Réduction de l'impact du VIH/SIDA: Renforcement de la productivité agricole à long terme

La foresterie et l'agroforesterie peuvent pallier de plusieurs manières au problème du manque de main d''uvre et de capitaux dans le secteur agricole.

  • Régimes fonciers et modes de faire valoir. . L¿accès à la terre et à la propriété foncière est un facteur déterminant pour la survie des ménages touchés par le VIH/SIDA. Les arbres ont longtemps été un indicateur de propriété en Afrique. Ils peuvent donner une garantie de jouissance, mais aussi inciter d¿autres personnes à s¿approprier la portion de terre sur laquelle des arbres ont été plantés. Toute intervention concernant des arbres devrait être conçue en fonction du contexte des régimes fonciers coutumiers et des nouvelles réponses juridiques et traditionnelles aux problèmes de tenure dans chaque zone tribale touchée par le VIH/SIDA. Les arbres plantés sur des jachères abandonnées peuvent préserver la terre pour la famille, régénérer des sols dégradés et fournir des produits (bois de feu, fourrage, fruits) qui pourront être consommés ou vendus pendant une durée allant jusqu¿à huit ans, suivant l¿espèce plantée. Toutefois, il est bien évident que les possibilités offertes par ces interventions varieront, même dans les communautés adjacentes qui partagent le même patrimoine culturel et vivent dans les mêmes zones agro-écologiques.

    Agroforesterie. Les arbres peuvent etre un élément crucial de la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA, car ils fournissent des fruits, du fourrage, du bois de feu et un revenu. (Photo: C. Holding Anyonge)

  • Systèmes agroforestiers traditionnels. Les systèmes agroforestiers traditionnels sont variés. Ils diffèrent en fonction des zones agro-écologiques et du contexte social et culturel. Quelques systèmes agroforestiers venus d¿ailleurs demandent une main d¿¿uvre importante, mais ce n¿est pas le cas de la plupart des systèmes traditionnels basés sur l¿utilisation d¿essences forestières indigènes. Une analyse attentive des systèmes d¿agroforesterie et de production dominants dans les zones à forte prévalence de VIH/SIDA mettrait en évidence plusieurs options d¿agroforesterie qui demandent peu de main d¿¿uvre et permettraient de maintenir le capital en sols et la production de la terre pendant une génération où la main d¿¿uvre est rare. Étant donné que l¿interface entre la pandémie du VIH/SIDA et l¿agriculture, les arbres, la sécurité alimentaire et les moyens d¿existence est encore très mal comprise, des programmes d¿apprentissage par l¿action avec des institutions partenaires seraient particulièrement appropriés. Toute intervention, par exemple de sélection des espèces, serait ainsi conçue pour des paramètres agro-écologiques et socio-culturels spécifiques aux conditions locales.

  • Gestion des feux de forêt. Comme elles ont moins de main d''uvre pour défricher les terres, les communautés touchées par le VIH sont obligées de multiplier les feux pour convertir les forêts à l'agriculture. L'utilisation accrue du feu accélère aussi la destruction des terres boisées et des multiples produits et services qu'elles pourraient fournir aux communautés. Des campagnes de sensibilisation au VIH/SIDA associées à des programmes de gestion durable des feux et des terres boisées ont montré leur efficacité face à l'épidémie de VIH/SIDA dans les pays d'Afrique australe.

    Discussion sur le role des terres boisées coutumières dans la fourniture de médicaments et d'aliments aux ménages touchés par le VIH/SIDA (Photo: C. Holding Anyonge)

  • Médicaments naturels. Certaines espèces d'arbres sont essentielles pour le traitement des infections opportunistes du VIH/SIDA. Certaines essences forestières et plantes médicinales sont bien connues et leurs propriétés chimiques sont analysées dans la littérature sud-africaine. Des arbres aux vertus thérapeutiques pourraient être utilisés dans un programme en tirant parti des compétences du secteur forestier.

  • Vulgarisation. Le rôle de la vulgarisation dans le soutien et le renforcement des capacités des structures villageoises et tribales traditionnelles et la coordination des institutions agricoles et forestières locales ainsi que des organisations non gouvernementales pour qu¿elles puissent répondre aux besoins des communautés, est un pivot de la programmation, à l¿échelon local. Des programmes liés aux ressources naturelles menés en collaboration étroite avec des chefs traditionnels et faisant appel à des spectacles ou à des moyens d¿expression traditionnels, comme le théâtre, le chant et la danse, peuvent à la fois sensibiliser les communautés et les aider à gérer leurs ressources naturelles de manière durable, pour faire face à l¿épidémie.


dernière mise à jour:  vendredi 23 avril 2004