
VOLUME 3
INTRODUCTION
Le terme forêt tropicale ombrophile
(tropische regenwald) a été utilisé pour la première
fois par le botaniste allemand A.F.W. Schimper en 1898 (Whitmore, 1990). Aujourd'hui, la forêt
tropicale ombrophile est présente dans les trois zones tropicales et couvre au total, selon les
estimations, 17,6 x 106 km2 (Dixon
et al., 1994). Le bloc le plus grand est la forêt ombrophile américaine
ou néotropicale, qui affiche une superficie totale de
4x106 km2.. Vient ensuite un second bloc qui
se trouve sous les tropiques à l'est et couvre, selon les estimations 2,5 x
106 km2, alors que le bloc
le plus petit se trouve en Afrique avec une surface de 1,8 x
106 km2. Toutefois, il a été signalé que le
taux de déforestation des forêts tropicales tropicales ombrophiles est très élevé. En 1990, la
FAO (1993) a signalé que le taux de déforestation sous les tropiques est de 0,6%, soit environ 460
000 ha par an. Si la déforestation se poursuit à ce rythme, de nombreux pays qui ont des taux
de déforestation extrêmement élevés et seulement des quantités modérées de forêts
ombrophiles, pourraient en réalité voir toutes leurs forêts disparaître d'ici à l'an 2025 (Institut mondial pour
les ressources, 1988) . Les mêmes prévisions ont été faites par le Groupe spécial
inter-organismes des Etats-Unis sur les forêts tropicales, qui en 1980, a conclu que si la tendance actuelle se
poursuit, les forêts tropicales ombrophiles du monde, hors de celles de l'Afrique centrale et du bassin
de l'Amazone ne seraient rien d'autres que des arbres restants éparpillès d'ici à l'an 2025
(Grainger, 1997).
Il ne fait pas de doute que des mesures peuvent et devraient être prises pour faire en sorte
que toutes les forêts tropicales tropicales ombrophiles restantes ne disparaissent pas. Les
préoccupations exprimées par tous les pays à la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et
le développement (CNUED) en 1992 doivent donner lieu à des activités de suivi sur le terrain.
Les mots prononcés par les dirigeants du monde exprimant une inquiétude et de bonnes intentions
ne suffisent pas mais doivent être suivis d'une action. En outre, l'on craint que si les forêts
sont aménagées pour la production de bois, cela se fasse au détriment d'autres biens et services
qui peuvent être obtenus. Pour appliquer de bonnes pratiques d'aménagement, il est fondamental
que tous les forestiers et tous les gestionnaires comprennent les fonctions des forêts
tropicales tropicales ombrophiles avant de prendre des décisions sur l'aménagement et l'utilisation des forêts.
Un aménagement à des fins multiples pour l'obtention de bois d'oeuvre, de produits non
ligneux et de services peut maximiser la croissance économique et, du même coup, conserver la valeur
de la forêt pour l'avenir. Dans certaines conditions, la valeur des produits non ligneux et des
services peut être la principale composante dans l'ensemble des revenus économiques de la forêt. Les
produits forestiers non ligneux peuvent inclure des exsudats (gommes et résines), des cannes (rotin),
des noix comestibles, des fruits, des légumes, des champignons, des épices, de la viande, du gibier
et des produits d'origine animale, du bois de feu, du fourrage et des produits pharmaceutiques
et médicinaux. Les services comprennent des avantages pour l'environnement et des
services écologiques dérivés des forêts naturelles comme la protection des sols, des eaux et des
espèces, des activités récréatives et le tourisme, et la conservation de la vie sauvage et de la biodiversité.
Les forêts tropicales tropicales ombrophiles servent aussi comme éléments régulateurs des
régimes climatiques aux niveaux régional et mondial moyennant l'évapotranspiration et le piégeage
du carbone.
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