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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    La faible croissance du secteur de l’aquaculture au Yémen résulte d’un manque d’expérience, de finance et d’investissement. A présent, le Centre de Recherche en Aquaculture (ARC), établi depuis 1988 à Aden, et la ferme aquacole privée de Musallam, établie en 2004, sont les deux seules facilités aquacoles qui sont opérationnelles dans le pays. La construction d’une nouvelle ferme aquacole commerciale a débuté récemment sur la côte est à Al-Shihr, financée par un investissement allemand et utilisant la technologie de recirculation en circuit fermé. Beaucoup d’investisseurs yéménites commencent à s’intéresser au secteur ce qui a conduit à faire l’inventaire des sites potentiels pour le développement de la crevetticulture, en coopération avec le Egyptian National Institute of Marine Science and Fisheries (Institut National Egyptien de la Science et des Pêches Marines).

    Au Centre de Recherche en Aquaculture, les principales espèces étudiées actuellement comme candidats aquacoles sont la crevette blanche des Indes (Penaeus indicus), la crevette tigrée verte (Penaeus semisulcatus) et le sargue doré (Rhabdosargus sarba). En 2005, la ferme de Musallam a produit 380 tonnes de crevettes blanches des Indes.
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    Le secteur pourrait se développer davantage, en particulier si des compagnies privées étaient prêtes à investir dans la recherche en coopération avec le Ministry of Fish Health et avec les instituts engagés dans la promotion et le développement du secteur.
    Historique et aperçu général
    Au cours des années 80, le Yémen a reconnu le besoin de développer le secteur des pêches en priorité pour promouvoir les exportations ainsi que pour approvisionner le marché intérieur en protéines de haute qualité.

    En 1978, une compagnie japonaise a introduit la première technologie d’aquaculture. Le Gouvernement du Yémen a alors demandé au Japon de l’assistance pour la construction d’un centre de recherche en aquaculture. Suite à cette demande, l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) a commencé à identifier les ressources nécessaires et les sites potentiels avant de débuter en 1987 à construire les installations. Au Centre, la recherche se concentre sur les techniques de production de juvéniles de poissons et de crevettes, tout en formant des techniciens d’aquaculture.
    Le Centre de Recherche en Aquaculture (ARC) a ouvert ses portes en avril 1988. Jusqu’en 1991, deux experts en aquaculture y ont été employés. Un expert japonais, financé par JICA, les a rejoint en 1991 afin d’apporter son expertise en technologie d’écloserie de crevettes. La Ferme de Musallam a produit en 2005 des crevettes blanches des Indes en utilisant des étangs de terre de 100 m2. Cette ferme comprend également une écloserie et une unité de production d’aliments granulés.
    Ressources humaines
    Le Centre de Recherche en Aquaculture emploie actuellement 31 personnes dont six chercheurs, 10 techniciens et 15 travailleurs; la ferme de Musallam emploie 100 personnes dont quatre experts en aquaculture et 12 à 30 techniciens.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’ARC se situe à l’extrémité ouest du Golfe d’Aden, dans le District d’Al-Buraika (Aden Governorate). Il a une superficie totale d’environ 30 000 m2. Il utilise des bassins en béton approvisionnés en eau de mer qui couvrent une superficie d’environ un hectare. Il possède également une écloserie et une petite unité de production d’aliments. Le système de production des crevettes est semi intensif, la densité initiale d’élevage étant de 15 postlarves/m2.
    La Ferme de Musallam est située le long de la côte de la Mer Rouge, dans le District d’Al-Khauba (Al-Hudaidah Governorate). Sa superficie totale est d’environ 100 hectares. De l’eau de mer alimente 100 étangs de terre de 100 m2. Le système de production est semi intensif, la densité initiale d’élevage étant de 25 postlarves/m2. La production ciblée est d’environ 6 tonnes/hectare.
    Espèces cultivées
    Deux espèces de crevette et une espèce de poisson sont élevées au ARC : la crevette blanche des Indes (Penaeus indicus), la crevette tigrée verte (Penaeus semisulcatus) et le sargue doré (Rhabdosargus sarba). L’on se concentre principalement sur la production de crevettes par ce que leur valeur d’exportation est élevée. Les géniteurs de crevettes sont obtenus de leurs zones de pêche à Mahra (Ghubbat Alkamar en mer d’Arabie) au cours de leur saison de reproduction, entre juillet et septembre, ainsi que de Hudaidah où les géniteurs sont pêchés à Assaleef (Mer Rouge) de janvier à avril. Dans le Golfe d’Aden, les géniteurs sont pêchés à Seera au cours de la saison de reproduction, de juillet à novembre. L’éclosion dans l’écloserie d’ARC a lieu entre octobre et février, l’élevage des larves se faisant de mars à avril. La phase de croissance s’étend de mai à octobre lorsque les crevettes atteignent la taille commerciale de 20 g.
    La production de sargue doré a débuté en 1990. Elle est importante aussi bien pour le marché intérieur que pour l’exportation, bien que son importance soit secondaire comparée à celle des crevettes. Le stock de géniteurs est obtenu des zones de pêche à Fuqum dans le Golfe d’Aden au cours de la saison de reproduction en novembre. L’éclosion à lieu de novembre à décembre. Les juvéniles sont élevés pendant environ un an avant d’atteindre la taille commerciale. La production d’autres espèces de poisson n’a pas encore dépassé le stade expérimental à cause de difficultés techniques.
    Performance du secteur
    Production
    La production d’ARC en est encore au stade expérimental, avec une production annuelle d’environ une tonne de crevettes. A la Ferme de Musallam, la production d’une première année complète (2005) a été de 380 tonnes.

    L’on ne communique pas les statistiques nationales de production à la FAO.
    Marché et commerce
    La principale destination des produits de la pêche pour la consommation intérieure sont les marchés de gros de Hudgeef et de Seera situés dans le port de pêche d’Aden, ainsi que le marché de gros du port de Hudaidah (Hudaidah Governorate). Des camions réfrigérés sont rarement utilisés pour le transport du poisson. Celui-ci est transporté sous glace vers les marchés locaux et les usines de transformation. Les crevettes sont le principal produit de l’aquaculture et bien qu’il y ait un bon marché intérieur, principalement dans les hôtels et les restaurants, les marchés en Europe, Asie orientale et Etats-Unis sont financièrement les plus intéressants.
    Contribution à l'économie
    Jusqu’à ce jour, l’on ne peut pas mesurer la contribution de l’aquaculture à l’économie yéménite. Ce secteur doit encore développer des opérations commerciales d’une envergure significative.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Centre de Recherche en Aquaculture fait partie du Centre de Recherche des Sciences et des Ressources Marines (Marine Science & Resources Research Centre), une institution née en 1983 de la coopération entre la Islamic Development Bank (ISDB) et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Ce Centre dépend directement du Ministry of Fish Health. En 2002, le Ministre a proposé un nouveau cadre institutionnel afin de renforcer les activités du secteur de la pêche. Cette proposition doit cependant encore être appliquée.
    La Ferme de Musallam est une propriété privée. Elle appartient à la Musallam Trading Company.
    Règlements en vigueur
    Les responsabilités du Ministry of Fish Health sont :
    • Contrôler, superviser et développer l’aquaculture au Yémen ; de plus, il doit également assister à la création de fermes aquacoles et encourager les investissements dans le secteur.
    • Contrôler l’importation, l’élevage et la production de nouvelles espèces aquacoles, y compris les poissons d’aquarium.
    • Relâcher des juvéniles dans les zones de pêche commerciale afin d’y améliorer les stocks.
    • Affermer des zones côtières ou des superficies d’eau de surface à des entreprises privées ou des coopératives afin d’y développer l’aquaculture
    • Faire de la recherche et assurer de la formation concernant des sujets d’aquaculture.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Au ARC, les principales espèces faisant l’objet de recherches sont la crevette blanche des Indes et la crevette tigrée verte qui ont été étudiées depuis que le Centre existe. Le sargue doré est actuellement le seul candidat poisson qui est étudié. La recherche se concentre sur les technologies de production de juvéniles. La crevette géante tigrée (Penaeus monodon), l’empereur pailleté (Lethrinus nebulosus) et le mulet à grosse tête (Mugil cephalus) sont des espèces potentielles qui pourraient être considérées dans les programmes de recherche futurs.

    L’ARC est aussi utilisé comme centre de formation pour des étudiants du secondaire supérieur et de l’université qui y apprennent plus sur les techniques aquacoles. Certains étudiants participent à des cours pratiques tandis que d’autres conduisent des projets de recherche. Les universités qui offrent des degrés incluant des éléments d’aquaculture sont la Hadhramaut University of Science & Technology et la Hudaidah University.
    Tendances, questions et développement
    Les infrastructures d’ARC ont quinze ans d’age et doivent être réparées et améliorées. Le Centre éprouve actuellement des difficultés à poursuivre ses recherches à cause du manque de pièces de rechange et d’équipements adéquats.

    Les pêches commerciales sont déjà établies comme une industrie clef pour l’économie locale dans les zones côtières. De plus, la demande intérieure en produits de la pêche tend à augmenter suite au taux élevé de croissance de la population et à une demande accrue dans les régions continentales pour des produits de la pêche. De plus, les pêches et l’aquaculture sont de grands générateurs de devises étrangères par les exportations et elles joueront un important rôle dans les plans de développement futurs.

    Il en résulte que le rôle d’ARC devient de plus en plus important malgré le grand nombre de problèmes qu’il reste à solutionner afin de remettre en route et de revitaliser ses activités. En 2002, les étangs d’élevage du Centre ont été réparés avec l’assistance du Fond pour la Promotion de l’Agriculture et des Pêches (Agriculture and Fishery Promotion Fund - Fond yéménite). Ce fond a aussi participé à l’acquisition de nouveaux instruments, de produits chimiques et d’aliments pour crevette. En juillet 2005, l’on a annoncé une soumission pour la fourniture à ARC de nouveaux équipements pour la recherche suite à l’octroi d’un don de 80 000 dollars EU par le Gouvernement japonais.

    D’autres questions auxquelles ARC devrait s’intéresser sont :
    • Remplacement et renouvellement des pièces de rechange des installations et équipements d’ARC.
    • Amélioration de la technologie de production d’aliments pour larves et juvéniles.
    • Amélioration de la technologie d’élevage de crevettes et de poissons.
    • Manque d’accès aux informations et peu d’échanges avec l’expertise d’autres institutions.
    • Nécessité de formation technique avancée de ses chercheurs à l’étranger.
    • Besoin d’expertise pour des études de faisabilité permettant l’identification de sites convenant à l’aquaculture de crevettes et de poissons.
    • Etablissement de programmes pour l’amélioration des aliments et le contrôle des maladies afin de permettre le développement de technologies d’élevage.
    • Besoin d’assurer que les effets de la recherche soient durables.
    De plus, la construction d’une ferme pilote planifiée par le Centre de Recherche en Aquaculture afin d’attirer les investisseurs privés vers le secteur de l’aquaculture doit encore se matérialiser à cause du manque de fonds. Le Centre a cependant complété en 2004 un relevé des zones qui conviendraient à la construction de fermes d’élevage de crevettes le long des côtes yéménites de la Mer Rouge et du Golfe d’Aden, en collaboration étroite avec le National Egyptian Institute of Marine Science and Fisheries.
    Références
    Bibliographie
    FAO. 2005. Aquaculture production, 2003. Year book of Fishery Statistics Vol.96/2. Food and Agriculture organization of the United Nations, Rome, Italy.
    Abdulla Salem. 2001. Aquaculture in Yemen. Aquaculture Research Centre, Aden, p. 1- 5.
    Abdulla Salem. 2003. Project for developing the Aden Aquaculture Research Centre. Ministry of Fish Health, Aden, p. 2.
    Chikara Iioka. 2000. Present status and management direction for the Aquaculture Research Centre in the Republic of Yemen. Ministry of Fish Health, Aden, p. 4.
    Ministry of Fish Health. 2004. Proposal for the modification of the republican resolution bylaw No. (42) 1991 with the republican resolution bylaw No (43) 1997, regarding management, exploitation and protection of aquatic organisms. Sana'a, p. 3 - 4.
    Liens utiles
     
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