Les forêts et le secteur forestier |
Ressources
Les forêts et les autres terres boisées ne représentent qu¿un septième de la superficie des terres de l¿Arménie, avec 351 000 hectares. La superficie de forêts et d¿autres terres boisées par habitant est très limitée en Arménie, puisqu¿elle se chiffre à 0,1 hectare par habitant. Les espèces feuillues prédominent, avec plus des neuf dixièmes du volume sur pied total. Les principales espèces sont les chênes, les hêtres et les charmes, mais les frênes, les ormes, les tilleuls et les érables sont également communs. Une forêt résiduelle de conifères contient des essences de pins, d¿ifs et de genévriers. Globalement on dénombre environ 200 espèces d¿arbustes et d¿arbustes. Pour ce qui est de la répartition, 62 pour cent des forêts se trouvent dans le nord-est, 36 pour cent dans le sud-est et 2 pour cent dans les régions centrales.
La forêt est en grande partie classée comme forêt naturelle non disponible pour l¿approvisionnement en bois, plus pour des raisons économiques que pour des raisons de protection et de conservation. Les activités forestières commerciales, dont l¿exploitation du bois, sont limitées en Arménie, mais la population compte beaucoup sur la récolte du bois de feu, de fruits, de plantes aromatiques et médicinales et de fourrage. L¿exploitation forestière est interdite en Arménie depuis 1996.
Toutes les forêts d¿Arménie appartiennent à l¿État et environ un tiers de la superficie totale de forêts se trouve dans des zones protégées. Bien qu¿officiellement, les opérations forestières commerciales soient limitées en Arménie, le domaine forestier est géré de manière non durable, et les taux de déforestation et de dégradation des forêts sont alarmants, en particulier dans les écosystèmes dominés par les chênes.
Produits et commerce
Officiellement, le secteur forestier contribue pour moins de 3% au PIB, mais ce pourcentage ne reflète pas les avantages réels que procurent les forêts aux plans environnemental, économique, social et culturel, en particulier pour les communautés rurales. Depuis toujours, mais cela est particulièrement vrai aujourd¿hui, les forêts de montagne jouent un rôle crucial dans la vie quotidienne des populations, en leur fournissant des produits indispensables comme le bois de feu, le bois de construction, les produits forestiers non ligneux (PFNL) (baies, fruits, champignons et herbes médicinales).
D¿après les rapports, chaque année environ 60 000 m³ de produits ligneux sont utilisés pour satisfaire les besoins locaux. Toutefois, les forêts sont aussi surexploitées de manière clandestine pour obtenir du bois de feu, des produits nécessaires à la subsistance, de la trésorerie ou pour effectuer des opérations commerciales non autorisées, de sorte que le volume réel de bois abattu dépasse de loin ce niveau autorisé. Le secteur de la transformation du bois est dominé par un petit nombre de sociétés industrielles, avec une chaîne d¿approvisionnement intégrée verticalement.
L¿industrie produit principalement des sciages, des meubles, des panneaux de particules, du parquet, des portes, des fenêtres, etc. Toutefois, l¿industrie emploie aujourd¿hui moins de 2000 personnes, contre près de 7000 en 1993. La technologie et l¿équipement adoptés par les industries du bois sont généralement obsolètes et entraînent un gaspillage des ressources forestières. Dans ce sous-secteur des industries forestières, les principaux intervenants sont la CARITAS, le groupe SIL, premier importateur, exportateur, fabricant et commerçant multi-profil d¿Arménie, et Max Wood, une entreprise de transformation du bois, avec des installations en Arménie et au Nagorny Karabagh.
Le bois de feu reste la principale source traditionnelle de combustible pour de nombreuses communautés rurales et pour certains citadins qui l¿utilisent pour se chauffer et cuire les aliments. Le reste de la production est transformé en sciages et en panneaux de particules. La consommation par habitant de produits forestiers est relativement faible dans le pays. L¿Arménie importe aussi bien des matières premières que des produits transformés, en particulier du papier de qualité supérieure. Ses importations de produits forestiers sont évaluées à 6 millions de dollars E.-U. par an.
Le rôle du secteur forestier dans l¿économie nationale est marginal car les forêts arméniennes ont été classées comme des forêts de protection sous le régime soviétique. Seules les coupes de régénération étaient autorisées dans ce pays. Depuis, les méthodes et les outils d¿évaluation économique n¿ont pas encore été révisés. De même, la forte incidence de l¿économie parallèle et des activités d¿exploitation forestière illicite a été reconnue. On estime que le volume de bois provenant d¿arbres exploités illégalement est égal à plus d¿un demi million de mètres cubes, ce qui est considérablement supérieur au volume produit légalement.
Activités internationales
La Banque mondiale, le Fonds pour l¿environnement mondial (FEM) et l¿ Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI) aident l¿Arménie à réviser et à adapter sa politique forestière aux conditions politiques et économiques actuelles, à restructurer le cadre institutionnel et à améliorer la commercialisation et les modalités de fixation des prix des produits des forêts d¿État. L¿Arménie est membre du Programme commun du Comité du bois ECE-ONU et de la Commission européenne des forêts de la FAO. Le Gouvernement arménien a signé et ratifié les conventions des Nations Unies sur la Diversité biologique (1992), sur les changements climatiques (1992), sur la lutte contre la désertification (1994) ainsi que le Protocole sur l¿eau et la santé (1999). Les engagements correspondants sont entérinés dans des politiques, des plans et des lois.
Dernière mise à jour : août 2004.
