Les rejets représentent environ un quart des prises marines totales

Rejeter le poisson signifie le mettre de côté ou s'en débarrasser. Mais les rejets ne sont pas pour autant sans valeur. On estime que, chaque année, 20 millions de tonnes de poisson, soit environ le quart des captures marines totales, sont rejetées.

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C'est dans le secteur de la pêche commerciale à grande échelle qu'il y a le plus de rejets. Les petits pêcheurs débarquent la plus grande partie, voire la totalité de la prise. Dans certains cas, ils mettent aussi à quai les rejets des navires de pêche industrielle.

Il y a des rejets durant la pêche car de nombreuses espèces autres que celles visées sont souvent capturées. Ces captures accessoires sont généralement rejetées à la mer, à moins qu'elles ne vaillent la peine d'être gardées ou que cette pratique soit spécifiquement interdite.

Lorsque les captures accessoires consistent en une petite proportion de spécimens matures provenant de stocks sains, il y a relativement peu de dommages, mais lorsqu'elles sont constituées de poissons juvéniles d'espèces commerciales, cela peut avoir des conséquences très négatives. La capture d'un grand nombre de jeunes poissons risque de réduire le nombre de poissons matures à l'avenir, ce qui aura un impact direct sur la pêche comportant les prises accessoires, ou sur d'autres pêches si les juvéniles appartiennent à l'espèce visée.

Les rejets des captures accessoires par la pêche commerciale sont considérés depuis longtemps comme un gaspillage et sont visés par des mesures internationales et nationales. Hormis la perte d'une quantité importante d'aliments précieux, la capture accidentelle de dauphins dans les sennes coulissantes à thon, de tortues par les chaluts à crevettes, et de mammifères marins, d'oiseaux, de tortues et de poissons dans les filets dérivants à encornets de haute mer ont eu pour effet de mobiliser l'opinion publique. Malheureusement, les prises accessoires sont la conséquence inévitable d'une industrie qui repose sur la capture d'espèces vivant dans un milieu opaque habité par de nombreuses autres créatures et qui sont, par conséquent, difficiles à cibler.

Si les captures accessoires s'expliquent principalement par le fait que les engins et les méthodes de pêche ne permettent pas de sélectionner la taille et l'espèce voulues, la décision de rejeter une partie de la prise est généralement motivée par des facteurs économiques. Dans un contexte de pêche non réglementée, si les coûts de transport du poisson au marché sont supérieurs à sa valeur marchande, les pêcheurs sont incités aux rejets. De même, lorsqu'un navire de pêche a une capacité de cale limitée, ils seront tentés de se débarrasser des espèces de moindre valeur et de ne conserver que celles qui sont plus plus prisées, selon une pratique connue sous le nom d'"écrémage".

Dans le cadre de pêcheries aménagées, l'établissement d'une taille minimale de débarquement en vue de réduire les captures de juvéniles s'est traduit par le rejet des poissons de taille insuffisante. De même, des mesures de contrôle de la production comme l'application de contingents de capture peut avoir plusieurs effets: les rejets de poissons dépassant les contingents, "l'écrémage" et le dumping de la totalité ou d'une partie de la prise lorsque les prix du marché sont bas, afin de conserver les contingents jusqu'à ce que les cours remontent.

 

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