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Stratégies alimentaires pour l'Afrique

 

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L´Afrique devant un enjeu continental

L'Afrique a vu une brusque chute de la production agricole par habitant sur la plus grande partie du continent durant les 25 dernières années et cherche à renverser cette tendance afin d'augmenter largement ses disponibilités alimentaires par habitant d'ici à l'an 2010 pour améliorer le régime alimentaire de sa population croissante.

Certains pays comme le Burkina Faso, le Mozambique et le Zimbabwe ont fait des progrès sur la voie de la sécurité alimentaire. Les spécialistes du développement estiment qu'une action concertée visant à accroître à la fois la production alimentaire et l'accès à la nourriture pourrait apporter une amélioration dans la vie de millions d'Africains.

Des alliés naturels: les agriculteurs ghanéens utilisent des ravageurs pour éliminer d'autres ravageurs

L'agriculture est un secteur clé dans la plupart des pays africains, absorbant environ 63 pour cent de la main-d'oeuvre. Elle contribue pour 20 pour cent au PIB en Afrique subsaharienne et fournit plus de la moitié des recettes d'exportation dans 17 des 46 pays de la région.

Alors que la production alimentaire a augmenté plus vite que la population dans le monde, l'Afrique - à l'exception des pays au nord du Sahara - est à la traîne. La production agricole a augmenté d'environ 1,9 pour cent par an en Afrique subsaharienne entre 1970 et 1990, alors que le taux d'accroissement démographique dans la région, un des plus élevés du monde, était en moyenne de 3 pour cent. Le résultat est une baisse de la production alimentaire par habitant de près de 18 pour cent durant les 20 dernières années.

Les raisons de cet écart grandissant entre besoins nutritionnels et disponibilités alimentaires sont nombreuses, y compris une dette extérieure qui, selon la Banque mondiale, a augmenté, passant d'environ 84 milliards de dollars E.-U. en 1980 à 289 milliards de dollars en 1993. La sécheresse, les maladies, les ravageurs et le manque de moyens d'irrigation appropriés, d'engrais et d'autres intrants essentiels ont joué également.

Les conflits armés ont aggravé le problème. Sur les 32 millions de personnes qui ont reçu une aide d'urgence du Programme alimentaire mondial en 1994, 21,5 millions étaient Africains, près de deux tiers d'entre eux étaient des victimes de la guerre ou de conflits sociaux.

"A moins que des mesures appropriées ne soient prises, avec un engagement total et dans les plus brefs délais de la part des gouvernements et de la communauté internationale, la situation déjà désastreuse à laquelle sont confrontés de nombreux pays risque d'atteindre des dimensions impossibles à contrôler", lit-on dans un rapport à la 19ème Conférence régionale africaine de la FAO au Burkina Faso cette année.

"En l'absence de mesures extraordinaires pour accélérer la réduction de la sous-alimentation, 35 pays sur les 36 où actuellement plus de 20 pour cent de la population est sous-alimentée seraient encore dans cette catégorie en 2010."

Montrant le lien entre la pauvreté et la faim, le rapport poursuit: "A la base de toute réduction sensible de l'insécurité liée à la pauvreté en Afrique, il doit y avoir le retour d'une croissance économique et agricole. Un secteur agricole prospère et productif serait la force motrice économique fournissant aliments, emplois, épargne et marchés pour des produits venant du secteur industriel."