Réaliser une gestion efficace des conflits 

Les programmes de formation progressifs, itératifs et intégrés se sont normalement avérés appropriés et efficaces pour la création de compétences. La combinaison de la formation en classe et de la pratique de terrain guidée a abouti à un apprentissage efficace, grâce à la pratique et à une appréciation accrue de la pertinence de la gestion des conflits vis-à-vis du travail des participants en matière de gestion des ressources naturelles. Toutefois, l'efficacité à long terme des programmes de création de compétences pour la gestion des conflits dépend d'un certain nombre de facteurs cruciaux. Ils comprennent avant tout la sélection rigoureuse des participants, ainsi que la fourniture d'un soutien permanent aux processus de gestion des conflits par les organisations des participants.

Du fait que les conflits se caractérisent souvent par une complexité sociale considérable, la gestion de ces processus impose souvent un effort notable pour encourager l'engagement des parties prenantes, faciliter les négociations, préparer avec soin les accords et soutenir la mise en œuvre ou la surveillance de ces accords. Le règlement des conflits peut, dès lors, absorber énormément de temps et s'avérer épuisant sur le plan émotif. Les navettes diplomatiques, par exemple, exigent souvent des ressources notables à affecter aux réunions, au transport, au matériel et à d'autres formes de logistique. Pour augmenter les possibilités de soutien de ces processus, il convient d'élaborer un système de sélection des participants qui identifie ceux qui assistent déjà des parties en litige et prévoit des moyens de facilitation et l'expérience pratique de la gestion des conflits. En théorie, le groupe de stagiaires comprend des participants qui sont déjà reliés à des réseaux sociaux de parties en litige et jouissent de crédibilité auprès de parties ou autorités aptes à fournir une assistance. Cet engagement ne peut se concrétiser qu'à long terme si la gestion du conflit constitue une priorité pour l'organisation du stagiaire. 

Sélection des participants

  • La formation tend à être plus efficace si elle s'adresse à un groupe de personnes associées plutôt qu'à des individus.
  • La formation d'individus aboutit souvent à l'application aléatoire de compétences. Cependant, des groupes de deux personnes ou davantage peuvent travailler de concert pour se soutenir mutuellement dans l'élaboration de stratégies visant le règlement de conflits.
  • En théorie, la formation cible le personnel des ONG aussi bien que celui du gouvernement de façon qu'ils puissent coordonner leurs activités de gestion des conflits.
  • La formation d'un petit groupe de personnes dans une zone géographique limitée est souvent plus efficace que celle d'un grand groupe dans une zone plus étendue où le manque de ressources, l'isolement ou l'incapacité à amorcer un litige réduira l'efficacité de la formation.

Renforcer l'institutionnalisation des procédures de gestion des conflits

  • Il convient de former un groupe de personne appartenant à une seule organisation – ONG ou organisme du gouvernement – afin de promouvoir l'institutionnalisation des procédures.
  • La création de compétences doit être bien intégrée dans les organisations des participants pour assurer que ces derniers jouissent de l'appui organisationnel nécessaire à leur travail. Les nouveaux intermédiaires dans un conflit ont besoin d'appui, d'encouragement et de soutien stratégique. Il est utile de fournir une orientation ou un tutorat périodiques – par courriel, téléphone et surtout par des visites de terrain – comme partie intégrante de la formation.
  • Les nouveaux stagiaires devront se rendre aux lieux du conflit, rencontrer les parties prenantes et conduire des activités de gestion de ce conflit. Il est donc important que les interventions y relatives ne soient pas abandonnées à cause de l'amenuisement progressif des ressources. Des mécanismes devront être mis en place pour assurer que des ressources adéquates sont affectées au soutien à long terme des processus de gestion des conflits.

Le processus de formation

  • La formation est plus efficace si elle est sous-tendue par des principes fondés sur la participation, l'apprentissage et l'éducation des adultes.
  • Aux fins de la création de compétences, il convient de formuler un programme itératif, progressif et intégré qui associe la formation en classe à des pratiques de terrain appropriées et guidées.
  • Les institutions de formation locales adaptées devraient participer dès le début à la formation et l'orientation consécutive à la formation, renforçant par là même les capacités locales à répéter le programme de formation.
  • La compréhension contextuelle des conflits liés aux ressources naturelles est importante. Les processus documentés de gestion et de résolution des conflits peuvent renforcer considérablement le matériel destiné à des cours de formation futurs. Il faudra donc envisager des mécanismes qui améliorent la documentation des cas de conflits objet de la formation – comme le tutorat et le soutien à la rédaction.

Pour conclure, s'il est vrai que la résolution efficace des problèmes exige des ressources et des compétences, il n'en demeure pas moins qu'elle dépend encore davantage de l'engagement de toutes les parties, y compris les décideurs, à trouver des solutions aux problèmes inhérents à la gestion des ressources naturelles, avant qu'ils ne s'amplifient et ne s'intensifient. Les résultats des cours de formation organisés et mis en œuvre par la FAO et ses partenaires suggèrent que beaucoup pourrait être réalisé si l'on affecte à maints conflits pressants liés aux ressources naturelles un investissement même modeste, mais bien réparti, dans l'enseignement et le soutien logistique de procédures informelles de gestion des conflits. 

dernière mise à jour:  samedi 19 mai 2012