Prévention et détection rapide

La prévention est le premier moyen de défense contre les invasions biologiques et aussi le plus rentable car, une fois l’espèce exotique envahissante établie, il est extrêmement difficile et, dès lors, coûteux, de l’éradiquer. Un premier pas important en matière de prévention est l’identification de l’espèce capable de devenir envahissante, les lieux susceptibles et, ce qui est plus important, les voies d’accès éventuelles. L’approche la plus générale consistant à identifier les voies d’accès plutôt que les espèces individuelles exige une plus grande concentration des efforts sur les endroits d’un pays les plus favorables à leur pénétration, ce qui non seulement évite le gaspillage de ressources ailleurs mais permet aussi l’identification de davantage d’espèces, de vecteurs et de voies d’accès. Une fois les voies d’accès identifiées, on peut mettre au point avec une précision majeure les outils et méthodes de prévention.

Parmi les principaux outils utilisés pour prévenir l’entrée et l’établissement des espèces exotiques envahissantes figurent les suivants :

  • information et éducation du public;
  • estimation des risques et évaluations de l’impact sur l’environnement d’introductions volontaires;
  • règlements nationaux et internationaux concernant les mesures de prévention et de quarantaine, et leur mise en application accompagnées d’inspections et de droits;
  • traitement des produits importés, le cas échéant à l’aide de fumigation, immersion, pulvérisation, traitement par la température, stérilisation aux ultraviolets et pression ;
  • restrictions commerciales.

La détection précoce des espèces exotiques devrait se fonder sur un système de surveillance régulière – générale, propre au site ou propre à l’espèce – afin d’identifier les espèces nouvellement établies. Bien que toutes les espèces exotiques ne deviennent pas nécessairement envahissantes, le coût lié à celles qui le deviennent impose l’adoption d’une approche de précaution. Si les espèces exotiques sont identifiées précocement, les possibilités d’éradication seront élevées notamment du fait que, pour certaines espèces envahissantes, le laps de temps qui s’écoule entre l’introduction initiale et l’explosion de la population pourrait être prolongé. Plus longtemps l’espèce demeure non détectée, moins nombreuses seront les possibilités de la maîtriser ou de l’éradiquer et plus sera coûteuse l’intervention.

La détection précoce dépend largement de la capacité de faire la distinction entre les espèces indigènes et les espèces exotiques. C’est pourquoi un élément important de cette étape est la formation, non seulement de spécialistes nationaux responsables de la surveillance, mais aussi de toutes les personnes qui fréquentent l’environnement naturel, comme les agriculteurs, les jardiniers, les bûcherons, les écologistes, les opérateurs touristiques, les photographes, les excursionnistes, etc. Des travailleurs nationaux spécialisés devraient pouvoir non seulement reconnaître les espèces indigènes et exotiques et les effets écologiques de ces dernières, mais aussi être à même d’utiliser des bases de données, clés, manuels et autres sources d’identification. Les systèmes de détection rapide, qui comprennent des listes et des séries de données sur des espèces enregistrées ou potentiellement envahissantes, dans des pays déterminés, des données chronologiques et sur les caractéristiques du site sont d’importants outils à cet égard.

Enfin, il faudrait formuler un plan d’intervention décrivant les mesures à prendre une fois que l’espèce exotique a été identifiée ou une invasion soupçonnée.

dernière mise à jour:  lundi 10 novembre 2008