La pertinence du processus FLEGT

Entretien avec Robert Simpson*

Q: Quelle est la pertinence du processus pour l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT) au niveau mondial ?

Robert Simpson: Il existe aujourd’hui très clairement une demande des consommateurs dans le monde entier pour des produits bois tropicaux légaux. Le processus FLEGT vise principalement à satisfaire cette demande en améliorant l’approvisionnement en bois légal. Le processus FLEGT constitue aussi une avancée significative dans la lutte mondiale pour la protection des ressources forestières. Il marque, en effet, une collaboration sans précédent entre les pays producteurs et les pays consommateurs – dans ce cas l’Union européenne – afin de lutter contre le commerce de bois illégal. En plus de l’Union européenne (UE) prenant des mesures par le biais du processus FLEGT et particulièrement du Règlement Bois de l’UE (RBUE), plusieurs pays à travers le monde dont les États-Unis, l’Australie et le Japon luttent contre le commerce de bois illégal avec le Lacey Act Amendment, l’Illegal Logging Prohibition Bill et la Green Purchasing Law.

Pourquoi cela fait-il du FLEGT un processus pertinent au niveau mondial? Le processus FLEGT reflète un changement au niveau des mentalités des consommateurs du monde entier. Si cette tendance observée dans la mentalité des consommateurs se poursuit, l’incapacité à prouver la légalité et à améliorer la gouvernance dans le secteur forestier limitera de plus en plus l’accès aux marchés dans les années à venir.

Q: Comment le Programme UE FAO FLEGT soutient-il les acteurs afin qu’ils se conforment à ce nouveau processus ?

Robert Simpson: Le Programme UE FAO FLEGT travaille avec les acteurs afin de les aider à respecter les nouvelles législations ainsi que les législations existantes aux niveaux local et international, en soutenant les efforts visant à améliorer la gouvernance et la légalité. Le Programme est basé sur la demande : les gouvernements, les organisations du secteur privé et de la société civile nous contactent afin que nous les aidions à répondre aux besoins définis localement. Cela signifie que l’appui que nous fournissons dépend du pays et du contexte. Il ne s’agit pas d’une approche “taille unique” pour l’ensemble des acteurs, mais de “sur mesure”. Cependant, toutes les approches partagent les mêmes objectifs : améliorer la légalité, la gouvernance forestière, et donc faciliter l’accès aux marchés, avec l’espoir d’apporter des bénéfices à long terme sur les plans social, économique et environnemental pour les pays producteurs de bois tropical.

Q: Quels bénéfices les acteurs peuvent-ils espérer tirer de leur implication dans le processus FLEGT au cours des années à venir ?

Robert Simpson: La demande du marché mondial pour des produits respectueux tant aux niveaux social qu’environnemental ne montre aucun signe de ralentissement. Au contraire, les crises financières récentes et l’inquiétude croissante quant aux changements climatiques ont accentué encore l’importance d’une économie verte. Les processus FLEGT/APV garantissent que le bois est légalement exploité et respectent les exigences sociales et environnementales locales, éléments essentiels pour assurer que les forêts préservent leur valeur sur le marché mondial, et restent productives à long terme. C’est l’objectif ultime de l’industrie et cela répond aux besoins de tous les acteurs. Améliorer la gouvernance aujourd’hui est aussi la promesse de préserver les ressources forestières vitales afin que les générations futures puissent continuer à récolter les fruits de ces ressources et à profiter des opportunités qu’elles représentent, pour leurs vies et leurs moyens de subsistance dans les années à venir.

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*Gestionnaire du Programme UE FAO FLEGT

Robert Simpson est le gestionnaire du Programme UE FAO FLEGT, au sein de la Division de l’économie, de la politique et des produits forestiers de la FAO. Il était auparavant gestionnaire du Programme d’appui FLEGT pour les pays d’Afrique, des Caraïbes, et du Pacifique (ACP). Avant cela, M. Simpson a travaillé pour l’ambassade des États-Unis à Antananarivo, à Madagascar et ensuite pour une ONG de gestion forestière et de conservation située dans le pays, travaillant principalement avec le gouvernement malgache à l’amélioration de l’application des règlementations et des stratégies de gestion forestière dans plusieurs bureaux régionaux. M. Simpson a également travaillé pour le Service des forêts des États-Unis de septembre 2004 à juin 2008 en tant que Coordinateur du Programme Initiative pour les forêts du Libéria, programme visant à appuyer le processus de réforme du secteur forestier du gouvernement libérien après les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

M. Simpson a obtenu une licence en relations internationales et en économie pour le développement (1993) de l’Université du Minnesota et un Master en sciences en économie forestière et développement rural (2001). Le Master faisait partie d’un programme conjoint avec les Corps de la Paix des États-Unis. M. Simpson a réalisé sa thèse pendant les trois années durant lesquelles il a été volontaire à Madagascar.

dernière mise à jour:  jeudi 10 octobre 2013