Partenariat Italie-Chine-FAO : |
La petite agroforesterie basée sur le peuplier dans le comté de Siyang a transformé les plaines d’inondation en une mosaïque d’activités écologiques. © FAO/Alberto Del Lungo |
Au début de cette année, M Zhao Shen, Président du conseil du comté de Siyang, a dirigé une mission qui s’est rendue en Italie où le Siyang est jumelé avec Pavie et Casale Monferrato. Hébergé par la Commission internationale du peuplier et la Commission nationale du peuplier d’Italie, M Zhao a renforcé ultérieurement le partenariat entre la Chine, la CIP et la FAO. Des accords de coopération officiels ont été signés et de nouvelles relations instaurées pour une collaboration future avec des chercheurs, des cultivateurs et des utilisateurs spécialisés en matière de peupliers et de saules en Italie. À son tour, le maire du comté de Siyang a invité une délégation du Département des forêts de la FAO, le Président italien de la Commission internationale du peuplier, des membres de la Commission nationale du peuplier d’Italie et le maire adjoint de la municipalité de Casale Monferrato à participer au 3e Festival du peuplier de Chine qui s’est tenu du 27 au 29 mai 2010.
3e Festival du peuplier de Chine qui s’est tenu dans le comté de Siyang du 27 au 29 mai 2010. © FAO/Alberto Del Lungo |
La Chine possède environ 8 millions d’hectares (une superficie 30 fois supérieure à la deuxième superficie la plus étendue affectée à la populiculture, celle de la France) plantés à l’aide de différents clones de peuplier dans le but de remettre en état des paysages dégradés et de combattre la désertification dans différents systèmes d’exploitation dans les régions tempérées. Grâce à la croissance rapide de leur biomasse, à leur grande compatibilité avec les cultures agricoles, à la décomposition accélérée de leur litière qui maintient la fertilité du sol et à leur facilité de multiplication, les peupliers sont des espèces idéales pour l’établissement de systèmes intégrés – dans les combinaisons pluridisciplinaires et intersectorielles d’utilisations des terres visant à soutenir l’élevage, les cultures agricoles de rente, l’aquaculture, la viticulture et l’horticulture. En observant les principes du gouvernement, qui recommandent « l’expansion de l’industrie fruitière, le développement de l’élevage, l’étude des cultures en serre, et la promotion des industries de transformation et du secteur des services » en association avec le programme de conversion des terres, la production alimentaire et les revenus ruraux du Siyang ont augmenté alors que les terres cultivées ont, en fait, diminué.
Parmi les services sociaux que procurent les peupliers figurent la fourniture d’abris, d’ombre et d’habitations, la protection des cultures et la production de fourrage pour le bétail et, de plus en plus souvent, des sources viables de bioénergie. Il est intéressant de noter que l’agroforesterie basée sur la populiculture est une activité rentable pour une autre raison importante. En effet, les services écologiques rendus par les arbres comprennent le stockage du carbone (fonction cruciale pour l’atténuation du changement climatique). Plusieurs études ont montré que l’intégration d’arbres dans les terres agricoles peut, non seulement améliorer la productivité et la rentabilité des systèmes, mais créer aussi des puits de carbone d’une haute efficacité. Les gaz comme le dioxyde de carbone (CO2) exercent un effet de serre en piégeant la chaleur produite par les activités humaines dans la troposphère. Toutefois, le dioxyde de carbone est également un aliment pour les plantes qui l’absorbent dans l’air et, par le biais de la photosynthèse, la transforment en sucre, c’est-à-dire en un aliment végétal. L’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère et son stockage comme carbone dans la biosphère terrestre, grâce à la plantation d’arbres, par exemple, font partie des méthodes préconisées par le Protocole de Kyoto pour permettre aux pays de réaliser leurs objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les pays industrialisés, qui ont pris des engagements de réduction des émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto, peuvent s’acquitter partiellement de ces engagements par des programmes de boisement et de reboisement réalisés dans des pays en développement au titre du Mécanisme pour un développement propre. Les études entreprises pour évaluer les capacités de piégeage du carbone des systèmes agroforestiers (notamment, les systèmes peuplier-blé) ont montré que la combinaison du peuplier et du blé est particulièrement efficace, les systèmes peuplier-blé représentant le moyen le plus sûr de piéger le carbone. Cependant, même en ne considérant que l’avantage de l’accumulation de carbone dans la biomasse, on ne peut ignorer la grande utilité du système agroforestier. Il faut ensuite transformer le bois récolté en produits durables, comme le bois d’œuvre et le mobilier, pour que le carbone reste séquestré. Le stockage du carbone contribuera ainsi à long terme à atténuer le changement climatique.
Dans d’autres endroits de la Chine, les investisseurs ont appliqué des méthodes novatrices de culture des peupliers dans les petites exploitations et les boisements agroforestiers. « Recouvrez les montagnes stériles d’arbres. Transformez le désert rampant en une oasis », tels sont les slogans des « organisateurs de campagnes vertes » de Chine, qui se rapportent au Grand mur vert de forêts de peupliers et de saules établi pour combattre l’érosion du sol, reverdir les espaces désertiques et réduire l’intensité des tempêtes de sable qui auraient étouffé tous les semis. Les petits exploitants, dont la production agricole était faible dans les terres stériles de la région venteuse et sablonneuse du nord-ouest, ont planté des arbres résistant à la sécheresse comme les peupliers et les saules des sables, et ont commencé à vendre le bois pour en tirer un revenu. En réponse à l’appel du gouvernement lancé en 1978 en faveur du « boisement au service de l’écologie », les agriculteurs ont reçu un soutien financier pour leurs activités d’arboriculture. Au cours de la décennie écoulée, la province de Shaanxi a dépensé à elle seule 22 milliards de yuans pour établir 4,5 millions d’hectares de forêts et, d’après Zhang Shenian, chef du département provincial des forêts, « le couvert forestier de la province a augmenté passant de 30 pour cent en 2000 à 37 pour cent». En 2002, Shi Guangyin, âgé maintenant de 67 ans, qui a lutté contre les tempêtes de sable depuis son enfance, a été nommé « agriculteur exceptionnel » par la FAO. En 1984, Shi a fondé une entreprise de lutte contre le sable avec sept autres familles rurales et planté des arbres sur 200 hectares de terres. À ce jour, son entreprise a dépensé plus de 10 millions de yuans pour planter et renforcer 13 000 hectares de forêts dans le comté de Dingbian, province de Shaanxi. Grâce à cet effort, les rendements en blé ont augmenté 40 fois dans son village et toutes les familles ont de nouvelles habitations.
La Chine et Siyang ont fait l’objet d’une transformation économique remarquable, montrant comment la pratique de l’agroforesterie peut donner des résultats très positifs, et représente un moyen novateur de réduire la pauvreté, la faim, la malnutrition et la dégradation de l’environnement. Le marché du carbone émergent pourrait s’avérer une incitation supplémentaire, et la solution de l’agroforesterie faire de l’arboriculture un investissement valable.
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Liens:
- Commission internationale du peuplier
- Visite de la délégation chinoise du comté de Siyang à la FAO et en Italie
- Commission nationale du peuplier – Italie
- 23e session de la Commission internationale du peuplier, Beijing 2008
- Première Conférence internationale sur l’avenir de la populiculture
- Forêts plantées





