Politiques, institutions et principaux programmes forestiers

Politiques
Le processus de démocratisation, entamé en 1990, suivi en 1994 par la dévaluation du franc CFA, ont favorisé les bonnes performances économiques, et le rythme soutenu des réformes permet de voir l¿avenir avec un certain optimisme.

La Constitution du Burkina Faso en tant qu¿ordre juridique premier sur laquelle s¿est édifiée la politique nationale forestière, stipule dans son article 29 que «Le droit à un environnement sain est reconnu ; la protection, la défense et la promotion de l¿environnement sont un devoir pour tous». Les textes de cette Constitution ont été soutenus par des actes juridiques et documents de politique parmi lesquels:

  • la loi n° 014/96/ADP portant Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) au Burkina Faso;
  • Textes d¿Orientation sur la Décentralisation (TOD). Le processus de décentralisation en cours au Burkina Faso confirme bien la responsabilité et le rôle des populations en tant que premiers acteurs et responsables de la gestion des ressources naturelles;
  • la Lettre de Politique de Développement Agricole;
  • le Plan d¿Actions et Programme d¿Investissements du Secteur de l¿Elevage du Burkina Faso;
  • les lois portant Code Forestier et Code de l¿Environnement pour une gestion durable des ressources naturelles en cohérence avec le processus de décentralisation;
  • l¿arrêté conjoint n° 10 du 03 Février 2000 relatif à la constitution, aux attributions, à l¿organisation et au fonctionnement des Commissions Villageoises de Gestion des Terroirs;
  • le document de politique nationale forestière qui spécifie que «l¿approche participative est érigée comme principe directeur pour l¿ensemble des intervenants dans les sous-secteurs des forêts, faune et pêche».
Administration
La Direction Générale des Eaux et Forêts est la structure centrale de l¿administration forestière. Son organigramme est contenu dans celui du Ministère de l¿Environnement et de l¿Eau (MEE). Une commission nationale de décentralisation a été mise en place en juillet 1994 pour impulser et animer la réflexion autour de la décentralisation. Un Secrétariat chargé de la coordination de la mise en ¿uvre du Plan d¿Action National de Lutte Contre la Désertification (PAN-LCD) et des autres Programmes de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles, a été créé en 1995. Il est connu sous le sigle CONAGESE.

Programmes
Le Gouvernement du Burkina Faso entreprit dès le début des années 80 plusieurs actions avec l¿appui de la FAO et du PNUD. «Le projet d¿aménagement des forêts naturelles sur un rayon de 150 km autour de la ville de Ouagadougou» pour l¿approvisionnement de ladite ville en bois de feu, qui a démarré en 1986, est actuellement dans sa troisième phase. Il a pour objectif essentiel de concilier la pression de la demande urbaine en bois de feu avec la nécessité de la gestion rationnelle et durable des forêts environnantes.

Le Plan d¿Action Forestier National du Burkina Faso (PAFN-BF) a été lancé en juin 1989. Il a été finalisé à la fin de 1991, sous le nom de Plan d¿Action Forestier Tropical du Burkina Faso (PAFT-BF), avec le soutien financier de la GTZ et l¿appui technique de la FAO.

En outre, le Burkina Faso a adopté en août 1992 le Plan National d¿Action pour l¿Environnement (PNAE), qui intègre le PNLCD et le PNGTV (Programme National de Gestion des Terroirs Villageois), afin de définir une politique associant étroitement développement et environnement.

Il a été ensuite décidé d¿intégrer le PAFN-BF et le PNAE. Trois programmes techniques de développement ont été envisagés et formulés: un programme national de foresterie villageoise; un programme national d¿aménagement des forêts naturelles; un programme de dendroénergie.

Par ailleurs, un programme d¿appui institutionnel et de renforcement des capacités a été préparé. Il comprend: une étude sur la législation forestière; une étude sur le renforcement des structures du secteur forestier et sur les problèmes relatifs à la coordination; une étude sur le rôle de la formulation et de la recherche pour le développement forestier.

En 1991 plusieurs autres programmes ont été initiés: lutte contre la désertification, élaboré dans le cadre d¿une stratégie sahélienne; planification familiale; lutte contre les feux de brousse non contrôlés; lutte contre la divagation des animaux; et lutte contre la coupe abusive de bois de feu. Un fonds forestier national a été créé.

Les principaux problèmes actuels liés à la gestion de l¿environnement sont: la sécheresse et la disponibilité des ressources en eau; l¿érosion des sols; la pénurie de bois, avec de très fortes pressions dans le Nord et le Centre du pays; la forte pression exercée par les troupeaux transhumants; la perte de diversité biologique et spécialement celle de la faune.

Contraintes
Le paysage institutionnel est complexe, car il est caractérisé par de multiples plans et programmes relatifs à l¿environnement. Il est indispensable que la mise en ¿uvre des plans nationaux à caractère technique soit bien coordonnée au plan institutionnel. La multiplicité des plans et programmes et des institutions chargées de les gérer rend cette coordination difficile, d¿autant que les capacités nationales sont limitées (manque de personnel et de moyens logistiques).

Le poids économique du secteur reste difficile à établir à cause de l¿insuffisance des méthodes de collecte et de traitement des statistiques forestières et des clivages méthodologiques pour la prise en compte de l¿auto-approvisionnement pour l¿auto-consommation.

Les problèmes financiers existent toujours. Il convient par ailleurs de souligner les pressions anthropiques considérables: braconnage, défrichements, feux de brousse, surpâturage, qui ont contribué à une réduction drastique des effectifs de la faune sauvage.

D¿autre part, les ressources hydrographiques et les plans d¿eau intérieurs dont le potentiel halieutique est estimé à plus de 12 500 tonnes de poissons par an, sont largement sous-exploités (à peine 7 000 tonnes/an), du fait surtout des aléas climatiques, de l¿insuffisance de formation, d¿équipement et d¿organisation des pêcheurs.

Mis à jour: septembre 2001

dernière mise à jour:  vendredi 19 février 2010