1. Identification
    1. Caractéristiques biologiques
    2. Galerie d'images
  2. Profil
    1. Contexte historique
    2. Principaux pays producteurs
    3. Habitat et biologie
  3. Production
    1. Cycle de production
    2. Systèmes de production
    3. Maladies et mesures de contrôle
  4. Statistiques
    1. Statistiques de production
    2. Marché et commercialisation
  1. Situation et tendances
    1. Problèmes et contraintes majeurs
      1. Pratiques pour une aquaculture responsable
    2. Références
      1. Liens utiles
    Identification


    Venerupis pullastra  Montagu, 1803 [Veneridae]
    FAO Names:  En - Pullet carpet shell,   Fr - Palourde bleue,  Es - Almeja babosa
       
    Caractéristiques biologiques
    Coquille solide, équivalve; inéquilatérale, le crochet se trouve dans la moitié antérieure; d’un contour légèrement ovale. Le ligament se trouve réfléchi à l'intérieur, non voilé, le corps est arqué et elliptique brun foncé se prolongeant presque jusqu'à la moitié de la marge postérieure. La lunule est d'une forme de coeur allongé, visible quoique pas clairement bien défini, avec les sommets en forme de stries fines rayonnantes brunes foncées. L'écusson est réduit à un seul bord de la partie postérieure du ligament. Sur la surface on trouve des lignes légères parallèles au bord de la coquille. Les stades de croissance sont bien définis. Le sinus palléal est un peu profond toutefois, il ne dépasse pas le centre de la coquille; laissant un espace cunéiforme entre la partie inférieure et la ligne palléale. Marge lisse d’une couleur grise à crémeuse avec des stries de couleur plus foncée. Des siphons attachés sur toute la longueur; cette caractéristique distingue ces espèces de la palourde Ruditapes decussatus.
    Galerie d'images
    Venerupis pullastraVenerupis pullastraRécolte de la palourde bleueRécolte de la palourde bleue
    Profil
    Contexte historique
    En dépit du ramassage intense de palourdes, la reconstitution de leurs populations est rapide. En 1948 on a estimé que les populations de la palourde Ruditapes decussatus et Venerupis pullastra à Ria del Burgo (Espagne) se sont rétablies en moins d'une année passant d'une densité de 1-5 à 30-50 palourdes/m2. En 1956, la production de la palourde dans la région galicienne (Espagne) avoisinait 60 pour cent de la production nationale. En cette période, 250 bateaux pêchaient des bivalves près de San Simon à Ria de Vigo; chacun d'eux récoltait 10-12 kg de V. pullastra par jour (2 500 kg au total). La saison s’étendait entre octobre et mars, tandis que dans les régions les plus proches de l'embouchure de la Ria environ 60 bateaux pêchaient et obtenaient 3 000 kg par jour. Ces différences résultaient de l'intense mortalité qui s'est produite dans la partie basse du Ria De Vigo, due aux fortes pluies qui ont provoqué une baisse rapide de la salinité. Dans les années suivantes, la production de palourde était instable, en outre les données statistiques sur la production totale sont peu abondantes. Cependant, la pêche régulière des populations naturelles a mené à une réduction de ces dernières, à la diversification des espèces collectées incluant la V. rhomboideus, et à la recherche de nouvelles zones de pêche. De 1985 à 1986, la production des palourdes V. pullastra et V. rhomboideus, issue des captures et de culture, était d’environ 1 700 tonnes.
    Principaux pays producteurs
    La palourde Venerupis pullastra est principalement pêchée en Espagne, Portugal, France et Italie. En Espagne et au Portugal la pêche de palourde vise trois espèces principales: la palourde Ruditapes decussatus, localement connue sous le nom de «almeja fina»; la Venerupis pullastra, appelée «almeja babosa»; et la V. rhomboideus, appelée «almeja rubia». La production totale provenant des récoltes des lits naturels dans les baies galiciennes était estimée à 2 000 tonnes en 1990. D'autres zones de production sont Cadix et Huelva dans le sud de l'Espagne.

    Principaux pays producteurs de la palourde Venerupis pullastra (Statistiques de Pêches FAO, 2006)
    Habitat et biologie
    La palourde bleue vit enfouie dans le sable et la boue vaseuse. C'est un mollusque bivalve, lamellibranche, qui filtre l’eau à travers ses deux siphons (un situé à l’intérieur et l'autre à l’extérieur) se nourrissant de matière organique (détritus) et du phytoplancton. Les branchies sont deux paires d'opercules composés de filaments. Les palourdes vivent sur les plages sableuses des Rias (vallées inondées de fleuve). La palourde Venerupis pullastra est enfoncée dans les fonds de sable, de gravier ou de boue, souvent depuis la limite de la marée basse jusqu'à une profondeur de 40 m. Les sexes sont séparés, bien que des hermaphrodites sont rarement trouvés. La reproduction est externe et dans la nature et/ou en écloseries elle a lieu notamment pendant l'été. Au printemps, les palourdes peuvent être conditionnées artificiellement pour un frai avec une température élevée et une nourriture abondante. Les larves nagent librement pendant 10-15 jours avant leur fixation comme naissains d'environ 0,5 mm sur un substrat de sable et de boue vaseuse.
    Production
    Cycle de production

    Cycle de production de Venerupis pullastra

    Systèmes de production
    Approvisionnement en juvéniles  
    Les vénériculteurs obtiennent les naissains à partir de leurs propres parcs (fonds protégés) ou des populations naturelles de palourde au printemps. Ils ramassent les naissains de palourde avec le sable à l'aide d'une petite pelle, le passent à travers un tamis pour obtenir les naissains, les prennent vers leurs parcs d'élevage, et procèdent à leur immersion à des densités de 800 palourdes/m2. Ils peuvent également ramasser des palourdes adultes dans des zones du port maritime et les immergent dans leurs parcs. Ils doivent régulièrement nettoyer leurs parcs des prédateurs et de la boue.
    Production d'écloserie  
    La semence peut aussi provenir des écloseries où des reproducteurs d’une taille n'excédant pas 40 mm sont maintenus pendant 30-40 jours à une température de 20 °C. Les reproducteurs sont alimentés avec des algues unicellulaires jusqu'à l'induction de la libération des gamètes en augmentant la température de 10 à 26 °C, en la maintenant à ce degré pendant 30 minutes et puis en la ramenant à 15 °C pendant plusieurs minutes; le cycle d’augmentation de la température à 26 °C et de sa diminution est alors répété jusqu'à ce que les gamètes soient libérés. L'addition du sperme d'un animal sacrifié peut également aider dans la libération des gamètes. La fécondation se produit dans de petits conteneurs où les animaux sont séparés les uns des autres. Les oeufs sont filtrés à travers une maille de 40 µm, ensuite, ils sont transférés vers un réservoir de 10 litres, où les larves véligères apparaissent après 48 heures. Les larves sont captées par une maille de 40 µm et sont mises en élevage à des densités de 3 000 larve/litre. Elles sont alimentées avec des algues unicellulaires chaque jour pendant la première semaine, puis chaque deux jour jusqu'à la métamorphose.
    Nurserie   
    Les palourdes peuvent être stockées dans les nurseries au sein des serres chaudes, alimentées avec des quantités contrôlée d’algues unicellulaires, elles peuvent être cultivées dans des filets conteneurs sur des tables de culture. Une autre alternative est de pomper l'eau d’une façon contrôlée vers les bassins intérieurs où les palourdes sont placées dans des cylindres d'environ 50 cm de diamètre et 20 cm de longueur, avec un fond en filet rigide.
    Techniques de grossissement   
    Les techniques de culture sont simples, elles consistent en l’entretien régulier du substrat, la prévention contre les algues et les prédateurs tels que les crabes et les étoiles de mer; l’aération du substrat avec des pelles et des râteaux, la limitation de la croissance d'algues; et l'ensemencement des palourdes avec des densités appropriées. Le grossissement nécessite l'immersion des palourdes; l'engloutissement réduit le niveau des malformations de la coquille. La majorité des palourdes submerge dans le substrat une heure après leur ensemencement. Les palourdes peuvent être placées dans les lits sans aucun contrôle autre que le nettoyage périodique, ou dans des structures telles que les filets qui peuvent réduire au minimum la prédation mais augmenter les coûts d'entretien. En résumé, la technique de culture reste simple.
    Techniques de récolte   
    Dans la région galicienne (Espagne), la récolte des palourdes s'effectue à pieds par les pêcheurs le long des zones intertidales et à l'aide des pelles manuelles spéciales, ou parfois avec des râteaux qui sont normalement utilisés pour prélever les algues des lits de culture. Les palourdes peuvent être également ramassées par des bateaux, qui varient dans la taille allant de moins de 1 tonne jusqu'à 12 tonnes. Certains d'entre eux sont propulsés à l'aviron, d'autres avec des moteurs extérieurs. Divers outils de ramassage sont utilisés, y compris le «rastro» et le «raño» (râteau), qui sont actionnés à partir des bateaux à l'aide d'un long manche. La saison d’interdiction de ramassage débute en mars et prend fin en octobre et la taille minimale autorisée pour la palourde Venerupis pullastra est 25 mm. Certaines zones galiciennes ont des fonds protégés appelés «parcs» réservés à la culture extensive des palourdes. Lors du ramassage manuel (à pieds) les palourdes sont récoltées à l'aide de différents types de petites pelles; parfois les râteaux qui sont d'habitude pour le nettoyage des parcs d’algues sont utilisés.
    Manipulation et traitement  
    Les pêcheurs ramènent leurs palourdes aux stations d’épuration où elles sont tenues dans des réservoirs pendant au moins 42 heures. Elles sont alors emballées dans des sacs en filet de 0,5 - 1 et 2 kg, et sont destinées à être conservées en boîtes ou consommées fraîches. Elles sont transportées par camions frigorifiés. A une température entre 3 et 10 °C; les palourdes ont une durée de conservation de 5 jours.
    Coûts de production  
    Les coûts de production sont très influencés par l'environnement socio-économique et la taille de naissains fournis. Si le stade de nurserie commence au printemps, la récolte a lieu vers la fin d’automne ou au début d'hiver de l'année suivante. Les facteurs importants qui affectent les coûts totaux sont les concessions marines ou les charges d'exploitation des écloseries et les coûts de nurserie, les moyens de gestion et les outils de récolte ainsi que la main d’oeuvre.
    Maladies et mesures de contrôle
    DISEASEAGENTTYPESYNDROMEMEASURES
    Perkinsose; maladie Perkinsose affectant les palourdesPerkinsus olseni; P. atlanticusProtistes parasitesKystes ou nodules blancs laiteux apparaissent sur les branchies, le pied, l'intestin, la glande digestive, le rein, la gonade et le manteau des palourdes très infectées; peut provoquer une mortalité massiveLes palourdes provenant des zones où la maladie a été détectée ne devraient pas être transplantées; réduire la densité
    Virus Icosahedrical apparenté au virus causant la maladie affectant la palourde Tapes decussatusvirus Icosahedrical
    apparenté à un Organisme
    Virus L'impact sur les hôtes n’est pas nettement décrit, néanmoins les mortalités peuvent être gravesAucun traitement connu
    Maladie de l'anneau brunVibrio tapetisBactérie Les bactéries adhèrent à la surface de la lame périostracale sur le bord du manteau de la coquille et colonisent progressivement la sécrétion résultante provoquant le dépôt brun de matériel organique (conchioline) adhérant à la surface intérieure de la coquille; le procédé normal de calcification se perturbe; la croissance s’arrête Les palourdes provenant des zones où la maladie a été détectée ne devraient pas être transplantées; réduire la densité
    CiliésTrichodina sp. Trichonides ciliés La plupart des infections sont inoffensives; l’intensité de l'infection reste souvent faible en cas de ciliés attachés à, ou situés près du manteau, le long des siphons, ou de la surface des branchiesAucune méthode de prévention ou de contrôle n'est connue
    Turbellarié Paravortex sp. Parasite planaire ou (vers plats) Aucun effet connu sur les hôtes; on pense qu'elle passe librement entre la cavité du manteau et le canal alimentaire; souvent observé sur la surface des branchies; rarement observé sur la surface des reins; probablement à mi-chemin entre endocommensal et parasite Prévention et contrôle impraticables
    Trématode Cercaires et métacercaires non identifiés Trématodes Généralement inoffensifsPrévention et contrôle impraticables

    Les espèces de bivalves compétitives cultivées avec la palourde Venerupis pullastra sont Venerupis rhomboideus, Venerupis aurea, Ruditapes decussates, Dosinia exoleta et Tellina incarnate). Leurs principaux prédateurs sont les crabes enragés (Carcinus maenas); les étoiles de mer (Asteria rubens et Marthasterias glaciais); les gastéropodes (Natica sp.); et les oiseaux (Larus sp). Un seul crabe enragé (6,5 cm de largeur) peut consommer 5-6 palourdes par jour. Des filets sont utilisés dans certaines zones d'élevage afin de lutter contre les prédateurs.

    Fournisseurs d'expertise en pathologie
    L'expertise en pathologie peut être obtenue de:
    Dr. Antonio Figueras
    Instituto Investigaciones Marinas, CSIC
    Spanish National Reference Laboratory for Mollusc Diseases
    Eduardo Cabello 6
    36208 VIGO
    Spain
    Téléphone : +34 986 21 44 62
    Télécopie : +34 986 292 762
    Send an email
    Dr. Isabelle Arzul
    IFREMER, Laboratoire de Génétique et Pathologie
    BP 133
    17390 La Tremblade
    France
    Téléphone : +33 5 46 36 98 43
    Télécopie : +33 5 46 36 37 51
    Send an email
    Dr. E.M. Burreson
    Director for Research and Advisory Services
    Virginia Institute of Marine Science
    College of William and Mary
    P.O. Box 1346 Gloucester Point
    VA 23062
    United States of America
    Téléphone : +1 804 684 7015
    Télécopie : +1 804 684 7097
    Send an email
    Dr. S. Bower
    Department of Fisheries and Oceans Pacific Biological Station
    3190 Hammond Bay Road
    Nanaimo
    British Columbia V9R 5K6
    Canada
    Téléphone : +1 250 756 7077
    Télécopie : +1 250 756 7053
    Send an email
    Dr. Jorge Cáceras Martínez
    Instituto de Sanidad Acuícola, A.C.
    Calle 9 y Gastelum # 468,13,14. CP. 22800
    Ensenada Baja California
    Mexico
    Téléphone : +52 646 1783473
    Télécopie : +52 646 1783473
    Send an email
    Statistiques
    Statistiques de production
      
    Le niveau de production en Espagne oscillait entre 1 900-3 100 tonnes/an dans la période allant de 1996 jusqu'à 2002 où il a nettement diminué jusqu’à 50 tonnes seulement. En 2004, la production s'est légèrement rétablie à 300 tonnes, probablement à cause des maladies, notamment la maladie de l'anneau brun, et de la mauvaise gestion. De même, une production très limitée était signalée au Portugal, elle n'a jamais excédé 2 tonnes/an.
    Marché et commercialisation
    Toutes les palourdes (Ruditapes decussatus, connue sous le nom de «almeja fina»; Venerupis pullastra, appelée «almeja babosa»; et Venerupis rhomboideus, appelée «almeja rubia») récoltées dans la région galicienne ont une valeur commerciale, ainsi la V. pullastra et considérée comme un aliment traditionnel. La qualité de la palourde V. pullastra est similaire aux autres espèces de palourdes, cependant sa durée de conservation est notoirement inférieure. Ceci est dû à sa localisation en profondeur et au manque d'exposition lors des marées basses. C'est pour cette raison qu’elle connaît un manque de pérennité et son prix au marché est généralement inférieur par rapport aux autres espèces. Les prix varient selon leur abondance sur le marché. En 2005, le prix du V. pullastra en Espagne était environ 10 EUR/kg.
    Situation et tendances
    L'histoire de la conchyliculture dans la région galicienne (Espagne) montre que les mollusques ont été mal exploités, ainsi diverses espèces ont été affectées. La première à être épuisé était l'huître plate (Ostrea edulis); ensuite le ramassage des coques et palourdes a commencé, et comme la palourde Ruditapes decussatus devenait plus rare, le ramassage du Venerupis pullastra a commencé. Actuellement, les populations d’autres bivalves d’une valeur commerciale connaissent une diminution. En plus de la pêche intensive, les palourdes ont diminué à cause de la pollution qui augmente et l'expansion des ports maritimes et des zones urbaines, dégradant l’habitat des palourdes.
    Problèmes et contraintes majeurs
    Le futur de la production des mollusques, dans la région galicienne, doit être considéré dans le cadre d’un programme de réorganisation intégrale pour inclure les aspects suivants:
    • Réorganisation des pêcheurs et de la structure du marché pour améliorer leur responsabilité et augmenter leurs bénéfices.
    • Création de zones protégées pour le rétablissement et la croissance des populations naturelles.
    • Création d'un programme général pour le traitement des eaux usées des zones urbaines et industrielles.
    • Établissement d'un projet permanent sur la dynamique des populations des palourdes, et des études biologiques, notamment pour des améliorations génétiques.
    • Sensibilisation des gens par la diffusion d'un programme pour la protection et la consommation des mollusques bivalves.
    • Etablissement d'un programme spécial de recherche sur les pathologies des mollusques bivalves.
    Pratiques pour une aquaculture responsable
    Aucun impact négatif sur les autres espèces n'a été engendré, néanmoins les pratiques pour une aquaculture responsable doivent être respectées (voir Problèmes et contraintes majeurs en haut).
    Références
    Bibliographie  
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    Vilela, H. 1950. Vida bentonica de Tapes decussatus (L.). Travaux de la Station de Biologie Maritime de Lisbonne, 53:1-114.
    Liens utiles
     
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