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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Identification
    1. Caractéristiques biologiques
    2. Galerie d'images
  2. Profil
    1. Contexte historique
    2. Principaux pays producteurs
    3. Habitat et biologie
  3. Production
    1. Cycle de production
    2. Systèmes de production
    3. Maladies et mesures de contrôle
  4. Statistiques
    1. Statistiques de production
    2. Marché et commercialisation
  1. Situation et tendances
    1. Problèmes et contraintes majeurs
      1. Pratiques pour une aquaculture responsable
    2. Références
      1. Liens utiles
    Identification


    Mytilus  galloprovincialis  Lamark, 1819 [Mytilidae]
    FAO Names:  En - Mediterranean mussel,   Fr - Moule méditerranéenne,  Es - Mejillón mediterráneo
           
    Caractéristiques biologiques
    Pareille au Mytilus edulis mais différente par les caractéristiques suivantes: a) l'umbone se tournant vers le bas a tendance de mettre la ligne basale de la coquille concave; b) les valves sont plus saillantes et moins angulaires sur la marge supérieure et ont tendance à croître plus en largeur; c) le bord du manteau est plus sombre, en devenant bleu ou violacé.
    Galerie d'images

    Culture de Mytilus galloprovincialis sous radeau

    Unité d'épuration

    Machine utilisée pour la fixation de naissain aux cordes et tri

    Moules méditerranéennes emballées dans des sacs de maille
    Profil
    Contexte historique
    La production mondiale la plus élevée de Mytilus galloprovincialis est observée en Chine (voir la section sur la production ci-dessus), mais il y a peu d'information disponible, et seule l'information provenant de la Galicie (NW de l'Espagne) est utilisée pour rédiger cette fiche technique. La première évidence de la consommation des moules dans la région de la Galicie date du quatrième siècle B.C, quand les natifs ont laissé de grands dépôts de coquilles de mollusques bivalves incluant les moules. Ces dépôts ont été dénommés 'concheiros' et ont été aussi trouvé prés des villages romains du 1er siècle A.D. Au XVI e siècle, des portugais sont arrivés à la ria de Arosa, Cambados, pour ramasser des moules, des palourdes, et des coques. Les moules sont devenues importantes en Espagne quand les conchyliculteurs ont commencé à les cultiver au début du XX e siècle. La première culture des moules a été pratiquée à Tarragone et Barcelone (N.E. de la péninsule Ibérienne) en 1901 et 1909, respectivement, en utilisant des pieux similaires à ceux utilisés en France. Après les premiers essais, ce système a été abandonné et l'utilisation des structures flottantes a commencé. En ce moment, les populations naturelles des moules dans les rias Galiciennes ont été utilisées principalement comme fumier dans les fermes agricoles et, à une échelle limitée, comme une source de graines de moules à cultiver. Il y avait peu de parcs où les conchyliculteurs ont pratiqué les cultures à plat de moules, ces dernières ont été vendues le long de la Côte Méditerranéenne. En 1946, les cultures de moules sous radeau ont été introduites dans la région Galicienne et en quelques années seulement la production a très vite augmenté.

    Les cultures sous radeau se constituaient de cadres en bois de forme carrée maintenus par un flotteur central et des bateaux anciens restaurés qui tiennent les cadres en bois, à partir desquels les conchyliculteurs mettent des cordes, faites de la sparte (Stipa tenacissima), en suspension. Les conchyliculteurs attachent le jeune naissain de moules aux cordes, et quand il atteint la taille commerciale, il le collecte à la main ou avec une roue à épingle spéciale « pin wheel ». Plus tard, les vieux bateaux sont remplacés par des cadres en bois de forme carrée ou rectangle. Le mouillage est fait de flotteurs en bois enveloppés dans des toiles en fil de fer et vêtus de béton. Actuellement, il reste peu de vieux radeaux. La majorité des nouveaux radeaux sont fabriqués par des cadres en bois d'eucalyptus.
    Principaux pays producteurs
    Mytilus galloprovincialis est principalement cultivée dans des eaux côtières allant de la Galicie (NW Espagne) jusqu'à la Côte Nord Méditerranéenne. Cependant, la production de cette espèce a été aussi reportée dans des pays sud de la Méditerranée, la Russie Fédérale, Ukraine, et l'Afrique du Sud. Cette espèce est aussi cultivée en Chine. (Faire référence à la note de la section production expliquant pourquoi l'Espagne et la Chine n'apparaissent pas sur la carte suivante.)

    Principaux pays producteurs de Mytilus galloprovincialis (Statistiques de Pêches FAO, 2006)
    Habitat et biologie
    L'habitat dans les zones où la culture prend place est très similaire. La Galicie (NW Espagne) a été prise comme un modèle dans cette fiche informative. La Côte Galicienne est caractérisée par des vallées de rivières inondées appelées 'rias', où les éleveurs cultivent les moules. Les Rias sont de 25 km de longueur, 2 à 25 km de largeur, et de 40 à 60 m de profondeur, leurs fonds sont vaseux, et elles sont entourées par des collines. La productivité annuelle dans les rias est de 10,5 mg carbone/litre/heure en moyenne. La température varie entre 10 à 20 °C, la salinité est de l'ordre de 34‰ et la marée est de 4 m en moyenne. Les courants de marrées sont fort. Il y a un upwelling d'eau froide continu qui est riche en nutriments; ceci, avec les nutriments qui sont entraînés des collines au moment de fortes pluies (précipitations moyenne annuelle sont de 1 250 mm) favorise l'abondance des phytoplanctons, permettant ainsi la croissance des moules. Ces rias protégées constituent un environnement idéal pour la culture des moules sur des cordes suspendues sous les radeau flottants. La zone de culture la plus importante est la ria de Arosa qui produit 60 pour cent de la production en moules Espagnole, suivie par la ria de Vigo et la ria de Pontevedra. Les populations naturelles de moules sont présentes dans de grandes zones de l'aval des rias et les îles sur les côtes rocheuses intertidales, où la densité moyenne dans les gisements les plus peuplés est environ 24 000 moules/m². Elles vivent aussi le long des rias principalement dans les aires rocheuses, falaises, et rochers. Les mytiliculteurs collectent les juvéniles de moules à partir de ces zones pour les cultiver sous radeaux en suspension. Le recrutement des juvéniles de moules se fait le long de l'année avec une saison principale de fixation de mai à septembre.

    Les moules peuvent bouger grâce à leur pied. La glande abyssale sécrète les filaments du byssus qui permettent leur fixation aux substrats. Les branchies sont deux paires de grandes plaques composées par un grand nombre de filaments parallèles qui filtrent les particules de nourriture à partir de l'eau. Une moule de 5 cm de longueur peut filtrer 5 litres/heure. La digestion prend place dans la glande digestive (de couleur brun-vert) située dans le centre du corps. Les moules se nourrissent de phytoplanctons et de matière organique. Le manteau, immédiatement en contact avec l'intérieur de la coquille, secrète la coquille et contient les gamètes (ovocyte ou sperme). En Galicie, la reproduction peut se produire à n'importe quelle période de l'année. Les moules produisent des millions d'ovocytes, en perdant une quantité considérable de leurs réserves en glycogènes. Les moules qui viennent de pondre sont tellement maigres qu'elles ne peuvent pas être commercialisées. La fécondation est externe. Les oeufs fécondés se développent en larves trochophores, ensuite en larves véligères qui sont transportées par les courants de la marée. Quand elles atteignent une longueur de coquille de 0,25 mm, les pedivéligères s'attachent avec leurs filaments de byssus aux substrats filamenteux. Elles sont capables de se détacher et de s'attacher de nouveau à d'autres substrats.
    Production
    Cycle de production

    Cycle de production de Mytilus galloprovincialis

    Systèmes de production
    La culture de Mytilus galloprovincialis est toujours extensive, dans tous les pays où elle est pratiquée, les étapes qui ont été décrites dans cette fiche technique sont aussi applicables à tous les cas. Les jeunes moules sont collectées en mer et peuvent être cultivées sur des cordes en suspension, ces cordes, qui sont couvertes de juvéniles de moules sont gardées sur place par des filets en nylon, et sont suspendues soit au radeau, soit aux cadres en bois, ou filières de flotteurs en plastique mouillées. Une partie considérable de la production de l'EU est cultivée sur des cordes en suspension, une technique qui peut être étendue et développée en pleine mer. Bien qu'elle soit sensible aux blooms phytoplanctoniques, elle est la seule méthode qui permet l'augmentation de la production.
    Approvisionnement en juvéniles  
    La culture commence quand les mytiliculteurs collectent les juvéniles de moules, à partir de gisements naturels (60-70 pour cent ); ou à partir des collecteurs en cordes suspendus de leurs radeaux (les 40-30 pour cent restants). Les mytiliculteurs peuvent collecter jusqu'à 1 500 kg de juvéniles par marrée basse en 4 heures, environ, des côtes rocheuses exposées sur l'océan à côté des rias et îles. Ils utilisent une pelle en acier spéciale appelée 'rasqueta', qui a une lame d'environ 10 cm², attachée à un manche en bois. Les mytiliculteurs mettent les moules en suspension sous leurs radeaux ou les vendent à d'autres éleveurs. Le prix est d'environ 60 pesetas/kg (1 EUR = 166,386 pesetas). Ils ramassent environ 4500 tonnes de juvéniles de moules (longueur moyenne = 2 cm) de ces zones à chaque cycle de culture. Ces éleveurs transportent les juvéniles jusqu'aux radeaux, les gardent mouillées, et les fixent sur des cordes durant les 24 heures après la collecte. Pour collecter les graines des radeaux, les éleveurs utilisent des filets spéciaux fabriqués à partir de vieux filets de poissons et les mettent en suspension durant les mois de mars et avril.
    Techniques de grossissement   
    En Galicie, Mytilus galloprovincialis est cultivée sous des radeaux. La taille de ces radeaux varie considérablement de <100 m² à >500 m². Ces structures sont soutenues par des flotteurs (de un à six), fabriqués en bois ou en acier couvert avec de la fibre de verre ou polystère, ou remplis avec du polystère dilaté. Dépendant du nombre de flotteurs, l'aire de culture utilisable peut aller de 80 pour cent, quand un flotteur central est utilisé, à 90 pour cent quand quatre à six flotteurs sont utilisés. Les mytiliculteurs renforcent le mouillage des radeaux avec une ou deux chaînes en fer et une ancre en béton de 20 tonnes. Dans les zones protégées où peu de bateaux circulent, ils utilisent une chaîne d'amarrage. Deux chaînes fonctionnent mieux dans les zones exposées ou quand les radeaux sont proches de la côte où il y a une forte circulation de bateaux. Les radeaux sont installés conjointement, mais séparés par environ 80-100 m, en groupes appelé parcs. Ces derniers varient par le nombre de radeau, et leurs sites d'installations sont réglementés par les autorités marines. Depuis le démarrage de la culture des moules en 1946, le nombre de radeaux a augmenté modérément de 400 en 1956 mais, après cela, il a augmenté rapidement. La taille moyenne des radeaux a augmenté de 297 m² en 1977 à 369 m² en 1984. Actuellement, les éleveurs utilisent des radeaux peu profonds et des bateaux à grandes poutres (de 9 tonnes de poids), avec un moteur en diesel d'environ 24hp. Chacun a un panier et un treuil pour soulever les cordes et machines pour séparer et rendre moins denses les moules. Des machines spécialisées sont développées pour aider dans toutes les opérations pratiques de culture, spécialement pour l'attachement de naissain sur les cordes et leur tri.

    Attachement de juvéniles

    Les mytiliculteurs attachent les juvéniles aux cordes manuellement, ou avec une machine qui renforce l'attache avec un coton spécial ou une maille de soie artificielle; cette dernière se désintègre dans quelques jours. Pendant ce temps, les moules vont secréter de nouveaux byssus pour s'attacher d'elles même aux cordes. Les éleveurs fixent aux environs de1,5-1,75 kg juvéniles/par mètre de corde, et le poids moyen de juvéniles pour chaque corde est 14 kg. Les cordes, sont généralement de 3 cm d'épaisseur et sont faites de nylon, polyéthylène, ou la sparte (S. tenacissima). Leur longueur varie de 6 à 10 m et leurs surfaces rêches facilitent l'attachement des moules. Chaque corde avec des moules fixées a une boucle à l'extrémité, fixée à une corde plus fine en polystère appelée la 'rabiza' (12-14 mm d'épaisseur), qui à son tour est attachée aux poutres des radeaux. La rabiza ne dure pas plus de 3 à 4 années car elle est exposée à l'air et au soleil, alors que les cordes principales durent en moyen 5-8 années. Chaque radeau supporte 200 à 700 cordes. Des boulons en bois ou en plastique de 30-40 cm de longueur sont insérés entre les fils des cordes pour empêcher les grappes de moules de glisser. Les éleveurs attachent 1-3 cordes /m² de radeau. Cette distribution permet un flux d'eau adéquat riche en nourriture pour les moules, et évite que les cordes de moules ne se touchent entre elles. Les mytiliculteurs installent les cordes principalement entre novembre et mars.

    Dédoublement

    La troisième étape (après avoir attaché les graines) est le dédoublement, qui doit être fait pour empêcher les moules de tomber pendant les mauvaises conditions climatiques; le dédoublement encourage aussi la croissance rapide et uniforme. Les éleveurs pratiquent cette méthode quand les moules atteignent une longueur de coquille de 4 à 5 cm après 5-6 mois de croissance, en général, entre juin et octobre. Ils soulèvent les cordes dans les bateaux par le biais d'un treuil et décollent les grappes de moules manuellement dans des toiles en acier qui les séparent en différentes classes de tailles. Une toile cylindrique mécanisée peut être aussi utilisée. Les moules provenant d'une seule corde sont attachées de nouveau sur trois ou quatre cordes avec coton ou rayons en nylon. Le poids moyen des cordes est de 46 kg. Les mytiliculteurs qui ont rendu cette opération automatique passent 5-15 secondes par mètre de corde, soit moins que 14 heures par 500 cordes de 10 m de longueur. Ce travail est répété encore une fois avant la récolte si les moules grandissent rapidement (dans ce cas leurs poids et densités augmentent le risque que les moules tombent). Il est aussi nécessaire de répéter cette opération pour s'assurer que toutes les moules atteignent la même taille au temps de la récolte.

    Elevage

    L'élevage de moules constitue la quatrième étape. Dans la région de la Galicie où la croissance est rapide, les moules peuvent atteindre la taille commerciale (8-10 cm) dans 8 à 9 mois, spécialement dans les zones proches de l'océan du côté des rias. Le temps normal nécessaire dans certaines baies est d'environ 13 mois. Cependant, une densité élevée de radeaux peut retarder la croissance des moules. La croissance est faible pendant l'été et élevée pendant l'hiver. La croissance basse en été est liée à l'abondance relative et la disponibilité de nourriture (phytoplancton) dans la colonne d'eau, qui est plus importante pendant les températures élevées et permet l'attachement des juvéniles sur les cordes durant le printemps et l'automne jusqu'à ce qu'elles atteignent la taille commerciale à la fin du premier hiver.

    Chaque radeau porte normalement trois types de cordes: celles pour la collecte des juvéniles, celles avec des moules en grossissement, et celles avec des moules ayant atteint des tailles commerciales, de cette manière, les éleveurs disposent d'une production continue. Vu que les moules croient plus rapidement dans les eaux proches de la surface, certains mytiliculteurs renversent les cordes pour obtenir des moules de la même taille. Dans le type de radeaux à un seul flotteur central, le radeau est déséquilibré quand les mytiliculteurs soulèvent les cordes pour dédoublement ou récolte, et ils doivent alors mettre des récipients remplis d'eau dans les endroits appropriés de la plateforme pour éviter de s'incliner. Un grand nombre de juvéniles et organismes indésirables s'attachent sur les flotteurs et, comme ils grandissent, le poids du radeau augmente, c'est pour cela que les éleveurs doivent nettoyer les flotteurs régulièrement. Ce processus est plus facile quand le radeau est presque vide et les flotteurs élevés, exposant plusieurs moules et organismes indésirables « fouling » à l'air où ils meurent et sont alors faciles à décoller. Pour des travaux de grande réparation de la plateforme ou des flotteurs, les mytiliculteurs ramènent les radeaux au chantier navale ou usine. Un radeau en bois de taille moyenne a une durée de vie moyenne de 10 à 15 ans, alors que les radeaux modernes en fibre de verre durent plus longuement. L'âge des radeaux peut arriver jusqu'à 30 années, avec une moyenne d'environ 8 ans.
    Techniques de récolte   
    Les moules de taille commerciale sont disponibles au cours de toute l'année et peuvent être récoltées à n'importe quel moment mais la récolte principale se déroule entre octobre à mars, quand la demande du marché est élevée et leurs conditions sont meilleures. Le poids moyen peut représenter 50 pour cent du poids total quand les moules sont dans leurs meilleures conditions. Quand un grand pourcentage de moules est proche de la ponte ou juste après la ponte, la récolte doit attendre de meilleures conditions. La production moyenne est de 130 kg/m² par zone de radeau. Pour un radeau entier ceci est égal à 20-100 tonnes, avec une valeur moyenne d'environ 47 tonnes. De telles valeurs sont très variables et dépendent de la taille du radeau. La production peut aussi être définie comme environ 10 kg de moules par mètre de corde. Les pertes annuelles (mortalité naturelle et manipulation) sont estimées à 15 pour cent . Des résultats expérimentaux récents ont montré que la mortalité naturelle des moules est d'environ 5 pour cent.

    Pour la récolte, les éleveurs utilisent un treuil pour soulever les cordes au bateau, où les moules sont séparées et triées en les frottant sur une grille en barres de fer. Elles sont ensuite nettoyées des petites moules, vase, coquilles vides, ascidies, et autres organismes indésirables. Les moules trop petites pour le marché sont fixées sur une autre corde pour un temps supplémentaire de grossissement.
    Manipulation et traitement  
    Les moules commercialisées sont normalement emballées par des femmes dans des sacs en nylon et transportées par bateau directement aux unités d'épuration, ou de traitement. Ce sont les femmes normalement qui pratiquent ce genre de travail. Chacune manipule 200 kg de moules par 8 heures. La manipulation par les machines est minime, et ce, pour réduire l'endommagement des coquilles de moules, et par la suite augmenter la durée de vie des coquilles durant leur transport. Pendant la saison chaude, des camions réfrigérés sont utilisés pour transporter les moules. Les moules destinées au marché espagnol sont parfois transportées par train. Les moules qui vont directement aux conserveries sont celles qui ont une petite taille et une moindre qualité. Elles sont préparées comme friture ou bouillies et mises par la suite dans des sauces variées, elles peuvent être préparées de plusieurs façons.
    Coûts de production  
    Pour la récolte, les éleveurs utilisent un treuil pour soulever les cordes au bateau, où les moules sont séparées et triées en les frottant sur une grille en barres de fer. Elles sont ensuite nettoyées des petites moules, vase, coquilles vides, ascidies, et autres organismes indésirables. Les moules trop petites pour le marché sont fixées sur une autre corde pour un temps supplémentaire de grossissement.

    Les moules commercialisées sont normalement emballées par des femmes dans des sacs en nylon et transportées par bateau directement aux unités d'épuration, ou de traitement. Ce sont les femmes normalement qui pratiquent ce genre de travail. Chacune manipule 200 kg de moules par 8 heures. La manipulation par les machines est minime, et ce, pour réduire l'endommagement des coquilles de moules, et par la suite augmenter la durée de vie des coquilles durant leur transport. Pendant la saison chaude, des camions réfrigérés sont utilisés pour transporter les moules. Les moules destinées au marché espagnol sont parfois transportées par train. Les moules qui vont directement aux conserveries sont celles qui ont une petite taille et une moindre qualité. Elles sont préparées comme friture ou bouillies et mises par la suite dans des sauces variées, elles peuvent être préparées de plusieurs façons.

    Le coût d'un radeau flottant est décidé par sa taille et les matériaux utilisés. En 1984 un radeau avec tout l'équipement, incluant 800 cordes, coûte environ 83 000 pesetas. En 1958 ce coût a atteint 250 000 pesetas, avec 150 000 pesetas pour les travaux de menuiserie, 21 000 pour les chaînes et mouillage, 65 000 pour les cordes de sparte (S. tenacissima) et 14 000 pour le bateau et les imprévus. En 1976, le coût était de 1,5 millions à 2 millions de pesetas, en 2000, leur coût était aux environs de 15 millions de pesetas.

    Le prix des moules fraîches en 1951 a varié de 2,0 à 2,5 pesetas/kg, et en 1958 de 3,5 to 3,75 pesetas/kg. En 1976, le prix directement à partir des structures d'élevage était de 7,5 to 9,1 pesetas/kg, et à la première vente le prix a atteint 15-20 pesetas/kg. Le prix du consommateur était de l'ordre de 30 pesetas/kg. En 2000, le prix pour le consommateur est d'environ 180 pesetas/kg. Ces prix sont très bas comparés aux prix d'autres types de coquillages ou viande. Le profit pour une famille a été estimé à environ 25 pour cent de la valeur total de la production vendue.

    [Noter: coûts et valeurs sont présentés en pesetas à cause du différentiel temporel des taux de change]
    Maladies et mesures de contrôle
    MALADIEAGENTTYPESYNDROMEMESURES
    Marteiliasis; Marteliose; maladie d'AberMarteilia maurini; M. refringensProtozoairesLes tissus viscéraux perdent la pigmentation, en devenant jaunes pâles; manteau parfois translucide; la croissance de la coquille peut cesser; la chair se rétracte & visqueuseAucune mesure n'est disponible; éviter le transfert de stock des zones affectées; réglementations
    Maladie de ver rougeMytilicola intestinalisCopépodesOrganismes hôtes; les moules sont supposées ne pas être affectéesAucune

    Aucune des maladies de la liste précédente ne provoque de graves dommages à la culture de M. galloprovincialis. Les espèces associées qui apparaissent dans les lits naturels de moules sont celles que l’on trouve sur les littoraux rocheux intertidaux comme les balanes (Balanus sp.) et les algues vertes (Enteromorpha sp.). Parmi les prédateurs des moules, on trouve des crabes, notamment le crabe vert (Carcinus maenas), des étoiles de mer comme l’étoile de mer commune (Asterias rubens) et des oiseaux marins. Les espèces associées qui colonisent les moules sur les cordes suspendues à des radeaux par l’intermédiaire de larves planctoniques ou par reptation sont des crustacés comme le décapode Pisidia longicornis, des amphipodes (Phtisica marina et Eurystheus maculates), des ascidies (Ascidiella aspersa et Ciona intestinalis) et des espèces incrustantes comme les Balanidae et les vers polychètes (Pomatoceros sp. et Elminius modestus). Ils entrent en compétition entre eux pour disposer de l’espace et de la nourriture et certains sont susceptibles d’envahir les coquilles des moules. Les dommages provoqués par les crabes et les étoiles de mer sont légers, mais, occasionnellement, A. rubens et Nucella lapillus, un gastéropode, apparaissent sur les cordes. De plus, certains poissons comme le sar commun (Diplodus sargus) et la dorade royale (Sparus aurata) détériorent occasionnellement les moules adultes en cassant leurs coquilles. Ces sparidés mangent aussi les semences des moules.

    Fournisseurs d'expertise en pathologies

    Aucune information n'a été fournie.
    Statistiques
    Statistiques de production
      
    [Note de l’éditeur : les données fournies dans le graphique représentent les statistiques fournies par les Etats membres de la FAO pour M. galloprovincialis. Aucune donnée n’a été présentée pour cette espèce par l’Espagne et la Chine. De considérables quantités de moules sont produites en Chine (plus de 663 000 tonnes en 2002). Elles sont signalées dans la catégorie statistique « moules de mer nca ». Il s’agit essentiellement de Mytilus galloprovincialis et, dans de très petites quantités, de M. coruscus, de Musculus senhouse et de Perna viridis. L’importante production espagnole (201 025 tonnes en 2002) est quant à elle signalée à la FAO comme M. edulis mais l’auteur de cette fiche d’information déclare que près de la totalité de cette production est en réalité de M. galloprovincialis.]

    [Commentaire de l’auteur : Jusqu’au début des années 1990, toutes les moules d’Europe occidentale étaient considérées comme étant des M. edulis. Désormais, nous savons que les moules depuis le sud de la Bretagne (France) jusqu’à la Méditerranée sont des M. galloprovincialis. Les comptes rendus statistiques de la FAO et d’autres institutions ne prennent cependant pas en compte ce fait, ce qui explique en partie la confusion. De plus, en ce qui concerne les technologies et les pratiques mytilicoles chinoises, on dispose seulement d’une information limitée dans la littérature scientifique occidentale, ce qui rend l’analyse difficile.]
    Marché et commercialisation
    Il y a deux marchés de moules dans la région : un marché pour le frais avant épuration et un marché de produits traités. La majeure partie des moules est commercialisée fraîche, mais le marché des produits traités (boites de conserve) est entrain de prendre une plus grande place depuis 1984. Les stations d'épuration vendent leurs moules aux marchés centraux, à partir desquels, elles sont vendues aux restaurants et aux consommateurs. Les moules restantes sont expédiées à d'autres marchés à l'extérieur de l'Espagne.

    Le marché des produits traités consiste à la commercialisation des moules en boites, aussi bien que leurs conservations (bouillies et conservées dans de l'eau salée stérilisée), et des produits congelés. Les boites (environ 115g) sont fermées hermétiquement, scellées, stérilisées, babelées, et emballées dans des caisses pour leur distribution dans différents pays du monde. La commercialisation des moules en boites a plus que doublé de 1984 à 1989.

    Les marchés de moules n'ont pas cessés de changer. Au début de la culture des moules en Espagne, la consommation nationale était limitée mais maintenant elle a dépassée 100 000 tonnes annuellement, principalement en tant que moules fraîches. La distribution des moules a été approximativement de 40 pour cent pour le marché du frais (76 pour cent de ces moules pour la marché local et 24 pour cent seulement pour l'export), 50 pour cent pour les boites de conserves (la quantité de moules en boites consommée dans le marché local était de 89 pour cent et le restant 11 pour cent a été destinée à l'export), et 10 pour cent pour congélation. Dans la décade passée, environ 60 pour cent de moules ont été destinées au marché du frais et 40 pour cent pour les boites de conserve. La partie destinée à la congélation a augmenté et elle est estimée à 15 000 tonnes par an. L'export se fait principalement vers l'Italie, la France, et l'Allemagne. La France a importé 3 800 tonnes de moules de l'Espagne en 2001 et 4 608 tonnes en 2002, alors que l'Italie a importé 1100 tonnes en 2001 et 1400 tonnes en 2002.
    Situation et tendances
    Depuis 1948 la production de moules en Espagne est devenue la plus élevée au monde, à l'exception de la Chine. Il a été attendu que la production espagnole se développera plus que ce qui a été fait mais plusieurs facteurs biologiques, technologiques, et socioéconomiques ont affectée cette prédiction. Récemment, il n y avait pas d'augmentation substantielle dans le nombre de radeaux et, quand la taille des radeaux et cordes ont augmenté, la production totale des moules ne l'était pas. Ainsi, la limitation de la production s'approche, et probablement le nombre de radeaux doit être contrôlé. De plus, pour augmenter la production, des zones convenables doivent être trouvées.
    Problèmes et contraintes majeurs
    Les pertes causées par les prédateurs notamment les étoiles de mer, crabes, et poissons ne sont pas considérables, et les parasites Mytilicola intestinalis (copépode) et Marteilia sp. (protozoaire), n'ont pas vraiment affecté la production des moules. Néanmoins, un programme permanent est nécessaire pour étudier les mortalités, la prévalence, les incidences de parasites, et l'indice de conditionnement de moules. Il ne faut pas transplanter des moules sans être sur qu'elles sont en bonne santé. Un programme spécial est nécessaire pour la maintenance de la qualité d'eau, car une augmentation de pollution de l'eau peut non seulement augmenter la prévalence des parasites mais aussi les niveaux de substances toxiques, telles que les métaux lourds. A cet égard, le programme de surveillance des marrées rouges doit continuer, et il est important d'évaluer l'impact de la culture des moules sur l'environnement et sur les espèces d'intérêt commercial.

    Il faut aussi avoir le plus d'information possible sur la distribution et la collecte des larves de moules, la disponibilité de juvéniles, et d'autres informations telles que les endroits où les larves se fixent, la quantité de juvéniles disponibles, et l'effet de la collecte de naissain sur les populations naturelles ainsi que leur capacité de récupération, pour réglementer et contrôler l'utilisation de juvéniles pour la culture. La production des moules peut être affectée par de faibles salinités qui tuent les moules qui se trouvent sur la partie supérieure des cordes allant de 0,5 à 1 m, aussi, les tempêtes d'hiver peuvent endommager et même couler les radeaux. Ces problèmes peuvent être réduits par un contrôle continu de la salinité de l'eau et l'utilisation de radeaux de bonne qualité.

    La culture des moules pourrait être améliorée par l'utilisation de nouveaux matériaux pour la construction des radeaux, incluant:
    • Flotteurs et cordes.
    • Radeaux submersibles conçus pour permettre la culture dans des eaux agitées, en augmentant la surface de culture.
    • Systèmes améliorés qui empêchent les grappes de moules de tomber des cordes.
    • Meilleures machines pour la récolte, transport et traitement.
    Cependant, n'importe quelle amélioration technologique doit prendre en compte l'intérêt général du pêcheur dans la région, une des raisons du succès actuel de la culture des moules est due aux coûts opérationnels faibles, dus à la participation de plusieurs membres de la famille au travail. Avec l'utilisation des machines, plusieurs postes de travail pourraient être perdus. De l'autre côté, l'intégration de l'Espagne à l'UE met plus de pression pour des changements dans les structures socioéconomiques. Jusqu'ici la structure du marketing n'a pas permis aux familles de fixer des prix. Seulement en passant par des organisations de groupes, il serait possible de changer cette structure de marché et permet aux familles de contrôler plus les prix.

    Pratiques pour une aquaculture responsable
    Les pratiques de protection de l'environnement doivent être encouragées. L'envasement du fond où les radeaux sont installés peut représenter un problème pour les populations benthiques qui vivent sur ces fonds là. Ceci doit être résolu par une politique solide orientée vers une bonne gestion des organismes indésirables "fouling" et envasement causé par les cordes en suspension. La quantité énorme de coquillages produits est utilisée dans plusieurs industries mais plus de diversifications est nécessaire. La biotechnologie peut révéler des méthodes pratiques utiles pour trouver de nouvelles alternatives au fouling et coquilles.
    Références
    Bibliographie  
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