Cadre de gestion des crises pour la filière alimentaire
 

Actualités et événments

10/04/2012
Lutte contre le criquet pèlerin en Afrique occidentale

De 2006 et 2011, quatre invasions acridiennes furent maîtrisées avec succès en Mauritanie et au Niger, en grande partie grâce au programme multipartenaires de lutte préventive qui a renforcé les capacités des états en termes de surveillance, de contrôle et de suivi de l’environnement. Le programme qui associe dix pays de l’Afrique occidentale entre désormais dans sa seconde phase – mise en œuvre et financée principalement par les pays eux-mêmes.

Le criquet pèlerin est un ravageur transfrontalier extrêmement destructeur qui menace les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et le développement économique des populations. L’Afrique occidentale constitue une entité bioécologique unique pour le ravageur. C’est pour cette raison qu’en 2002, sous l’égide de la FAO, les pays de cette région établirent la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO). Les membres de la CLCPRO se sont joints par la suite au programme de la FAO pour le Système de prévention des crises (EMPRES).

Durant la première phase du Programme EMPRES (2006-2010) dans cette région – financée par la Banque africaine de développement, la France et USAID ainsi que par la  CLCPRO et la FAO – la Commission a mis au point un modèle efficace de lutte préventive et de coordination d’activités régionales.

Grâce aux efforts de plaidoyer de la CLCPRO, les quatre états les plus actifs en termes de lutte contre les criquets – Mali, Mauritanie, Niger et Tchad – ont établi des Unités nationales autonomes de lutte contre les criquets au sein de leurs ministères de l’Agriculture, en créant et en formant des équipes chargées des enquêtes, du contrôle et du suivi environnemental. Le Programme a également introduit des biopesticides qui ont réduit la menace que faisaient peser les produits chimiques durant tout le processus des opérations de contrôle – du stockage à la pulvérisation.

Les pays qui sont traditionnellement les bénéficiaires de l’aide se sont transformés durant la mise en œuvre du programme en donateurs fournissant des pesticides qu’ils avaient en stock à d’autres pays qui en avaient besoin tels que la Mauritanie, le Yémen, le Mali, le Maroc et la Géorgie. Le Programme a également lancé une nouvelle modalité de coopération avec le Programme Alimentaire Mondiale qui a utilisé ses avions pour transporter les pesticides.

La seconde phase du programme (2011-2014) est dotée d’un budget de 28,8 millions d’USD dont les pays assument totalement la charge (sauf pour 7,8 millions d’USD) à travers leur budget national. 

Selon les estimations de la CLCPRO, les frais encourus pour lutter contre ce fléau qui a frappé la région de 2003 à 2005, avant que la Commission ne mette en œuvre le programme EMPRES, auraient pu financer 170 ans de prévention.

Donateurs: Banque africaine de développement, France, USAID