Politiques, institutions et principaux programmes forestiers

Administration
La première Administration forestière, active aux niveaux central, régional et local, a été créée en 1883. Elle comprend à l¿heure actuelle un personnel technique consistant en 100 ingénieurs et 400 techniciens.

Trois générations de systèmes de gestion forestière sont reconnues. La première (1964 à 1986) a été établie par des ingénieurs forestiers tunisiens influencés par leur éducation dans des universités françaises. Le système a établi les objectifs et principes de la gestion ainsi que les règlements d¿exploitation. La deuxième génération (1987 à 1993) s¿est employée pendant 20 ans à formuler des plans sylvopastoraux, révisant les plans précédents. La troisième génération (1995 à ce jour) a introduit les concepts d¿intégration d¿aspects socioéconomiques, environnementaux, agricoles et pastoraux, et de considérations sur les produits ligneux et non ligneux et les services forestiers.

Politiques
Un programme forestier national a été mis en place d¿une part pour satisfaire les besoins des populations à partir de leurs maigres ressources forestières et, de l¿autre, pour assurer la conservation et la pérennité de ces ressources. Le secteur a bénéficié énormément du programme forestier national et de la révision de la politique, notamment sous l¿angle de la reconnaissance politique du rôle du secteur et de l¿affectation accrue de fonds. Ci-après sont décrits certains des résultats.

  • Une stratégie nationale de reboisement et un plan de lutte contre la désertification ont été adoptés en 1990.
  • Un plan national d¿action contre l¿envahissement des sables a été élaboré entre 1990 et 1992.
  • Un inventaire forestier et des ressources pastorales a été dressé sur des superficies de 40 000 et 120 000 km2. Les résultats ont permis à l¿administration forestière de mettre en place un Système d¿information forestier et pastoral.
  • Des études stratégiques sur le bois de feu, le bois industriel et les produits forestiers non ligneux sont en cours.
  • Depuis 1995, dix opérations pilotes de développement intégré ont été lancées. Elles ont été réalisées en liaison étroite avec des organisations non gouvernementales.
  • Les projets de mise en valeur des forêts ont appuyé un programme de recherche sur la foresterie, l¿agroforesterie, la conservation des ressources naturelles et l¿évaluation des produits forestiers.
Toutefois, l¿évaluation globale du programme forestier national a mis en évidence plusieurs lacunes:
  • L¿absence de gestion stratégique intégrée dans les zones rurales et le manque de contrôle de la gestion technique et sociale des ressources agricoles, forestières et pastorales déterminent quelques incohérences et désaccords entre les programmes et les composantes du développement.
  • Adhérence insuffisante des populations forestières aux actions visant le développement des ressources et la préservation de l¿environnement.
  • Les méthodes et instruments de planification, programmation et évaluation régulière de la gestion, ainsi que les moyens institutionnels et judiciaires, ne sont pas à même de satisfaire les exigences de la nouvelle politique de développement durable.
  • Faible participation du secteur privé aux activités de reboisement, exploitation, transformation et à la valorisation des produits forestiers due au manque de moyens technologiques.
Néanmoins, le cadre politique et institutionnel actuel paraît généralement favorable au secteur forestier. Les initiatives en cours comprennent une politique de décentralisation et de privatisation et la recherche sur la participation de la population aux programmes de la gestion foncière. Un plan d¿action forestier tunisien est nécessaire pour établir la gestion intégrée et la planification multisectorielle locale, diffuser les méthodes et outils de planification, élaborer des indicateurs de gestion durable des ressources pastorales et forestières et améliorer les capacités humaines et les mécanismes d¿échange des expériences.

Une première ébauche de plan-cadre national pour la mise en valeur des ressources pastorales et forestières a été préparée. Son objectif de développement est de contribuer à la lutte contre les différentes formes de dégradation des forêts, à la conservation et à la gestion durable des ressources forestières du pays et à la valorisation de leurs multiples produits et services en faveur du développement rural et de la sécurité alimentaire.

Incendies de forêts
La prévision des incendies de forêts constitue une priorité de la politique forestière en Tunisie. En effet, le plan directeur forestier national et pastoral préparé par la DGF en 1996 souligne que les incendies de forêts constituent un des principaux fléaux qui affectent les ressources forestières. La DGF a élaboré en 1992 un plan national pour la protection des forêts contre les incendies qui a été révisé en 1996. Ce plan vise la protection d¿environ 1 000 000 ha de forêts naturelles, artificielles et d¿espaces naturels; la réduction de la superficie brûlée à moins d¿un ha par incendie et la moyenne annuelle de 1 400 ha à 100 ha seulement; et la promotion des travaux de la recherche sur les phénomènes de feu de forêts et la formation des techniciens forestiers dans le domaine de la prévention et de lutte contre les incendies.

Les investissements pour la protection des forêts contre les incendies sont destinés surtout au renforcement de l¿infrastructure forestière et à l¿achat d¿équipements nécessaires pour atteindre les normes de protection utilisés dans les forêts méditerranéennes. Ces activités ont bénéficié de l¿appui d¿un projet régional de coopération mise en ¿uvre par la FAO ainsi que du réseau de recherche du Comité des questions forestières méditerranéennes Silva Mediterranea.

Autres institutions
La recherche relève de l¿Institut national de recherche en génie rural et forêts (l¿INRGREF ) pour ce qui concerne les questions forestières et de l¿Institut des régions arides pour ce qui concerne les questions d¿environnement et de lutte contre la désertification.

Mis à jour: octobre 2002

dernière mise à jour:  vendredi 19 février 2010