Comment concevoir et conduire un PFN


1) Organisation du processus

En cette section::

IDENTIFICATION DES PARTENAIRES

MECANISMES DE COORDINATION NATIONALE

ELABORATION D'UNE STRATEGIE DE COMMUNICATION

IDENTIFICATION DES PARTENAIRES

La préparation d'un Programme Forestier National est une initiative nationale à laquelle prennent part des partenaires nationaux et, si besoin est, internationaux. Il faudra décider au tout début du processus qui participera à l'exercice et la fonction que chaque partie devra remplir.

Une fois que le processus aura démarré, de nouveaux partenaires pourront s'associer à l'exercice s'ils en manifestent l'intérêt et si le besoin s'en fait ressentir. Par exemple, il se peut que certains partenaires soient particulièrement actifs au cours de la phase de planification stratégique et ne jouent qu'un rôle indirect lors de la mise en oeuvre du Programme Forestier National et vice versa.

Les partenaires nationaux peuvent inclure:

  • des institutions gouvernementales, nationales et sous-nationales, relevant du secteur forestier et d'autres secteurs;
  • des instituts de formation et de recherche
  • des ONG oeuvrant en faveur du développement et de la conservation;
  • des organisations communautaires, des groupes d'intérêts privés et d'usagers (y compris communautés rurales, agriculteurs, colons et habitants des forêts, entreprises et associations privées).

Il faudra associer pleinement au processus les acteurs régionaux et locaux et donner à ceux-ci l'occasion de participer à tous les phases. Les femmes jouent un rôle essentiel en bien des aspects des activités forestières. Elles représentent l'un des principaux acteurs du secteur des forêts. Leur participation au processus doit donc être largement reconnue et encouragée.

Etant donné l'envergure du Programme Forestier National, la mise en oeuvre doit être prise en charge par les différents intervenants locaux et nationaux de façon coordonnée. Il est donc important que les responsabilités de chaque acteur soient clairement définies.

Il faudra établir, par le biais de consultations, le rôle du secteur privé, des organisations communautaires, des ONG et des autres acteurs dans la mise en oeuvre du Programme Forestier National. Leur pleine participation à la mise en oeuvre devra peut-être être encouragée par le biais d'un effort particulier (par ex., ateliers et séminaires).

Le cas échéant, on recherchera l'appui d'organismes internationaux pour aider le pays à préparer son Programme Forestier National et pour fournir l'aide technique et financière nécessaire. La sélection de ces organismes pourra se faire en fonction de leurs antécédents en matière de participation au secteur forestier, ainsi que de leurs engagements concernant leur appui futur à la mise en oeuvre du Programme. Les partenaires internationaux peuvent comprendre:

  • les organismes intergouvernementaux et les banques de développement;
  • les organismes bilatéraux; et
  • les ONG internationales. .

L'un de ces organismes pourrait agir en qualité de "chef de file" et prêter son assistance à l'Unité nationale de coordination. A cet égard, c'est la situation du pays qui déterminera le choix des dispositions, lesquelles sont nombreuses. Dans le passé, on a fréquemment vu des organismes internationaux leaders (Organismes principaux d'appui) assurer les services d'un chef d'équipe international agissant en qualité d'homologue du Coordinateur national et fournir une partie des fonds nécessaires pour mener le processus à bonne fin.

Le volume de travail financé de source extérieure et le nombre d'organismes d'appui concernés détermineront les modalités de coordination et de participation de l'aide des donateurs. Il est essentiel que tous les organismes donateurs soient au courant de ce que l'on attend d'eux et dans quels délais, ainsi que de la contribution éventuelle des autres donateurs dans le même secteur. Des mécanismes de concertation adéquats, notamment des séances d'information régulières et des tables rondes qui se tiendraient une fois par an ou à des intervalles plus longs, pourraient jouer un rôle important à cet égard.

MECANISMES DE COORDINATION NATIONALE

Des mécanismes de coordination seront nécessaires pour donner une impulsion au Programme Forestier National, ainsi que pour le conduire et en assurer le suivi. Certains pays peuvent aussi porter leur choix sur des structures régionales et/ou locales.

On utilisera dans la mesure du possible les mécanismes de coordination déjà existants. La création de structures nouvelles ou parallèles sera évitée. Si cela est nécessaire, les mécanismes existants seront améliorés et renforcés par le biais d'un Programme de renforcement des capacités (voir paragraphes D 2 et C 1.3).

La coordination du processus peut être assurée par divers mécanismes dont le nom, la structure et les fonctions exactes sont susceptibles de varier en fonction de chaque pays. Trois mécanismes de coordination sont décrits ci-dessous afin d'illustrer quelques-unes des possibilités qui s'offrent et la gamme de fonctions que chacun d'entre eux peut remplir.

Le Groupe consultatif forestier national est un groupe à large représentation dont l'objectif est de garantir la participation de tous les partenaires au Programme Forestier National. Il a pour fonction fondamentale de fournir des orientations pour la planification et la mise en oeuvre du Programme et de s'assurer que les actions y sont conformes. Le rôle du Groupe consultatif forestier national est de:

  • dégager un consensus sur les aspects critiques de la mise en valeur et de la conservation des forêts;
  • approuver les priorités du Programme Forestier National et réviser régulièrement ces dernières;
  • vérifier périodiquement l'avancement des réformes des politiques et des institutions;
  • relever les conflits survenant entre les groupes d'intérêt;
  • faciliter et assurer le suivi des interventions des différents partenaires .

Un tel comité pourrait aussi jouer un rôle déterminant quant au respect de l'engagement du pays à maintenir, au niveau des politiques, un processus transparent de dialogue et de rajustement. Il pourrait également servir de lien entre les comités nationaux et internationaux étudiant les stratégies et les politiques.Le Groupe consultatif forestier national est composé des représentants de tous les partenaires nationaux (gouvernement, ONG, communautés et populations locales, groupes d'intérêt dans le secteur des forêts et secteur privé).

Une Instance de coordination interministérielle de haut niveau pourrait également être créée, pour s'occuper des questions politiques et stratégiques relatives à l'utilisation des sols. Cette instance pourrait fonctionner dans un cadre officiel - par ex., en suivant les recommandations du Groupe consultatif forestier national - tout en proposant à ce dernier des options et des démarches bien définies à l'égard de problèmes précis, afin de faciliter le dégagement d'un consensus. Le gouvernement pourrait également, à titre officiel ou officieux, déléguer certains pouvoirs décisionnels à l'instance de coordination interministérielle, dont le mandat engloberait les politiques relatives aux établissements humains, le mode d'occupation des terres, les politiques agricoles, le développement des infrastructures, les politiques environnementales et l'établissement de zones protégées. La création de ce genre d'instance est certes très audacieuse sur le plan politique, mais elle semble essentielle à l'efficacité du Programme Forestier National, étant donné l'origine multisectorielle des principaux problèmes forestiers.

L'Institution nationale chef de file est envisagée comme une entité de supervision générale, responsable du Programme Forestier National et de la coordination des contributions de toutes les institutions nationales du secteur forestier et des autres secteurs. Elle est le point focal officiel pour tout ce qui a trait aux questions liées au Programme Forestier National. L'Institution nationale chef de file devra être située au sein de l'appareil gouvernemental et être investie de pouvoirs suffisants pour être en mesure de:

  • faire démarrer le processus et prendre contact avec les partenaires nationaux et internationaux;
  • jouer un rôle clé dans l'arbitrage des questions conflictuelles et multisectorielles (les responsabilités des institutions, les problèmes relatifs à l'utilisation des sols, par exemple);
  • assurer la coordination des contributions des organismes gouvernementaux et offrir sa médiation en cas de conflits entre les secteurs;
  • garantir la pleine intégration du Programme Forestier National dans les politiques et plans nationaux de développement;
  • harmoniser les politiques.

L'Unité nationale de coordination est le principal acteur institutionnel au niveau opérationnel. Elément indispensable à la continuité du processus, elle constitue la cheville ouvrière de l'Institution nationale chef de file. L'Unité nationale de coordination est dirigée par un Coordinateur national qui est appuyé par une petite équipe d'experts. Elle est principalement chargée de la coordination opérationnelle de toutes les activités ayant trait au Programme Forestier National et a également pour rôle de s'assurer que toutes les mesures nécessaires sont prises par les partenaires aux niveaux national, international, gouvernemental et non gouvernemental. .

Dans la mesure du possible, l'Unité nationale de coordination sera intégrée à une unité de planification déjà existante (au sein du service forestier ou non) et maintiendra des liens serrés avec l'institution chargée de la planification nationale (ou sera située en son sein) et avec le ministère des Finances.

L'Unité nationale de coordination constitue le point focal du processus au niveau opérationnel et fonctionne comme une plaque tournante où toutes les informations sur la mise en oeuvre du Programme Forestier National sont recueillies en vue de leur analyse et diffusion.

Il sera nécessaire de réviser périodiquement la composition et le mandat des différents mécanismes de coordination, par exemple, entre la phase de planification et celle de mise en oeuvre, et de les adapter aux besoins tels qu'ils sont perçus

ELABORATION D'UNE STRATEGIE DE COMMUNICATION

Une stratégie de communication devra être développée dès les toutes premières phases pour s'assurer que tous les groupes d'intérêt sont pleinement informés au sujet de toutes les phases du processus et du rôle qu'ils peuvent y jouer.

Au cours de cette phase préparatoire, toutes les informations disponibles ayant trait au processus sont recueillies en faisant appel à toutes les sources possibles. Une large diffusion de ces informations doit ensuite être garantie dans tout le pays. Il convient particulièrement de s'assurer que:

  • tous les partenaires potentiels ont pris connaissance du fait que le pays est sur le point de s'engager dans le processus;
  • tous les partenaires potentiels sont pleinement informés de la nature de la démarche et du rôle qu'ils peuvent y jouer;
  • les décideurs disposent de toutes les informations nécessaires et accordent leur appui total à la démarche. .
  • La diffusion des informations doit être une activité permanente et ne doit pas se limiter aux premières phases du processus.