Les forêts et le secteur forestier

Ressources
Le secteur forestier joue un rôle important dans le pays, tant au plan économique que social et culturel. Les forêts et les formations boisées couvrent environ 7,1 millions d¿hectares (soit 25,9% de la surface totale) et sont situées principalement dans les deux parcs nationaux, à la frontière avec le Bénin et le Togo. Ce chiffre comprend 67 000 ha de plantations forestières. Les forêts naturelles (galeries forestières, forêts claires, savanes arborées, savanes arbustives, fourrés tigrés) se répartissent comme suit: domaine non-classé 75% et domaine classé 25%. Le domaine classé comprend: parcs nationaux 10%, réserves de faune 67%, forêts classées 23%. La déforestation annuelle est de 15 000 ha (0,2%). Les formations végétales couvrent 254 100 km2 , soit 92% du territoire national englobant les surfaces brûlées et les jachères arbustives.

Parmi les espèces à usages multiples, le néré (Parkia biblobosa) et le baobab (Adansonia digitata) sont bien représentés dans le pays. Le karité (Vitellaria paradoxa) a toujours été soigneusement conservé, et aujourd¿hui, le centre du pays ressemble à un immense verger à karité qui garde un aspect vert et boisé.

La foresterie communautaire est bien développée au Burkina Faso. Le pays a fait ¿uvre de précurseur dans le domaine de la foresterie rurale, de l¿aménagement participatif des forêts naturelles et des petits boisements, ainsi que dans la gestion de la faune et de la flore sauvages. Le concept d¿aménagement des terroirs est mis en ¿uvre avec succès. Il est adopté comme principale stratégie de développement de la foresterie communautaire. Cependant, son adoption dans ce pays se heurte encore à certains obstacles majeurs comme le manque de sécurité de jouissance des terres et des ressources, les faiblesses de la législation foncière et les politiques inadéquates en matière d¿agroforesterie.

Produits
Au Burkina Faso, le mode d¿intégration des systèmes économiques ruraux et urbains n¿est pas encore arrivé à faire émerger un véritable secteur moderne d¿exploitation des forêts pour l¿approvisionnement urbain en combustibles ligneux. La consommation des produits pétroliers, qui sont tous importés, est basse, et le bois contribue pour 91% à la consommation totale d¿énergie. Le niveau de consommation est particulièrement sensible autour des villes où l¿accélération du processus d¿urbanisation a engendré une surexploitation des ressources les plus proches, créant ainsi une auréole de désertification caractéristique. Dans le long terme, le gouvernement se fixe pour but de promouvoir l¿usage du butane comme combustible domestique et comme une alternative au bois afin de prévenir la déforestation. En dépit de la réduction des taxes, le butane coûte le double du bois, toutefois son prix est relativement plus favorable que celui du charbon de bois.

Le bois de feu, le bois de service, le bétail, la faune, les médicaments, le karité et le miel restent les principales industries forestières du pays. Le bois de feu représente 85% du total du PIB de tous les produits ligneux commercialisés dans le pays, suivi par le bois de service (12%) et le bois d¿¿uvre (3%). La consommation annuelle de bois d¿¿uvre se chiffre autour de 25 000 m3, dont 93% sont importés des pays voisins, et seulement 7% disponibles sur place.

En 1990 la contribution du secteur ne représentait que 5,2% du PIB (un peu plus de 40 milliards de FCFA). Cette contribution est largement sous évaluée dans la mesure ou plusieurs activités économiques qui prennent appui sur l¿exploitation forestière ne sont pas prises en compte. Il s¿agit notamment des activités de cueillette de fruits, gousses, feuilles et parties d¿arbres, de l¿exploitation forestière pour les besoins de la pharmacopée traditionnelle et de l¿alimentation du bétail.

Mis à jour: septembre 2001

dernière mise à jour:  jeudi 3 mai 2012