Conservation et gestionPar "conservation des ressources génétiques forestières", on entend les politiques et les activités de gestion mises en oeuvre pour assurer la disponibilité et l'existence continues de ces ressources. La stratégie de conservation et les méthodologies appliquées sont fonction de la nature du matériel, de l'urgence des problèmes, ainsi que des objectifs spécifiques et du champ d'application du programme. On distingue deux stratégies de base; une stratégie de conservation in situ (sur le site) et une stratégie de conservation ex situ (hors du site, c'est-à-dire dans des peuplements conservatoires, banques de gènes, arboretums, jardins botaniques, etc.). Ces deux stratégies sont complémentaires et devraient être menées parallèlement lorsqu'il s'agit de conservation d'espèces et de variation génétique intraspécifique. Gérer les ressources génétiques forestières dans le but d'assurer simultanément leur conservation, leur amélioration et leur utilisation durable est une entreprise complexe. Heureusement, quand de simples principes de base sont appliqués, la production de biens et de services est généralement compatible avec la conservation et la mise en valeur des ressources génétiques pour une essence forestière donnée.
Conservation et gestion des ressources génétiques forestièresLa variation génétique présente dans les arbres, tant entre espèces qu'au sein des espèces, diminue aujourd'hui à un rythme croissant, principalement en raison des changements dans l'utilisation des terres, et des programmes de sélection et d'amélioration mis en oeuvre sans prêter suffisamment attention à la conservation génétique. Le transfert de matériel génétique sur grande échelle et non contrôlé et l'hybridation consécutive entre des espèces et provenances indigènes et introduites peuvent aussi conduire à une contamination génétique et éventuellement à la perte du capital génétique local. Il est inévitable qu'il y ait au fil des ans une réduction de la diversité biologique en raison de facteurs à la fois naturels et anthropiques, mais la diversité peut être conservée par une gestion appropriée.
Ni les écosystèmes naturels ni les programmes d'amélioration ne sont statiques. La conservation des ressources génétiques ne devrait pas viser à favoriser le maintien de l'état actuel des choses, mais devrait assurer le renforcement à long terme de la diversité génétique disponible actuellement pour répondre aux besoins futurs. En particulier, il faudrait s'occuper non seulement des espèces et des populations d'arbres qui sont utilisées aujourd'hui, mais aussi de celles qui pourraient présenter une variation génétique qui sera utile dans l'avenir. Etant donné que les décisions concernant les priorités en matière de conservation seront en définitive fondées sur des jugements de valeur, il est nécessaire que les parties intéressées collaborent pour déterminer la valeur que chacun attribue aux ressources génétiques et définissent des options appropriées en matière de gestion technique et scientifique. La gestion des ressources génétiques forestières visant à assurer leur conservation, leur amélioration et leur utilisation durable est une entreprise complexe. Comme première étape, il faudrait définir les niveaux de diversité à atteindre pour la conservation, l'amélioration et l'utilisation durable. Cela est de la plus haute importance car il est possible de conserver un écosystème tout en perdant des espèces particulières et de conserver une espèce et de perdre des populations génétiquement distinctes ou des allèles rares potentiellement utiles. Les décisions finales dépendront non seulement de l'ampleur et des types de variation visés pour la conservation, mais aussi de la quantité de connaissances disponibles sur l'espèce, de son utilisation et de son importance reconnues, des menaces perçues et, point décisif, des capacités institutionnelles déjà en place dans les pays directement concernés, y compris l'infrastructure et les fonds disponibles. Les deux principales options techniques pour la conservation des ressources génétiques comprennent la conservation in situ et la conservation ex situ. Ces deux approches se complètent l'une l'autre. La conservation in situ (sur le site) suppose l'entretien continu d'une population au sein de la communauté dont elle fait partie, dans l'environnement auquel elle est adaptée. La conservation ex situ consiste en la conservation hors du site dans des banques de semences, de pollen ou de tissus, dans des collections vivantes (arboretums, banques de clones), ou dans des peuplements de conservation ex situ établis à cette fin. Il faudrait associer de manière appropriée des réserves in-situ et des réserves ex-situ pour chaque espèce visée. Pour les essences forestières actuellement peu utilisées, on pourrait délimiter ou établir un réseau d'aires de conservation in situ, y compris des forêts à vocation de production et des réserves protégées aménagées à des degrés divers. Ces aires de conservation génétique, assez vastes pour éviter les effets négatifs de la consanguinité et de la dérive génétique, devraient englober les populations tant centrales que périphériques. La gestion des forêts pour la production de biens et de services est généralement compatible avec la conservation des ressources génétiques d'une espèce donnée, à condition que certains principes fondamentaux, génétiques et sylvicoles soient appliqués. Dans la pratique, cela signifie que les prescriptions en vigueur concernant la gestion des forêts doivent être examinées à la lumière des directives techniques disponibles (voir Tableau 1).
Tableau 1: Gestion des ressources génétiques des arbres et arbustes forestiers:
La FAO et le Centre Danida de semences forestières ont contribué activement à l'élaboration de directives techniques pour l'intégration des aspects relatifs aux ressources génétiques dans les plans nationaux et les méthodes de gestion des forêts. Pour un complément d'information, veuillez vous reporter à ce qui suit: Lectures complémentaires touchant la conservation et la gestion:
(pdf-file, 3.2 Mb)(en anglais) (pdf-file, 2.6 Mb)(en anglais) (pdf-file, 2.6 Mb)(en anglais) (pdf-file, 2.6 Mb)(en anglais) |
dernière mise à jour: mercredi 5 janvier 2011


