Les forêts et le secteur forestier

Ressources
L¿Afrique du Sud est peu boisée, avec 8,9 millions d¿hectares de forêts (7 pour cent de la superficie du pays) et 29,3 hectares (24 pour cent) d¿autres terres boisées. Les forêts sont surtout concentrées dans les zones humides du pays, mais il y en a aussi dans les zones arides, au bord des fleuves ou dans les ravins («kloofs») protégés.

Ces forêts forment un couvert discontinu qui part, en allant vers l¿est, de la Péninsule du Cap, traverse les massifs de l¿Outeniqua et du Tsitsikamma, et la plate-forme côtière du sud du Cap, puis les midlands du Cap-Oriental jusqu¿à l¿intérieur de la Province du KwaZulu-Natal. En allant vers le nord, les forêts sont distribuées le long des montagnes du Drakensberg du KwaZulu-Natal, dans la partie est de l¿État Libre, sur l¿escarpement de Mpumalanga et dans la province du Limpopo, où les forêts les plus au nord se trouvent dans les montagnes du Soutpansberg. Les forêts de plaine forment une bande côtière qui part de Port Elizabeth dans le Cap-Oriental, traverse le KwaZulu-Natal et va jusqu¿au Mozambique. Ces forêts de la zone côtière subtropicale forment un couvert discontinu dans le sud, mais pratiquement ininterrompu dans le nord du KwaZulu-Natal. Les forêts des basses terres sont généralement associées à des dunes, cours d¿eau, ravins et terres humides dans la zone côtière. Ce sont principalement des forêts sempervirentes feuillues, ayant pour espèces communes Olea capensis, Xymalos monospora et Podocarpus spp. L¿Afrique du Sud a de vastes étendues de savane de ¿bushveld¿ , en particulier dans le nord et dans l¿est. Une savane aride, caractérisée par des espèces épineuses d¿acacias, s¿étend dans la Province du Cap Nord et en bordure du Kalahari. Les provinces du nord-est sont dominées par la savane humide , caractérisée par le baobab (Adansonia digitata) et l¿euphorbe candélabre (Euphorbia ingens). Sur les 5780 espèces végétales que l¿on rencontre dans les terres boisées d¿Afrique du Sud, 43 pour cent sont endémiques.

Le pays possède un vaste réseau de plus de 400 zones protégées, dont environ 18 parcs nationaux. Approximativement 54 pour cent des forêts naturelles se trouvent dans des zones protégées et 17 pour cent des terres boisées (effectives) sont protégées. 5 pour cent seulement de la superficie totale de terres boisées effective est sur des terres communales.

Plantations
L¿Afrique du Sud est dans les dix premiers pays en développement, en termes de plantations forestières établies, avec 1,35 million d¿hectares (presque exclusivement occupés par des plantations industrielles) principalement composés d¿espèces de Pinus et d¿Eucalyptus. Les rendements sont bons et s¿échelonnent entre 9 m3 par hectare et par an en moyenne pour l¿acacia, 15 m3 par hectare et par an pour les conifères et 20 m3 par hectare et par an pour les eucalyptus. La production des plantations s¿est élevée en 2001/2002 à environ 16,6 millions de m3. En outre, plus de 20 000 tonnes de bois de feu sont abattues chaque année dans des plantations commerciales.

Les plantations forestières sont primordiales pour les approvisionnements en bois, mais la superficie disponible est limitée car l¿Afrique du Sud est pleinement consciente du fait que les plantations forestières situées sur des bassins versants peuvent, dans certaines circonstances, pomper l¿eau souterraine (N.B. l¿autorité gouvernementale en charge des forêts est aussi responsable de l¿eau).

Le gouvernement a considérablement avancé dans son programme de reconversion de ses exploitations en forêts industrielles, et celles-ci sont parmi les meilleures du monde, dans leur catégorie. Ces forêts industrielles comprennent les plantations détenues par la SAFCOL, qui est la compagnie forestière d¿État, et celles gérées par le Département des affaires hydriques et de la foresterie, qui représentent ensemble à peu près 30 pour cent des plantations forestières du pays. Il s¿agit de l¿une des plus vastes opérations de privatisation au monde et elle représente une refonte totale du secteur. Le gouvernement espère ainsi mobiliser des investissements du secteur privé dans des opérations de foresterie durable, tout en poursuivant ses objectifs de développement économique local, de création d¿emploi, de formation professionnelle et de réparation équitable des discriminations passées.

Industrie forestière
L¿industrie forestière repose toutefois sur les plantations. Le secteur sud-africain des produits forestiers contribue pour une très large part à l¿économie nationale, avec 1,3 pour cent du PIB en 2002. Il emploie plus de 135 000 personnes, tant dans des opérations de production que dans des activités de transformation primaire. Selon les estimations du gouvernement, plus de 2 millions de ruraux sont tributaires de l¿industrie.

L¿industrie produit toutes sortes de produits dérivés du bois et de papiers. L¿Afrique du Sud est le plus gros producteur africain de bois ronds industriels. En 2002, le pays a produit 16,6 mètres cubes de bois ronds, dont 220 000 mètres cubes de bois de feu et de charbon de bois. Les exportations de produits forestiers se sont élevées en 2002 à environ 1,6 milliards de dollars E.-U., essentiellement papiers (près de 38 pour cent) et bois solide (33 pour cent). Au cours de la même période, le pays a importé pour plus de 700 millions de dollars E.-U. de produits forestiers.

Environ 35 pour cent du papier consommé en Afrique du Sud est recyclé, et 24 pour cent du papier recyclé est utilisé comme matière première par les industries du papier (la différence étant absorbée par les exportations). Les compagnies sud-africaines ont mis au point des procédés novateurs pour soutenir les nouvelles entreprises de recyclage du papier.

Dépendance rurale à l¿égard des forêts
Les principaux produits forestiers non ligneux sont les plantes médicinales, les plantes ornementales, le fourrage, les fruits sauvages, les noix, les légumes et la viande de brousse. Environ 9,2 millions de ménages ruraux dépendent dans une certaine mesure de produits forestiers, tels que bois de feu et produits alimentaires et médicinaux d¿appoint.

Là où les communautés locales ont accès aux ressources forestières, notamment pour se soigner ou pour obtenir du bois de feu, des arrangements et des accords ont été conclus entre l¿institution de conservation de la nature et les communautés locales pour éviter que ces utilisations ne portent atteinte à la durabilité de la ressource. Cependant, dans de nombreux districts, les ressources forestières se sont dégradées sous l¿effet combiné de la croissance et des migrations des populations locales, des systèmes coutumiers de gestion des ressources et de la surexploitation pour répondre aux besoins des ménages pauvres.

L¿approvisionnement des ruraux en bois est insuffisant dans de nombreuses zones, c¿est pourquoi l¿on tente de trouver et de promouvoir des produits pouvant se substituer au bois de feu. La foresterie industrielle, les produits forestiers non ligneux issus de plantations forestières et l¿écotourisme, qui se développe dans les zones boisées naturelles, offrent des emplois pour échapper à la pauvreté.

Dernière mise à jour: février 2004

dernière mise à jour:  jeudi 3 mai 2012