Réponse

La réponse comprend l’éradication, le confinement, la maîtrise et l’atténuation.

Lorsque les mesures de prévention et de détection précoce n’ont pu arrêter l’introduction des espèces exotiques envahissantes, il faut procéder à l'èradication Cette dernière prévoit l’élimination intégrale de la population d’une espèce exotique, y compris les stades de réserve, dans les zones gérées. Comme réponse rapide à la détection précoce d’une espèce exotique, l’éradication est souvent la solution la plus efficace et économique. Une analyse soigneuse des coûts relatifs et de la probabilité de succès devra être entreprise avant toute tentative d’éradication. Certains groupes d’organismes répondent mieux à l’éradication, comme les plantes, les vertébrés terrestres, certains invertébrés terrestres et, dans certains cas, les insectes. De même, de tels programmes ne s’appliquent pas à des populations bien établies et des zones d’infestation étendues.

Les programmes efficaces d’éradication doivent :

  • avoir une base scientifique;
  • garantir que la technique utilisée est adaptée à tous les individus de la population cible, afin que l’éradication de tous les individus est réalisable;
  • obtenir l’appui du public et de toutes les parties prenantes concernées;
  • assurer que le cadre juridique et institutionnel est suffisant pour traiter la question;
  • mobiliser les crédits nécessaires;
  • assurer que, grâce aux mesures de prévention, il n’y a pas d’immigration de l’espèce cible dans la zone ;
  • mettre au point une méthode de détection des derniers survivants;
  • incorporer une étape de suivi pour s’assurer que l’éradication a été réalisée et pour éviter toute nouvelle invasion ;
  • assurer que les techniques sont acceptables sur le plan écologique, social et éthique ;
  • comprendre toutes les mesures nécessaires pour la remise en état des écosystèmes après l’éradication.

Les programmes d’éradication prévoient plusieurs méthodes de lutte qui sont décrites dans la section qui suit.

La restriction est une forme de lutte qui vise à freiner la propagation d’une espèce exotique envahissante et enfermer la population dans une aire géographique définie. Les méthodes utilisées sont les mêmes que celles décrites pour la prévention, l’éradication et la lutte. Un élément important des programmes de restriction est la capacité de détecter rapidement les nouvelles infestations de l’espèce exotique se propageant hors de la zone de restriction définie ou s’introduisant dans de nouvelles zones, de façon que les mesures de lutte puissent être mises en œuvre rapidement. Dans les cas où l’éradication est impossible, enfermer l’espèce exotique envahissante dans une zone bien définie peut servir à défendre efficacement d’autres parties d’un pays.

La réduction à long terme de la densité et de l’abondance d’une espèce exotique envahissante au-dessous d’un seuil préétabli acceptable est l’objectif des programmes de lutte. L’élimination des populations envahissantes en dessous de tels seuils peut favoriser les espèces indigènes. Les méthodes de lutte comprenant la lutte mécanique, la lutte chimique, la lutte biologique, la gestion de l’habitat et la chasse, ou une combinaison de ces méthodes, se sont toutes avérées efficaces pour combattre les espèces exotiques envahissantes.

Les méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes ne se sont pas toutes démontrées suffisamment pratiques, efficaces, économiquement justifiables ou respectueuses de l’environnement pour être appliquées dans la forêt. Dans le secteur forestier, ces méthodes devront être intégrées afin d’accroître au maximum les rendements et les gains tout en réduisant au minimum les impacts défavorables sur l’environnement. Parmi les autres solutions appropriées figurent les techniques agricoles, comme la gestion des semis, les modèles de plantation, les zones tampons, l’adéquation écoclimatique, la résistance aux ravageurs et aux agents pathogènes ; les méthodes mécaniques comme la coupe, l’emploi de bulldozers et le paillage ; la lutte biologique ; et la gestion intégrée.

Si les méthodes d’éradication, de restriction et de lutte ne sont pas parvenues à maîtriser une espèce exotique envahissante, la seule solution est d’accepter l’espèce tout en atténuant ses impacts sur les autres espèces et l’environnement. Il s’agit dans ce cas de protéger l’espèce indigène plutôt que de s’attaquer à l’espèce exotique. Les méthodes d'atténuation peuvent comprendre la translocation d’une population d’espèces à un écosystème qui n’a pas été envahi, et des variations du comportement de l’espèce désirée comme l’encouragement à utiliser des aires de reproduction inaccessibles aux envahisseurs où la création d’aires d’alimentation artificielles.

dernière mise à jour:  lundi 10 novembre 2008