Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
EnglishEspañolРусский
  1. Identification
    1. Caractéristiques biologiques
    2. Galerie d'images
  2. Profil
    1. Contexte historique
    2. Principaux pays producteurs
    3. Habitat et biologie
  3. Production
    1. Cycle de production
    2. Systèmes de production
    3. Maladies et mesures de contrôle
  4. Statistiques
    1. Statistiques de production
    2. Marché et commercialisation
  1. Situation et tendances
    1. Problèmes et contraintes majeurs
      1. Pratiques pour une aquaculture responsable
    2. Références
      1. Liens utiles
    Identification


    Oncorhynchus  mykiss  Walbaum, 1792 [Salmonidae]
    FAO Names:  En - Rainbow trout,   Fr - Truite arc-en-ciel,  Es - Trucha arco iris
       
    Caractéristiques biologiques
    Forme allongée, fusiforme avec 60-66 vertèbres, 3-4 épines dorsales, 10-12 rayons mous dorsaux, 3-4 épines anales, 8-12 rayons mous anaux, 19 rayons caudaux. Présence de nageoire adipeuse, normalement avec côtés noirs. Pas de tubercules nuptiaux mais des changements mineurs au niveau de la tête, de la bouche, et de la couleur chez les mâles en ponte. Coloration bleue à vert olive en dessus d'une bande rose le long de la ligne latérale et argentée en dessous. Dos, côtés, tête et nageoires couverts de taches noires. La coloration varie avec l'habitat, la taille, et les conditions de maturité sexuelle. Tendance des résidents de rivières et reproducteurs à être plus sombre avec une couleur plus intense, alors que les résidents des lacs sont plus clairs et plus argentés. Absence de dent hyoïde est la caractéristique la plus simple qui distingue la truite arc-en-ciel de la truite fardée.
    Galerie d'images

    Géniteur femelle de truite arc-en- ciel (Photo par Ian Cowx)

    Pondoir d'éclosion (Photo par Ian Cowx)

    Bac d'élevage (Photo par Ian Cowx)

    Raceways (Photo par Ian Cowx)

    Profil
    Contexte historique
    La truite arc-en-ciel est native des drainages du Pacifique de l'Amérique du Nord, allant de l'Alaska jusqu'au Mexique. En 1874, elle a été introduite aux eaux de tous les continents à l'exception de l'Antarctique, pour la pêche sportive à la ligne et les activités aquacoles. La production était en forte expansion en 1950 suite au développement de l'aliment sec formulé. La pêche de la truite est toujours pratiquée là, où les cultures sont pratiquées dans les eaux de drainages des terres hautes de plusieurs pays sub-tropicaux, l'Asie, l'Afrique de l'Est et l'Amérique du Sud. Comme conséquence, plusieurs souches domestiques locales se sont développées (p. e. Shasta et Kamloops), alors que d'autres ont vu le jour grâce à la sélection de masse et les fécondations croisées pratiquées afin d'obtenir des cultures de meilleure qualité
    Principaux pays producteurs
    Beaucoup pays ont publié la production de la truite arc-en-ciel issue de l'élevage. Certains ont relativement des rendements insignifiants comparés à la production provenant de plus grands systèmes qui sont installés dans les premiers producteurs en Europe, Amérique du Nord, Chili, Japon, et Australie.

    Principaux pays producteurs d'Oncorhynchus mykiss (Statistiques des Pêches FAO, 2006)
    Habitat et biologie
    La truite arc-en-ciel est un poisson hardi, facile à faire pondre, de croissance rapide, tolérant à une large gamme de paramètres environnementaux et à la manipulation, et les larves de grande taille peuvent facilement être sevrées avec un aliment artificiel (elles s'alimentent normalement de zooplancton). C'est un poisson capable de vivre dans plusieurs types d'habitats, allant d'un cycle de vie anadrome [souche connue comme tête d'acier « steelhead »] (qui vit dans l'océan mais se reproduit dans des rivières ou cours d'eau bien oxygénés, de flux rapide et fond en gravier) comme il peut vivre d'une manière permanente dans des lacs. La souche anadrome est connue par sa croissance rapide, atteignant 7-10 kg dans 3 ans, alors que la souche d'eau douce ne dépasse pas 4,5 kg pour le même intervalle de temps. L'espèce peut supporter un grand intervalle de température (0-27 °C), mais la ponte et la croissance ont lieu dans une gamme plus étroite (9-14 °C). La température de l'eau optimale pour la culture de la truite arc-en-ciel est inférieure à 21 °C. La température et la disponibilité de nourriture influencent la croissance et la maturation, par conséquent l'âge de maturité varie; bien qu'il soit normalement de 3-4 années.

    Les femelles sont capables de produire jusqu'à 2 000 oeufs/kg de leur poids. Les oeufs sont de grand diamètre (3-7 mm). La plupart des poissons pondent seulement une fois, au printemps (janvier-mai), même si la reproduction sélective et l'ajustement de la photopériode ont donné en écloserie, des souches qui peuvent arriver à maturité précoce et pondent durant toute l'année. Des caractéristiques de sélection plus avancées ont été aussi achevées par des reproductions croisées, augmentant aussi les taux de croissance, la résistance aux maladies, la prolificité, et améliorant la qualité et le goût de la viande. La manipulation génétique des chromosomes sexuels de l'embryon a donné des femelles stériles, triploïdes, évitant ainsi la mâchoire en forme d'hameçon appelée 'hook-like' qui ne plait pas au consommateur et s'assurant que les individus introduits/échappés ne peuvent pas se reproduire.

    La truite arc-en-ciel ne peut pas se reproduire naturellement dans les systèmes d'élevage, ainsi les juvéniles sont obtenus soit par ponte artificielle en écloserie soit en collectant les œufs à partir du stock naturel. Les larves sont bien développées à l'éclosion. Dans la nature, les truites adultes se nourrissent des insectes aquatiques et terrestres, mollusques, crustacés, œufs de poissons, et autres petits poissons, mais la nourriture la plus importante est les crevettes d'eau douce contenant des pigments de caroténoïdes responsable de la coloration orange-rose de la chair. En aquaculture, l'inclusion des pigments synthétiques astaxanthine et canthaxanthine dans l'aliment aquatique donne cette coloration rose (quand elle est désirée).
    Production
    Cycle de production

    Cycle de production de Oncorhynchus mykiss

    Systèmes de production
    La monoculture est la pratique la plus commune dans l'élevage de la truite arc-en-ciel, et les systèmes intensifs sont considérés nécessaires dans la plupart des situations pour rendre l'opération économiquement attirante.

    Un site potentiel pour la production commerciale de la truite doit avoir une source d'eau de bonne qualité, qui répond à certains critères, durant toute l'année (sans aération 1 l/min/kg de truite sans aération ou 5 l/sec/tonne de truite avec aération).

    DO2:Proche de saturation.
    CO2:<2.0 ppm.
    Température: 12-21ºC.
    pH:6.5-8.5.
    Alcalinité (comme CaCO3):10-400 mg/litre.
    Manganèse:<0.01 mg/litre.
    Fer:<1.0 mg/litre.
    Zinc:<0.05 mg/litre.
    Cuivre:<0.006 mg/litre dans de l'eau douce ou <0,3 mg/litre dans de l'eau dure.

    L'eau du forage où le pompage n'est pas nécessaire, peut être utilisée, mais l'aération peut être nécessaire dans certains cas. L'eau de puits super saturée en azote dissous peut conduire à la présence de bulles de gaz dans le sang du poisson, en empêchant la circulation, c'est ce qu'on appelle la maladie des bulles de gaz. L'eau de rivière peut aussi être utilisée, cependant, les fluctuations de la température et du flux altèrent la capacité de la production. Pour éviter ces problèmes, les truites sont généralement cultivées dans des raceways ou étangs alimentés par de l'eau en circulation, mais certaines sont produites dans des cages ou systèmes de re-circulation.
    Approvisionnement en juvéniles  


    Développement des géniteurs

    La truite ne se reproduit pas naturellement dans les structures aquacoles, alors les oeufs sont artificiellement pondus à partir de géniteurs de haute qualité quand elles sont entièrement matures. Même si la truite à deux ans peut pondre, les femelles sont rarement utilisées pour la reproduction avant d'avoir trois ou quatre ans. Le nombre de géniteurs nécessaires dépend du nombre de juvéniles ou fingerlings demandés pour satisfaire le plan de production de la ferme. Le nombre peut être calculé en se basant sur les taux de survie aux différents stades et de fécondité des géniteurs femelles. Généralement, un mâle pour trois femelles est jugé satisfaisant comme sexe ratio pour les géniteurs. Les mâles et les femelles sont généralement séparés. La maintenance des géniteurs peut être coûteuse et demande une main d'oeuvre nombreuse. Certaines fermes qui veulent éviter ces dépenses, achètent les œufs oeillés à d'autres. Ces œufs doivent être certifiés sans maladies, mais malgré cela ils doivent être traités avec de l'iode (100 mg/litre pendant 10 min) après arrivage et graduellement acclimatés à la température de l'écloserie. Les géniteurs sont sélectionnés pour leur croissance rapide et maturité précoce (normalement après 2 ans). Le changement de sexe peut être utilisé comme un moyen de gestion, tous les géniteurs femelles sont utilisés pour produire la progéniture femelle à croissance rapide. Les mâles matures sont opérationnels par administration de l'hormone mâle 17-methyl testostérone avec l'aliment de commencement au stade larvaire.

    Lacération et fécondation

    La reproduction de la truite arc-en-ciel est bien maîtrisée et les techniques sont bien développées. La fécondation à sec sans eau est la méthode la plus commune. Les ovocytes sont prélevés manuellement à partir des femelles (sous anesthésie) en appliquant une pression sur les nageoires pelviennes vers l'orifice ou par pompe à air, causant moins de stress aux poissons et produisant des ovocytes propres et en bon état. L'insertion d'une aiguille hypodermique d'environ 10 mm dans la cavité du corps proche des nageoires pelviennes et l'injection de l'air (2 psi) expulse les ovocytes. L'air est enlevé de la cavité du corps en massant les côtés du poisson. Jusqu'à 2 000 ovocytes/kg du poids du poisson sont collectés dans un récipient sec et sont gardés à sec pour l'amélioration de la fécondation.

    Les mâles sont lacérés de la même manière, et la laitance est collectée dans un récipient, en évitant la contamination par l'eau et l'urine. Les laitances de plusieurs mâles sont mélangées entre elles (pour assurer une bonne fécondation et éviter l'autofécondation) puis mélangées avec des ovocytes. L'eau est ensuite ajoutée pour activer le sperme et permettre aux ovocytes d'augmenter de taille d'environ 20 pour cent en remplissant l'espace périvitellin entre la coque et le noyau. Ce processus est connu sous le nom de durcissement des œufs 'water-hardening'. Les œufs fécondés peuvent être transférés entre 20 minutes, et 48 heures après la fécondation, mais pas après le stade oeillé (les yeux sont visibles à travers la coque). Une exposition directe à la lumière est à éviter durant tous les stades de développement, car elle peut tuer les embryons.

    Une technique qui a été développée pour améliorer le rendement de la production, consiste à utiliser des femelles mono sexes, ou triploïdes. La triploïdie est induite en exposant les œufs à une pression ou à une source de chaleur alors que les mono sexes sont obtenues par des œufs femelles fécondés (XX chromosomes) par du sperme provenant du sexe reversé de femelles masculinisées (XXX chromosomes). C'est un processus par lequel des truites femelles qui produisent normalement des œufs sont masculinisées de façon à développer, au lieu des ovaires, des testicules qui produisent du sperme et qui ne renferme que l'information génétique nécessaire pour donner des femelles (au lieu de mâles et femelles). Les truites femelles se vendent mieux que les truites mâles. Les testicules matures chez le poisson qui a subi le reversement de sexe sont de grande taille, ronds et sans orifice. Les testicules sont enlevés et lacérés pour vider la laitance dans un récipient. Un volume égal d'un fluide en extension est ajouté pour rendre le sperme mobile, et prêt pour féconder les ovules normaux. L'avantage de cette technique est que seuls les géniteurs sont de sexe reversé, et ils sont cultivés séparément, alors que les poissons destinés au marché ne sont pas exposés au traitement hormonal.
    Production d'écloserie  
    Les oeufs sont incubés sans perturbation jusqu'à ce qu'ils atteignent le stade oeillé, dans des pondoirs, des incubateurs en flux vertical, ou des jarres d'éclosion. Les pondoirs d'éclosion et de culture sont de 40-50 cm de largeur, 20 cm de profondeur, et d'environ 4 m de longueur. Ils ont généralement 2 couches d'oeufs placés dans des paniers en fil ou tamis (plateaux de Californie) maintenus 5 cm au dessus du fond, et l'eau circule à travers le plateau (3-4 L/min). Quand les œufs éclorent (4-14 semaines) la larve tombe dans la maille au fond du pondoir. Les incubateurs en flux vertical (incubateurs de santé) sont empilés l'un sur l'autre (jusqu'à 16 plateaux). Une seule source d'eau circule, à 3-4 l/min, à travers les oeufs, déborde dans l'autre plateau au dessous, et sont ainsi aérés, permettant à un grand nombre d'oeufs d'éclore dans un minimum d'espace et d'eau. Les larves à sac peuvent être gardées dans les plateaux entre 10 à 14 jours après éclosion. Le temps nécessaire à l'éclosion varie selon la température de l'eau, allant de 100 jours pour une température de 3,9 °C à 21 jours pour 14,4 °C (environ 370 degrés jours). Les récipients d'éclosion, sont disponibles au commerce ou fabriqués à partir de tonneaux de 40 l ou des tuyaux en PVC. L'eau circule du bas vers le haut. Ce système permet l'incubation d'environ 50 000 œufs à un prix raisonnable: les œufs sont suspendus dans de l'eau qui les fait rouler permettant que ceux ci occupent les deux tiers du volume de l'incubateur d'œufs, le flux fait lever 50 pour cent des œufs de leurs profondeurs statiques. Dans toutes les méthodes mentionnées ci-dessus les œufs morts sont écartés régulièrement pour limiter les infections par les champignons. Ces infections peuvent être contrôlées par l'addition du Formol à (37 pour cent solution de formaldéhyde) l'eau entrante à 1:600 de dilution pour 15 minutes chaque jour, sauf pendant les 24 heures d'éclosion. En atteignant le stade oeillé, l'agitation (qui consiste à faire tomber les œufs de 40 cm) enlève les œufs faibles et non développés.

    La truite éclore (typiquement 95 pour cent) avec une réserve de nourriture dans le sac vitellin (qui dure de 2-4 semaines), elle est alors appelée jeune alevin à sac vitellin ou alevins. L'éclosion d'un lot d'œufs dure normalement 2-3 jours, durant ce temps tous les œufs avec coquilles «eggshells» sont régulièrement écartés, ainsi que les jeunes alevins morts ou déformés. Les oeufs incubés séparément sont transférés des pondoirs après éclosion. Après éclosion, les plateaux sont enlevés et le volume d'eau dans les pondoirs est toujours peu profond (8-10 cm) avec un débit réduit jusqu'à ce que les jeunes alevins atteignent le stade de nage, le sac vitellin est alors résorbé, et une activité de recherche de nourriture commence.
    Elevage de fingerlings  
    Les larves sont traditionnellement élevées dans des bacs en fibre de verre ou dans des bacs en béton, préférablement de forme circulaire, pour maintenir un courant régulier et une distribution uniforme de larves, mais les bacs carrés sont aussi utilisés. Les bacs sont normalement de 2 m de diamètre ou 2 x 2 m carré, avec une profondeur de 50-60 cm. L'eau est délivrée vers les côtés du bac en utilisant une coude de tuyau ou une barre d'arrosage pour créer un courrant d'eau. La vidange se fait au centre du bac et la sortie est protégée par une toile de maille. Cette position assure la formation vers le centre, d'un tourbillon d'eau qui rassemble les saletés et facilite leur enlèvement. La fosse ou tuyau de drainage est connecté au tuyau coude sur le côté qui peut être utilisé pour régler le niveau d'eau.

    Les larves sont nourries spécialement d'aliment artificiel de démarrage, distribué à l'aide de distributeurs automatiques, et ceci à partir du stade ou approximativement 50 pour cent des larves arrivent à nager vers le haut. Quand la plupart des poissons s'alimentent activement, la ration alimentaire quotidienne doit représenter 10 pour cent du poids des poissons pendant 2-3 semaines, d'une manière continue en utilisant un distributeur à courroie. Le granulé, préparé à partir de la farine de poissons (80 pour cent), huile de poissons et de graines, fournit un équilibre nutritionnel, encourageant la croissance et la qualité du produit, et il est formulé de manière à contenir approximativement 50 pour cent de protéines, 12-15 pour cent de lipides, des vitamines (A, D et E), des minéraux (calcium, phosphore et sodium) et un pigment pour avoir la couleur rose de la chair (quand elle est désirée). C'est un régime alimentaire commercial riche en énergie et une bonne pratique d'alimentation avec un TC aussi faible que 0,8:1. Quand les larves sont de 15-25 mm de long, l'alimentation est basée sur les profils de température et la taille des poissons. Les distributeurs d'aliment automatiques sont utiles mais l'alimentation à la main est recommandée dans les premiers stades pour s'assurer qu'il n y a pas de suralimentation, mais ces dispositifs automatiques d'alimentation sont plus efficaces pour des poissons de plus grande taille. Comme la croissance continue, l'oxygène dissous est surveillé et les poissons sont transférés dans de plus grands bacs pour réduire la densité.
    Techniques de grossissement  

    Plan de Raceway ou étang


    Quand les jeunes truites atteignent 8-10 cm de longueur (250 poisson/kg) elles sont déplacées à l'extérieur dans les installations de grossissement. Ces structures sont composées par des raceways en béton, des étangs de flux ouvert Danois, ou des cages. Les raceways et les étangs individuels sont en général, de 2 à 3 m de largeur, de 12 à 30 m de longueur et de 1 à 1.2 m de profondeur. Les raceways fournissent une eau bien oxygénée dont la qualité peut être améliorée en augmentant le débit; cependant, le stock est vulnérable à la qualité de l'eau externe, et aux températures ambiantes qui influencent significativement les taux de croissance. Le nombre de raceways ou étangs dans une série varie avec le pH [pH bas (6,5-7,0) réduit la concentration d'ammonium non ionisé] et la pente de la terre (40 cm descente entre chaque raceway est nécessaire pour l'aération). Le plan courrant du raceway ou de l'étang est montré ci-dessus. Pour l'hygiène, la qualité de l'eau, et les problèmes de contrôle de maladies, le système parallèle est meilleur, vu que les contaminations ne peuvent circuler qu'à travers une petite partie du système. Les jeunes truites sont stockées dans les deux systèmes avec une densité qui va de 5 à 50 truites/m² pour produire jusqu'à 30 kg/m² avec une eau et un apport d'aliment adéquats, bien qu'une production plus élevée est possible.

    Les poissons sont cultivés jusqu'à la taille commerciale (30-40 cm), atteinte, normalement au bout de 9 mois, quoique certains poissons demandent plus de 20 mois pour atteindre des tailles beaucoup plus grandes. Le stock est normalement trié, quatre fois (à 2-5 g, 10-20 g, 50-60 g et >100 g) durant un cycle de production (première année), quand la densité doit être réduite, permettant ainsi une croissance rapide, une amélioration de la gestion d'aliment et l'obtention de poissons uniformes. Le nombre des poissons et les tailles échantillonnés (deux fois par mois) permettent des estimations du taux de croissance, du taux de conversion alimentaire, des coûts de productions, ainsi que la capacité de charge, une considération essentielle à prendre en compte pour une bonne gestion d'une ferme aquacole.

    Les cages (6 m par 6 m par 4-5 m profondeur) constituent un autre système de grossissement pour la truite où les poissons (jusqu'à 100 000) sont gardés dans des cages flottantes aussi bien en eau douce qu'en eau marine (après le stade de fingerling), assurant un apport d'eau de bonne qualité et suffisamment d'oxygène dissous. Cette méthode est techniquement simple, et utilise l'eau à un coût plus bas que le système à flux ouvert, cependant, les stocks sont plus exposés aux problèmes de qualité d'eau externe et aux prédateurs de poissons (rats et oiseaux), et les taux de croissance dépendent des températures ambiantes. Le stockage à des densités de 30 à 40 kg/m² peut être achevé et les poissons transférés aux cages en mer présentent des taux de croissance plus rapides, et atteignent les grandes tailles commerciales. Les juvéniles d'environ 70 g peuvent atteindre 3 kg dans moins de 18 mois.
    Apport de nourriture  
    L'aliment pour la truite arc-en-ciel a été modifié au cours des années et les producteurs d'aliment fournissent maintenant des régimes sous forme de granulé compact pour tous les stades du cycle de vie. Les granulés préparés de cette manière contiennent une grande quantité d'huile de poisson (plus de 16 pour cent de lipides) d'où leur richesse en énergie. Les taux de protéines dans l'aliment ont augmenté de 35 à 45 pour cent et les lipides excédent maintenant 22 pour cent dans les aliments riches en énergie. Les aliments formulés pour la truite arc-en-ciel utilisent la farine de poissons, l'huile de poissons, les graines et d'autres ingrédients, mais la quantité de la farine de poisson a été réduite de moins de 50 pour cent durant les dernières années avec l'introduction d'autres sources de protéines telles que la farine de soja. Ces régimes riches en énergie, sont efficacement convertis par la truite arc-en-ciel, souvent à un taux de conversion proche de 1:1. Les méthodes d'alimentation varient selon les systèmes de production. L'alimentation manuelle est convenable pour les petits poissons consommant de la nourriture fine. Les distributeurs automatiques, électriques ou utilisant l'énergie solaire, sont fréquemment utilisés pour distribuer une quantité fixe à des intervalles dépendant de la taille des poissons, de la température, et de la saison. Les distributeurs libre-service peuvent être utilisés pour des poissons plus grands que 12 cm.
    Techniques de récolte  
    Les méthodes de récolte varient mais les niveaux d'eau dans les structures de maintenance sont généralement baissés et les poissons sont prélevés par un filet. Dans les enclos et les cages, les poissons sont concentrés par des filets type «sweep nets» et sont soit pompés vivants de l'enclos de maintenance et transportés aux unités d'abattage, généralement par un bateau, ou abattus sur le site. Tout le processus est réalisé avec l'objectif de réduire au minimum le stress, et maximiser, ainsi, la qualité de la chair.
    Techniques de récolte  
    Les poissons destinés au re-stockage et pêche à la ligne sont manipulés avec précaution et examinés pour contrôler la qualité des nageoires, la taille, et pour repérer tout signe extérieur des maladies avant d'être mis dans un étang spécial en attendant le transport. Les poissons destinés à la consommation sont tués après des examens similaires mais moins rugoureux. Avant l'abattage, tous les poissons doivent être mis à jeun pendant 3 jours et, une fois tués, la tête doit être gardée car, le poisson décapité s'abîme plus rapidement. Les truites arc-en-ciel sont envoyées au marché soit fraîches ou congelées, et leur durée de conservation est de 10 à 14 jours si elles sont gardées dans de la glace. Les truites sont commercialisées comme des poissons entiers vidés, en filets (souvent dans des écailles), ou comme des produits valorisés, tels que la truite fumée.
    Coûts de production  
    Comme n'importe quelle affaire, les truiticulteurs souhaitent augmenter leurs revenues et réduire leurs dépenses. Ceci peut être fait en utilisant la meilleur valeur/juvénile et matériel, et en atteignant un TC alimentaire efficace. Le coût moyen de production est entre 1,20 et 2,00 USD/kg. Les coûts de fonctionnement peuvent commencer à 100 USD par 1 000 juvéniles de 6-8 cm achetés, et alimentés pendant une année à 1 000-1 400 USD. Les coûts de vétérinaire et médicaments sont de 50 USD/tonne avec un transport et une commission de vente d'environ 500 USD/ tonne.
    Maladies et mesures de contrôle
    Il y a plusieurs maladies et parasites qui peuvent affecter la truite arc-en-ciel en élevage, ces maladies sont résumées dans le tableau ci-dessous. La prévention est la mesure la plus importante à prendre ainsi q'une bonne hygiène en écloserie en limitant l'accès, et ce, en installant des bains pour désinfecter les pieds et la désinfection du matériel, il faut aussi réduire l'exposition des poissons vulnérables aux agents responsables de maladies.

    Dans certains cas, des antibiotiques et d'autres produits pharmaceutiques ont été utilisés pour les traitements mais leur inclusion dans cette table n'implique pas une recommandation FAO.

    MALADIEAGENTTYPESYNDROMEMESURES
    FuronculoseAeromonas salmonicidaBactérieInflammation d'intestins; rougissement des nageoires; furoncle sur la peau; infection des nageoires pectorales; tissus se dégradeAntibiotique mélangé avec l'aliment, p. e. oxytetracycline
    Similaire à la furonculoseAeromonas liquefaciensBactériePetites lésions sur le corps qui deviennent des plaies; nageoires deviennent rouges et les tissus se dégradentMême traitement que pour furonculose
    VibrioseVibrio anguillarumBactériePerte d'appétit; les nageoires et les parties autour de l'orifice ainsi que la bouche deviennent rouges; parfois saignantes autour de la bouche et les branchies; potentiel élevé de mortalitéMême traitement que pour furonculose, plus de vaccin pour plus de protection
    Maladie Bactérienne de rein (MBR)CorynebacteriumBactérieLésions blanchâtres dans le rein; saignements à partir du rein et foie; quelques poissons perdent l'appétit et nagent prés de la surface; apparence de couleur noireMême traitement que pour furonculose
    Maladie Bactérienne des BranchiesMyxobacteriumBactériePerte d'appétit; Branchies rouges et enflées; éventuellement les filaments de branchies s'agglutinent ensemble et deviennent pâles avec une sécrétion qui bloque le fonctionnement des branchies dans un stade avancéBain dans du bactériocine et filtration régulière de l'eau apportée pour enlever les particules
    Nécrose Pancréatique InfectieuseIPNVirusNage erratique, éventuellement jusqu'au fond du bac où la mort se produitPas de traitement disponible; éliminer la maladie en écartant le stock infecté
    Nécrose Hématopoiétique Infectieuse (NHI)IHNVirusNage erratique, éventuellement flottant vers le bas en respirant rapidement après cela meurent; yeux saillant; saignement de la base des nageoires pectorales, dorsales et orificeComme ci-dessus
    Septicémie Hémorragique Virale (SHV)VHSVirusBombement des yeux et, dans certains cas, saignements des yeux; branchies pâles; abdomen enflé; léthargieComme ci-dessus
    Tache blancheIchthyophthirius multifilisProtozoaireTaches blanchâtres sur le corps; en devenant léthargique; essayant d'enlever les parasites en se frottant sur le bord du bacBain de Formol pour les parasites de surface; sulfate de cuivre pour les parasites en dessous de la surface; empêchés par un flux rapide d'eau
    Maladie du tourni (Whirling disease) (Myxosomiasis)Myxosoma cerebralisProtozoairePeau devient sombre; nage en tournant; imperfections autour des branchies et nageoire caudale; mort éventuellementPas de traitement; poisson doit être gardé à l'extérieur de l'eau infectée; traitement de l'eau avec du calcium cyanamide
    Hexamitase de la truiteHexamita truttaeProtozoaireLéthargie, tombant au fond du bac où ils meurent; certains poissons font des mouvements soudains au hasardAjouter du calomel dans l'aliment
    CostiaseCostia necatrixProtozoaireUne muqueuse Bleue-grise sur la peau qui contient des parasitesBain de Formol
    GyrodactyloseGyrodactylus sp.TrématodeParasites attachés aux nageoires caudales et anales, corps et nageoires érodés, laissant des lésions attaquées par SaprolegniaBain de Formol
    Trematodal parasiteParasite TrématodeTrématodeYeux troubles; perte de conditionPas de traitement disponible. L'eau apportée doit être gardée propre des escargots hôtes


    Suppliers of pathology expertise

    Chaque pays producteur a une autorité gouvernementale responsable pour soutenir les demandes statuées, telle que les licences, contrôle d'effluents, contrôle de maladies à déclaration obligatoire, etc. Contacter le gouvernement relatif aquaculture/pêches/département de la santé animale. Les services de diagnostic de maladies peuvent être fournis par des départements gouvernementaux ou organisations privées ou individus.
    Statistiques
    Statistiques de production
      


    La production de la truite arc-en-ciel a augmentée d'une manière exponentielle depuis 1950, spécialement en Europe et plus récemment au Chili. Ceci est dû premièrement à l'augmentation de la production dans les zones intérieures dans certains pays comme la France, l'Italie, le Danemark, l'Allemagne, et l'Espagne pour approvisionner les marchés locaux, et la mariculture en cages au Norvège et Chili est orientée vers le marché d'export. Le Chili est actuellement le plus grand producteur. Autres pays principaux producteurs incluent la Norvège, la France, l'Italie, l'Espagne, les USA, l'Allemagne et la GB.
    Marché et commercialisation
    Il y a plusieurs débouchées de la culture de la truite arc-en-ciel, qui incluent les produits alimentaires vendus aux supermarchés et autres ventes au détail, les poissons vivants pour le repeuplement des rivières et lacs pour la pêche sportive (put-and-take game) (spécialement aux USA, Europe et Japon), et les produits provenant des écloseries dont les oeufs et juvéniles sont vendus à d'autres fermes.

    Les produits destinés à la consommation humaine sont frais, fumés, en entier, filets, ou en conserve, et les truites congelées qui sont mangées après avoir été cuites à la vapeur, frites, bouillies, ou cuites au micro ondes ou mises au four. Les déchets de traitement de la truite peuvent être utilisés pour la production de la nourriture de poissons ou comme engrais. Le poisson pour le marché du frais est grand car la chair est lisse et délicate, de couleur blanche à rose avec un goût doux. La taille de poisson de ce marché peut être atteinte dans 9 mois mais la taille du poisson de «taille-poêle», est généralement de 280-400 g, et il est pêché après 12 à 18 mois. Cependant, la taille optimale varie selon les régions du monde: aux USA les truites sont pêchées à 450-600 g; en Europe à 1-2 kg; au Canada, Chili, Norvège, Suède et Finlande à 3-5 kg (à partir des cages marines). Les préférences de la couleur de la viande varient aussi: aux USA on préfère la viande blanche, mais en Europe et autres parties du monde on préfère la viande rose obtenue grâce aux pigments ajoutés à l'aliment.

    Il y a des directives strictes pour la réglementation de la culture de la truite arc-en-ciel destinée à la consommation en respectant la sécurité alimentaire. L'hygiène et la sécurité de transport des poissons frais sont d'une importance suprême, pour s'assurer que les poissons ne sont pas contaminés par les bactéries en accordance avec les directives de l'agence d'alimentation.
    Situation et tendances
    L'industrie d'élevage de la truite arc-en-ciel a été développée pendant plusieurs centaines d'années et plusieurs aspects sont hautement efficaces, en utilisant des systèmes bien établis. Cependant, la recherche actuelle et développement tentent continuellement à augmenter l'efficacité de la production et vente en augmentant les densités d'élevage, en améliorant la technologie de re-circulation, en développant des souches de poissons génétiquement supérieures pour une croissance améliorée, en contrôlant la maturation et le genre, en améliorant le régime alimentaire, en réduisant les concentrations en phosphate des effluents, et en développant une meilleure commercialisation. Une méthode qui a été développée est l'utilisation de l'hormone génétiquement modifiée qui est efficace et économiquement accessible. Cependant, il y a des problèmes liés à l'opinion publique face aux produits génétiquement modifiés qui continue à être négative. Avec l'augmentation de la production, la recherche devient nécessaire pour minimiser les coûts et pour que l'industrie puisse évoluer.
    Problèmes et contraintes majeurs
    Les fermes de truites ont un impact inévitable sur l'environnement comme la déviation de la rivière dont elles utilisent l'eau, de son cours naturel, et l'altération potentielle de sa composition ainsi que de la structure des espèces naturelles. Les truites échappées des fermes peuvent avoir un impact, potentiellement, négatifs, en déplaçant les espèces endémiques (spécialement la truite brune), et en exhibant un comportement agressif qui peu conduire à l'altération des structures des populations des poissons.

    Les impacts des systèmes à flux ouvert proviennent en grande partie des traitements chimiques des maladies, de l'aliment non consommé, et des excréments de poissons, qui peuvent altérer la composition chimique de l'eau et du sédiment à l'avale du cours d'eau de la ferme. Des concentrations élevées de sels nutritifs réduisent la qualité de l'eau (en augmentant la demande biologique en oxygène, réduisant l'oxygène dissous et augmentant la turbidité) et augmentent la croissance des algues et des plantes aquatiques. Les restrictions de rendement obligent la ferme a avoir une aire de décantation pour enlever les déchets solides, quoique le phosphate soluble dans les effluents ne peut pas être supprimé à coût économique désormais des réductions dans l'aliment sont nécessaires pour résoudre le problème. Il y a aussi des problèmes avec la transmission des maladies du stock cultivé aux populations naturelles qui sont vulnérables.

    Pratiques pour une aquaculture responsable
    L'élevage de la truite est généralement pratiqué avec responsabilité. Les éleveurs de truite sont encouragés à adhérer aux principes figurant dans le Code de Conduite pour une Pêche Responsable de la FAO et les Directives Techniques pour une Pêche Responsable de la FAO (Développement de l'Aquaculture).
    Références
    Bibliographie  
    Bonnieux, F., Gloaguen, Y., Rainelli, P., Faure, A., Fauconneau, B., le Bail, P.Y., Maisse, G. & Prunet, P. 2002. The case of growth hormones in French trout farming. Technological Forecasting and Social Change, 43:369-379.
    Boujard, T., Labbe, L. & Auperin, B. 2002. Feeding behaviour, energy expenditure and growth of rainbow trout in relation to stocking density and food accessibility. Aquaculture Research, 33:1233-1242.
    Hardy, R.W., Fornshell, G.C.G. & Brannon, E.L. 2000. Rainbow trout culture. In: R. Stickney (ed.) Fish Culture, pp. 716-722. John Wiley & Sons, New York, USA.
    Pillay T.V.R. 1990. Aquaculture Principles and Practice. Fishing News Books (Blackwell Science), Oxford, England. 575 pp.
    Purser, J. & Forteath, N. 2003. Salmonids. In: J.S. Lucas & P.C. Southgate (eds.), Aquaculture: farming aquatic animals and plants, pp. 295-320. Blackwell Publishing, Oxford, England.
    Scottish Executive Central Research Unit. 2002. Review and synthesis of the environmental impacts of aquaculture. The Stationery Office, Edinburgh, Scotland. 80 pp.
    Sedgwick, S.D. 1990. Trout Farming Handbook 5th edition. Fishing News Books (Blackwell Science), Oxford, England. 192 pp.
    Shepherd, J. & Bromage, N. 1992. Intensive Fish Farming. Blackwell Scientific Publications, Oxford, England. 416 pp.
    Stevenson, J.P. 1987. Trout Farming Manual 2nd edition. Fishing News Books, Farnham, England. 186 pp.
    Liens utiles
     
    Powered by FIGIS