Définition

On entend généralement par zones côtières les zones d'interface ou de transition entre la terre et la mer, y compris les grands lacs intérieurs. Les zones côtières sont variées par leur fonction et leur forme, dynamiques et peuvent difficilement être délimitées de façon stricte dans l'espace. Contrairement aux bassins versants, il n'existe pas de frontières naturelles précises qui les délimitent clairement.

Malgré cela, pour les besoins de la gestion, on a utilisé dans le monde pour les définir diverses limites côté mer et côté terre, pouvant être assez étroites et précises ou plus larges et plus nébuleuses. Les frontières de la gestion sont pragmatiques, du fait qu'elles sont géographiquement influencées par des aspects biophysiques, économiques, sociaux, institutionnels et organisationnels. C'est pourquoi les frontières d'une zone côtière peuvent changer avec le temps pour les besoins de la gestion, au fur et à mesure que les problèmes à affronter deviennent plus importants et plus complexes et requièrent des solutions à plus long terme.

L¿approche multidimensionnelle de la gestion des ressources côtières est désormais connue sous les noms de gestion côtière intégrée (GCI), ou de Gestion intégrée des zones côtières (GIZC). Pernetta et Elder (1993) l¿ont décrite comme étant « le processus consistant à combiner tous les aspects humains, physiques et biologiques de la zone côtière dans un cadre de gestion unique ». Ils ont toutefois préféré l¿expression «gestion côtière holistique » pour souligner qu¿il serait dans l¿ensemble plus avantageux pour les environnements côtiers de planifier et de gérer avec soin et simultanément toutes les activités sectorielles, plutôt que d¿appliquer des plans de développement séparés pour chaque secteur.

Vue d'ensemble de la gestion des zones côtières

Objet de la GCI L'objet de la GCI est de guider la mise en valeur des zones côtières, de manière économiquement viable.
Principes La GCI est guidée par les Principes de Rio, en particulier par les principes d'équité inter-générationnelle, de précaution et du « pollueur-payeur ». La GCI est par nature holistique et interdisciplinaire, en particulier pour les sciences et les politiques.
Fonctions La GCI renforce et harmonise la gestion sectorielle dans la zone côtière. Elle préserve et protège la productivité et la diversité biologique des écosystèmes côtiers et conserve les valeurs d'agrément. La GCI encourage le développement économique rationnel et l'utilisation durable des ressources côtières et océaniques et facilite la résolution des conflits dans la zone côtière.
Intégration spatiale Un programme de GCI couvre toutes les zones côtières et d'altitude dont les utilisations peuvent avoir une incidence sur les eaux côtières et les ressources qu'elles contiennent, ainsi que la partie de l'océan qui peut avoir une influence sur les terres situées en bordure du littoral. Le programme de GCI peut aussi couvrir toute la zone marine relevant de la juridiction d'un pays (Zone économique exclusive), et dont la gestion incombe aux gouvernements nationaux, au titre de la Convention sur le droit de la mer et de la CNUED.
Intégration horizontale et verticale L'un des buts principaux de la GCI est de parvenir à surmonter la fragmentation par secteurs et par institutions gouvernementales des initiatives actuelles de gestion des environnements côtiers. Des mécanismes institutionnels visant à assurer une bonne coordination entre les différents secteurs et entre les différentes entités gouvernementales actifs dans cette zone, sont essentiels pour renforcer et rationaliser le processus de gestion côtière. A partir des diverses options disponibles, le mécanisme de coordination et d'harmonisation doit être conçu sur mesure et ajusté aux aspects uniques de chaque organisme gouvernemental national.
L'utilisation de la science Compte tenu des complexités et des incertitudes qui existent dans la zone côtière, la GCI doit reposer sur les meilleures bases scientifiques (sciences naturelles et sociales) disponibles. L'évaluation des risques, l'évaluation économique, les évaluations de la vulnérabilité, la comptabilisation des ressources, l'analyse des coûts-avantages et le suivi basé sur les résultats sont des techniques qui devraient toutes, le cas échéant, être intégrées dans le processus de GCI.

Cicin-Sain, B., Knecht, R.W. & Fisk, G.W. 1995. Growth capacity for integrated coastal management since UNCED: an international perspective. Ocean Coastal Management, 29(1-3): 93-123.

Pernetta, J.C. & Elder, D.L. 1993. Cross-sectoral integrated and coastal area planning (CICAP): guidelines and principles for coastal area development. A marine conservation and development report. Gland, Switzerland, IUCN in collaboration with World Wide Fund for Nature. 63 pp.
dernière mise à jour:  jeudi 3 novembre 2005