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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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Les appellations employées et la présentation des données sur la carte vise uniquement à illustrer le propos et n'impliquent de la part de la FAO aucune prise de position quant au statut juridique ou constitutionnel des pays, territoires ou zones maritimes, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.

Partie I Aperçu et principaux indicateurs

  1. Dossier de synthèse du pays
  2. Données géographiques génerales et indicateurs économiques
  3. Statistiques des pêches de la FAO

Partie 2 - Présentation (2014)

  1. Secteur de la production
    • Sous-secteur des pêches continentales
      • Profil des captures
      • Sites de débarquement
      • Pratiques et techniques des pêches
      • Principales ressources
      • Méthodes de gestion des principales pêcheries
      • Communautés de pêcheurs
    • Sous-secteur de l'aquaculture
    • Sous-secteur de la pêche récréative
  2. Secteur de l’utilisation post-récolte
    • Utilisation du poisson
    • Marchés des pêches
  3. Contribution socio-économique du secteur des pêches
    • Rôle des pêches dans l'économie nationale
    • Commerce
    • Sécurité alimentaire
    • Emploi
    • Développement rural
  4. Tendances, problématiques et développement
    • Contraintes et opportunités
    • Politiques et stratégies de mise en valeur du gouvernement et du secteur privé
    • Recherche, éducation et formation
      • Recherche
      • Éducation et formation
    • Aide extérieure
  5. Cadre juridique
    • Cadre juridique régional et international
  6. Références

Information supplémentaire

  1. Bases de données par sujet de la FAO
  2. Publications
  3. Archives des réunions et nouvelles

Partie I Aperçu et principaux indicateurs

La Partie I du Profil sur les pêches et l’aquaculture été préparée en utilisant l’information la plus actualisée dans les dossiers de synthèse du/des pays et les programmes de statistiques disponible au moment de la publication. Le dossier de synthèse et les statistiques de la FAO sur les pêches fournis dans la Partie I peuvent avoir été préparés à différent moments, ce qui pourrait expliquer quelques incohérences.

Dossier de synthèse du paysPréparé: Mai 2014

Deux blocs de bassins hydrographiques dominants, à savoir le bassin de l’Oubangui et ses affluents au sud et le bassin de Chari-Logone au nord divisent la République Centrafricaine (RCA) en deux. En matière de ressources en eau, le réseau hydrographique est constitué d’un ensemble de cours d’eau (rivières, marigots et ruisseaux) dont les principaux totaliseraient plus de 12 000 km, de systèmes de plaines d’inondation couvrant 10 000 à 30 000 km2 (Van den Bossche et Bernacsek, 1990), et de nombreux petits lacs et réservoirs naturels ou artificiels de tailles modestes, formant ainsi un milieu écologique varié et complexe.

La pêche est pratiquée essentiellement dans le cadre ethnique et familial, à contre saison de l’agriculture. Compte tenu du manque de statistique de production, des conditions changeantes de l’environnement aquatique d’une année sur l’autre, ainsi que de l’insuffisance de connaissance sur la dynamique des peuplements piscicoles, il n’est pas réaliste de donner une évaluation précise du potentiel halieutique centrafricain. La récente production des pêches a été estimée à près de 30 000 tonnes.

En RCA, toutes les captures sont destinées à satisfaire les besoins alimentaires et nutritionnels humains des populations, qui demeurent très élevés par rapport à l’offre. Le poisson est consommé sous forme fraiche principalement, mais aussi fumée. En autre, le pays dépend également des importations pour satisfaire la demande locale, ayant importé 5 400 tonnes (poids produit) en 2013 pour une valeur de 3,2 millions d’USD. La consommation par tête d’habitant est très négligeable, se situant à 9,3 kg en 2011. Suite aux crises militaro-politique de 2012 et 2013, la consommation en poisson a chuté et se situeraient dans l’ordre de 4,5 kg/an/habitant.

Les activités de développement aquacole ont débuté dans les années 1970s et 1980s, mais l’aquaculture n’a pas pu se développer.

En raison de la faiblesse des capacités institutionnelles, les données statistiques de production ne sont pas disponibles, un véritable frein à l’élaboration de mesures durables d’aménagement et de gestion. Parmi les principaux facteurs qui déterminent la faiblesse des performances du secteur rural en général, dont fait partie l’aquaculture figurent notamment: i) l’insécurité grandissante dans les zones de production; ii) une faible productivité des activités en milieu rural; et iii) l’enclavement et le manque d’infrastructures économiques et sociales de base appropriées. De plus la pêche est l’un des rares secteurs économiques à bénéficier de très peu d’assistance d’envergure.

Depuis décembre 1984 la RCA est Partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (1982).
 
Données géographiques génerales et indicateurs économiques

Tableau 1 - République centrafricaine - Données géographiques génerales et indicateurs économiques

    Source
Superficie du pays 623 000 km2 Institut National de l’Information Géographique et Forestière IGN
Population: 2013 4,616 millions Banque Mondiale
Densité: 2013 7,2 hab/km² BM
Superficie des cours d’eaux (bassin de l’Oubangui-sangha et Chari-logone) 582 000 km2 Van den Bosche et Bernacsek, 1990).
Superficie des eaux continentales exploitables 10 000 à 30 000km² Van den Bosche et Bernacsek, 1990).
Étendue du plateau continental 623 000 km2 IGN
Longueur des côtes: 600-1200 km IGN
PIB au prix d’acquisition (année): 2013

1 538 milliards USD

Banque Mondiale
PIB par habitant (année): 2013 333 USD Banque Mondiale
PIB agricole (année): 2013 55% du PIB Banque Mondiale
PIB halieutique (année): 2013 1% du PIB agricole Banque Mondiale
Taux de croissance PIB 2013 -14,5 %/-36% Direction Générale Trésor/BM
Taux d’inflation: 2013  6,8 % DGT
Indice de Développement Humain - IDH: 2013 0,341 soit 180ème rang sur 186 PNUD


Statistiques principales

Population-Estimations4.854millionsFAOSTAT. Donnée officielle, 2015
PIB2 139millions de dollars USWorld Bank. Estimation, 2012

Source: Profils de pays de la FAO

Statistiques des pêches de la FAOLes tables et graphiques dans cette section ont été preparés par l’Unité des statistiques et de l’information et diffusés en 2015.

Tableau 2 – République centrafricaine – Données statistiques sur les pêches

      1980 1990 2000 2010 2011 2012 2013
PRODUCTION (thousand tonnes) 13.1 13.1 15.1 35.1 35.1 32.1 30.1
    Inland 13.1 13.1 15.1 35.1 35.1 32.1 30.1
    Marine 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
  Aquaculture 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
    Inland 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
    Marine 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
  Capture 13.0 13.0 15.0 35.0 35.0 32.0 30.0
    Inland 13.0 13.0 15.0 35.0 35.0 32.0 30.0
    Marine 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
                   
TRADE (USD million)              
  Import 0.7 1.9 0.2 4.0 3.1 3.0 3.2
  Export 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
                   
EMPLOYMENT (thousands) 1.8 3.0 101.2 100.9 101.2 85.3
  Aquaculture       2.4 2.7 3.1
  Capture 1.8 3.0 101.2 98.5 98.5 82.2
    Inland 1.8 3.0 101.2 98.5 98.5 82.2
    Marine              
                   
FLEET(thousands boats) ... ...
                   
APPARENT FOOD CONSUMPTION              
  Fish food supply (thousand tonnes in live weight equivalent) 13.7 14.8 15.8 41.4 41.2    
  Per Capita Supply (kilograms) 6.0 5.1 4.3 9.5 9.3    
  Fish Proteins (grams per capita per day) 1.8 1.5 1.3 2.8 2.7    
  Fish/Animal Proteins (%) 14.8 10.1 7.3 13.2 12.7    
  Fish/Total Proteins (%) 4.9 3.7 2.7 5.2 5.1    
                   
Source: FAO Fishery and Aquaculture Statistics              
1) Excluding aquatic plants              
2) Due to roundings total may not sum up              
Source: Statistiques FAO sur les pêches et l’aquaculture



Figure 1 - République centrafricaine - Production totale de la pêche/Total fishery production
Figure 1 - République centrafricaine - Production totale de la pêche/Total fishery production




Figure 2 - République centrafricaine - Production de plantes aquatiques/Production of aquatic plants
Figure 2 - République centrafricaine - Production de plantes aquatiques/Production of aquatic plants




Figure 3 - République centrafricaine - Production des pêches de capture marines/Capture production
Figure 3 - République centrafricaine - Production des pêches de capture marines/Capture production


Figure 4 - République centrafricaine - Principaux groupes d’espèces dans la production des pêches de capture/Major species groups in capture production
Figure 4 - République centrafricaine - Principaux groupes d’espèces dans la production des pêches de capture/Major species groups in capture production




Figure 5 - République centrafricaine - Composition de la production des pêches de capture - 2013/Composition of capture production - 2013
Figure 5 - République centrafricaine - Composition de la production des pêches de capture - 2013/Composition of capture production - 2013




Figure 6 — République centrafricaine - Production de l’aquaculture/Aquaculture production
Figure 6 — République centrafricaine - Production de l’aquaculture/Aquaculture production




Figure 7 - République centrafricaine -Principaux groupes d’espèces dans la production de l’aquaculture/Major species groups in aquaculture production
Figure 7 - République centrafricaine -Principaux groupes d’espèces dans la production de l’aquaculture/Major species groups in aquaculture production


Figure 8 - République centrafricaine - Valeur des importations et des exportations de poisson et des produits de la pêche/Import and export value of fish and fishery products
Figure 8 - République centrafricaine - Valeur des importations et des exportations de poisson et des produits de la pêche/Import and export value of fish and fishery products




Figure 9 - République centrafricaine – Principaux groupes d’espèces dans les importations/Major species groups in import
Figure 9 - République centrafricaine – Principaux groupes d’espèces dans les importations/Major species groups in import




Figure 10 - République centrafricaine – Principaux groupes d’espèces dans les exportations/Major species groups in export
Figure 10 - République centrafricaine – Principaux groupes d’espèces dans les exportations/Major species groups in export




Figure 11 - République centrafricaine - Approvisionnement de poisson et des produits de la pêche par habitant/Per capita supply of fish and fishery products
Figure 11 - République centrafricaine - Approvisionnement de poisson et des produits de la pêche par habitant/Per capita supply of fish and fishery products




Figure 12 - République centrafricaine - Composition de l’approvisionnement total de poisson et des produits de la pêche - 2011/Composition of total fish food supply - 2011
Figure 12 - République centrafricaine - Composition de l’approvisionnement total de poisson et des produits de la pêche - 2011/Composition of total fish food supply - 2011


Mis à jour 2014Partie 2 - Présentation

La Partie II du Profil sur les pêches et l’aquaculture fournit des informations supplémentaires basées sur des sources nationales ou autre, valides au moment de sa préparation (voir l’année d’actualisation ci-dessus). Les références aux sources sont fournies dans la mesure du possible.

Secteur de la productionLa République Centrafricaine (RCA) forme un bloc compact d’une superficie de 623 000 km2 appartenant à la zone continentale de l’Afrique Equatoriale. Son allure générale est celle d’une vaste pénéplaine avec de légères ondulations qui viennent parfois interrompre quelques accidents et escarpements rocheux.

La RCA se situe entre 2°15’ et 11°de latitude Nord et entre 13° et 27° de longitude Est, partageant ainsi des frontières avec: i) le Tchad au Nord sur 1 197 Km; ii) le Soudan à l’Est sur 175,0 Km, le Sud-Soudan sur 990,0 Km; iii) le Congo sur 467 Km et le Congo Démocratique sur 1 577 Km au sud, et iv) le Cameroun à l’Ouest sur 797 Km, soit un total de 5 028,0 Km.

Cette zone, de relief adouci, est barrée à l’ouest, au-delà des frontières de la République centrafricaine, par des plateaux étagés, parfois accidentés, qui s’étendent depuis le fleuve Congo jusqu’au nord du Cameroun. La position géographique décrite ici place donc la RCA dans un état de pays véritablement enclavé au cœur du continent africain, n’ayant ainsi aucune façade maritime. Le pays se trouve à environ 1 500 km de l’océan Atlantique.

Par contre la République Centrafricaine est un pays considérablement bondé de ressources naturelles, mais qui souffre d’un faible revenu et d’un déficit vivrier accru, avec une population de 4,616 millions d’habitants (BM, 2013) distribués sur 7 régions, 16 préfectures et 74 sous-préfectures.

Au cours des dernières décennies, la RCA a été marquée par un contexte politique et social difficile qui a eu de nombreuses répercutions sur la dynamique économique du pays. Le PIB réel par habitant a ainsi chuté de 8,9% entre 2000 et 2003 et l’activité économique a enregistré un recul de 7,1% au cours de la même période.

La RCA est inscrite parmi les plus pauvres du monde avec un PIB réel de 333 USD par habitant en 2013 contre 624 USD en moyenne pour les pays d’Afrique subsaharienne et 831 USD en moyenne pour les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC ). Et pourtant il s’agit d’un pays qui dispose d’énormes potentialités naturelles avec une bonne répartition hydrographique dont la valorisation pourra contribuer efficacement à sa croissance économique par le développement du secteur primaire (agriculture, élevage, pêche, artisanat, etc.).Sous-secteur des pêches continentalesProfil des capturesLes cours d'eau Centrafricains subissent fréquemment des pollutions trouvant leur origine dans des activités autres que celle de la pêche (déforestation, destruction des berges, détournement de cours d'eau pour l'exploitation du diamant, construction de barrages, emploi de poisons d'origine industrielle dont la landrine). Ces pollutions, dont certaines pourraient être diminuées à la faveur d'une gestion rationnelle des ressources en eau, ont des incidences certaines sur le peuplement piscicole en termes quantitatifs mais aussi qualitatifs.

A titre d'exemple, des pêcheurs opérant dans la zone de Bossangoa/Batangafo, sur l'Ouham, ont indiqué la raréfaction de certaines espèces comme Hepsetusodoe en raison de la modification de la qualité du milieu aquatique. Un phénomène de raréfaction des gros capitaines a également été observé au cours de la dernière décennie dans certaines zones (ex. Bossangoa sur l'Ouham, Mobaye sur l'Oubangui). Ce phénomène semble être allé de pair avec le comblement de trous d'eau dû à des dépôts de sédiments et à la diminution du niveau des crues.

En cas de changements persistants de l'environnement aquatique centrafricain, il serait à redouter des modifications profondes dans l'importance et la composition spécifique des peuplements piscicoles.

Un suivi de la composition spécifique des captures de la pêche a été effectué régulièrement sur le fleuve Zaïre entre 1973 et 1988. Le fleuve Zaïre et l'Oubangui/Mbomou faisant partie du même système fluvial, on peut se servir des résultats de cette étude et les confronter avec les observations des pêcheurs, pour analyser les changements probables de la composition spécifique des captures. Ainsi, dans le bassin de l'Oubangui, on assisterait à une augmentation du nombre de Claridae et de Heterotis niloticus (Osteoglossidae) et à une réduction du nombre de Hepsetus sp., Malapterus sp., Schilbeidae et Distichodontae. Dans le bassin du Chari, des observations récentes indiqueraient par ailleurs une augmentation de la proportion de heterotis, de clarias et de tilapias dans les captures totales.

Il convient par ailleurs de mentionner que des pêches traditionnelles à l'aide de substances d'origine végétale sont saisonnièrement organisées. Des divergences de points de vue existent sur la question de leur impact environnemental, dans la mesure où l'on ignore si les poisons "naturels", qui ont un effet anesthésiant sur le poisson, ont une réelle incidence sur l'intégrité de l'écosystème aquatique. La loi en vigueur sur la pêche et la pisciculture, qui date de 1971, interdit cependant l'utilisation de cette technique de pêche.
Sites de débarquementD’une manière générale, chaque ville ou chaque grand village de pêche possède un ou plusieurs sites de débarquement qui correspondent, chacun, à un marché. On les trouve:
  • le long de la rivière Oubangui: à Bangui, Mongoumba, Zinga, Bimbo- Kolongo, Safari, Ngaragba, Ouango –Saô, Oumba, Nzoukou, Possel, Kouango Mobaye, Satema Bangassou
  • le long de la Sangha: Nola, Salo, Bayanga,
  • le long de Kadéi, Gamboula
  • le long des cours d’eau du nord (Aouk et Chari): Ngarba, Golongosso, Bamingui, Bangoran,Gordil
  • le long de l’Ouham: Bossangoa (Ouham-pont, Ouham-bac), Bouca, Batangafo
  • le long de la Barhiya: Markounda, syllambi


La plupart des débarcadères de ces sites sont des débarcadères de fortune (c'est à dire non aménagés). À noter que les débarcadères de Bangui reçoivent, en plus des produits de pêche locaux, ceux des villages et des villes riverains de l’Oubangui (y compris les villages de la République démocratique du Congo car l’Oubangui est un cours d’eau transfrontalier). Le manque de statistiques ne permet pas de hiérarchiser ces sites de débarquement suivant leur importance individuelle.
Pratiques et techniques des pêches

Embarcations

Les pirogues monoxyles constituent pratiquement l’unique modèle d’embarcation utilisé par les pêcheurs centrafricains. Leurs qualités nautiques ainsi que leurs prix abordable en font un outil attractif. Cependant, la raréfaction des grands arbres le long des cours d’eau a plusieurs conséquences. Tout d’abord, le prix des pirogues augmente. Les pêcheurs sont souvent obligés de les acheter ou de les fabriquer loin de chez eux, en République démocratique du Congo ou à Haut-Mbomou pour les pêcheurs du bassin de l’Oubangui. Il existe de sérieuses difficultés d’approvisionnement dans le bassin du Chari. Le problème du prix n’est cependant pas le plus important; la qualité n’est plus assurée. Des essences peu résistantes sont aujourd’hui utilisées pour fabriquer des pirogues dont la durée de vie est limitée parfois à deux ans, contre sept à huit ans pour celles construites dans des bois de bonne qualité. Les arbres disponibles le long des rivières sont souvent de taille réduite et leur tronc n’est pas rectiligne. Les pirogues ainsi construites ne présentent pas des qualités de stabilité suffisantes et il est de plus en plus fréquent que des embarcations chavirent avec parfois des conséquences tragiques pour leurs utilisateurs. Ce problème est de plus en plus grave dans le Nord ainsi qu’à Boali.

Engins de pêche

D’une manière générale, le matériel de capture utilisé est performant mais de qualité inégale et perfectible. Il s’agit essentiellement de filets maillants (ou dormants), de sennes de rivage, d’éperviers et de palangres de divers types. Les méthodes d’utilisation de ces engins varient d’un endroit à l’autre en fonction des conditions locales mais sont toujours plus ou moins efficaces.

- Les filets dormants

Sont généralement tissés par les pêcheurs à partir de bobines de nylon multi filament achetées sur le marché local. Afin de bénéficier de conditions plus avantageuses, les pêcheurs se groupent et achètent en gros les matières premières nécessaires pour la saison prochaine. Le gréement des filets demeure le point le plus négligé soit par manque de moyens, soit par méconnaissance des techniques. C’est ainsi que les ralingues sont souvent constituées de plusieurs fils de nylon ou de cordes fabriquées à partir de sacs en fibres synthétiques, les flotteurs sont en bois ou en vieilles semelles de sandalettes découpées, le lest est souvent constitué de pierres.

Le maillage utilisé pour les filets dormants varie suivant les régions. Dans les régions de Bangui et de Kouango, les mailles de 20 mm sont courantes, ce qui dénote une certaine surexploitation (elles ne devraient pas être inférieures à 30 mm). Par contre dans les autres zones de pêche, les mailles sont généralement supérieures à 40 mm, et dépassent 100 mm dans les points les plus isolés où le poisson est abondant (sous-exploitation).

- Les sennes de rivage

Représentent un équipement largement utilisé en saison sèche par les équipes de pêcheurs installés dans les campements. Elles sont considérées comme étant des engins destructeurs car elles raclent le sédiment et leurs mailles fines capturent même les alevins. Cependant, cet aspect négatif est limité dans la mesure où les sennes sont utilisées dans des mares temporaires avant leur assèchement total. En rivière, les nombreux arbres et rochers limitent les zones d’action de la senne et constituent des refuges pour les poissons. Ce filet représente un investissement lourd, même pour une équipe de plusieurs hommes. Les pêcheurs dépendent le plus souvent d’un patron qui est le propriétaire du matériel et se fait rembourser en poisson.

- L’épervier

Son opérateur est expérimenté. Son coût peu élevé ainsi que sa rapidité de mise en œuvre en fait l’outil favori des pêcheurs occasionnels ou des fournisseurs d’appâts pour les palangres. Les utilisateurs de filets maillants l’apprécient car il leur permet d’augmenter leurs captures tout en surveillant les autres engins (les vols de filets et de poissons sont fréquents). Il serait souhaitable de contrôler le maillage des éperviers afin de limiter les captures d’alevins.

- Les palangres sont de deux types:

  • Palangres sahéliennes, avec de nombreux hameçons très rapprochés. Elles sont placées dans les zones étroites et peu profondes de passage des poissons. Sans appâts, les poissons s’accrochent en frôlant les hameçons. De nombreux individus sont blessés sans être capturés. Cet engin introduit à partir du Tchad n’est pas populaire parmi la majorité des pêcheurs autochtones qui en interdisent souvent l’usage dans leur zone. Un contrôle strict et même une interdiction sont souhaitables.
  • Palangres appâtées. Ces engins classiques permettent de capturer sélectivement les plus grosses pièces. Les appâts sont le plus souvent constitués de petits poissons qu’il faut capturer à cet effet. Dans la mesure où justement la capture des appâts ne présente pas de risque d’épuisement du milieu naturel (favoriser l’utilisation d’insectes et de vers comme appâts), les palangres appâtées doivent être encouragées.
Principales ressourcesLa vocation de développement halieutique de la République centrafricaine est orientée pour le moment vers le poisson comme animal ciblé. Le poisson, dans le sens strict du mot, est la seule ressource concernée par la pêche artisanale en raison de son acceptation par toutes les populations sans exception et par toutes les ethnies, par les femmes, les hommes de tout âge; la pêche traditionnelle, quant à elle, s’intéresse, en plus du poisson, à d’autres animaux aquatiques, notamment les batraciens (grenouilles) les mollusques (escargots, moules, etc.), les crustacées, etc., mais de manière très marginale du fait du caractère très local de l’entreprise (ces différentes espèces entrent dans les habitudes alimentaires de seulement quelques ethnies centrafricaines). Signalons par ailleurs que les coquillages ont été utilisés dans l’élevage de volaille aux environs de Bangui mais à une échelle insignifiante pour être suivis.

Les deux bassins hydrographiques centrafricains possèdent un peuplement ichtyologique assez remarquable du point de vue de la diversité des espèces. Dans le bassin de l’Oubangui, 233 à 269 espèces indigènes pour 24 à 25 familles de poisson ont été recensées, alors que le bassin du Chari compte 180 à 195 espèces indigènes pour 27 familles de poisson (Welcomme, 1990).
Méthodes de gestion des principales pêcheriesLe sous-secteur de la pêche de capture n’a jamais bénéficié d’attention particulière comme dans le cas de l’aquaculture. Des études sectorielles sur certaines pêcheries ont été réalisées de manière occasionnelle, mais l’administration ne s’est jamais engagée dans un programme régulier de développement de la pêche.

Il n’existe à présent ni politique ni plan national de développement du secteur. Dans le passé les politiques de développement sectoriel ont été identifiées cas par cas au niveau régional; cependant le pays ne dispose pas de cadre national stratégique.

L’objectif global du gouvernement centrafricain vise la gestion durable des ressources halieutiques pour répondre aux besoins de vie des générations présentes et futures. Sous financement de la FAO, le gouvernement a pu élaborer un projet de code de pêche et de l’aquaculture. Ce projet de code a largement pris en compte plusieurs principes généraux du Code de conduite pour une pêche responsable, en les adaptant aux contextes nationaux de la RCA. Dès lors, l’Administration de pêche est sensibilisée et prend à cœur le souci de la gestion durable des ressources.

A partir de l’année 2000, à travers le Programme pour des moyens d’existence durables dans la pêche (PMEDP), les préoccupations d’une pêche responsable, placées au centre d’un programme de sensibilisation des communautés en milieu de pêche, furent largement diffusées en milieu paysan, avec comme communautés de pêcheurs celles riveraines du lac de barrage de Boali à 100 Km de Bangui, la capitale. Dans ces communautés, plusieurs séances de formation et de sensibilisation, appuyées par des voyages d’échange d’expériences, ont été organisées à leur intention.

Ces efforts ont permis de conscientiser ces communautés sur leurs moyens d’existence, ce qui a donné lieu à la mise en place d’un système de cogestion du lac, dont les populations riveraines sont les artisanes. Les réalisations peuvent se résumer de la manière suivante:
  • un Groupement villageois de pêcheurs chargé de la gestion des intérêts communs locaux;
  • une Union des groupements chargée de gérer les intérêts de tous les pêcheurs du lac est structurée;
  • deux Groupements de marchandes de poisson du lac ont vu le jour.
Tous ces groupements ont œuvré pour la mise en place de toutes les structures organisationnelles de gestion du lac, dont un Comité de gestion et six Sous-Comités villageois. Toutes ces structures ont chacune un (ou plusieurs) représentant(s) de chaque partie prenante composant l’ensemble des utilisateurs du lac et ses ressources naturelles. En fin de compte, un accord de gestion est élaboré par eux–mêmes, assorti des mesures de gestion dont:
  • la limitation du nombre de certains engins de pêche (les nasses surtout);
  • l’interdiction de certaines méthodes de pêche identifiées comme dévastatrices;
  • l’application des séances du «repos biologique» qui consiste à organiser et observer des périodes sans pêche.


Communautés de pêcheurs

Effectif et répartition géographique des pêcheurs

En utilisant l’enquête-cadre au niveau des ménages, on a pu estimer (service statistiques du Plan, 1994) l’effectif des pêcheurs par bassin hydraulique.

Cette enquête relève un grand nombre de personnes impliquées dans la pêche et réparties de la manière suivante:

Tableau 3 – République centrafricaine – Personnes impliquées dans la pêche et réparties par bassin hydraullique

Bassin hydrographiquePêcheurs professionnels

Pêcheurs paysans/

occasionnels

Total

Oubangui-Chari

Chari-Logone

RCA

11 899

7 617

19 516

47 595

30 788

78 383

59 494

38 405

97 899



Ces chiffres peuvent ne pas inclure la marge des femmes qui sont artisanes de la pêche d’autoconsommation dans les ruisseaux et les petites mares pendant les saisons sèches. L’intensité de leurs activités est considérable à tel point que dans des zones riches en poissons (comme les Ctenopomas), et dont la capture est facile, leurs productions font l’objet de commercialisation répandue dans la localité donnée (exemple: les femmes de la sous-préfecture de Damara, qui par périodes organisent des campagnes de pêche des Ctenopomas et de petits Silures nains ou des Barbus).

Aussi, convient-il de noter qu’en milieu rural et suburbain, on compte sur les doigts les riverains qui ne sont pas des pêcheurs, sinon tous le sont.

Il y a comme partout ailleurs des groupes ethniques pour lesquels la motivation à la pêche se transmet de père en fils par l’apprentissage du métier qui se fait déjà en bas âge. L’enfant naît et grandit dans l’eau et dans la pêche est le propos couramment tenu pour exprimer l’état de professionnalisme de ces ethnies dont les principales sont:
  • Pour le bassin de l’Oubangui et de la Sangha: les Yakoma, les sango, les banziri, les Mbemou, les Sangha-Sangba et les Linzombo;
  • Pour le bassin du Chari et de Logone: les Rounga, les les Haoussa, les Borno, les Gbaya, les Sara (ngaman, dagba, kâba, souma) et les Yakoma.
À côté de ces groupes ethniques rompus dans les activités halieutiques, nous pouvons citer des communautés étrangères flottantes dans les pêcheries transfrontalières et/ou proches des frontières (cas des pêcheurs tchadiens dans les eaux des parcs nationaux centrafricains au nord qui envahissent les cours d’eau dans ces parcs).

Une situation spécifique se produit autour du lac de barrage de Boali. Il s’agit d’un petit lac de 50 km2 étendu sur 30 km et arrosant six villages sans véritable tradition de pêche. Depuis l’installation de ce lac, 500 habitants de ces six villages se sont convertis, dans une large mesure (70 pour cent environ de leur temps de travail sont consacrés à la pêche) en pêcheurs.

Depuis les années 80, suite aux exigences du Programme d’ajustement structurel qui ont entraîné le départ massif des fonctionnaires (déploiement, départ volontaire assisté et retraite), on assiste sans cesse à un mouvement des intellectuels vers la terre, c'est-à-dire vers l’agriculture dans le sens large du terme. Cette situation profite aussi à la pêche et ainsi dans les communautés des pêcheurs on compte désormais plusieurs cadres.

La même situation se produit avec les jeunes en quête d’emploi correspondant à leur formation, qui, eux, constituent un groupe de pêcheurs temporaires. Il convient de signaler que, récemment, on a mis sur le chantier halieutique 300 jeunes militaires démobilisés en vue de leur insertion dans les activités de développement.

Une communauté d’éleveurs peulhs s’est convertie en pêcheurs d’avant garde à Gbamian, un des six villages riverains de la pêcherie du lac Mbali dans la sous-préfecture de Boali.
Sous-secteur de l'aquacultureLa forme de l’aquaculture appliquée en République Centrafricaine est, essentiellement, la pisciculture qui, au départ de son introduction dans les années 1950, est marquée exclusivement par le choix technique des cichlides comme poissons à élever. Bon nombre de Tilapia ont, dès lors, fait l’objet d’expérimentation dans des étangs de terre, avec une alimentation nutritionnelle naturelle simple, basée sur la fertilisation du milieu avec des matières organiques (compost).

Plus tard la recherche a mis en évidence la sélection de d’Oreochromis niloticus comme poisson présentant mieux des avantages technico - économiques requis pour l’élevage. A la reprise des activités dans les années 1970 après le déclin survenu au seuil de l’indépendance du pays, la recherche a porté son action sur les espèces autochtones et a proposé Clarias lazera et Heterotis niloticus à côté du premier poisson. Et à côté de ces trois espèces principales courantes retenues, la ferme agricole chinoise de la RCA a introduit avec succès des carpes dont la carpe commune est largement appropriée par les pisciculteurs de Bangui, la Capitale, et de ses environs. Par ailleurs, les Auchenoglanis. sp.et Synodontis sp. sont de plus en plus pêchés dans des cours d’eau et utilisés dans les étangs.

La pisciculture a évolué à partir de 1968 -1970 dans un cadre administratif où a été créé, sous les auspices du PNUD, un Centre Piscicole National (CPN) à vocation sous-régionale, placé sous tutelle du Ministère des Eaux et Forêts Centrafricain. Le CPN fut soutenu dans ses activités de recherche, de formation et de vulgarisation des techniques piscicoles, dans une grande envergure par plusieurs projets de développement des systèmes des Nations Unies. Des moyens adéquats multiformes et de toute nature ont été déployés, ce qui a permis d’implanter la pisciculture dans le pays au même titre que d’autres spéculations agricoles rentables.
Sous-secteur de la pêche récréative

Pêche sportive

Elle s’est développée à très petite échelle jusqu’aux années 70, lorsque les expatriés occidentaux y trouvaient leur compte. Elle s’effectuait surtout dans les étangs publics de pisciculture mais aussi dans les grands cours d’eau et des lacs arrosant les grandes villes du pays. Si elle est gratuite dans des eaux non aménagées, par contre elle est payante (200 CFAF/canne/heure et 200 à 600 CFAF/kg de captures) dans les étangs artificiels.

Les lignes appâtées sont les seuls engins autorisés surtout dans les étangs piscicoles. Il y a vraiment lieu de négliger cette pêche sportive du fait qu’elle n’est plus organisée au niveau du pays d’une manière générale.
Secteur de l’utilisation post-récolteUtilisation du poissonEn RCA, toutes les captures sont destinées à satisfaire les besoins alimentaires et nutritionnels humains des populations. Les besoins en poisson du pays sont d’autant grands. Le poisson du commerce, une fois pêché, est mis à la vente sous forme de frais ou fumé, principalement. En ce qui concerne le poisson fumé, les conditions de fumage, de manutention et de transport occasionnent souvent des brisures, qui sont récupérées et livrées au marché de consommation humaine. A côté des brisures, il y a des parties réduites en farine/poudre mélangées généralement aux moisissures et aux petites arêtes. Ce mélange est vendu par le grossiste avec réduction de prix donc perte de la valeur ajoutée. Au niveau des détaillants, on fait des tris profonds pour récupérer le maximum de la matière consommable (arête et farine/poudre) non moisie et, à partir de ce moment, on rejette les véritables moisissures (quantité infiniment marginale) composées de divers insectes piscivores et des muscles complètement moisis.

Transformation du poisson

En raison des difficultés de communication entre les pêcheries et les centres de consommation, le poisson est transformé la plupart du temps par les pêcheurs eux- mêmes directement dans les campements. Pour les pêcheries dans ou près des centres de consommation, le poisson est vendu frais et seulement la part qui reste est fumée (par des femmes cette fois-ci). Le fumage s’effectue avec des fours traditionnels construits de branchages (généralement dans les campements isolés), de fûts métalliques (à domicile ou dans des campements à accès facile) ou de parpaings de terre de manière rudimentaire (à domicile).

Ces fours sont généralement simples de construction et d’utilisation: ce sont,
  • Les fours de branchage sont faits de quatre piliers en bois avec fourches, deux traverses supportant un ensemble de plusieurs branches servant de claies en dessous de laquelle le foyer est allumé.
  • Les fours en fûts métalliques sont construits d’un fût ou demi-fût sans couvercle, posé directement sur un foyer de feu de bois avec un grillage servant de clé.
  • Les fours à parpaing sont formés d’un mur de forme variée (carré, rectangulaire ou ronde) dont le toit en grillage ou en bois remplit la fonction de clé.
En dehors de ces fours traditionnels, le four Chorkor, originaire de l’Afrique de l’Ouest, est dans sa phase d’expérimentation dans le pays et a pour objectif l’amélioration de la quantité et de la qualité des produits.
Marchés des pêches

Marchés intérieurs

Les circuits de commercialisation du poisson visent essentiellement à approvisionner la capitale Bangui, 839 124 habitants (projection), qui absorbe la majeure partie (95 pour cent) de la production nationale. De manière générale, les circuits de commercialisation du poisson font intervenir de nombreux intermédiaires (grossistes, semi-grossistes, intermédiaires et détaillants).

Tout va autrement dans la région du nord où le mareyage est tenu par les commerçants de confession musulmane et de nationalité Centrafricaine ou Tchadienne (ou les deux en même temps). Ils sont appelés «grands pêcheurs». Ce sont de grands commerçants, fournisseurs des denrées alimentaires céréalières et carnées (le nord est la zone du gibier par excellence où se trouve la quasi-totalité des aires protégées), et des produits manufacturés. La plupart sont propriétaires de gros véhicules qui desservent les localités. Ils écoulent le poisson sur les marchés intérieurs, le long des axes conduisant vers Bangui où deux grands entrepôts sont aménagés pour stocker et vendre le poisson.

La région du nord étant une grande zone d’inondation, et présentant de grandes difficultés de communication à certains moments de l’année, les circuits peuvent devenir particulièrement complexes. Le poisson produit dans le cours d’eau Bahr Aouk, à la frontière avec le Tchad (l’une des plaques tournantes du commerce de poisson en République Centrafricaine), transite par Sarh en territoire Tchadien pour descendre à Bangui et les marchés intérieurs sur le même axe.

En dehors des mouvements commerciaux du poisson des eaux partagées, la République Centrafricaine n’exporte pas officiellement le poisson.

Par contre, elle importe par an environ 1 000 tonnes (1 035 tonnes en 2006 ) de poisson de mer à partir de pays comme la Namibie et l’Europe, aux fins de consommation humaine.
Contribution socio-économique du secteur des pêchesRôle des pêches dans l'économie nationaleLa pêche n’a jamais connu un programme concret de développement sur toute sa filière. Elle reste par conséquent un sous-secteur géré de manière informelle à tous points de vue. Dans cette situation, elle ne peut que fournir une contribution modeste dans l’économie nationale en général et en particulier au budget de l’État. Le manque cruel de statistiques ne donne pas lieu à l’analyse/évaluation exacte de la situation, et la plupart des données sont basées, en général, sur des estimations parfois trop grossières.

La production de poisson de capture est aujourd’hui estimée entre 13 000 et 20 500 tonnes; la pisciculture a atteint son apogée en 1984-1985 avec environ 300 tonnes et les importations, 1 035 tonnes en 2006, tandis que les exportations officielles n’existent pas (ou ne sont pas connues). Avec une production de 10 000 tonnes en 1985, le secteur pourrait contribuer à augmenter de 1% du PIB (Breuil, 1996). Ainsi avec une production comprise entre 13 000 tonnes et 20 500 tonnes, cette contribution serait autour de 3,22 pour cent du PIB agricole en valeur constante. Le chiffre d’affaires annuel à la production peut être estimé à 5 milliards de FCFA (environ 10 millions de USD).

La consommation est estimée actuellement dans l’ordre de 4,5 kg/an/habitant. Le nombre total de pêcheurs en 1998 est estimé à 98 000 et celui des pisciculteurs à 8 500.

En dépit du rôle modeste joué par le secteur des pêches au niveau macroéconomique, le secteur occupe en revanche une place importante au sein des systèmes de production en milieu rural. De manière générale, la pêche, au même titre que la chasse ou d’autres activités de cueillette et de ramassage, est une activité qui a sa place dans le calendrier traditionnel des activités du paysan centrafricain.

La pêche et l’aquaculture permettent notamment de diversifier les sources de protéines animales et aussi de disposer d’un complément de revenus agricoles. Dans le bassin du Chari, où l’agriculture occupe environ 70% de la population, la pêche représente près de 15 pour cent des revenus hors agriculture. Dans la région centre sud, il est estimé que la pêche contribue à hausser de 10 pour cent les revenus de la population.

La pêche de capture, surtout occasionnelle, concernerait ainsi près de 20 pour cent de la population totale pendant la saison sèche. À côté des activités de capture, il convient de considérer d’autres acteurs de la filière dont les mareyeurs/mareyeuses, les transformateurs/transformatrices de poisson, les commerçants/commerçantes, les transporteurs, les fabricants d’engins et d’embarcations de pêche, etc. Malheureusement, ceux-ci ne sont pas dénombrés faute de données statistiques.

Incidence socioéconomique de la pisciculture

D’après Deceuninck (1984), le fait que la pisciculture soit devenue dans une large mesure partie intégrante de la production rurale dans de nombreuses régions de la RCA mérite d’être souligné. Il est dû en grande partie aux efforts soutenus et déployés en vue de développer et d’assister cette activité. L’incidence socioéconomique de la pisciculture peut être analysée en fonction de ses aspects quantitatifs et qualitatifs et selon ses conséquences socioéconomiques et nutritionnelles.

Au point de vue quantitatif, on peut distinguer deux types de bénéficiaires:
  • les producteurs eux-mêmes, c'est-à-dire les pisciculteurs encadrés et leurs familles, actuellement au nombre de 8 500. Le nombre de pisciculteurs encadrés a été multiplié par cinquante en 10 ans d’efforts. En supposant que chaque famille de pisciculteur compte en moyenne six membres, on peut donc estimer à environ 50 000 le nombre de personnes bénéficiant de la pisciculture par consommation, troc ou vente des excédents de production;
  • les acheteurs de poisson qui acquièrent la partie commercialisée de la production piscicole. On peut estimer qu’au moins 100 tonnes de poissons d’élevage sont vendues chaque année.
Au point de vue qualitatif, l’incidence du développement piscicole sur la nutrition en milieu rural est beaucoup plus importante que ne le donnerait à penser la production totale de l’aquaculture, d’environ 360 tonnes/an, comparée aux quelques 10 000 tonnes produites par la pêche. En effet, la pisciculture produit du poisson dans des zones rurales où les approvisionnements en poissons de capture sont minimes. La pisciculture en outre produit du poisson à un prix acceptable aux groupes à faibles revenus, aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. La disponibilité de poisson prend une importance particulière dans les régions où femmes et enfants ont peu accès à la consommation de viande. En raison de sa structure de production, la pisciculture produit des excédents qu’il est relativement aisé de commercialiser, et engendre par conséquent des revenus, d’où un effet socioéconomique. Étant plus rentable que la plupart des cultures de rapport, elle peut assurer aux familles rurales un montant important de liquidités. Ceci a un effet sur le marché intérieur, dans une économie rurale qui sans cela serait marginale. Ceci renforce aussi la tendance à la monétarisation en général avec d’éventuelles incidences.
CommerceLe commerce extérieur du poisson de la RCA est caractérisé par un flux d’importation de plus en plus développé au détriment du flux d’exportation qui, au contraire, s’amenuise au fur et à mesure que la demande intérieure s’accroît et que les arrangements commerciaux transfrontaliers, demeurés jusqu’ici informels et marginaux, s’affaiblissent du fait de l’insécurité généralisée dans la sous-région depuis quelques années.

En 2006, le poids cumulé des importations se chiffre à 1 035 510 tonnes. Ces importations concernent uniquement les poissons de mer en provenance de l’Europe (4 080 tonnes soit 0,39 pour cent), Cameroun (187 890 tonnes soit 18,15 pour cent), et Namibie (843 540 T soit 81,46%).
Sécurité alimentaireEn général, le régime alimentaire des populations en République centrafricaine contient suffisamment de glucides (énergie) mais est pauvre en éléments nutritifs indispensables à la santé (C. Lietar, 1984). Ce déséquilibre peut être corrigé par une augmentation de consommation d’aliments protecteurs dans le poisson. La protéine du poisson est une protéine excellente qui peut non seulement accroître la quantité de protéines consommées, mais aussi bien en améliorer la qualité.

Le Tilapia est une denrée alimentaire très apprécié en Centrafrique. Ce poisson, élevé en étang de pisciculture, est, pour ainsi dire, produit dans l’assiette du consommateur. La production est presque répandue sur l’étendue du territoire national, donc près des consommateurs les plus déshérités.

La famille (6 à 7 membres) est le premier bénéficiaire consommateur de la production. Elle consomme 25,6% (moyenne nationale) de la production totale à chaque vidange; mais il faut y ajouter les pêches intermédiaires qui ne sont pas prises en compte sur cette moyenne.

On peut conclure qu’en République centrafricaine la pisciculture peut suffire dans une large mesure à équilibrer valablement le régime alimentaire de la famille du pisciculteur en protéines d’origine poisson. L’aquaculture consiste en des activités:
  • d’élevage, pour assurer la disponibilité permanente de la ressource piscicole (gestion durable des ressources);
  • de prélèvement pour répondre aux besoins socioéconomiques de l’homme.
De cette manière l’aquaculture, avec un potentiel de développement de 100 000 producteurs pour 120 hectares d’étangs pouvant produire 3 600 tonnes de poisson par an, contribuerait à résoudre les problèmes socioéconomiques des populations centrafricaines et à renforcer les efforts pour réduire la pauvreté. Par ailleurs, la pêche de capture elle aussi contribue efficacement à la sécurité alimentaire grâce aux facteurs suivants:
  • un réseau hydrographique dense et abondant, caractérisé par plus de 12 000 km de principaux cours d’eau, par plusieurs marigots, ruisseaux, mares et plaines d’inondation (10 000 à 30 000 km2) et par des lacs de modestes dimensions mais riches en poissons;
  • une ichtyo faune riche et variée, présentant généralement une grande bio-alimentaire;
  • un système de commercialisation du poisson donnant accès à toutes les bourses;
  • l’existence d’une habitude/tradition culinaire répandue dans tous les ménages centrafricains favorisant efficacement la consommation fréquente du poisson (sauce poisson aux légumes qui se prépare, pour la plupart, avec principalement du poisson fumé, salé ou séché, réduit en brisures ou même en farine s’il s’agit de sauce longue),
  • les pertes réelles sur le poisson transformé-transporté, c'est-à-dire la partie véritablement inconsommable par l’homme, sont marginales car, en fait, la quasi-totalité des moisissures est toujours consommable à un niveau ou à un autre, grâce à plusieurs techniques de triage;
  • un potentiel de production halieutique compris entre 20 500 et 100 000 tonnes de poisson par an pouvant plus ou moins satisfaire, pour le moment, aux besoins nationaux;
  • globalement le potentiel halieutique est encore sous-exploité.
En RCA le poisson est une denrée alimentaire beaucoup appréciée par des populations qui le consomment sans préférence de taille.
EmploiLe secteur pêche et pisciculture emploie respectivement 98 000 pêcheurs et 8 500 pisciculteurs. Par ailleurs, il existe:
  • dans la filière pêche de capture, des acteurs concernés tels que les commerçants, les transporteurs, les fabricants de matériels et d’engins de pêche, etc. dont le nombre n’est pas disponible faute de statistique. La transformation de poisson (fumage, salage) est assurée par les pêcheurs eux-mêmes. Toutefois à domicile, en cas de mévente des poissons frais, les femmes peuvent pratiquer le fumage de la part non vendue;
  • en pisciculture, un groupe (naissant) d’acteurs spécialisés en construction des infrastructures piscicoles.


Développement ruralDéceuninck (1984) décrit l’incidence socioéconomique de la pisciculture centrafricaine en ces termes: «Le fait que la pisciculture soit devenue dans une large mesure partie intégrante de la production rurale dans de nombreuses régions de la RCA mérite d’être souligné. Étant plus rentable que la plupart des cultures, des cultures de rapport, elle peut assurer aux familles rurales et périurbaine un montant important de liquidité. Ceci a un effet positif sur le marché intérieur dans une économie rurale qui, sans cela, serait marginale. Ceci renforce aussi la tendance de monétarisation en général avec d’éventuelles incidences secondaires».

L’aquaculture, à travers la pisciculture en étang, permet d’intégrer les activités de production agricole et d’élevage en associant plusieurs spéculations à la fois, ce qui lui accorde la garantie d’être rentable et de constituer ainsi pour le fermier et sa famille un de leurs moyens d’existence durables.

La pêche de capture et l’aquaculture (la pisciculture) font partie intégrante du système de production en milieu rural. Elles constituent une source non négligeable de revenus du paysan (l’activité procure en moyenne 30 000 à 40 000 FCFA par mois au pêcheur de grands cours d’eau, ce qui dépasse déjà le salaire d’un manœuvre à Bangui, la capitale). De plus en plus, les pêcheurs et aquaculteurs s’organisent autant que faire se peut et font parler d’eux dans toutes les instances de la vie publique du pays. Les pêcheurs et aquaculteurs centrafricains sont identifiés, sur le plan national, comme des partenaires de développement incontournables du milieu rural et suburbain. Ils participent efficacement à la vie active de leurs localités et comptent, au premier plan, au nombre des acteurs économiquement bien assis dans leurs villages.
Tendances, problématiques et développementContraintes et opportunitésOn peut considérer que le développement des activités de la pêche se heurte à plusieurs obstacles dont les cinq majeures sont:
  • Enclavement
  • Pouvoir d'achat des ménages Centrafricains;
  • Manque de données statistiques;
  • Manque de moyens;
  • Le lien État/pêcheurs (cadre institutionnel et juridique) ;
  • Contraintes spécifiques au développement de chaque zone de pêche (Bassin du Nord/Bassin du Sud et la Sangha).
Les principaux obstacles actuels au développement de la pisciculture en République Centrafricaine sont de plusieurs ordres et s'articulent aux points suivants:
  • Un cadre institutionnel d'appui au secteur piscicole affaibli d’année en année par l'absence de suivi et de soutien au secteur; la mobilité constante de peu de cadres formés dans le domaine; un grand outil de support au développement de la pisciculture (la station piscicole de la Landja) radicalement détruit;
  • Le réflexe d'assistanat chez les pisciculteurs, les vols, pillages et sabotages des infrastructures piscicoles et connexes empêchent l’extension rapide de la production;
  • L’existence de contraintes d'ordre technico-économique qui freinent le développement de l'élevage et d'une manière particulière la pisciculture, dont notamment le manque de disponibilité de sous-produits agricoles dû à la faiblesse notoire de la transformation des productions agricoles;
  • Une capacité nationale de production d'alevins, de tilapia de qualité et de clarias, actuellement fort limitée compte-tenu de la destruction totale de l'écloserie moderne installée à la Landja, du manque d'un système d'écloseries privées artisanales. Aussi, il faut noter que la souche de tilapia actuellement utilisée en République Centrafricaine date de plus de 30 ans si bien que pour optimiser la production il serait judicieux de procéder au renouvellement des souches sachant que les faibles productions obtenues jusque-là sont surtout dues à la non application des techniques piscicoles;
  • Des calamités naturelles, facteurs non maîtrisables ont des effets souvent néfastes pour la pisciculture. Les diverses sécheresses que le pays a connu ont provoqué le tarissement de 30 à 40 % des étangs en nappes phréatiques et de certains cours d'eau d'alimentation: la station de Bengué à Bambari fut abandonnée pour cette calamité et plusieurs étangs de la Landja ne sont pas épargnés;
  • La difficulté d'encadrement due à la dispersion des pisciculteurs sur des sites éloignés les uns des autres;
  • Le tarissement des eaux des étangs est dû à la mauvaise attribution des terrains aux particuliers par le Ministère de l'Urbanisme en violation des dispositions de la loi 63.441 du 09 Janvier 1964 (respect de 25 mètres de part et d'autre des rives des cours d'eau).


Politiques et stratégies de mise en valeur du gouvernement et du secteur privéLe secteur des pêches n'a jamais bénéficié d'attention particulière. Des études sectorielles sur certaines pêcheries ont été réalisées de manière occasionnelle, mais l'administration n'a jamais été engagée dans un programme régulier de développement de la pêche. Aucun cadre d'orientation stratégique n’est mis en œuvre. Les politiques de développement sectoriel sont identifiées au cas par cas au niveau régional, dans le cadre des programmes de développement régionaux. En 1999, un Plan Directeur Agricole sur financement de BAD fut élaboré pour l’horizon 2015. En matière de pêche et de pisciculture, les programmes et projets de ce Plan sont focalisés sur le renforcement des capacités institutionnelles, la professionnalisation des filières, la promotion du commerce de produits halieutiques et d’aquaculture, la promotion d’une initiative de pêche de capture dans des aires protégées, la promotion de la pisciculture artisanale périurbaine. Ces activités sont quelque peu reprises dans le Document des États Généraux des Eaux et Forêts et constituent par ailleurs les différents piliers de développement retenus dans le Document Stratégique de la Réduction de la Pauvreté DSRP.Recherche, éducation et formationRechercheL’Institut centrafricain de recherche agronomique (ICRA), créé en 1993, est chargé désormais de coordonner toutes les activités de recherche au niveau national, avec pour objectifs, en matière aquacole, d’élever le niveau de l’aquaculture familiale au stade artisanal, d’améliorer la reproduction induite du Clarias, et de suivre les nouvelles productions telles que l’élevage des carpes, des Heterobranchus, ou encore des crevettes. S’agissant de la pêche, les programmes de recherche pourraient être définis sur la base des aspirations des producteurs.

Le Centre piscicole national (CPN), dénommé Centre, est un organisme technico-administratif, créé en 1969 pour soutenir le développement de la pisciculture en RCA.

Le Centre a pour objet de promouvoir le développement de la pisciculture à travers, notamment, la formation, la recherche et la vulgarisation.
Éducation et formationLes institutions ci-dessous assurent la formation au niveau national:
  • l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) de l’Université de Bangui (formation des cadres supérieurs et moyens);
  • le Collège Technique de Développement Rural de Grimari (CTDR) (cadres subalternes).


Actuellement, il n’y a pas de projets de recherche dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture.
Aide extérieureLa pêche est l’un des rares secteurs économiques à n’avoir jamais bénéficié d’assistance extérieure d’envergure considérable à part des missions courtes pour étudier les problèmes et proposer des solutions partielles. La pêche se développe selon un système informel et parvient tant bien que mal à subvenir aux besoins de la population. Cette situation est intéressante et demande pas moins à être développée pour permettre au secteur pêche de confirmer par ses fruits son importance socio-économique pour un pays comme la RCA, en quête de diversification agricole.

Des idées de projets (résumées au tableau ci-dessous) ont été identifiées dans le cadre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) pour recherche de financement.

Tableau 4 – République centrafricaine - idées de projets identifiées dans le cadre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) pour recherche de financement

PROGRAMME INTITULÉ PROJET OBJECTIFS GLOBAUX COÛT (F.CFA) BAILLEURS LOCALISATION
Développement de la pêche et de l’aquaculture Réhabilitation des stations piscicoles principales Assurer l’opérationnalité et l’efficacité des stations dans leur rôle de support à la formation, à la diffusion des techniques améliorées et à la production des alevins de qualité 3 500 000 000 À rechercher Bangui, Bouar, Bambari
Développement de la filière pêche et aquaculture Appui à l’aquaculture périurbaine Installer une aquaculture périurbaine professionnalisée et assurer l’autonomie des aquaculteurs en production d’alevins. Diversifier les productions par l’intensification de l’algoculture et la relance des travaux d’introduction de la crevetticulture 885  000 000 À rechercher Régions des grands centres d’agglomération
Développement de la filière pêche et aquaculture

Programme d’appui à la professionnalisation

de la filière pêche

Accroître les revenus substantiels et dynamiser le rôle moteur de la pêche et aquaculture dans le développement socioéconomique des zones du programme 1 200 000 000 À rechercher Toutes les régions
PROGRAMME INTITULÉ PROJET OBJECTIFS GLOBAUX COÛT (F.CFA) BAILLEURS LOCALISATION
Développement de la pêche Projet d’appui à la gestion durable des pêcheries des plans d’eau

Diffuser les leçons apprises de la cogestion du lac Mbali. Consolider les

acquis du Programme pour des moyens d’existence durables dans la pêche

2 500 000 000 À rechercher Toutes les régions
Développement de la pêche Évaluation des stocks halieutiques Mettre en place une politique nationale de pêche efficace pour assurer à long terme la gestion durable des ressources halieutiques 350 000 000 À rechercher Toutes les régions
Développement de la pêche et de l’aquaculture Dynamisation des services centraux et régionaux de pêche et d’aquaculture Améliorer significativement le professionnalisme des institutions 1 053 000 000 À rechercher Toutes les régions
Protection du milieu aquatique Préservation de l’abondance et de la qualité de l’eau Protéger la qualité de l’eau pour préserver les écosystèmes et la biodiversité 789 000 000 À rechercher Toutes les régions
Protection du milieu aquatique Promotion des valeurs écologiques, socioculturelles et économiques des écosystèmes qui y sont liés Intégrer l’ensemble des valeurs et produits de service de l’eau et des écosystèmes dans l’économie nationale 500 000 000 À rechercher Toutes les régions




Cadre juridiqueCadre juridique régional et internationalLe secteur de la pêche et de la pisciculture relève de la compétence technique du Ministère des Eaux-Forêts-Chasse-Pêche (MEFCP), et en particulier, de la Direction des Eaux, de la Pêche et de l’Aquaculture, divisée en quatre services dont le Service de la pêche, le Service de l’Aquaculture et le Service des ressources en Eau.

Sur le terrain, le MEFCP comprend 16 Divisions forestières, soit une Division par Préfecture. Les Chefs de Division forestière ont rang et prérogatives de Directeur de Service, et peuvent notamment, à ce titre, concevoir des projets de développement. Mais au niveau du terrain, les services décentralisés du Ministère ont essentiellement un rôle coercitif, les agents eaux et forêts ayant du reste reçu une formation paramilitaire.

Les actions et programmes d'encadrement technique sont surtout menés dans le cadre de projets de développement régionaux. A cet égard, il convient de mentionner que des agents techniques et des cadres du MEFCP peuvent être également détachés, au cas par cas, sur des projets de développement intégré régionaux dont la coordination peut relever d'autres ministères comme le MAE (Ministère de l'agriculture et de l'élevage).

Le Centre piscicole national (CPN) est un organisme paraétatique, créé en 1968 pour soutenir le développement de la pisciculture en RCA. Le CPN est un établissement public, rattaché au MEFCP, jouissant d'une autonomie administrative et financière. Le CPN est basé sur le site de la station de la Landjia. Il est administré par le Conseil du Centre, composé d'un représentant des différents ministères impliqués dans la gestion des activités piscicoles (planification, eau, économie, développement rural, éducation nationale, santé publique, recherche scientifique et technique).

Le CPN a pour objet de promouvoir le développement de la pisciculture à travers notamment la recherche, la production d'alevins, la formation et l'organisation de la vulgarisation. Pendant de nombreuses années, le CPN a également rempli, en plus de ses attributions dans le domaine de la pisciculture, un rôle de facto de Service des pêches, en particulier pour les échanges d'information entre le niveau central et le niveau régional.

Le CPN a constitué pendant longtemps la pièce centrale de la stratégie gouvernementale pour le développement de la pisciculture. En raison de l'arrêt des projets sectoriels qui finançaient son fonctionnement, et de l'apparition en parallèle de projets de développement régionaux intégrés avec compétence en pisciculture, le CPN a progressivement perdu de son importance et a disparu en 1996.

Par ailleurs, le Ministère dispose d'un statut particulier lui permettant d'auto-financer ses activités sur la base des divers droits et taxes qu'il est autorisé à percevoir. A cet égard, un Fonds de développement forestier et touristique (FDFT), devenu Compte d’Affectation Spécial (CAS), a été créé pour regrouper au sein d'une structure unique les organismes spécialisés et indépendants sous tutelle, qui existaient auparavant. Le CPN n'a pas été associé à ce regroupement, en raison probablement de l'absence de recettes générées par le secteur de la pêche et de la pisciculture. Cependant, sur le plan institutionnel, le CAS a la possibilité de financer des projets concernant la pêche et la pisciculture, au titre de la promotion et de la valorisation de la faune aquatique.

Autres institutions concernées par la pêche et la pisciculture

Depuis la fin de l'année 1993, le Ministère de l'agriculture et de l'élevage (MAE) est un Ministère technique spécialisé, au niveau central, en matière de conception, coordination, suivi et évaluation des programmes et projets de développement rural. Sur le terrain, des agences agréées par le MAE, ainsi que différents programmes et projets régionaux de développement intégré, mettent en œuvre la politique du Ministère. Bien que ne faisant pas partie de manière implicite de ses attributions, le développement de la pêche et de la pisciculture le concerne de plus en plus. Cela s'explique notamment par la politique du Gouvernement en matière de développement rural, qui consiste notamment à promouvoir une "approche système", différente de l'approche filière, où la pêche et la pisciculture font partie intégrante des systèmes de production agricoles.

Le Ministère de l'environnement (aujourd’hui devenu un seul Ministère avec les Eaux et Forêts et le Tourisme) est responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre de la politique gouvernementale dans les domaines de l'environnement et du tourisme. Le MEFET est doté d'une Direction de la promotion et de la gestion de l'environnement, dont la fonction est de concevoir et contrôler l'application de la réglementation environnementale en liaison avec les services compétents des ministères concernés. Il existe par ailleurs une Direction de la coordination de l'action environnementale, dont la fonction est d'harmoniser les politiques et programmes intersectoriels de gestion des ressources naturelles et de l'environnement.

La recherche halieutique et piscicole relève de la compétence de l'Institut centrafricain de recherche agronomique (ICRA), créé en 1993. L'Institut est habilité à entreprendre et développer les recherches sur les productions végétales, animales, forestières, halieutiques et autres ressources naturelles. L'ICRA relève du MAE. Cependant, son Comité de gestion comprend un représentant du MEFCP.

La formation des cadres est assurée à l'Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) de MBaîki, les ingénieurs et techniciens des eaux et forêts et, pour les agents, par le Collège Technique de Développement Rural (CTDR) de Grimari.

Au cours des années 80, le personnel technique et d'encadrement spécialisé dans le domaine de la pêche et de la pisciculture a pu généralement bénéficier de formations complémentaires, soit dans le cadre de projets de développement, soit à l'étranger (Nigéria/ Port-Harcourt, Côte d'Ivoire/ Bouaké, Mauritanie/ Nouadhibou, Cameroun/ Garoua, Gabon, Europe etc.).
Cadre juridique régional et internationalLa loi n°61/283 du 22 décembre 1961 réglementant l'exercice de la pêche consacre le principe de la liberté de pêcher dans tous les cours d'eau, étangs permanents, ou temporaires. Selon ce principe, les ressources halieutiques n'appartiennent à personne, et peuvent être capturées par tous (régime de libre accès). La pêche dans les biefs du domaine public ou privé ayant fait l'objet d'une interdiction par voie réglementaire, ou la pêche dans les eaux situées sur un fond privé, échappent néanmoins au champ d'application de la loi.

La loi de 1961 constitue le texte de base du cadre juridique actuel. C'est un texte à caractère répressif, dont l'objectif principal est de définir les différents types d'infractions. La loi prévoit aussi que des textes d'application devront réglementer l'utilisation des engins et procédés de pêche. Mais à l'heure actuelle, seul un Arrêté ministériel, non appliqué, précise un maillage minimal pour les filets maillants en fibres synthétiques (35-40 mm maille étirée). De manière générale, la pêche fluviale en RCA n'est soumise dans les faits à aucune réglementation particulière sur les engins et techniques de pêche.

La loi de 1961 a été modifiée par l'Ordonnance N° 71/090 du 06 août 1971 réglementant l'exercice de la pêche et la salubrité des eaux en RCA. Il s'agit en réalité d'une retouche du texte de 1961 visant à interdire la pêche traditionnelle à l'aide de substances d'origine végétale, et à élargir le champ d'application du texte précédent au problème de la pollution des eaux.

En ce qui concerne la pisciculture, aucune disposition juridique particulière n'a été prise pour le moment en RCA. Cependant, de par sa nature, l'exercice de la pisciculture fait notamment appel à des règles de droit régissant, d'une part, l'accès à la terre (droit foncier) et, d'autre part, l'utilisation des ressources en eau (régime juridique de l'eau).

Les règles de droit sur le foncier sont définies par la loi N° 63.41 du 09 janvier 1964 relative au domaine national. Le texte reconnaît notamment le principe de concession des terrains du domaine public au profit des personnes physiques ou morales. Les règles de droit sur l'utilisation des eaux sont pour leurs parts inexistantes. Par conséquent, aucune hiérarchie entre les différentes utilisations de l'eau (usage domestique, élevage, irrigation, pêche, pisciculture) n'a été établie, en dépit du fait qu'un éventuel classement pourrait faciliter la résolution des différents opposant parfois différents utilisateurs de l'eau.

De l'analyse des textes juridiques réglementant la pêche et la pisciculture en RCA, il ressort notamment qu'il n'existe pas de cadre juridique global qui poserait les bases d'un cadre général à l'intérieur duquel les activités du secteur pourraient se développer, et qui répondrait à un objectif de politique sectorielle. L'édifice juridique correspond plutôt à un catalogue de textes circonstanciels sans véritable lien les uns avec les autres (Cacaud, 1994). Le cadre juridique présente également d'autres lacunes et insuffisances, dont le manque de publicité des textes de loi et des règlements, ainsi que le manque de sensibilisation des populations au contenu des règles de droit, ce qui ne facilite pas leur bonne exécution sur le terrain.

Dans un contexte général de flou juridique, l'administration répond de manière ad hoc lorsque surgissent des problèmes liés à l'exploitation de la ressource halieutique, le plus souvent à la demande des pêcheurs autochtones. On peut mentionner à cet égard l'Arrêté ministériel pris en 1993 sur le lac M'Bali.

Enfin, il convient de mentionner que, en raison de la prédominance des pêcheries fluviales partagées en RCA, et du manque d'harmonisation des législations entre les pays concernés, les pêcheurs opérant en zone frontalière sont fréquemment confrontés à des contraintes administratives ("tracasseries") avec les agents des pays voisins.
Références
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DSRP II 2011-2015, Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, version finale au 19 novembre 2011 .
Travaux préparatoires des États Généraux des Eaux et Forêts, Bangui le 28 Août 2003.

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