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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Identification
    1. Caractéristiques biologiques
  2. Profil
    1. Contexte historique
    2. Principaux pays producteurs
    3. Habitat et biologie
  3. Production
    1. Cycle de production
    2. Systèmes de production
    3. Maladies et mesures de contrôle
  4. Statistiques
    1. Statistiques de production
    2. Marché et commercialisation
  1. Situation et tendances
    1. Problèmes et contraintes majeurs
      1. Pratiques pour une aquaculture responsable
    2. Références
      1. Liens utiles
    Identification


    Eucheuma spp [Solieriaceae]
    FAO Names:  En - Eucheuma seaweeds nei,   Fr - ,  Es -
       
    Caractéristiques biologiques
    Les caractéristiques sont variables, les thalles sont parfois grands avec des branches molles ayant peu de rameaux pointus, parfois en masse embranchés avec plusieurs rameaux épais et épineux. Les rameaux sont irrégulièrement attachés au support et ne forment pas de spirales. La section transversale de la branche montre la médulle se composant de grandes cellules arrondies entremêlées avec de petites cellules à parois relativement épaisses.
    Profil
    Contexte historique
    Dans les années 60, une société américaine de transformation d'algues a passé un marché d'approvisionnement en matières premières de cette algue aux Philippines pour la production du carraghénane, provenant auparavant de l'Indonésie. Au début, la société s'approvisionnait en matières premières provenant de la collecte d'algues dans les récifs des îles à Visayas central. La collecte intensive du stock naturel a mené à l'épuisement des stocks vers la fin de la décennie. L'approvisionnement insuffisant en algues sèches pour le traitement a déclenché les initiatives de recherche et de développement concernant la culture de ces espèces, l'étude et l'évaluation des zones côtières potentielles pour l'algoculture, et le recensement des variétés locales de ces espèces des examens comparatifs de croissance et l’évaluation de la qualité de leurs produits colloïdaux.

    La recherche des zones de culture potentielles a porté principalement sur Mindanao occidental et Visayas central aux Philippines. La culture expérimentale a été lancée dans plusieurs sites comprenant Calatagan, Batangas, île d'Ilin à Mindoro et le banc de Danajon, Bohol nord. Au début de 1970, ces essais ont été étendus pour inclure Sacol dans la province de Zamboanga et la lagune d'île de Tapaan à Siasi province de Sulu. La première ferme commerciale d'Eucheuma/Kappaphycus a été installée dans l'île de Tapaan en 1972. Simultanément, des essais de culture dans le banc de Danajon ont également mené à l'établissement, par les compagnies Cebu-based, des fermes commerciales de traitement d’algues dans les années mi 70 où les deux espèces étaient utilisées comme stocks de graine. En raison de la demande croissante des algues sèches sur les marchés local et international, la culture de ces algues s'est répandue vers le Mindanao occidental, méridional et oriental le nord du Mindanao comprenant aussi la province de Palawan, la Malaisie orientale (Sabah et Sarawak) et l'Indonésie.
    Principaux pays producteurs
    Les statistiques de la FAO concernant ces quatre groupes d'algues à savoir Kappaphycus alvarezii, Eucheuma cottonii, Eucheuma denticulatum et Eucheuma spp. sont présentées sur la carte ci-dessous. Néanmoins, ceci ne représente pas un tableau général, puisque l'Indonésie, la Malaisie, les îles Salomon et les îles Fidji en produisent aussi, Cependant, ils ne reportent pas leurs productions séparément (voir la section sur les statistiques de production ci-dessous).

    Principaux pays producteurs de l'algue Eucheuma nei (Statistiques de Pêches FAO, 2006)
    Habitat et biologie
    Ces algues sont les espèces les plus communes avec la croissance la plus rapide aux Philippines. Elles sont trouvées juste au dessous de la limite de la marée basse jusqu'à la zone subtidale supérieure du récif, poussant souvent sur les substrats sableux-coralliens à rocheux où le mouvement de l'eau est lent à modéré. Elles se développent à l'aide d'un méristème apical se composant d'un groupe de cellules se divisant activement au bout des branches. Elles dévoilent un cycle de vie triphasé, à savoir gamétophyte (n) (dioïque), carposporophyte (2n) et sporophyte (2n).

    La fertilisation de l'oeuf dans le carpogone du gamétophyte femelle par la spermatie donne un zygote, qui se développe en carposporophyte microscopique dans la structure fertile appelée cystocarpes dans le gamétophyte femelle.

    Les carpospores (2n) produits par les carposporophytes se développent en tétrasporophytes. La méiose a lieu dans les tétrasporanges, et donne lieu à des tétraspores (n) qui se développent à leur tour en gamétophytes.

    Le gamétophyte et le sporophyte sont les grandes phases dans le cycle de vie de cette algue. Le dernier, est en quelque sorte, le plus robuste des deux (2n). Ces algues sont caractérisées par leurs capacités régénératrices végétatives élevées; ces vertus sont exploitées par les algoculteurs.
    Production
    Cycle de production

    Cycle de production de Eucheuma spp.

    Systèmes de production
    Approvisionnement en juvéniles  
    Douze variétés de K. alvarezii ont été déterminées on se basant sur leur morphologie, leurs empreintes digitales d'ADN et leurs performance de croissance pendant les différentes saisons de culture. Les informations issues de ces études sont importantes et très appropriées à la gestion de culture dans les fermes où les algoculteurs utilisent plusieurs variétés de stocks de graines dont les stocks actuels sont endémiques aux Philippines.

    L'approvisionnement en stocks de graines provient des milieux naturels et sont reproduits dans des parcelles de culture. Le stock de graine original est lavé, nettoyé de toute saleté et contaminants et il est transporté aussi rapidement que possible à la nurserie dans des boîtes en mousse de styrol portant des trous d'aération en haut, sans l'exposer au soleil et au vent. Les boutures cultivées en nurserie constituent alors le stock de semence pour la première culture. Les approvisionnements ultérieurs en stocks de semences sont obtenus à partir de la première récolte, et ainsi de suite.
    Techniques de grossissement   
    Le facteur le plus important, lors de l'établissement d'une ferme d'algoculture potentiellement productive, est le choix du site. L'emplacement doit répondre aux critères suivants:
    • Un courant d'eau et des flux de vagues modérés pour garantir une bonne pression de diffusion qui augmente l'absorption des aliments par l'algue.
    • Une lumière adéquate mais non excessive; les niveaux d'irradiations de 500-900 μEm-2S-1 sont très convenables pour la photosynthèse et la synthèse des pigments.
    • Une profondeur d'eau suffisante. Dans les zones peu profondes les stocks de semencesne doivent pas se trouver à découvert pendant les marées basses. Le développement du système de structures flottantes des fermes a rendu la culture dans les zones profondes possible.
    • En cas de culture dans les zones peu profondes, le substrat doit être obscur, se composant de sable grossier à rocheux-corallien; les substrats se composant de sable fin blanc doivent être évités.
    • Un minimum de brouteurs, de micro-organismes, d'épiphytes et d'épaves.
    • La température optimale varie entre 27-30 ºC.
    • Le niveau de salinité doit être de 30-35 pour cent; les zones d'eau saumâtre devraient être évitées.
    La durée de culture totale varie entre 2 et 3 mois après plantation; ainsi, quatre cycles de culture sont possibles au cours d'une année.

    Lesstocks de semences sont préparés en attachant 50 à 100 g de boutures avec du matériel de fixation en plastique mou. Les boutures sont attachées à des intervalles de 20-25 cm à une seule filière dans la culture en filières de fond et les systèmes flottants.

    Deux principaux systèmes de culture sont actuellement adoptés par les algoculteurs, à savoir le système de filière fixe en surélévation et les systèmes flottants. Dans les deux cas, l'entretien des structures de culture consiste principalement à arracher les épiphytes présents avec la récolte, nettoyer les algues de la boue et des saletés, arracher les semences à faible croissance et les remplacer par ceux à croissance rapide, éliminer d‘autres espèces d'algues qui se développent en parallèle avec l'Eucheuma, remplacer des plantes perdues, réparer le système de soutien de la structure de culture et éliminer les brouteurs d'algues benthiques. Les épiphytes et les épaves concurrencent avec les algues sur les aliments et la lumière du soleil provoquant une croissance lente de la récolte.

    Méthode de filières fixes en surélévation

    La construction du système de soutien de la ferme commence par creuser des trous dans le substrat à l'aide d'une barre en fer, aiguë, et d'un marteau lourd. Des pieux en bois aigus sont fermement enfoncés dans les trous dans le substrat à l'aide d'un marteau boule. Les pieux sont placés en rangées à 1m d'intervalle, avec une distance entre les rangées de 10 m. On fait un nœud à une extrémité de la corde des mono-filaments qui est fixée à un pieu. La corde est alors étirée et l'autre extrémité est attachée à un pieu dans la rangée suivante. La distance entre les cordes et la terre est ajustée selon la profondeur d'eau pendant les marées basses de sorte que les plantes ne soient pas exposées à l'air et au soleil. Les cordes sont généralement placées parallèlement à la direction du courant ou des vagues. Un pieu de soutien additionnel peut être placé à mi-chemin entre les rangées originales des pieux pour empêcher les cordes de se fléchir.

    Systèmes flottants

    Ces méthodes sont utilisées dans les zones plus profondes ainsi que dans les zones peu profondes qui sont caractérisées par un faible mouvement d'eau ou ayant une topographie du fond irrégulière.

    Filière

    Dans la méthode de culture sur radeau, les filières sont attachées à une armature en bois ou en bambou, dont la taille varie selon le matériel disponible. Les filières sont attachées parallèlement à la longueur de l'armature à 20-30 cm d'intervalle. Environ 350-400 boutures peuvent être plantées dans une unité de radeau de 4 x 5 m. Les unités sont ancrées au substrat par leurs coins, en utilisant des cordes en nylon. Du matériel flottant est attaché sur les coins des radeaux pour augmenter leur flottabilité.

    Filières flottantes

    Les filières flottantes sont de deux types - simple et multiple. Dans le type simple, des cordes en nylon de 100 m (3-4 mm de diamètre) sont utilisées en tant que cordes principales de soutien, dont les deux extrémités sont ancrées au substrat. Le niveau des cordes par rapport à la surface de la colonne d'eau est déterminé en ajustant la longueur de la corde au dispositif de flottaison. Les cordes flottantes simples sont espacées d'environ 5-8 mètres pour les empêcher de s'entremêler.

    La structure de filières multiples se compose de 4-5 cordes en nylon (3-4 mm de diamètre), d'une longueur de 20 m ou plus. Les extrémités des filières sont attachées à 30 cm d'intervalle aux principaux supports d'espacement, en bois dur épais de 3 à 4 cm. Selon la longueur des cordes, une ou plusieurs entretoises en bois sont attachées au milieu de la structure de culture. Les extrémités des structures sont directement ancrées au substrat ou sont attachées à la corde d'ancre du soutien principal (corde en nylon de 5-6 mm) en série à un intervalle de 2 m.
    Techniques de récolte   
    L'algue cultivée pendant au moins 10 semaines est immature et contient peu de carraghénane. Pour obtenir un produit d'une meilleure qualité, la production devrait être récolée 10-12 semaines après plantation pour permettre à la récolte d'atteindre la maturité.
    Manipulation et traitement  
    La récolte consiste tout simplement à détacher les stocks des cordages de fixation, les placer dans un bateau de bangka (un navire qui ressemble à un catamaran) et les transporter aux zones de séchage.

    Traditionnellement, l'algue récoltée est essuyée, triée, et nettoyée des saletés et des autres algues, avant d'être séchée au soleil sur des plateformes de séchage propres (souvent faites de lattis de bambou). Cette méthode a été légèrement modifiée récemment pour réduire au minimum la perte de matériaux et favoriser un séchage optimal. La plateforme est d'abord garnie avec du filet en nylon tressé à mailles fines, ensuite la récolte est étalée sur cette plateforme. Les plantes sont régulièrement retournées pour permettre un séchage complet au soleil. La récolte séchée doit être protégée de la pluie: la récolte est entassée en tirant le filet de doublure dans une partie de la plateforme qui est alors couverte par une feuille imperméable à l'eau. Pendant la saison chaude et ensoleillée, la récolte peut être séchée en deux ou trois jours. La teneur en humidité finale de la récolte ne devrait pas dépasser 40 pour cent. Le produit séché est bien emballé dans des sacs en plastique et stocké dans des endroits secs avant son expédition vers les centres acheteurs.

    Il existe deux produits commerciaux de carraghénane – produit raffiné ou «carraghénane traditionnellement extrait» et «carraghénane semi-raffiné» ou carraghénane (Philippines Natural Grade - PNG). Le carraghénane raffiné est obtenu en bouillant l'algue dans de l'alcali pendant plusieurs heures dans un environnement oxygéné. Le carraghénane dissous est distillé dans une solution et soumis au contrôle de viscosité, pompé et filtré, ensuite coagulé dans de l'alcool. Le coagulé est ensuite séché et transformé en poudre. Le carraghénane PNG est obtenu en imbibant les algues, fraîchement récoltées ou séchées, dans de l'alcali à une température modérée. Une température de 90 °C est utilisée pour les Kappaphycus(carraghénane de «kappa») et 60 °C pour l'Eucheuma (carraghénane de «iota»). Ce processus ne comporte pas la dissolution et la lixiviation du carraghénane dans la solution. Le carraghénane reste intact et protégé par la matrice de cellulose inerte des cellules matures.
    Coûts de production  
    Les coûts de production dépendent de trois facteurs, à savoir les actifs immobilisés, les dépenses de fonctionnement et les frais d'exploitation. Les frais d'exploitation pour une ferme de 0,25 ha, par exemple, représentent 75 pour cent du coût de la production, principalement les coûts de jeunes plants, la main d'œuvre et d’autres dépenses. La main d'œuvre représente 72 pour cent du coût de la production, alors que lesactifs immobilisés (approvisionnements et matériaux requis pour la construction du système de support de la structure de culture) représentent 23 pour cent et les frais d'exploitation représentent un maximum de 2,0. Le retour sur l’investissement (RSI) ou rentabilité du capital investi dépend de la productivité des fermes et varie selon les taux de croissance des algues. Les taux de croissance quotidiens acceptables des «semences» ne devraient pas être inférieurs à 3,0 à 4,0 pour cent. Si ce niveau est supérieur à 2,5 à 3,0 mois les RSI (retour sur Investissement) oscilleront entre 40-45 pour cent.
    Maladies et mesures de contrôle
    Les trois facteurs biologiques qui provoquent des pertes énormes de la biomasse dans les fermes de culture sont la maladie «ice-ice», l’épiphytisme et le broutage (malgré que ce dernier ne soit pas une maladie).
    MALADIEAGENTTYPESYNDROMEMESURES
    BroutageHerbivores Poissons et invertébrés Perte de biomasse; se produisant le long de l'annéeAdoption de la méthode flottante dans les zones les plus profondes
    ÉpiphytismeAlgues benthiques Filamenteux Organismes épiphytiques; se produit en étéSubmersion de 1 m au-dessous de la surface d'eau dans les zones avec un courant modéré
    «Ice-ice»Microorganismes Bactérie & champignon Taux de croissance lent; thalles pâles; perte de surfaces brillantes des branches; présence d‘épiphytes et d'épaves; se produit lors du temps calme et des mois d'étéTransfert aux zones où l'eau est fraîche avec un bon mouvement des courants

    Fournisseurs d'expertise en pathologie

    L'expertise en pathologie peut être obtenue des sources suivantes:
    • Microbiology Department, National Science Research Institute, College of Science, University of the Philippines, Quezon City, Philippines 1101.
    • Microbiology Section, Southeast Asian Fisheries Development Council, Tigbauan, Iloilo, Philippines.
    • Marine Science Institute, College of Science University of the Philippines, Quezon City, Philippines1101.
    Statistiques
    Statistiques de production
      
    Les statistiques de la FAO concernant ces quatre groupes d'algues sont regroupées dans le graphique ci-dessus. Les principaux producteurs sont les Philippines et, depuis 2003, la Chine. En 2005, presque 92 pour cent de la production globale provenait des Philippines et 7 pour cent de la Chine. Cependant, ceci ne reflète pas la situation dans son ensemble, puisque l'Indonésie et la Malaisie (orientale) sont également d'importants producteurs de ces espèces mais leurs rendements ne sont pas déclarés, séparément, à la FAO mais «dissimulés» parmi les catégories de statistiques générales «algues rouges» et «plantes aquatiques nei» respectivement. La Tanzanie et le Kiribati sont des producteurs mineurs de ce groupe d'algues.
    Marché et commercialisation
    Le marché local pour les algues sèches aux Philippines consiste de fermiers qui vendent leurs produits par le biais de commerçants locaux, les coopératives de fermiers et les organisations non gouvernementales. Le produit séché va vers de grandes stations clientes dans la région commissionnée par de grandes compagnies de traitement. Les commerçants indépendants peuvent aussi vendre leurs stocks directement aux exportateurs locaux qui les vendent aux processeurs internationaux.

    Deux formes courantes de produits sont exportées vers le marché international en plus des algues sèches. A savoir (a) le carraghénane semi-raffiné ou carraghénane (Philippines Natural Grade - PNG) et (b) le carraghénane raffiné ou le carraghénane traditionnellement extrait. Les algues sèches destinées à l'exportation doivent répondre aux exigences suivantes: l'humidité <40 pour cent; contaminants: <1,0 pour cent.

    Le traitement du PNG utilise la méthode non-extractive qui laisse plus de 2,0 pour cent de la matière insoluble dans l'acide (AIM) dans le produit avec un gel plus nuageux comparé au carraghénane raffiné. Le procédé de traitement du carraghénane raffiné suit la méthode extractive. Il est possible d'extraire le carraghénane pur après précipitation dans de l’alcool. Une grande partie de ce produit séché produite aux Philippines est transformée à Cebu et dans les provinces de Zamboanga.

    Selon l'Association Philippine des industries d’algues (Seaweed Industry Association of the Philippines), trois produits sont exportés par les 22 acteurs industriels, à savoir, l'algue sèche, le carraghénane semi-raffiné et le carraghénane raffiné. En 2004 dix-huit des exportateurs ont vendu les algues sous forme de matière première à un prix moyen de 0,55 USD/kg, alors que treize d'entre eux ont exporté le carraghénane semi-raffiné à un prix moyen de 3,95 USD/kg et seulement cinq d'entre eux ont traité et exporté le carraghénane raffiné à un prix moyen de 8,68 USD/kg.

    Le marché d'exportation du carraghénane issu des Philippines comporte l'Europe, l'Amérique du nord, l'Asie, l'Amérique du sud, la Nouvelle Zélande et l'Australie, dans cet ordre d'importance.

    L'industrie d'algues aux Philippines importe une quantité minime d'algues des États-Unis d’Amérique, Chili, Indonésie, et Singapour. Les deux derniers pays approvisionnent les Philippines avec de la matière première pour l'iota etle kappa-carraghénane à partir d'Eucheuma/Kappaphycus, alors que les États-Unis d’Amérique et le Chili fournissent de la matière première pour la fabrication du lambda carraghénane, la plupart du temps à partir du genre Iridaea.
    Situation et tendances
    L'algoculture est actuellement plus importante et le moyen d’existence le plus productif de la population côtière aux Philippines. Les données provenant de l’Association des industries d’algues aux Philippines «Seaweed Industry Association of The Philippines»pour l'année 2004 indiquent que plus de 116 000 familles se composant de plus de 1 million d'individus cultivaient plus de 58 000 ha d'algues. En 2000-2004, la production annuelle moyenne des algues sèches aux Philippines était presque 125 000 tonnes, avec une valeur moyenne de 139 million d’USD environ. Il est à noter que le taux estimé de croissance annuel de la demande mondiale en algues et en produits d'algues est de 10 pour cent. Afin de satisfaire la demande élevée en algues sèches en tant que matières premières pour la production de carraghénane l'industrie est en train de répandre l'algoculture dans de nouvelles zones. Le développement des méthodes de culture flottantes actuellement adoptées dans les zones plus profondes a contribué considérablement à l'augmentation de la production et à la prolifération des zones de culture.

    Pendant la dernière décennie, les déclins industriels apparents dans la productivité des fermes dans les zones de culture traditionnelles et surpeuplées, ont été provoqués par l'éruption saisonnière de ce qu’on appelle malaise de la ferme localement connu sous le nom de «maladie ice-ice» et «buhok-buhok» (épiphytisme) qui fait des ravages. Les observations de terrain ont prouvé que l'éruption de ce malaise semblait être écologiquement induite par les changements radicaux des facteurs environnementaux et les différents taux de croissance de plusieurs variétés de stocks de semences. La recherche vise maintenant de résoudre ces problèmes écologiques. Actuellement les pays producteurs de carraghénane cultivent deux espèces d'algues productrices de carraghénane, dont la majeure partie comprend le kappa carraghénane portant d'algues.

    L'industrie d'algues aux Philippines est considérée comme le principal producteur et fournisseur de la matière première sur le marché mondial en raison de la force de l'industrie et de son potentiel, malgré ses faiblesses et les contraintes.

    Afin de renforcer l'essor de l'industrie, deux soucis majeurs devront être traités: l'augmentation de la capacité de production des algues sèches et l'incitation à davantage investissements dans l'industrie. Le développement de la capacité de production a commencé par l'amélioration de la culture et de la récolte, la technologie après la récolte en vue d'améliorer la qualité, et l'expansion de la culture dans de nouveaux sites répondant aux critères de choix du site. Le problème d'approvisionnement en stock de semence a été résolu par la création de fermes conçues principalement pour la production de «jeunes plants» pour d'autres algoculteurs. Les taux comparatifs de croissance de 12 variétés produisant du kappa ont été déjà documentés et l'information sur la gestion de la culture a été recommandée. La diminution apparente de la vigueur des stocks de semences, à cause de leur utilisation répétée au fil des années, est étudiée. L'hybridation par la fusion somatique est entravée par le manque d'enzyme carraghénase qui peut dissoudre les parois des cellules pour isoler des protoplastes vivants, nus.

    Actuellement, l'algue brute sèche représente une partie importante des exportations d'algues des Philippines. L'industrie devra réduire l'exportation de ces matières premières en produisant plus des produits semi-traités et raffinés. Elle devra également trouver plus de débouchées internationales pour les produits traités, grâce à des coopérations avec d’autres entités d'utilisateurs qui ont des besoins spécifiques de formulation. L'établissement d'un réseau de commercialisation fort à l'échelle internationale avec les investisseurs potentiels est un élément important que l'industrie devrait réaliser; simultanément, un perfectionnement des ressources humaines devrait avoir lieu, à travers la formation du personnel clé dans le marketing et le renforcement de la coopération entre les principaux intervenants industriels et leurs associés internationaux.
    Problèmes et contraintes majeurs
    Deux polémiques ont été soulevées: il s’agit des effets éminents de l'algoculture sur l'écologie et la biodiversité de l'environnement côtier. Ces effets sont considérés comme des impacts négatifs ou positifs mais aucune donnée empirique ou évidence scientifique n'est disponible pour appuyer l'un ou l'autre de ces deux points de vues.

    L'impact sur l'écologie du site de culture

    Les fermes très productives sont souvent situées dans les zones caractérisées par le bon mouvement d'eau (flux modéré des courants et/ou des vagues); des niveaux de salinité et une profondeur à la marée basse idoines (dans les zones de culture peu profondes); de diverses flores et faunes; une eau claire, fertile et non polluée; et un substrat convenable. La production élevée est un indice de conditions écologiques favorables. Le premier impact négatif, mais mineur, sur le site est le nettoyage de la zone avant la construction des systèmes de fixation dans les zones peu profondes où la méthode de filières fixes en surélévation est pratiquée.

    L'abondance initiale de la flore et de la faune se rétablit rapidement pendant les jours qui suivent la plantation. Cependant, la production élevée de ces fermes attire plus d'algoculteurs dans la même zone, ce qui résulte en un surpeuplement et un dépassement de la capacité de charge de l'environnement. La surcharge ou la culture intensive dans une zone limitée entraîne également des changements dans l'hydrologie de la zone. Il a été prouvé que le bon mouvement d'eau par le flux modéré du courant et/ou des vagues est le facteur primordial qui renforce l'augmentation de la récolte par l'amélioration de l'absorption des éléments nutritifs. De même, le mouvement d'eau empêche la température de l'eau de mer de monter et amène les aliments à la récolte. Quand le mouvement d'eau est sensiblement réduit à cause du surpeuplement (surcharge), notamment pendant le jour lors de la marée basse, la température d'eau de mer connaît des hausses. La température élevée d'eau de mer pendant les hautes irradiations a des effets nuisibles sur la productivité de la récolte (réduction du taux de croissance), favorisant l'éventualité d'émergence de deux problèmes importants dans l'exploitation: de l'éruption de la «maladie ice-ice» et des organismes épiphytiques. Ces situations exercent aussi un impact négatif sur la flore et la faune existantes.

    La pollution locale des fermes (rejet des déchets) peut aussi avoir un impact négatif sur l'environnement.

    L'impact sur la biodiversité de la flore et de la faune existantes

    Dans les zones où les conditions environnementales sont favorables durant les différentes saisons de production, les algues montrent des taux de croissance très élevés et forment un tapis épais sur le sol, qui attire la faune associée (poissons et invertébrés) et d'autres espèces d'algues. Pendant la durée de la culture, les algues servent d'habitat et de fond d'alimentation pour la faune associée qui connaît une augmentation de populations. Le système de soutien de la structure de culture fournit également un substrat additionnel sur lequel se développent les espèces associées aux algues. Ainsi, la biodiversité semble être améliorée dans les zones de culture. Cependant, il est évident, que le changement du niveau de la biodiversité est affecté par les cycles de culture, étant comparativement plus bas pendant le début des périodes de culture (plantation) et de récolte et hauts pendant la période de croissance.

    La culture dans les zones plus profondes suivant les méthodes flottantes n'engendre aucun impact négatif sur les communautés de corail se trouvant en dessous. Une étude de terrain effectuée à Lamitan, Basilan a prouvé que la communauté de corail se trouvant à 5-10 m au-dessous des multiples unités flottantes fait preuve d'une robuste et une bonne santé. Des barres en bois dur et/ou de fer sont utilisées comme ancres pour les filières de fixation.

    Pratiques pour une aquaculture responsable
    Aucune information spécifique n'est fournie. Le Code de Conduite pour une Pêche Responsable de la FAO est applicable.
    Références
    Bibliographie  
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    Liens utiles
     
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