es Programmes Forestiers Nationaux s'intéressent à de nombreux éléments qui s'enchevêtrent. Le succès de chaque Programme dépendra des efforts conjoints multidisciplinaires.

PRINCIPES DE BASE

La préparation et la mise en oeuvre des Programmes Forestiers Nationaux sont guidés par une série de principes de base ou fondements. L'application de ces principes de base devrait augmenter l'efficacité et l'efficience de la planification et de la mise en oeuvre nationales des activités forestières et contribuer de façon significative à atteindre l'objectif du développement forestier durable.

  • Il est entendu que l'application de ces principes variera d'un pays à l'autre, en fonction des conditions locales. Ces principes devront être adaptés au contexte spécifique du pays intéressé (politique, social, économique, environnemental).
  • Tous les principes décrits ci-dessous sont jugés essentiels pour le succès de la mise en oeuvre des Programmes Forestiers Nationaux. Leur ordre de présentation n'est l'expression d'aucun jugement de valeur quant à l'importance de l'un ou l'autre de ces principes.
  • Il faut également noter leur interpénétration. Plusieurs principes reprennent parfois la même idée conceptuelle, par exemple: la participation ou l'intersectorialité. Cette redondance apparente démontre l'unicité conceptuelle de la démarche.
PRINCIPES DE BASE

 

1.DURABILITE DU DEVELOPPEMENT FORESTIER

Le but principal d'un Programme Forestier National est de garantir la conservation et la mise en valeur durable des ressources forestières.

2.SOUVERAINETE ET CONDUITE NATIONALES DU PROCESSUS

Un Programme Forestier National est une initiative nationale dont l'entière responsabilité et la conduite doivent être assumées par le pays concerné.

3.PARTENARIAT

Les Programmes Forestiers Nationaux cherchent à réunir tous les groupes d'intérêt dans un processus qui suscite leur intérêt et leur engagement. C'est la capacité spécifique de chacun des partenaires qui déterminera la force de ce partenariat et donc le succès de celui-ci.

4.PARTICIPATION

Tous les partenaires concernés doivent convenir, grâce à la prise de décision participative et au dégagement d'un consensus, des problèmes, des options (solutions possibles), ainsi que des politiques, stratégies et programmes en résultant.

5.APPROCHE HOLISTIQUE ET INTERSECTORIELLE

Les Programmes Forestiers Nationaux considèrent les forêts comme des écosystèmes diversifiés comprenant de nombreux éléments interdépendants qui forment un équilibre dynamique et qui apportent une gamme variée de biens et services. Les arbres en milieu rural sont également pris en compte.La foresterie est pratiquée dans le contexte de l'aménagement durable des terres, de l'équilibre écologique et du développement social et économique. Les populations forestières sont partie intégrante de cet écosystème.

6.PROCESSUS ITERATIF A LONG TERME

Un Programme Forestier National est un processus cyclique comprenant la planification, la mise en oeuvre d'activités, ainsi que leur suivi et évaluation. Ce processus est également itératif et est adapté continuellement pour refléter les changements intervenant au niveau des conditions et des connaissances acquises, ceci également durant la mise en oeuvre.

7. RENFORCEMENT DES CAPACITES

Le renforcement des capacités nationales est l'une de composantes fondamentales d'un Programme Forestier National. Tout au long du processus, des actions seront menées pour renforcer les capacités de planification et de mise en oeuvre des institutions nationales et des autres acteurs clés engagés dans le processus, ainsi que pour réduire la dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure lorsque celle-ci est nécessaire.

8.REFORMES DES POLITIQUES ET DES INSTITUTIONS

L'une des priorités des Programmes Forestiers Nationaux est de garantir que les politiques et le cadre institutionnel du pays contribuent au développement durable du secteur forestier. Les Programmes Forestiers Nationaux doivent donc aborder les questions relatives aux politiques et aux institutions de façon globale, en reconnaissant les relations d'interdépendance et les liens étroits qui unissent les différents secteurs.

9. COHERENCE AVEC LE SCHEMA NATIONAL DE PLANIFICATION ET AVEC LES INITIATIVES MONDIALES

Les Programmes Forestiers Nationaux doivent être en accord avec les Plans nationaux de développement et les stratégies de développement régionales et locales. Ils doivent s'intégrer dans la planification de l'usage des sols effectuées au niveau national et local, ainsi qu'aux programmes de portée plus large, tels que les Plans nationaux d'action environnementale et les initiatives mettant en pratique Action 21 de la CNUED.

10.SENSIBILISATION

Les Programmes Forestiers Nationaux doivent rendre plus visible le secteur forestier et rehausser son niveau de priorité dans les programmes nationaux. Toute l'importance des forêts et des arbres doit être reconnue, ainsi que l'apport du secteur forestier à la situation économique, sociale et environnementale.

11.ENGAGEMENT POLITIQUE NATIONAL

Les Programmes Forestiers Nationaux doivent recevoir l'appui à long terme de tous les intervenants nationaux, en particulier des sphères politiques et décisionnelles.

12.ENGAGEMENT INTERNATIONAL

L'engagement à long terme de la communauté internationale et de ses institutions est essentiel. Celles-ci devront respecter les politiques, stratégies et programmes adoptés par le pays et adapter leurs propres priorités à celles du pays.

 

1 DURABILITE DU DEVELOPPEMENT FORESTIER

Les politiques, les programmes et les réformes élaborés et appliqués au cours du processus doivent être durables, c'est-à-dire répondre aux besoins de la génération actuelle sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire leurs propres besoins.

Les politiques et les plans d'un Programme Forestier National doivent être économiquement bien fondés, réalisables, viables sur le plan financier, acceptables socialement, sans danger pour l'environnement et durables au niveau des institutions.

  • Lors de l'élaboration des programmes d'action, il faudra être attentif à ne pas dépasser la capacité d'absorption des institutions chargées de l'exécution. Les plans devront se fonder sur une évaluation réaliste des contraintes financières et institutionnelles et des réalités économiques.
  • La durabilité implique également que soit évitée la dépendance à long terme envers l'aide internationale lorsque celle-ci apparaît nécessaire dans l'immédiat.
  • Le renforcement des capacités nationales, considéré comme un élément central des Programmes Forestiers Nationaux, vise à augmenter la capacité d'exécution de tous les acteurs, privés et publics, qui interviennent dans le processus et à réduire la dépendance à long terme envers les ressources extérieures.

2 SOUVERAINETE DES ETATS ET CONDUITE NATIONALE DU PROCESSUS

Les Etats ont le droit souverain d'exploiter leurs ressources forestières en accord avec leurs propres politiques environnementales et en fonction de leurs besoins de développement. L'élaboration d'un Programme Forestier National est une initiative nationale dont l'entière responsabilité et la conduite doivent être assumées par le pays concerné.

Dans maints pays en développement et dans ceux en "transition économique", une assistance technique et financière de source extérieure peut s'avérer nécessaire, mais c'est le pays lui-même et ses propres institutions qui prendront en main la conduite du Programme Forestier National.

3 PARTENARIAT

La Déclaration de Rio émise à l'issue de la CNUED, ainsi que Action 21 et les Principes forestiers , ont mis en relief le besoin de développer "un partenariat novateur et équitable". Les Programmes Forestiers Nationaux cherchent à faire participer tous les groupes d'intérêt à tous les niveaux (local, régional, national et international) à un effort conjoint pour atteindre l'objectif du développement forestier durable.

Il est impératif que les groupes d'intérêt aient le sentiment de faire partie du processus (appropriation) et que soit obtenu leur engagement total en faveur de ce dernier.

C'est la capacité spécifique de chacun des partenaires qui déterminera la force de ce partenariat et donc son succès. Chaque partenaire sera appelé à assumer certaines responsabilités et à entreprendre des actions spécifiques en fonction de ses propres compétences.

Par conséquent, il se peut que, dans de nombreux pays, ce soient les institutions gouvernementales centralisées les plus aptes à prendre en main la planification stratégique (avec la participation de tous les groupes d'intérêt) alors que les acteurs régionaux et locaux seront responsables de la planification opérationnelle. Quant à la mise en oeuvre des Programmes Forestiers Nationaux, elle pourrait être en grande partie le fait du secteur privé, des organisations communautaires et des ONG.

National partners include politicians, government officials, community-based organizations, local communities and populations, NGOs, private interest and users groups, private enterprises and associations.

Chaque pays devra rechercher son propre équilibre pour ce qui est de la participation du secteur privé et du secteur public, de la contribution des organes centraux et décentralisés, du soutien national et international.
Il sera nécessaire d'ajuster périodiquement cet équilibre à chaque nouvelle étape du processus et chaque fois que de nouveaux impératifs sociaux, économiques et environnementaux feront leur apparition sur la scène nationale et internationale.

Les partenaires nationaux comprennent les hommes politiques, les fonctionnaires, les communautés et populations locales (et organisations communautaires), les ONG, les groupes d'intérêts privés et d'usagers, les entreprises privées et les associations.

Les répercussions à l'échelle planétaire de problèmes nationaux suscitent des inquiétudes de plus en plus vives et appellent à la solidarité et au partenariat internationaux. Les nations les plus développées ont le devoir d'aider les pays les moins favorisés à gérer et à conserver les ressources forestières pour le bien de ces pays et de l'ensemble de la communauté mondiale.

Les partenaires internationaux peuvent inclure les institutions intergouvernementales, les banques de développement, les organismes bilatéraux et les ONG.

4 PARTICIPATION

Le processus des Programmes Forestiers Nationaux est axé sur la participation. A compter de la phase de planification et jusqu'à celle de la mise en oeuvre, sans oublier l'évaluation, les Programmes Forestiers Nationaux encouragent la participation de tous les groupes d'intérêt et y apportent une assistance si besoin est.

Grâce à la participation ouverte à tous, les divergences et les conflits d'intérêts entre les différents partenaires sont reconnus et résolus dans la mesure du possible. Tous les partenaires concernés doivent convenir, grâce à la prise de décision participative et au dégagement d'un consensus, des problèmes, des options (solutions possibles), ainsi que des politiques, stratégies et programmes en résultant. La participation est nécessaire afin de:

  • attirer l'attention sur l'importance des forêts et de la protection de l'environnement, pour le bien des générations présentes et futures;
  • renforcer le dialogue entre le secteur forestier et les autres secteurs de l'économie pour mettre en évidence les questions et les répercussions multisectorielles, pour harmoniser les politiques et les actions des différents secteurs, ainsi que pour garantir la pleine intégration du Programme Forestier National dans le Plan national de développement et son harmonisation avec les autres initiatives de planification ayant une influence sur les activités forestières;
  • identifier les besoins et mettre en relief les aspirations des différents intervenants en matière de terres et de ressources forestières;
  • trouver un juste équilibre entre les activités de développement forestier et les impératifs de la conservation en tenant compte des besoins ressentis (présents et futurs);
  • faire naître un sentiment "d'appartenance" au Programme Forestier National (appropriation du processus) et un engagement vis-à-vis des politiques et des programmes auprès de tous les partenaires, sans se limiter aux institutions gouvernementales.
  • Il faudra mettre en place des mécanismes appropriés de concertation réunissant les organisations gouvernementales et non gouvernementales concernées, ainsi que le secteur privé. Dans de nombreux cas, on accordera une attention particulière aux organisations régionales et locales, aux femmes et aux communautés et populations locales afin de susciter leur participation.
  • Divers mécanismes peuvent favoriser la concertation et la prise de décision participative. Il appartiendra à chaque pays de décider quels sont ceux qui s'adaptent le mieux aux conditions spécifiques nationales.
  • Il est essentiel de développer dès la phase préparatoire du processus une stratégie visant à garantir la participation de tous les partenaires. Cette stratégie servira également à s'assurer de la transparence du processus, de la mise en place de mécanismes de concertation et de la bonne circulation de l'information entre les partenaires à tous les niveaux (national, régional, local). Les ressources nécessaires à la mise en oeuvre de la stratégie devront également être déterminées

5 APPROCHE HOLISTIQUE ET INTERSECTORIELLE

L'approche du Programme Forestier National est globale et holistique. La foresterie doit s'inscrire dans le contexte de l'aménagement durable des terres et de l'équilibre écologique. Cela signifie en particulier que:

  • les forêts ne sont pas seulement considérées comme de vastes étendues d'arbres à valeur commerciale, mais comme un écosystème riche et diversifié comprenant de nombreux éléments interdépendants qui forment un équilibre dynamique;
  • toutes les terres forestières sont prises en considération, y compris celles qui sont actuellement dépourvues d'arbres, comme les terres dégradées;
  • les produits ligneux utilisés à des fins commerciales et domestiques ne sont pas les seuls à être considérés. Il faut également tenir compte des produits non-ligneux et des services qu'apporte l'écosystème forestier, notamment la faune, la flore, les sols, l'eau, les loisirs, la possibilité de stocker le carbone et de tempérer les facteurs climatiques;
  • le secteur forestier n'est pas envisagé de façon isolée, mais en tenant compte de ses interactions avec les autres secteurs de l'économie et des répercussions mutuelles des politiques et des usages;
  • le secteur forestier n'est pas envisagé de façon isolée, mais en tenant compte de ses interactions avec les autres secteurs de l'économie et des répercussions mutuelles des politiques et des usages;

    Les Programmes Forestiers Nationaux s'intéressent à de nombreux éléments qui s'enchevêtrent. Le succès de chaque Programme dépendra des efforts conjoints multidisciplinaires déployés par des spécialistes travaillant dans le domaine des ressources naturelles et humaines (notamment des économistes, juristes, agronomes, experts en écologie, sociologues et autres experts en sciences sociales).

6 PROCESSUS ITERATIF A LONG TERME

Un Programme Forestier National est un processus continu à long terme. Il ne prend pas fin à l'issue de l'élaboration d'un programme ou d'un plan ou dès l'obtention de résultats particuliers. Ces derniers ne servent que de repères dans un cycle stratégique qui comprend aussi bien la mise en oeuvre que la planification, ainsi que les activités de suivi et d'évaluation.

Un Programme Forestier National est un processus itératif. Il est adapté de facon continue pour traduire les changements intervenant au niveau des conditions et des connaissances acquises. Les diverses phases du processus ne se succèdent pas de façon isolée; elles s'enchaînent les unes aux autres et se chevauchent dans de nombreux cas.

Le suivi est particulièrement important dans un processus itératif. Il devrait être assuré dès le démarrage de la phase de planification du Programme Forestier National, lorsque sont définis les objectifs, les procédés, les critères et les indicateurs de suivi.

7 RENFORCEMENT DES CAPACITES

Le renforcement des capacités nationales est l'une des composantes fondamentales d'un Programme Forestier National. Tout au long du processus, des actions seront menées pour renforcer systématiquement les capacités de planification et de mise en oeuvre des institutions nationales et des autres acteurs fondamentaux engagés dans le processus, ainsi que pour réduire la dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure lorsque celle-ci est nécessaire.

Le renforcement des capacités devra dépasser le cadre des institutions du secteur public pour s'élargir au secteur privé, aux organisations communautaires et aux ONG qui seront appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans le domaine du développement forestier. Il faut noter qu'à cet égard tous les pays sont concernés et non pas seulement les pays en développement.

Le renforcement des capacités donnera lieu à une plus grande responsabilisation des institutions publiques et à une amélioration de leur efficacité. Outre les activités classiques de renforcement institutionnel (par ex., formation, éducation, recherche, élaboration de systèmes de gestion), il faudra prévoir des mesures dans trois domaines clés:

  • création des conditions nécessaires pour permettre aux institutions publiques d'atteindre et de maintenir un niveau élevé et d'attirer un personnel compétent;
  • acquisition de compétences et de méthodes permettant de gérer et de surveiller la mise en oeuvre des programmes et des activités;
  • élaboration de systèmes de suivi et d'évaluation pour apprécier l'efficacité et l'efficience des politiques et des programmes proposés.

8 REFORMES DES POLITIQUES ET DU CADRE INSTITUTIONNEL

L'un des objectifs fondamentaux d'un Programme Forestier National est de garantir que les politiques et le cadre institutionnel du pays contribuent au développement durable du secteur forestier.

On admet que, dans bien des pays, le manque de cohérence au niveau des politiques, l'absence de lois (complémentaires) appropriées et de définition de la structure institutionnelle (sans chevauchement) constituent les principaux facteurs contribuant à la dégradation des forêts. Les politiques et les moyens d'intervention relatifs à l'aménagement et l'utilisation judicieuse du territoire ne sont toujours pas coordonnés vers l'objectif commun de développement durable. En outre, les mécanismes efficaces de coordination intersectorielle de haut niveau sont rares.

Les moyens d'intervention ayant une incidence importante sur la dégradation des terres et des ressources forestières ne relèvent généralement pas du secteur forestier (tel qu'il est habituellement défini). Et pourtant, les politiques nationales ayant trait à la démographie, à l'environnement, à la propriété et à la répartition des terres, au développement industriel, au commerce, à l'énergie et à l'agriculture peuvent avoir des répercussions énormes sur les arbres et sur les forêts.

De même, les forêts et les activités forestières peuvent avoir un impact considérable sur de nombreux autres secteurs de l'économie. Il est par conséquent impératif que les Programmes Forestiers Nationaux:

  • abordent les questions relatives aux politiques et aux institutions de façon globale, en reconnaissant les relations d'interdépendance et les liens étroits qui unissent les différents secteurs;
  • examinent de près toutes les interactions et les répercussions intersectorielles et définissent clairement les questions qui relèvent du secteur forestier et celles qui dépassent ses compétences;
  • proposent des actions réalisables afin d'écarter ou de réformer les politiques et les moyens d'intervention qui vont à l'encontre du but recherché.
Pour parvenir à une meilleure intégration entre foresterie, agriculture et autres secteurs connexes, la collaboration de tous les partenaires nationaux à cette démarche commune est primordiale.

9 COHERENCE AVEC LE SCHEMA NATIONAL DE PLANIFICATION ET AVEC LES INITIATIVES MONDIALES

Les plans forestiers nationaux doivent s'intégrer dans le Plan national de développement avec lequel des liens systématiques seront établis. Ils doivent être en accord avec les plans et stratégies de développement sous-nationaux et locaux.

Ils devront également être conçus dans le souci de prendre en compte les schémas nationaux adoptés pour l'utilisation des sols lorsqu'ils existent ou dans la perspective de leur formulation lorsque celle-ci n'est pas achevée.

En outre, ils doivent être liés aux exercices de planificationde portée plus large, tels que les Plans nationaux d'action environnementale et les stratégies nationales de conservation de la nature (ou programmes et stratégies analogues), ainsi qu'aux initiatives en cours visant à appliquer Action 21 (en particulier le Chapitre 11) et les Conventions sur la diversité biologique, sur les changements climatiques et sur la désertification. Lors de la formulation et de la mise en oeuvre d'un Programme Forestier National, on tiendra également compte des efforts actuels déployés pour élaborer des lignes directrices, des critères et des indicateurs aux fins du développement forestier durable.

La démarche du Programme Forestier National doit avoir pour objectif fondamental d'éviter les doubles emplois entre les differentes initiatives stratégiques de planification et de garantir que toutes les actions se complètent et se renforcent mutuellement.

10 SENSIBILISATION

L'importance des forêts et l'apport du secteur forestier aux économies nationales sont largement sous-estimés. Le bois de feu (dont la consommation dépasse 80% de la consommation de bois dans maints pays), les produits ligneux utilisés localement et les produits forestiers non-ligneux, la valeur récréative et touristique des forêts, leur fonction de régulateur écologique, sont souvent passés sous silence dans les comptabilités nationales. Les Programmes Forestiers Nationaux doivent chercher à informer et à attirer l'attention sur toute l'importance des terres et des ressources forestières et sur leur apport à l'économie et au développement durable.

Il faut trouver des arguments politiques convaincants en faveur de la conservation et du développement durable des forêts et créer une "masse critique" de décideurs clés bien informés, motivés et déterminés à appliquer le Programme Forestier National car il est nécessaire que celui-ci soit adopté par les plus hautes sphères politiques et décisionnelles.

L'une des fonctions fondamentales des Programmes Forestiers Nationaux est de rendre plus visible le secteur forestier et de faire en sorte qu'il soit inscrit comme une priorité dans le programme national. Les médias et les ONG jouent à cet égard un rôle de sensibilisation essentiel qui devra leur être pleinement reconnu

11 ENGAGEMENT POLITIQUE NATIONAL

Pour pouvoir remplir une fonction efficace, le processus doit être appuyé par les plus hautes sphères politiques. En outre, l'engagement démontré à ce niveau devra être à long terme pour comprendre la mise en oeuvre en plus de la planification.

Tous les intervenants, tant du secteur public que privé, doivent s'engager à exécuter les mesures sur lesquels ils se seront accordés lors de la phase de planification. Ils doivent être disposés à consacrer leurs efforts et leurs ressources au succès de l'application du programme en fonction de leurs capacités respectives.

 

12 ENGAGEMENT INTERNATIONAL

Dans les pays où elles seront appelées à remplir un certain rôle, les institutions financières, les agences de développement et les ONG internationales devront également s'engager en faveur du succès de la mise en oeuvre des Programmes Forestiers Nationaux. Elles devront, en particulier, :

  • renforcer la coordination, la concertation et la coopération pour éviter les doubles emplois inutiles et coûteux, notamment quand les efforts déployés intéressent l'utilisation de ressources humaines et financières nationales peu abondantes;
  • respecter les politiques, stratégies et programmes adoptés lors de la phase de planification du Programme Forestier National et adapter leurs propres priorités à celles du pays;
  • rechercher des moyens et des mécanismes garantissant le dégagement de l'aide dans les délais prévus;
  • éviter les engagements à court terme et les changements de priorités, lesquels sont particulièrement nuisibles à un secteur comme celui des forêts où les investissements, la modification des comportements et le renforcement des capacités.ont généralement une période de gestation longue