge : 100 000 tilapias sont produits par hectare et par an, à raison de 50 000 poissons par cycle de production d’une durée de six mois, ce qui correspond à une production de 35 tonnes annuelles.

    Types des installations de production. Les étangs artificiels en terre, généralement pourvus de systèmes indépendants d’adduction et de drainage des eaux, constituent la structure de production la plus diffusée dans la pisciculture et la crevetticulture. Des bassins en béton et des étangs à revêtements sont aussi utilisés. On trouve également de petits barrages construits sur les cours d’eau afin de créer des lagons de taille moyenne (bassins d’irrigation de 5 à 50 ha). Le long des côtes, la mytiliculture et l’ostréiculture sont réalisées sur des radeaux ou dans des parcs.
    Espèces cultivées
    Les activités qui contribuent à plus de 75 pour cent de la valeur totale de la production aquacole sont la crevetticulture marine (98 pour cent de la production nationale) et la pisciculture (13,04 pour cent de la production nationale) avec l’élevage de tambaqui, (66,6 pour cent de la production nationale de cette espèce), de truite (30 pour cent de la production nationale), de tilapia (16,6 pour cent de la production nationale), de poisson chat et de bocachico (8,3 pour cent de la production nationale) (INAPESCA, 2003).

    Pisciculture. Cette activité a débuté en 1937 avec la truiticulture (Onchorynchus mykiss). Par la suite, d’autres espèces exotiques ont été introduites comme la carpe commune (Cyprinus carpio), le tilapia (Orechromis spp.) et le mulet blanc (Mugil curema). L’esturgeon commun (Acipenser sturio) et l’anguille d’Amérque (Anguilla rostrata) ont aussi été importés à des fins expérimentales. Le premier a été étudié par la Fondation La Salle des sciences naturelles (Boconó), la seconde par l’université Orientale (Ile de Margarita). Enfin, plusieurs espèces de poissons d’ornement ont été introduites à des fins d’élevage. Les espèces locales de poisson d’eau douce comme le tambaqui (Colossoma macropomum), la demoiselle (Piaractus brachypomus), le prochilode rayé (Prochilodus spp.) et certaines espèces de poisson-chat (Pimelodus sp.) ont quant à elles été l’objet d’élevages expérimentaux (SARPA, 1995; Cardona, 1996).

    Tilapia (Oreochromis spp.). En 1959, le gouvernement vénézuélien a importé les premiers spécimens de tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) de Trinidad et de la Martinique (Ramírez, 1969; Guevara, 1988). Le but était de tirer avantage du fort taux de reproduction de cette espèce et de l’utiliser comme poisson-fourrage (Cadenas, 1996). Alors qu’il existait déjà de façon officieuse, l’élevage légal de tilapia a commencé en 1992 avec une résolution conjointe du MARN et du MAC approuvant l’introduction de cette espèce à des fins d’élevage (Durán, 1995). L’espèce cultivée est un hybride tétra obtenu du croisement entre Oreochromis mossambicus x O. urolepis hornorum x (SARPA, 1995).

    Les espèces sélectionnées pour l’élevage sont le tilapia rouge et le tilapia du Nil, tous deux introduits à des fins expérimentales en 1989. Le premier est celui qui est le plus largement diffusé, surtout dans des eaux chaudes dont les températures sont comprises entre 24 et 30 °C. Le Service autonome des ressources de la pêche et de l’aquaculture (SARPA) recense 195 exploitations en activité. Leur production s’élevait à 2 320 tonnes en 1999. La surface totale destinée à l’élevage a atteint son maximum en 1998-1999 quand elle couvrait 297 ha en activité. L’élevage de tilapia se concentre dans les Etats de Táchira, de Barinas, de Cojedes, de Zulia, de Carabobo ainsi que dans quelques Etats de l’est du pays (SARPA, 1995). Le nombre d’exploitations en activité a progressivement baissé entre 2000 et 2004 à cause d’une mauvaise gestion des espèces due à la piètre qualité génétique des souches cultivées (INAPESCA, 2004).

    L’INCAPESCA s’est par conséquent concentré sur la promotion des espèces locales comme le tambaqui et ses hybrides, notamment le coporo. En 2005, l’INCAPESCA a cependant reçu un nombre significatif de demandes pour développer l’élevage de tilapia et son conseil d’administration a dû approuver une résolution permettant la réactivation de celui-ci. Les autorisations sont soumises au respect de critères techniques qui garantissent de bonnes pratiques de gestion ainsi qu’un contrôle et une certification des souches génétiques utilisées.

    Truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). Elle est la principale espèce élevée dans les régions andines des Etats de Táchira, de Mérida et de Trujillo. En 1994, le SARPA recensait 18 entreprises truiticoles qui couvraient une surface de 21 ha. L’Institut national de la recherche agricole (INIA) exploite quant à lui trois stations truiticoles qui soutiennent environ 55 exploitations de tailles différentes. Les densités de mise en charge sont extrêmement élevées. Elles atteignent une biomasse de 20 kg par mètre carré. En 2004, la production truiticole s’élevait à 678 tonnes. Elle a été réalisée sur une surface couvrant 60 ha et suivant un cycle de production long de 10 à 12 mois.

    Tambaqui ou cachama (Colossoma spp.). Le tambaqui est l’une des espèces traditionnelles de la pisciculture en eau douce et le Venezuela est l’un des premiers pays à avoir pratiqué son élevage en Amérique latine. En 1994, le SARPA recensait environ 38 centres de production de ces characidés dans des exploitations et des centres expérimentaux couvrant 90 ha (SARPA, 1995). L’élevage de tambaqui se caractérisait au début par son caractère de culture marginale géographiquement dispersée (SARPA, 1995). A l’heure actuelle, on compte environ 140 exploitations qui couvrent au total 195 hectares. Elles se trouvent sur l’ensemble du territoire, dans des zones où les températures sont comprises entre 23 et 30°C. Les densités de mise en charge sont d’un poisson par mètre carré dans les systèmes de culture semi-intensifs. Elles sont comprises entre 22 et 30 poissons par mètre cube dans les cages flottantes. Leur cycle de production dure de 8 à 10 mois (INAPESCA, 2004).

    Crevetticulture marine. La crevetticulture a démarré au Venezuela avec la culture d’espèces locales comme la crevette ligubam du sud (Penaeus schmitti) et la crevette royale rose (Penaeus brasiliensis) ou encore la crevette bleue (Penaeus stylirostris). Par la suite, en 1986, la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) a été introduite en provenance de la côte Pacifique de l’Amérique centrale. Cette espèce présentait des caractéristiques permettant une culture intensive, ce qui a contribué au développement de cette industrie. Il faut souligner que l’importation de crevettes vivantes dans le pays s’est poursuivie de 1986 jusqu’au début 1995 alors que le virus du syndrome de Taura causait des effets délétères en Equateur et menaçait de s’étendre aux pays d’Amérique centrale. En 1996, les exploitations crevetticoles de la côte Atlantique de la Colombie étaient déjà touchées par les effets négatifs de cette maladie virale (Cadenas, 1996; SARPA, 1996).

    Aujourd’hui, en pleine expansion, la crevetticulture marine a véritablement commencé à se développer au Venezuela en 1989. D’après les estimations de la Division de l’aquaculture du SARPA, cette activité a connu une croissance de 215 pour cent entre 1989 et 1990, ce qui est significatif si on considère que le taux de croissance moyen était auparavant de 20 pour cent. Les rapports indiquent que sept exploitations crevetticoles étaient actives en 1995. Il s’agit d’Aquatec, C.A. (Nueva Esparta), d’Aquacam, C.A. (Sucre), de Desarrollos Marinos, C.A. (Sucre), d’Aquamarina de la Costa, C.A. (Anzoategui), de Ricoa Agromarina, C.A. (Falcon), d’Interaqua de Venezuela, C.A. (Zulia) et de Bioindustrias, C.A. (Zulia). Leur production moyenne de ces exploitations s’élevait à deux récoltes de 1 200 kg par hectare et par an (SARPA, 1995).

    A l’heure actuelle, l’Institut national de la pêche et de l’aquaculture recense 34 exploitations en activité dont la taille varie entre 10 et 1 000 ha. La surface totale de ces fermes couvre 8 000 ha (INAPESCA, 2005). Les pratiques de culture sont principalement extensives, avec des densités de 5 à 10 crevettes par mètre carré. Les systèmes de culture semi-intensifs, avec 15 à 25 individus par mètre carré, sont également communs. Plus récemment, des systèmes de culture intensifs ont été lancés. Ces derniers ont recours à des taux d’aération élevés, à des échanges d’eau fréquents et à une fourniture alimentaire pauvre en protéines de façon à diminuer les effets sur l’environnement dus à de fortes concentrations de matière organique. La récolte est généralement effectuée 2,5 fois par an, avec une production moyenne de 4 000 kg par hectare et par cycle, ce qui correspond à des rendements annuels de 8 500 à 10 000 kg/ha. Les cycles de production durent quatre mois et permettent aux spécimens d’atteindre 20 g en moyenne avec un taux de survie compris entre 60 et 70 pour cent (INAPESCA, 2005).

    Conchyliculture. Les espèces de mollusques bivalves cultivées sont l’huître creuse des Caraïbes (Crassostrea rhizophorae), l’huître creuse américaine (Crassostrea virginica), l’huître perlière de l’Atlantique (Pinctada imbricata), la moule de roche sud-américaine (Perna perna) et la moule verte (Perna viridis).

    Espèces locales (endémiques) et espèces introduites (exotiques). Les espèces locales les plus importantes sont le tambaqui et ses hybrides, le coporo, le poisson-chat et le bochachico. Toutes ces espèces ont été l’objet de recherches et ont été adaptées à des systèmes d’élevage en captivité. Elles présentent des taux de productivité élevés grâce à la facilité avec laquelle leurs alevins peuvent être produits en laboratoire.

    Les espèces introduites ont incontestablement contribué à l’expansion de l’aquaculture dans tout le pays. Faisant le plus souvent partie d’un « paquet technologique », leur attrait réside dans leur valeur économique raisonnable et dans leur importance en termes d’entrée de devises. Elles permettent en effet de répondre à une demande croissante de la part des marchés domestiques. Les espèces exotiques les plus importantes sont le tilapia, les crevettes marines, les algues marines et la truite arc-en-ciel.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Etangs artificiels en terre. L’aquaculture (pisciculture et/ou crevetticulture) extensive et/ou semi-intensive est généralement pratiquée dans des étangs artificiels en terre. Ce système permet une intensification de l’élevage intéressante sur le plan économique, quant aux coûts de production par surface, quand les volumes augmentent. La culture en étang permet aussi d’utiliser des sous-produits agricoles et d’exploiter la productivité naturelle ainsi qu’une plus grande interaction entre les organismes cultivés et le fond des étangs.

    Bassin en béton (raceways, retenues d’eau, etc.). Principalement utilisées dans la pisciculture intensive (tilapia) et la production de poissons d’ornement, ces structures sont aussi exploitées dans les écloseries et les laboratoires pour la production de larves de poissons et de crustacés. Leurs principaux atouts sont une plus longue durée de vie, une meilleure hygiène et une économie en termes d’espace.

    Cages flottantes. Les cages flottantes sont surtout utilisées dans la pisciculture intensive menée dans des réservoirs et sur les côtes. On peut y introduire et y élever de fortes concentrations d’individus, ce qui permet d’exploiter les lacs et différentes pièces d’eau en tirant avantage des échanges naturels des masses d’eau au moyen de constructions simples et bon marché.

    Enclos. Les enclos sont utilisés dans la pisciculture semi-intensive et extensive réalisée dans de petites pièces d’eau. Comme précédemment, on peut y introduire et y élever de fortes concentrations d’individus, ce qui permet d’exploiter les lacs et différentes pièces d’eau en tirant avantage des échanges naturels des masses d’eau au moyen de constructions simples et bon marché.

    Radeaux pour la conchyliculture. Les radeaux sont utilisés dans les eaux littorales pour la suspension de cordages et/ou de paniers contenant les mollusques.

    Filières. Les lignes sont utilisées pour la conchyliculture et l’algoculture dans les eaux littorales.

    Radeaux et lignes pour la pisciculture marine. Ils permettent d’exploiter les eaux littorales en tirant avantage des échanges naturels des masses d’eau. Faciles à construire et à déplacer, ils sont bon marché et permettent la production de grandes quantités de mollusques.
    Performance du secteur
    Production
    En 2003, la production aquacole estimée s’élève à 15 712 tonnes, ce qui correspond à une valeur de 51 088 000 dollars EU.

    Estimation de la production aquacole pour la période 1990-2004. La production est devenue appréciable avec la diffusion de l’élevage de truite arc-en-ciel puis avec celui d’espèces exotiques introduites, principalement la carpe et le tilapia, ainsi qu’un grand nombre d’espèces de poissons d’ornement. L’esturgeon commun (Acipenser sturio) et l’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) ont quand a eux été élevés dans des conditions expérimentales au cours de cette période (SARPA, 1995; Guevara, 1988).

    L’élevage d’espèces piscicoles locales comme le tambaqui, le pirapitinga, le coporo et certains poissons-chats a également gagné en importance pour devenir significative. Il faut cependant souligner que les statistiques relatives à la production aquacole sont incomplètes, surtout en ce qui concerne la pisciculture continentale à cause de la difficulté qu’il y a à réunir l’information. On constate toutefois une amélioration dans ce domaine ces dernières années avec de nouveaux plans de collecte des données.

    Le Tableau 1 présente les données relatives à la production aquacole nationale des principales espèces entre 1990 et 2004. Ces espèces sont la truite arc-en-ciel (Onchorynchus mykiss), le tambaqui (avec le pirapitinga et ses hybrides), le tilapia rouge et ses hybrides (Oreochromis spp.) et les crevettes marines parmi lesquelles domine la crevette pattes blanches (P. vannamei) (SARPA, 1995; INAPESCA, 2004).

    Tableau 1 : Production aquacole totale entre 1990 et 2004 (INAPESCA, 2004)
    Année Truite arc-en-ciel
    (O. mykiss)
    Tambaqui et hybrides
    (Colossoma sp.)
    Tilapia
    (Oreochromis spp.)
    Crevette
    (P. Vannamei)
    Total
    1990 212 49 4 237 1 004
    1991 198 144 127 551 1 020
    1992 214 203 400 1 260 2 077
    1993 202 263 700 1 644 2 809
    1994 177 618 1 103 2 227 4 125
    1995 205 710 1 680 3 500 6 095
    1996 264 790 1 950 4 100 7 074
    1997 302 850 2 000 4 750 7 902
    1998 540 1 920 2 280 5 000 9 740
    1999 510 1 650 2 150 6 000 10 310
    2000 420 2 500 1 050 8 200 12 170
    2001 270 3 000 800 9 400 13 470
    2002 500 3 000 500 12 000 16 000
    2003 550 4 850 120 14 000 19 520
    2004 600 5 000 110 16 500 22 210
    Source : INAPESCA, 2004

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Venezuela (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Venezuela (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Principaux marchés et centres nationaux pour la consommation de produits aquacoles. Les principaux marchés et centres de consommation des produits piscicoles d’espèces locales comme le tambaqui, le bocachico et le poisson-chat se trouvent dans les régions continentales du pays (Táchira, Barinas, Apure, Cojedes, Carabobo, Bolívar, Monagas et Anzoátegui). La vente et la consommation de ces dernières augmentent aussi dans les zones littorales situées au centre du pays (Aragua, Caracas et Miranda). Ces produits sont commercialisés sur les marchés populaires, dans les magasins self-service, les poissonneries, etc.

    Principales espèces aquacoles exportées. La crevette marine est la principale espèce aquacole exportée. Elle est destinée à 80 pour cent au marché nord-américain. Les exportations de poissons d’eau douce viennent ensuite et sont destinés à la République de Colombie dans la ville frontalière de Cúcuta. Les espèces les plus demandées sont le tambaqui, le coporo et le bocachico. On ne dispose pas de données sur les exportations d’alevins ou de larves de crustacés.

    Présentation des produits exportés. Les crevettes sont exportées une fois transformées vers le marché nord-américain. Elles sont commercialisées sous forme de queues conditionnées dans des boîtes en carton de 5 livres conservées lors de leur transport dans des conteneurs réfrigérés. Environ 20 pour cent de la production crevetticole est exportée vers l’Union européenne. Le produit est alors entier et congelé.

    Les exportations de produits piscicoles vers la Colombie sont transportées dans des camions frigorifiques. Le poisson est livré dans la glace entier et/ou éviscéré. Dans certains cas, il est exporté entier et congelé.

    Principaux pays importateurs. Comme cela a déjà été souligné précédemment, les Etats-Unis d’Amérique représentent 80 pour cent des exportations de crevettes marines et l’Union européenne 20 pour cent. La Colombie est quant à elle le seul pays importateur de poissons.

    Chaîne de fourniture de la crevette marine. Les principaux crevetticulteurs vendent directement leur produit aux entreprises de transformation qui l’exportent ensuite. Il existe aussi des entreprises intégrées verticalement qui produisent les larves, cultivent les crevettes, transportent ces dernières vers les usines de transformation et exportent elles-mêmes le produit final.

    Chaîne de fourniture des produits piscicoles. Les produits de la pisciculture sont généralement vendus en gros à la ferme à des intermédiaires qui fournissent à leur tour les marchés au détail, les poissonneries, les restaurants, etc. Dans d’autres cas, les exploitants vendent eux-mêmes leurs produits en gros sur les criées ou bien au détail aux restaurants, aux supermarchés et aux centres commerciaux.

    Chaînes de distribution et augmentation des prix au cours de la chaîne de commercialisation. Le plus souvent, les produits sont achetés à la ferme par les transporteurs en gros au prix fixé par les producteurs. Celui-ci augmente entre 40 et 50 pour cent (coûts du transport, etc.) lorsque les produits sont revendus aux grossistes. Une fois acquis par le consommateur auprès des revendeurs, leur prix final est de 100 à 130 pour cent supérieur au prix de vente à la ferme. Quand les producteurs transportent et vendent directement leur production aux grossistes ou aux chaînes de restaurants et/ou de supermarchés, le prix augmente entre 70 et 85 pour cent par rapport à sa valeur initiale.

    Etiquetage et systèmes de certification des produits. Les autorités sanitaires vénézuéliennes sont responsables de la certification des produits halieutiques et aquacoles destinés à l’exportation vers les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne. Les principales certifications sont le système SSOP (Procédures opérationnelles de propreté et de désinfection - POPD) et le programme HACCP (Analyse des risques et maîtrise des points critiques - ARMPC) qui comprennent des plans particuliers de contrôle sanitaire pour chaque produit transformé. Leur mise en place est imposée par les autorités de l’Union européenne et des Etats-Unis d’Amérique pour approuver l’importation et la consommation locale de produits halieutiques et aquacoles (INAPESCA, 2005).

    L’Institut national de la pêche et de l’aquaculture (INAPESCA) exécute quant à lui le Programme de contrôle des résidus des opérations de culture des exploitations dont la certification garantit l’innocuité des produits aquacoles (crevetticultre et pisciculture).
    Contribution à l'économie
    Au cours des six dernières années, l’impact de l’aquaculture sur l’économie vénézuélienne a été remarquable, surtout dans le secteur agricole et dans les régions où les conditions environnementales ont favorisé la création d’unités de production aquacole.

    Dans les régions du sud-ouest du pays, par exemple, la pollution des rivières, la surpêche et l’augmentation de la population ont incité les producteurs agricoles à passer à des pratiques aquacoles. Il s’agit là de productions alternatives pour le développement socioéconomique du Venezuela. En même temps, la consommation croissante de poissons continentaux et l’élargissement des flux commerciaux ont rassemblé un nombre remarquable de producteurs dans les Etats de Táchira, de Barinas et d’Apure (INAPESCA, 2004).

    L’industrie crevetticole a eu un impact significatif sur les régions côtières où les conditions environnementales sont favorables (lac Maracaibo, côte ouest de l’Etat de Falcón et côtes du nord-est). Le développement des exploitations crevetticoles va ainsi de pair avec un développement socioéconomique plus général qui se traduit notamment par la construction de routes, l’intégration de main d’œuvre et la mise en place de services. Ces facteurs positifs s’ajoutent à l’importante entrée de devises pour l’économie nationale à travers la vaste chaîne de transformation et de commercialisation pratiquement toujours de caractère international.

    Contribution du secteur aquacole à la sécurité alimentaire et au développement socioéconomique
    Les principales contributions du secteur aquacole peuvent être divisées en trois catégories :
    1. Production pour la consommation nationale, dont le volume est estimé à 45 000 tonnes par an (chiffres 2004).
    2. Entrée de devises étrangères, estimées à environ 293,1 millions de dollars EU par an.
    3. Création d’emplois, estimés à 14 000 emplois directs et 35 000 emplois indirects en 2004 d’après les données fournies par le ministère de l’Agriculture et de la terre (MAT, 2005).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’Institut national de la pêche et de l’aquaculture (INAPESCA) qui a été créé par le Décret n° 1 524 du 3 novembre 2001 publié au Journal officiel de la République bolivarienne du Venezuela n° 37 391 du 13 novembre 2001 est l’organe directeur et exécutif des politiques de la pêche et de l’aquaculture au Venezuela est.

    L’INAPESCA est rattaché au ministère de l’Agriculture et des terres (MAT). Il s’agit d’un institut indépendant ayant sa propre responsabilité juridique. Bras exécutif et institutionnel de la Loi sur la pêche et l’aquaculture, ses principes reposent sur une pêche et une aquaculture responsables ainsi que sur le développement durable et notamment l’équilibre social.

    La mission de l’INAPESCA est d’organiser les ressources halieutiques et aquacoles du pays afin d’exploiter ces dernières de façon responsable et durable dans le cadre légal en cours. L’INAPESCA est chargé de la mise en œuvre des politiques du ministère de l’Agriculture et des terres. Son but est de promouvoir, de développer et de coordonner les activités du secteur afin de réaliser les objectifs contenus dans les plans de développement économique et social de la nation.

    Entité officielle de promotion et de réalisation des politiques de l’Etat visant à garantir le développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture au niveau national et international, l’INAPESCA entend fournir des services de grande qualité, à la fois efficaces et qualifiés. Ces derniers doivent contribuer à la réalisation des objectifs mis en place et être capables de répondre de façon appropriée aux défis et aux attentes que lui impose l’accomplissement de sa mission.

    Fonctions
    • Coordonner avec le MAT la formulation du Plan de développement national de la pêche et de l’aquaculture.
    • Promouvoir l’activité halieutique et aquacole.
    • Etablir des normes pour l’organisation des ressources hydrobiologiques.
    • Etablir des mesures pour la conservation des ressources halieutiques et aquacoles.
    • Définir des programmes de recherche à développer en coordination avec les organismes compétents.
    • Protéger et garantir les conditions de vie et les bénéfices socioéconomiques des personnes travaillant dans les sous-secteurs de la pêche et de l’aquaculture.

    Fonctions de l’Agence administrative qui gère la promotion et le développement de l’aquaculture (GFDA) :
    • Coordonner l’élaboration, l’instrumentation et le suivi du Plan aquacole national.
    • Coordonner l’élaboration, le suivi et la mise en place des plans, des programmes et des projets aquacoles.
    • Coordonner les lignes de recherche en aquaculture.
    • Coordonner et évaluer les projets aquacoles.
    • Suivre les activités des chaînes agro-productives d’origine aquacole, de la production à la commercialisation.
    • Proposer, planifier et coordonner les programmes de formation aquacoles pour les producteurs.
    • Superviser la concrétisation des normes sanitaires aquacoles au cours du processus de culture.
    • Coordonner et mettre en place la révision et l’autorisation des permis pour l’importation et l’exportation de produits et d’intrants pour les activités aquacoles sur le territoire national.
    • Coordonner le suivi et le contrôle des accords et des crédits accordés aux producteurs aquacoles par les différents organismes de financement.
    • Coordonner l’élaboration du plan opérationnel ainsi que le contrôle du budget et de la gestion de l’unité.

    A l’heure actuelle, le soutien de l’INAPESCA au secteur est lié à la mise en place de politiques d’attribution de crédits aux petits producteurs organisés en coopératives. L’INAPESCA encourage aussi l’élevage des espèces locales pour la création et/ou la consolidation d’exploitations pouvant utiliser les produits obtenus pour l’autoconsommation ou la commercialisation, ce qui permet la génération de nouveaux revenus et ainsi l’amélioration des conditions de vie.

    L’INAPESCA concrétise en outre les politiques gouvernementales du plan national pour la sécurité alimentaire en soutenant les projets aquacoles de caractère « social » (empoissonnement des réservoirs, des lagons côtiers et des lagons continentaux, création d’exploitations communautaires crevetticoles, mytilicoles, ostréicoles et de culture d’artémia, etc.) en constituant des systèmes « autogérés » qui bénéficieront aux populations, dans les zones voisines de ces projets et dans leurs zones d’influence.
    Règlements en vigueur
    Avec les progrès de l’aquaculture au Venezuela, un ensemble de normes et de règlementations a été créé au niveau gouvernemental qui s’est traduit en décrets et en résolutions permettant d’encadrer légalement les exploitations aquacoles et les activités liées à ces dernières. La liste ci-dessous présente les principaux textes.
    • Journal officiel n° 37 323 du 13/11/2001 : Loi sur la pêche et l’aquaculture.
    • Journal officiel n° 36 908 du 10/03/2000 : Normes nécessaires pour prévenir l’introduction d’infections virales affectant les crevettes cultivées.
    • Journal officiel n° 3 641 du 11/03/1998 : Normes pour la production et la commercialisation de mollusques bivalves.
    • Journal officiel n° 36 535 du 09/09/1998, Décret MAC n° 521 du 09/07/1998 : Création d’un Comité de suivi de la truite arc-en-ciel (CLOSE-Truchícola) dont l’objectif est de promouvoir le développement de la truiticulture (Onchorynchus mykiss) de façon durable.
    • Journal officiel n° 36 204 du 13/05/1997 : Réglementation de l’élevage de tilapia des genres Oreochromis et Sarotherodon.
    • Journal officiel n° 36 035 du 03/09/1996, Décret n° 1450 : Création de la Commission nationale de l’aquaculture.
    • Journal officiel n° 36 108 du 16/12/1996 : Résolution relative à la désignation des représentants de la Commission nationale de l’aquaculture.
    • Journal officiel n° 35 832 du 07/11/1995 : Résolution établissant que toutes les personnalités juridiques, physiques ou morales, qui se consacrent à la capture, à l’élevage, au transport, à la transformation et à la commercialisation de produits et sous-produits halieutiques et aquacoles doivent obtenir leur immatriculation en tant que tel au SARPA.
    • Journal officiel n° 35 653 du 014/02/1995 : Résolution relative à la création d’un Comité consultatif national de la pêche et de l’aquaculture dans les réservoirs.
    • Journal officiel n° 35 539 du 05/09/1994 : Résolution établissant que l’introduction d’œufs d’anguille ou de civelle (Anguilla rostrata) à des fins d’élevage nécessite un permis d’importation spécifique délivré par le SARPA.
    • Journal officiel n° 4 418 (Ext) du 27/04/1992, Décret n° 2223 : Normes relatives à l’introduction et à la diffusion d’espèces exotiques de la flore et de la faune sauvages et aquatiques.
    • Journal officiel n° 34 853 du 02/12/1991 : Résolution relative à la réforme du manuel « Normes règlementant l’introduction de crevettes vivantes des genres Penaeus et Macrobrachium à des fins de culture et de recherche ».
    • Journal officiel n° 34 171 du 21/05/1990 : Résolution relative à l’exploitation piscicole dans les réservoirs.
    • Journal officiel n° 34 322 du 09/10/1989 : Résolution établissant les normes relatives à l’introduction d’organismes aquatiques vivants à des fins d’élevage et de commercialisation.
    • Journal officiel n° 31 799 du 15/08/1979 : Résolution interdisant la circulation des produits de la pêche sur le territoire national sans la documentation appropriée émise par le SARPA par le biais des inspecteurs de la juridiction où la capture a été effectuée.
    • Journal officiel n° 34 921 du 12/03/1992 : Résolution établissant les normes règlementant les activités de production, de capture, de recherche et de commercialisation des espèces piscicoles d’ornement vivant dans les pièces d’eau marines et continentales.
    • Journal officiel n° 37 011 du 10/08/2000 : Résolution règlementant la pêche commerciale, artisanale, sportive, scientifique et ornementale ainsi que toutes les autres activités liées à la pêche dans le réservoir Guri.
    • Journal officiel n° 23 470 du 02/03/1951 publié dans la Résolution MAC 296 : Réglementation de la pêche de truite arc-en-ciel et d’omble de fontaine (Salmo gardnerii et Salvelinus fontinalis).
    • Journal officiel extraordinaire n° 5 468 du 05/24/2000 : Loi relative à la diversité biologique règlementant la protection des ressources génétiques du pays ainsi que la gestion et l’administration appropriées de ces dernières.
    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture au Venezuela, veuillez cliquer sur le lien suivant :
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Venezuela
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Plusieurs institutions scientifiques nationales ont participé à la recherche en aquaculture. Elles ont notamment développé des lignes de recherche en génétique et en biotechnologie. Les plus importantes sont l’Institut vénézuélien de la recherche scientifique (IVIC), l’Institut national de la recherche agricole (INIA) et l’Institut océanographique de l’Université orientale (UDO). Dans le domaine de la formation appliquée à l’aquaculture, on compte un nombre significatif d’universités publiques et privées. Les plus importantes sont l’Université centrale du Venezuela (UCV), l’Université Simón Bolívar (USB), l’Université orientale (UDO), l’Université expérimentale des Llanos Ezequiel Zamora (UNELLEZ), la Fondation la Salle des Sciences naturelles (FLASA), l’Université nationale expérimentale Rómulo Gallegos (UNERG) et l’Université expérimentale Francisco de Miranda (UNEFM). La plupart de ces universités ont formé et développé des professionnels qualifiés en production aquacole, amélioration génétique, nutrition, etc. dans le cadre de leurs cursus.
    Tendances, questions et développement
    Dans le sous-secteur de l’agriculture et de l’élevage, de très nombreux exploitants ont changé d’activité productive. Ils ont démarré ou incluent des activités aquacoles avec une prédilection pour la crevetticulture. On constate aussi un développement croissant du secteur piscicole en tant que production alternative avec une intégration de la pisciculture à la production agricole et à l’élevage d’autres animaux.

    Les organismes officiels ont dès lors dû mettre en place des politiques et des directives de façon à accompagner cette tendance et suivre le rythme du développement du secteur aquacole dans les domaines de l’aménagement du territoire, de la santé animale, de la commercialisation et du transfert de technologies notamment. Il faut encore souligner qu’un cadre juridique a été adopté pour accompagner la croissance du secteur aquacole afin de préserver l’environnement grâce à des politiques prônant une exploitation durable des ressources naturelles.

    De façon générale, l’aquaculture a connu un croissance soutenue au cours des dernières années malgré les bouleversements politiques et économiques récents dans le pays. Les différentes pratiques aquacoles ont cependant réagi différemment aux effets de ces derniers. Les taux de production de certaines activités sont ainsi restés stables alors que d’autres ont été affectées de façon négative par les difficultés économiques traversées par le pays, ce qui a provoqué leur déclin et même des résultats si faibles qu’elles n’apparaissent plus dans les statistiques de production de l’aquaculture.

    Dans les paragraphes suivants, une description des tendances, des enjeux et des facteurs de développement de différentes pratiques aquacoles est proposée.

    Crevetticulture marine. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, la crevetticulture est devenue une activité économique importante et la pierre angulaire du développement de diverses régions côtières. Pour différentes raisons, cette activité commence à se développer avec un certain retard au Venezuela par rapport aux autres pays de la région, surtout si l’on considère les 2 850 km de côtes du pays (le long du bassin des Caraïbes) et les 6 736 km² couverts par des lagons littoraux ou d’estuaires et des systèmes de mangroves qui présentent des conditions idéales pour la crevetticulture (Novoa et al., 2003). La nécessité d’investissements importants pour mener à bien cette activité et l’inefficacité administrative dans l’émission des permis nécessaires en raison d’une législation environnementale stricte sont les principaux facteurs qui ont ralenti le développement de la crevetticulture (Pérez Nieto et Pauls, 1988).

    Depuis 1984 et les débuts de la crevetticulture au Venezuela, cette activité a connu une croissance soutenue, aussi bien en termes de production (voir le Tableau 1) et de surfaces destinées à l’activité que du nombre d’exploitations crevetticoles immatriculées à l’INAPESCA. En ce qui concerne la gestion officielle du secteur crevetticole, une série d’instruments juridiques a été publiée afin de règlementer cette activité. Des mesures ont également été prises afin de protéger les exploitations crevetticoles contre la menace que représentent les maladies virales actives au niveau international comme le syndrome de Taura, celui de la tête jaune et celui des taches blanches (INAPESCA, 2005). Il faut aussi souligner que, pendant plus de dix ans à compter de l’apparition du syndrome de Taura en Colombie en 1995, la communauté des exploitants crevetticoles vénézuélienne a décidé conjointement avec le Service autonome des ressources de la pêche et de l’aquaculture (SARPA, désormais INAPESCA) de ne pas importer de spécimens de crevettes, à quelque stade de développement que ce soit, de façon à prévenir l’introduction d’agents viraux sur le territoire national.

    Cependant, malgré les mesures de prévention adoptées, les fortes mortalités enregistrées fin 2004 dans les exploitations de la partie sud du lac Maracaibo (Etat de Zulia) se sont propagées à celles situées sur la côte est, principalement sur l’île de Coche et la péninsule Araya de l’Etat de Nueva Esparta (INAPESCA, 2005). Cette situation alarmante a rendu nécessaire le développement d’un plan d’urgence qui a permis d’évaluer quelles étaient les exploitations touchées. Ce plan a été suivi par la mise en place d’un programme qui a permis de définir les effets du virus du syndrome de Taura afin de gérer l’introduction de stocks de géniteurs de crevettes pattes blanches (Penaeus vannamei) non porteuses d’agents pathogènes spécifiques (après dix ans de non importation d’échantillons vivants) pour relancer la production contrôlée (INAPESCA, 2005). Ce problème sanitaire a entraîné une diminution des surfaces exploitées de 8 000 à 4 000 ha entre 2005 et 2006.

    Pisciculture

    Truiticulture. Les exploitations truiticoles se trouvent historiquement dans les plaines des Etats de Táchira, de Mérida et de Trujillo où leur nombre a augmenté de façon lente et continue, tout comme les surfaces exploitées (60 ha en 2005). Dans la majorité des cas, il s’agit d’exploitations familiales avec de petits étangs dont la production, étant donné les densités élevées de la truiticulture, est destinée à l’autoconsommation et à la vente des excédents. A ce sujet, l’Institut national de la recherche sur l’agriculture et l’élevage (INIA) a soutenu le secteur truiticoles en menant des recherches principalement en matière de pathologies et d’amélioration génétique des lignées existantes et en approvisionnant de façon continue les producteurs en alevins dans les régions andines. Dans ces régions, le tourisme contribue à la croissance de la production du secteur truiticole dont les produits sont vendus à un bon prix sur les marchés locaux.

    Elevage du tambaqui et de ses hybrides. Parmi les espèces locales, le tambaqui a été l’un des poissons les plus étudiés et les plus diffusés grâce à la sélection et à la production de ses classes de recrutement dans les pièces d’eau continentales. Cette espèce est élevée par des entreprises commerciales qui approvisionnent les criées locales. Même si le tambaqui reste peu connu sur les marchés des régions centrales du pays, sa grande adaptabilité aux systèmes de captivité en a fait le premier poisson dans les statistiques de production avec 5 000 tonnes produites en 2005. Ce résultat est dû à la grande disponibilité des alevins qui sont produits par un nombre croissant d’écloseries publiques et privées ainsi qu’à la remarquable campagne gouvernementale visant à promouvoir l’élevage et la consommation de produits piscicoles.

    Elevage de tilapia rouge. Cette sous-espèce a atteint ses pics de production entre 1995 et 1999. On constate ensuite une forte baisse des volumes de production et des surfaces exploitées à cause d’un manque d’assistance technique, de financements et de transfert technologique, ce qui a provoqué l’effondrement de cette activité (malgré son importante commercialisation au niveau international). Plusieurs problèmes caractérisent l’élevage de cette espèce : l’absence de producteurs certifiés d’alevins, le manque de stocks de géniteurs et/ou de programmes pour améliorer les lignées existantes, le prix élevé de l’alimentation pour tilapia et une commercialisation mal définie de la production (Cadenas, 1996; Gómez, 1998).

    Crevetticulture en eau douce. Le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) est une espèce de crustacés tropicaux. Il a été introduit dans le pays en 1990 par le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (MAC) par l’intermédiaire de la Fondation La Salle (FLASA) à des fins de recherche et de production aquacole. Sa culture a par la suite été développée commercialement par des entreprises nationales comme Piscicultura Marianela (Portuguesa), Aquafin C.A. (Falcón), Aguaisla C.A. (Barinas), Acuacria C.A. (Carabobo) et Acuario C.A. (Delta Amacuro). La production de bouquet géant n’a cependant pas été couronnée de succès et l’activité ne s’est pas révélée rentable en raison d’un manque de connaissances et d’une gestion inappropriée de l’espèce. En 1995, on a enregistré une production qui s’élevait 75 tonnes. Dix ans plus tard, un certain intérêt pour cette culture est réapparu et en 2005, l’INAPESCA a reçu plusieurs demandes de permis pour la construction d’écloseries et la culture de bouquet géant (Cabrera et al., 1997; Cadenas, 2001).

    D’après l’INAPESCA (2005), les données relatives à la commercialisation de bouquet géant n’ont plus été enregistrées après 1998 à cause d’une absence de semences fournies par les écloseries. Des producteurs privés commencent cependant à redécouvrir l’espèce et entendent réactiver des programmes de culture avec un personnel technique qualifié, ce qui reflète le potentiel de cette activité. Ces tentatives sont également motivées par un besoin de diversification de la production aquacole dû à la surpêche qui a particulièrement réduit l’approvisionnement en produits halieutiques dans certaines régions du pays (INAPESCA, 2005).

    Algoculture marine. La production d’algues marines Eucheuma denticulatum a atteint un pic entre 1998 et 2003 sous la forme de culture communautaire. Cette espèce a été introduite dans le pays par l’entreprise commerciale Biotecmar C.A. et les principales zones de culture se trouvent sur les côtes est de l’île de Coche (Nueva Esparta) et les côtes nord de la Péninsule Araya (Sucre) (Barrios, J., 2000; Barrios, J. and Lemus, A., 1992) où le travail était réalisé par les communautés côtières (Rincones and Rubio, 1998).

    L’opposition des environnementalistes, les conflits au sujet de l’utilisation des espaces littoraux à cause de l’absence de permis d’exploitation, les difficultés économiques et le contrôle des changes dans la gestion des exportations ont cependant entravé le développement de cette activité et ont notamment provoqué la disparition de l’entreprise Biotecmar C.A. qui avait été la première à se lancer dans ce secteur. La réactivation de l’algoculture marine dépend donc désormais des nouveaux efforts entrepris et de la réunion de conditions favorables permettant son redémarrage (INAPESCA, 2005).

    Conchilyculture. Tout au long du développement de l’aquaculture au Venezuela, on a identifié une absence totale de toute production aquacole dans de nombreuses zones littorales. La fourniture de mollusques bivalves au Venezuela, et plus particulièrement celle d’huîtres et de moules, ne provenait que de l’exploitation artisanale des bancs naturels et était loin de satisfaire la forte demande domestique. Les ressources marines et les systèmes de culture réalisés le long du littoral ont donc représenté une alternative aussi bien en termes de sources de revenu que de production aquacole pour les habitants des communautés locales. L’extraction et la culture ont cependant été limitées à cause de problèmes sanitaires provoqués par la pollution et les marées rouges (Cadenas, 1999).

    Ainsi, en prenant en compte la valeur économique et alimentaire des mollusques bivalves, l’INAPESCA a proposé de développer des projets conchylicoles fondés sur le potentiel des zones marines et côtières ainsi que sur celui des ressources formées par les bancs naturels d’huître creuse des Caraïbes (Crassostrea rhizophorae) à Laguna Grande (Sucre) et La Restinga (Nueva Esparta), d’huître creuse américaine (Crassostrea. virgínica) à Guariquen (Sucre) et de moule de roche sud-américaine (Perna perna) à Guaca (Sucre), Manzanilo et Constanza (Nueva Esparta). Ces espèces sont importantes commercialement et ont généré une activité économique significative sur les côtes nord-est du pays. L’exploitation durable des ces zones et de leurs ressources naturelles par la mariculture élargira les perspectives socioéconomiques des régions littorales, surtout pour les communautés côtières organisées en coopératives. Un tel cadre vise à développer la conchyliculture dans des fermes communautaires (Cadenas, 1999). On estime que ce programme sera largement accepté par les habitants des régions littorales où la culture et la commercialisation de mollusques bivalves peuvent s’inscrire dans les activités traditionnelles des coopératives et des associations de pêche présentes dans la zone d’influence de celui-ci.

    Le Programme maricole envisage la participation directe de quatre noyaux ou groupes familiaux (20 personnes) par unité de production. Quatre projets conchylicoles pilotes (mytilicoles et ostréicoles) bénéficieront directement à environ 80 personnes dont les activités seront basées sur la maintenance et la surveillance du système de culture pour un profit brut mensuel estimé à 750 000,00 Bs (350 dollars EU/mois) par famille. Ce revenu sera obtenu par la vente des produits au bout de la première année d’exploitation. Il est enfin important de souligner que la commercialisation des mollusques sera envisagée comme une activité liée au tourisme, soutenue à la fois pour ses valeurs nutritives, en raison des potentiels élevés de la région et des différentes alternatives qu’elle propose, notamment en termes de vente (comme produit frais, encore dans sa coquille, ou bien transformé en conserves et mariné).
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