Politiques, institutions et principaux programmes forestiers

Politiques
La politique forestière actuelle du Pérou est centrée sur la modernisation des activités forestières conformément au processus de libéralisation économique, et sur la nécessité de promouvoir : un développement durable, sur la base d¿un plan d¿aménagement des terres forestières; une production forestière durable par le secteur privé sur la base de plans de gestion approuvés par le gouvernement; la foresterie à buts multiples; la protection des ressources forestières et de la faune sauvage; une augmentation de la valeur ajoutée des produits forestiers; la remise en état des zones de forêts qui n¿ont plus de végétation par des activités de reboisement, principalement à des fins industrielles; et le renforcement des institutions forestières.

Dans le contexte de cette politique, la Nouvelle Loi sur les forêts et la faune sauvage a été promulguée en 2000, et ses dispositions approuvées en avril 2001. Cette législation est basée sur le consensus des principaux acteurs du développement forestier et a pour objectif l¿utilisation durable et la conservation des ressources forestières et de la faune sauvage, de manière à rendre compatible l¿exploitation forestière avec la valorisation progressive des fonctions environnementales des forêts, conformément aux intérêts sociaux, économiques et environnementaux du pays.

Un processus fortement participatif est à présent en cours pour formuler la Stratégie nationale de développement forestier pour la période 2002-2021, avec la participation du Comité national pour le dialogue et la concertation dans le secteur forestier et divers comités régionaux en cours d¿établissement. Cette stratégie fera partie intégrante du programme forestier national, qui fut élaboré pour la première fois en 1986, sous le titre « Plan d¿action forestier pour le Pérou ».

Institutions
L¿autorité forestière d¿État est exercée par l¿Institut national des ressources naturelles (INRENA), un organisme public décentralisé du Ministère de l¿agriculture, dont dépendent les quatre Directions générales des Forêts et des espèces sauvages; des Zones naturelles protégées; de l¿Environnement; et du Sol et des Eaux.

Depuis 2001, l¿INRENA s¿est renforcée grâce à l¿organisation de divers instruments institutionnels axés sur le développement forestier ;

  • le Fonds pour la promotion du développement forestier, privé avec une forte participation de l¿État pour fournir un appui financier et technique aux concessions et aux autres activités de développement forestier ;
  • la Commission ad hoc pour les concessions forestières, un organisme temporaire relevant de l¿INRENA, qui a pour mission de mettre en place le nouveau système de concessions;
  • L¿Organisme de supervision des ressources forestières ligneuses, un organisme dépendant du Président du conseil des ministres dont la création est en cours, pour contrôler et superviser les concessions forestières;
  • un Conseil consultatif national de politique forestière (CONAFOR), en phase d¿organisation, qui comprendra des représentants de divers secteurs;
  • les Comités de gestion des forêts, composés de représentants locaux de l¿INRENA, des gouvernements locaux et de titulaires de concessions et de permis d¿exploitation dans chaque unité d¿aménagement forestier.

Programmes
Les principaux programmes sont les suivants:
  • Mise en place du système de concessions forestières, qui a permis de confier durant la première année 3, 3 millions d¿hectares à exploiter et à gérer; ce processus a jusqu¿à présent concerné 150 associations de petits producteurs. L¿objectif pour l¿année suivante est de donner 6 millions d¿hectares en concession.
  • le Plan Sierra Verde approuvé en 1999, dont la composante forestière prévoit l¿établissement de 300 000 hectares de forêts dans les hauts plateaux des Andes d¿ici 2002; l¿exécution de ce programme fait l¿objet d¿une évaluation en vue de décider s¿il convient ou non de le poursuivre.
  • Le Programme national de gestion des bassins versants et de conservation des sols, relevant du Ministère de l¿agriculture, qui est le principal organisme qui s¿oocupe de promouvoir les reboisements dans toute la région de la Sierra. De même, l¿Association civile pour le développement forestier (ADEFOR) exécute des activités de reboisement à des fins industrielles et de protection, principalement dans le Département de Cajamarca.
  • les Comités de reboisement, qui administrent les fonds provenant des taxes au profit du reboisement que payent ceux qui exploitent les forêts pour chaque mètre cube de bois rond prélevé, conformément à ce qui a été établi dans la réglementation forestière antérieure, et qui ont été les principaux promoteurs de la reforestation dans la région des forêts tropicales humides.

Des programmes de formation forestière de niveau supérieur sont assurés par les facultés des sciences forestières ou d¿ingéniérie forestière (Université nationale d¿agriculture de La Molina, Université nationale de Amazonie péruvienne, Université nationale d¿Ucayali, Université nationale de San Antonio Abad of Cusco et Université nationale du Pérou central). Deux autres universités forment des experts forestiers , à savoir l¿Université nationale d¿agriculture de la Selva en Tingo María et l¿Université nationale de Cajamarca, dans sa faculté d¿agronomie et de foresterie. Un enseignement technique est dispensé à l¿Institut technologique suisse de Pucallpa-Ucayali, à l¿Institut technologique de Cajamarca et à l¿Institut technologique de Bagua--Amazonas.

La recherche forestière est menée par les universités par l¿entremise des facultés d¿ingéniérie forestière, l¿Institut de recherche d¿Amazonie péruvienne et l¿Institut national de recherche agronomique. Le Conseil national de la science et de la technologie participe aussi, mais à un moindre degré.

En ce qui concerne les questions environnementales, le principal organisme est l¿INRENA (à travers sa Direction générale de l¿environnement), et les autres organismes opérationnels sont le Conseil national de l¿environnement (CONAM) et la Commission du Congrès de la République pour l¿écologie, l¿environnement et l¿Amazonie.

Diverses ONG, principalement nationales ou liées à des organisations internationales, effectuent d¿importantes activités de formation, de sensibilisation du public à la gestion rationnelle de l¿environnement, de reboisement, et d¿appui à la gestion communautaire des forêts et des sols forestiers.

Activités internationales
Les activités les plus significatives comprennent la formulation en 2000-2001, du Rapport national du Pérou sur les critères et indicateurs de la gestion durable des forêts tropicales naturelles, qui a été présenté à l¿Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT).

Outre la FAO, les principaux gouvernements et organismes internationaux qui appuient le développement forestier au Pérou sont les Pays-Bas, qui travaillent avec la FAO, mais aussi l¿Allemagne (GTZ et KfW), la Finlande, l¿Espagne (AECI), les Etats-Unis (USAID), la Banque mondiale et l¿OIBT, qui fournissent tous une aide bilatérale. Le Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF) et le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) interviennent directement dans la recherche dans le secteur.

Dernière mise à jour: novembre 2002

dernière mise à jour:  vendredi 19 février 2010