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FAO FOCUS: LES FEMMES ET LA SECURITE ALIMENTAIRE

INDEX

Les femmes et la sécurité alimentaire
Les femmes et la diversité agrobiologique
Les femmes et les ressources en eau
Agriculture irriguée

Approvisionne-ment en eau et assainissement

Améliorer l'efficacité des ressources hydriques
Les femmes et la révolution verte
Les femmes et la sécurité de tenure
Recherche et vulgarisation: une perspective axée sur la distinction par sexe

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LES FEMMES ET LES RESSOURCES EN EAU


Arrosage par une femme Bororo au Niger

La demande mondiale d'eau s'accroît à un rythme accéléré et, dans de nombreux pays, la création de nouveaux systèmes d'approvisionnements entraîne des coûts exorbitants. Simultanément, la pollution accrue des eaux accentue le déséquilibre entre l'offre et la demande. C'est pourquoi la mise en valeur des ressources en eau et l'irrigation revêtent une importance vitale dans les initiatives prises pour améliorer la sécurité alimentaire et la production agricole durable. Les femmes jouent un rôle important dans la gestion des ressources hydriques. C'est presque toujours à elles qu'incombe la collecte, l'utilisation et la gestion de l'eau servant à la famille ainsi que la responsabilité des cultures irriguées et pluviales. En raison de ces rôles, les femmes ont des connaissances étendues en matière de ressources en eau, y compris leur qualité et leur fiabilité, leurs restrictions et les méthodes correctes de stockage, et c'est d'elle finalement que dépend le succès des politiques et programmes d'irrigation et de mise en valeur des eaux.

Agriculture irriguée

Dans de nombreux cas, les politiques et programmes portant sur les ressources en eau se sont avérés néfastes vis-à-vis des droits à l'eau des femmes et, de ce fait, de sa gestion et de son utilisation durables. Des mesures telles que l'irrigation négligent normalement de tenir compte du déséquilibre existant entre les droits de propriété des hommes et des femmes et la répartition du travail et du revenu. En valorisant la terre, l'irrigation apporte des changements d'ordre social qui, en général, profitent aux hommes.

Les programmes dëirrigation ont également tendance à favoriser la monoculture, souvent pour la production de cultures de rapport et, partant, peuvent exclure les systèmes culturaux plus diversifiés qui comprennent une gamme variée de cultures vivrières. Etant donné que les cultures de rapport sont normalement le fait des hommes, les décisions concernant le calendrier des irrigations sont prises très souvent sans tenir compte des activités agricoles et domestiques des femmes.


Creusement d'un fossé de drainage le long d'un champ nivelé à Zanzibar

Le droit des femmes à l'eau est, dans le meilleur des cas, précaire. Du moment qu'elles dépendent de la petite irrigation ou de l'irrigation manuelle, elles ont du mal à combattre la sécheresse. Souvent, les techniques disponibles sont inadaptées, telles les pompes munies de manches qu'elles ne peuvent toujours atteindre ou actionner ou encore qu'elles n'ont pas appris à réparer.
Les pratiques culturales des femmes doivent normalement s'adapter au degré d'humidité du sol qui, à son tour, dépend des aléas climatiques et de l'état des sols. Lorsque les stratégies de survie des femmes entraînent l'érosion, leurs pratiques agricoles peuvent représenter de graves sources d'instabilité pour les bassins versants.

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Approvisionnement en eau et assainissement

En zone rurale, les femmes et les enfants fournissent la quasi-totalité de l'eau servant à la famille. Cette eau est utilisée comme boisson, dans la transformation et la préparation des aliments, pour se baigner et faire la lessive, pour irriguer les jardins familiaux et pour abreuver le bétail. Les femmes connaissent l'emplacement, la fiabilité et la qualité des ressources locales en eau. Elles la collectent, la stockent et en contrôlent l'utilisation et la salubrité. Elles recyclent l'eau, utilisant les eaux grises pour la lessive et l'irrigation et le trop-plein pour le bétail.

PROGRAMME INTERNATIONAL

ìLes collectivités locales doivent être associées à toutes les phases de la gestion des ressources en eau; la participation pleine et entière (des femmes) est particulièrement nécessaire vu l'importance du rôle qu'elles jouent quotidiennement dans l'approvisionnement, la gestion et l'utilisation de l'eau:.

Action 21. Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED), 1992.

Les femmes font de multiples usages des sources d'eau qu'elles exploitent au maximum, et veillent à ce qu'elles ne soient pas polluées. Etant donné la multiplicité de leurs besoins souvent concurrentiels (eau pour le bétail et pour la consommation humaine) sans compter le temps et les ressources nécessaires, elles ne peuvent toujours éviter la contamination de l'eau disponible. A mesure que l'homme, les animaux et le ruissellement provenant de l'agriculture contaminent les sources d'eau, que s'accroît la sécheresse ou que se dégradent les sources du fait d'une mauvaise gestion des bassins versants, les femmes et les enfants doivent parcourir de plus longues distances pour se procurer de l'eau. Quelque 30 pour cent des femmes en Egypte marchent tous les jours pendant plus d'une heure pour trouver l'eau nécessaire au ménage. Dans certaines régions d'Afrique, les femmes et les enfants consacrent huit heures par jour à la collecte de l'eau.

Les difficultés d'accès à l'eau et sa faible qualité nuisent non seulement à l'élevage et aux activités agricoles des femmes, mais aussi à la quantité de travail qu'elles doivent destiner à la collecte au stockage, à la protection et à la distribution de l'eau. Ces facteurs nuisent également à leur santé et à celle de leurs familles. Toutes les maladies liées à l'eau, notamment celles transmises par l'eau et certains vecteurs, frappent des millions de pauvres chaque année. Les femmes doivent soigner les personnes affligées de paludisme, d'onchocercose, de bilharziose et de diarrhée et fournir leur propre main-d'oeuvre en substitution de celle des malades.

Améliorer l'efficacité des ressources hydriques

Il est désormais reconnu que l'exclusion des femmes de la planification des programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement est la principale cause du grand nombre d'échecs de ces programmes. Les initiatives internationales, telles que la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement et la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED), ont joué un rôle déterminant dans la promotion du rôle des femmes dans la gestion de l'eau. On leur enseigne de plus en plus comment actionner et entretenir les pompes et occuper des postes de décision dans les associations d'usagers de l'eau potable.

Pourtant, l'incorporation dans la planification, la conception et la réalisation des programmes d'irrigation de questions concernant la spécificité de chaque sexe est resté très limitée, en dépit de nombreuses études qui ont documenté l'échec des programmes d'irrigation découlant d'une évaluation erronée de la répartition des tâches et de l'organisation de la production au sein du ménage. Dans un programme d'irrigation au nord du Cameroun, par exemple, un tiers de la zone à mettre en valeur est resté inculte à cause de conflits intrafamiliaux concernant les travaux.

L'analyse différentielle par sexe peut aider les planificateurs et les responsables de l'irrigation à améliorer la performance des programmes. Les systèmes de production agricole irriguée comprennent trois grands domaines qui exigent une attention particulière, et où une analyse différentielle par sexe plus approfondie des situations locales pourrait contribuer à l'élaboration de politiques et programmes d'irrigation plus efficaces, plus équitables et plus durables.

Conception de l'irrigation. En vue de satisfaire les besoins et exigences des exploitants et des exploitantes, il est nécessaire d'identifier les personnes qui vont utiliser l'eau, les quantités requises, à quels moments et pour quel usage. Pour ce faire, la participation des ruraux aux activités de conception du projet est indispensable, et on devra organiser des débats approfondis pendant chacune des étapes de la planification du projet entre les différents acteurs de la collectivité rurale (chefs de village, irrigants, femmes adultes, jeunes, hommes et femmes des familles les plus pauvres).

Accords juridiques, administratifs et organisationnels. Il est d'une importance fondamentale de garantir aux femmes l'utilisation et lc contrôle de la terre et de l'eau d'irrigation. Les études ont mis en évidence une corrélation directe entre l'octroi aux femmes de droits fonciers et d'irrigation indépendants et une productivité plus élevée de la terre et de la main-d'oeuvre. Ainsi, l'allocation des terres au titre de programmes d'irrigation devrait viser les agriculteurs individuels plutôt que les ménages.

En ce qui concerne les associations d'usagers de l'eau, tous les agriculteurs qui possèdent ou louent des parcelles irriguées, ainsi que tous les membres adultes de la famille qui travaillent sur des parcelles analogues, y compris les femmes et les enfants adolescents des propriétaires, devraient en faire partie. Il faudra aussi assigner des femmes aux postes de décision proportionnellement au nombre de membres ou de participants du sexe féminin au programme.

Mise en oeuvre. Le calendrier des irrigations devra être conçu de manière à satisfaire les besoins des hommes aussi bien que des femmes sous l'angle du temps, de la quantité et de la qualité de l'eau. En outre, une formation en matière de maîtrise et gestion de l'eau, de calendrier des cultures et de systèmes d'entretien devrait être dispensée aux femmes aussi bien qu'aux hommes.

Du fait que les revenus des femmes sont considérablement inférieurs à ceux des hommes et que les besoins de capital à investir dans les cultures irriguées sont souvent assez élevés, les femmes pratiquant l'irrigation devront pouvoir jouir des systèmes de crédit. Cela leur permettra en outre de bénéficier davantage des progrès technologiques.

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