Espèces exotiques envahissantes. Leurs impacts sur les forêts et la foresterie
Impacts négatifs des espèces exotiques envahissantes sur les forêts et la foresterie
Les espèces exotiques envahissantes influencent négativement le secteur forestier aux plans économique, écologique, environnemental, social et de la santé.
EconomiqueL’impact économique le plus direct des espèces exotiques envahissantes sur le secteur forestier concerne la perte ou la réduction de la productivité. Ces espèces, notamment les insectes nuisibles et les maladies, peuvent endommager les arbres à tous les stades de leur développement et inhiber la capacité des forêts naturelles et plantées de réaliser les objectifs de leur gestion. L’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes peuvent avoir d’importantes retombées sur le commerce qui dépend de la réaction des partenaires commerciaux aux nouvelles concernant les infestations, de l’importance des produits commercialisés, de l’ampleur des dommages et des élasticités de la demande et de l’offre. En outre, les coûts associés à la lutte, y compris ceux des inspections, de la surveillance, de la prévention et de la réponse, ne serait-ce que pour quelques espèces, peuvent être énormes. Les espèces exotiques envahissantes peuvent également coûter très cher au secteur forestier en termes de perte des valeurs liées à la conservation et de services de l’écosystème.
Ecological and environmentalLes impacts écologiques et environnementaux des espèces exotiques envahissantes se font souvent sentir à tous les niveaux de l’organisation, y compris des gènes, des espèces, de l’habitat et de l’écosystème.
Gènes. Lorsqu’elles sont introduites ou se propagent dans des habitats dont les espèces sont étroitement apparentées, les espèces exotiques envahissantes peuvent se croiser avec des espèces indigènes en provoquant des changements de la constitution génétique de l’une ou l’autre espèce susceptibles d’entraîner une réduction de leur taux de survie, la production d’un envahisseur plus actif, ou la création d’hybrides souvent plus vulnérables à certains ravageurs ou agents pathogènes. Une préoccupation récente pour le secteur forestier concerne les retombées de l’introduction possible de nouveaux génotypes forestiers (provenances non locales ou matériel de reproduction génétiquement amélioré) déterminant la création d’hybrides et la perte consécutive de patrimoine génétique qui pourrait avoir acquis des caractéristiques particulières par son adaptation locale.
Espèces. Les espèces exotiques envahissantes peuvent influencer la diversité, la richesse, la composition et l’abondance des espèces. Au niveau de l’espèce, leurs effets directs se produisent au travers de processus de prédation, compétition ou transmission d’agents pathogènes et de parasites vis-à-vis d’organismes individuels, aboutissant au recul des populations et à l’extinction des espèces.
Habitats. Par leur impact sur les espèces et les processus écosystémiques, les espèces exotiques envahissantes peuvent déterminer la fragmentation, la destruction, l’altération ou le remplacement intégral des habitats, ce qui a des effets en cascade sur un nombre encore plus grand d’espèces et de processus écosystémiques.
Ecosystèmes. Les impacts des espèces exotiques envahissantes au niveau de l’écosystème comprennent des altérations de la structure trophique, des changements dans la disponibilité de ressources comme l’eau et les nutriments, et des variations du régime de perturbation d’un écosystème.
Social et de la santéLes impacts négatifs des espèces exotiques envahissantes sur la biodiversité forestière indigène pourraient provoquer la perte de sources d’aliments et de médicaments traditionnels, compromettant par là non seulement la santé des habitants locaux mais aussi les moyens d’existence de ceux qui dépendent de la collecte et de la vente de ces produits pour dégager un revenu. Ces espèces exotiques envahissantes peuvent également réduire la valeur des terres des petits propriétaires fonciers.
Les bûcherons, dans le cadre de leurs tâches, et les personnes vivant dans la forêt ou aux alentours sont plus exposés aux espèces exotiques envahissantes comme les réservoirs et les hôtes de nombreuses maladies infectieuses apparues récemment comme la maladie de Lyme, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus d’Ebola et la fièvre hémorragique de Marburg, le paludisme, la fièvre jaune, la leishmaniose, la trypanosomiase et la maladie de la forêt de Kyasanur. Les populations vivant à l’intérieur ou autour de zones forestières envahies souffrent souvent d’allergies ou ont d’autres réactions négatives aux espèces exotiques envahissantes elles-mêmes ou aux mesures de lutte adoptées pour les combattre, comme les pesticides ou la lutte biologique.
