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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim

Utilisation du poisson

Les ressources halieutiques sont le plus souvent utilisées pour l’alimentation. Plus de 75% de la production mondiale de poisson est destinée à la consommation humaine directe et la consommation de poissons frais s’accroît au détriment d’autres produits, comme le poisson en conserve. Les poissons débarqués non utilisés pour une consommation humaine directe sont réduits en farine et en huile (environ 33 millions de tonnes par an) pour l’alimentation animale, principalement porcs et poulets et, plus récemment pour nourrir des espèces aquatiques carnivores d’élevage (saumon, crevette, dorade, bar, etc.).

En ce qui concerne le poisson destiné à la consommation humaine directe, les volumes commercialisés en tant que poisson frais ont pratiquement doublé dans les années 1990. Le poisson frais est aujourd’hui le principal produit de la pêche (avec près de la moitié du marché), suivi du poisson surgelé, du poisson en boîte et du poisson salé. Maintenant que près du tiers de la production mondiale de poisson fait l'objet d'échanges internationaux, la garantie de la qualité et de la sécurité sanitaire est devenue un enjeu majeur.

Le poisson est une source précieuse de protéines et d’éléments nutritifs pour les habitants de nombreux pays et sa contribution à la sécurité alimentaire s’accroît sensiblement. Il convient d'apporter un soin particulier aux opérations post-capture de manutention, de transformation et de transport, afin de garantir la qualité et la sécurité sanitaire des produits. Il est particulièrement important de conserver au poisson toute sa valeur nutritionnelle, de préserver la richesse de sa composition nutritionnelle et les bénéfices qui y sont liés et d'éviter les effets, coûteux et néfastes, des maladies liées à la consommation de poisson.

L’insuffisance généralement reconnue de la production des pêches de capture, conjuguée à l’écart croissant entre l’offre et la demande de poisson pour la consommation humaine, confirme que les pertes après récolte représentent un gaspillage inacceptable de ressources naturelles rares. Les pertes de poisson après la pêche se produisent de diverses manières. Ainsi, les pertes physiques sont dues à des opérations de manutention et de conservation inappropriées ou au rejet des prises accessoires. On enregistre des pertes économiques quand la dégradation de la pêche fraîche entraîne une baisse de la valeur du poisson, ou quand il s’avère nécessaire de faire subir une nouvelle transformation au poisson déjà traité, ce qui augmente le prix du produit fini. En outre, des méthodes de manutention et de transformation inappropriées peuvent réduire la teneur en nutriments et par conséquent la valeur nutritionnelle du poisson. De même, le fait de prélever sur les captures de grandes quantités de poissons pour en faire des aliments pour animaux peut être considéré à certains égards comme une « perte » pour la sécurité alimentaire des populations humaines.

Des progrès considérables ont été faits au cours des dernières décennies pour définir des normes et des procédures internationalement reconnues propres à garantir aux consommateurs des produits de la pêche de bonne qualité. Les Membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont aussi édicté une série de règles destinées à empêcher les États de mettre en place des obstacles au commerce sous prétexte de protéger la qualité et la sécurité sanitaire des aliments. Toutefois, l’utilisation de ces normes, procédures et règles pose problème. Le système d’analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise (HACCP), une approche d’application systématique et préventive, visant à garantir la sécurité sanitaire et la qualité des aliments, est aujourd’hui reconnu dans le monde entier comme le système le plus efficace par rapport au coût dans ce domaine et il est désormais obligatoire dans de nombreux pays. Mais les avis divergent en ce qui concerne ses modalités d’application dans la pratique.

Le Codex Alimentarius de la FAO et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), créé en 1963, est un code d’application facultative, qui établit des normes internationales en matière de sécurité sanitaire et de qualité des aliments. L’Accord sur les Obstacles techniques au commerce et l’Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires reconnaissent la Commission du Codex Alimentarius comme l’organisme international chargé d’établir des normes pour la sécurité sanitaire des aliments, et invitent les États Membres à utiliser les normes Codex pour promouvoir une harmonisation internationale et faciliter le commerce du poisson – bien qu’il reste beaucoup à faire pour parvenir à cette harmonisation et pour définir un système d’équivalences.

Commerce

Le commerce du poisson se pratique couramment dans toutes les sociétés depuis la nuit des temps. Lorsque les pêcheurs rentrent avec plus de poisson qu’il n’en faut pour couvrir leurs propres besoins, ils échangent généralement leur excédent contre d’autres biens et services. Les ressources halieutiques sont très inégalement réparties dans le monde. Le commerce et la chaîne de commercialisation ont pour rôle de redistribuer le poisson et les produits de la pêche en fonction de la demande. Les moyens d’existence des pêcheurs ont toujours dépendu dans une large mesure du commerce, même s’ils pratiquent leur activité à des fins de subsistance.

Le commerce international du poisson se développe très rapidement depuis quelques décennies, grâce au recours généralisé à la réfrigération ainsi qu’à l’amélioration des transports et des communications. De nouvelles règles commerciales internationales ont été mises au point dans le cadre de plusieurs cycles de négociations commerciales au titre de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Le dernier en date, le Cycle d’Uruguay de 1994, a institué l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et conclu un certain nombre d’accords importants en rapport avec les pêches. Le Sous-Comité du commerce du poisson de la FAO sert d’instance intergouvernementale pour des consultations sur des aspects techniques et économiques de ce commerce.

 
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