Forum sur les investissements et les financements

Argentine, 16-17 novembre 2010



Objectifs

  • Promouvoir les avantages compétitifs de l’Argentine dans le développement de l’industrie forestière et attirer des investisseurs.
  • Identifier les mesures gouvernementales qui contribuent à la promotion des investissements locaux et étrangers.
  • Expliquer les exigences des exploitants forestiers, des industries, des fonds, des investisseurs dans les régions boisées et de la communauté financière afin d’engendrer des investissements et des financements plus importants dans le secteur forestier argentin.
  • Préparer une feuille de route des investissements pour le secteur forestier argentin en équilibrant les dimensions économiques, environnementales et sociales de la durabilité.

 

Résumé des discussions

Investissements directs en Amérique latine

Le total des investissements directs en Amérique latine qui a suivi les tendances internationales, a enregistré une augmentation pendant la dernière décennie, mais a diminué en 2009. La plupart des investissements directs en Amérique latine (environ 80 %) sont domestiques, et se concentrent en Argentine, au Brésil, au Mexique, au Chili et en Colombie.

Les informations présentées lors du Forum ont indiqué que les investissements directs dans le secteur forestier en Amérique latine, ont suivi la tendance générale de l’ensemble des investissements directs. Il est également apparu que les investissements directs dans le secteur des forêts sont relativement limités, et durant la dernière décennie, ils ont représenté moins de 1 pour cent du total des investissements directs dans la région. La plupart des investissements se sont concentrés au Brésil et au Chili.

Le contexte des investissements en Argentine

L’Argentine est généralement considérée par les investisseurs comme un pays manquant de stabilité, en raison, entre autres, de son instabilité politique et de l’image que lui a value le défaut de paiement de sa dette en 2001-2002.

L’indice de la Banque interaméricaine de développement (BID) – qui mesure le climat des investissements dans le secteur forestier a été discuté durant le Forum. L’indice a été calculé pour l’Amérique latine et les pays des Caraïbes.

Les résultats des calculs de la BID pour la région, ont indiqué que l’Argentine a une position similaire à celle du Brésil et du Chili, et sont les pays les mieux positionnés en termes d’attractivité des investissements dans le secteur forestier. Les études ont également signalé que l’Argentine remplit les conditions requises pour le développement de son secteur forestier et que le pays a le potentiel d’augmenter significativement l’indice.

Le secteur forestier argentin et son potentiel

L’Argentine est un vaste pays avec d’importantes surfaces recouvertes de forêts. Les informations présentées lors du Forum indiquent qu’il y a environ 33 millions d’hectares de forêts naturelles et 1,1 million d’hectares de forêts plantées. Les forêts plantées sont constituées principalement de pins et d’eucalyptus, avec des zones réduites consacrées à d’autres espèces.

Une vaste portion de forêts plantées a été établie durant les 2-3 dernières décennies dans les provinces de Misiones, Corrientes et Entre Rios. Le Gouvernement argentin a élaboré un programme de mesures d’incitation pour soutenir l’expansion des forêts plantées, et à l’heure actuelle, le programme se concentre sur le soutien à la création de forêts plantées sur des propriétés de taille réduite et moyenne.

Les forêts plantées existantes ont une capacité de production durable estimée à 20-25 millions de mètres cubes par an, tandis que la consommation annuelle actuelle de bois de plantation s’élève à 8 millions de mètres cubes (90 % de la consommation industrielle en bois de l’Argentine). Cela indique que la capacité de production des plantations dégage un surplus de plus de 10 millions de mètres cubes par an.

Les excédents de production de bois résultent de la grande productivité des forêts plantées et de la demande relativement réduite, principalement en raison du manque d’investissements dans les exploitations industrielles. Les importations de produits forestiers sont plus importantes que les exportations et le pays fait face à un déficit commercial.

L’industrie de la pâte à papier et du papier qui est de petite envergure, doit être modernisée et étendue. L’industrie des produits en bois massif doit également augmenter son échelle et s’orienter vers des produits à valeur ajoutée, en développant, par exemple, une industrie de l’ameublement qui remplacerait les importations. La demande locale pour d’autres produits ligneux est réduite. La consommation de bois pour l’énergie utilisée par l’industrie et pour la production de charbon, comme c’est également le cas au Brésil, est insignifiante.

En raison du surplus actuel en bois, le prix des billes de bois sur le marché est assez bas. Le prix des billes de bois en Argentine, est moitié moins cher pour un produit similaire, qu’au Brésil et au Chili, et moins cher qu’en Uruguay.

Facteurs qui limitent le développement du secteur forestier

L’excédent de bois et les prix bas qui en découlent, devraient constituer une bonne raison pour attirer de nouveaux investisseurs et pour développer les industries forestières en Argentine, ou tout au moins, pour développer les opérations d’exportation de billes de bois.

Il est également important de reconnaître que les forêts plantées ont une bonne productivité, le pays possède des infrastructures relativement bonnes et que des terres sont disponibles pour augmenter la surface des zones de forêts plantées.

Il est devenu évident, durant le Forum, que le manque d’investissements dans le secteur forestier, en particulier dans le développement de l’industrie forestière, est causé par une conjonction de facteurs qui limitent le développement d’une industrie forestière particulièrement profitable en Argentine.

L’instabilité politique de l’Argentine est un facteur important qui limite les investissements étrangers et domestiques, mais d’autres facteurs qui restreignent les investissements furent identifiés durant les discussions:

  • Les permis demandés pour la création de forêts plantées dans des régions à 150 km de la frontière.
  • Les taxes à l’exportation (retenciones) appliquées sur les exportations de bois.
  • Les préjugés du public à l’encontre des usines de pâte à papier (qui apparurent à la suite d’un contentieux avec l’Uruguay).
  • Les volumes réduits de fibres courtes pour le développement d’une industrie de pâte à papier concurrentielle (la plupart des forêts plantées sont composées de pins).
  • Certaines régions ont des contraintes logistiques, énergétiques et au niveau des transports.
  • Inexistence de mécanismes de financement locaux appropriés.
  • Manque de volonté politique de développer le secteur forestier.

La liste n’est pas exhaustive et il serait nécessaire d’effectuer une étude détaillée pour mesurer la pertinence de chaque facteur et pour savoir quels autres facteurs ont une incidence sur le développement du secteur forestier.

Conclusions et recommandations pour promouvoir le développement du secteur forestier argentin

Le résumé des discussions présentées lors de la session de clôture du Forum couvre les principales conclusions et recommandations que les autorités locales, le secteur privé et les autres acteurs doivent prendre en considération, pour améliorer le climat commercial et créer les conditions qui attireront les investissements pour promouvoir le développement du secteur forestier en Argentine.

Tout d’abord, il est reconnu que l’Argentine est largement capable de rendre son industrie forestière compétitive sur le marché mondial. Le pays a d’importantes surfaces recouvertes de forêts, les forêts plantées sont productives, et il possède la terre et les technologies appropriées pour augmenter la superficie en forêts plantées.

Il faut également reconnaître que le potentiel actuel doit être développé, et qu’il faudra pour cela attirer de nouveaux investissements. L’excédent actuel en bois et les bas prix des billes de bois sont d’importants facteurs pour attirer les investisseurs, mais ces facteurs ne suffisent pas dans la situation actuelle, car les investissements n’affluent pas. Il semblerait qu’il n’y ait ni la volonté politique de développer le secteur forestier, ni la coordination pour promouvoir les actions qui faciliteraient le processus de développement.

Finalement, on a considéré qu’il était fondamental de créer et de mettre en œuvre un programme de développement des forêts, aux niveaux provincial et national, pour améliorer le climat commercial et attirer de nouveaux investissements.

Cela exigera:

  • un engagement ferme de la part des autorités supérieures à considérer le secteur des forêts comme un élément important pour le développement socioéconomique de certaines provinces/régions choisies;
  • de mobiliser les acteurs et d’identifier les facteurs critiques qui limitent le développement du secteur forestier;
  • de créer un programme de mise en œuvre de mesures qui réduiront les contraintes, qui créeront les infrastructures et les conditions qui attireront de nouveaux investissements.

Cela peut être effectué au niveau national, mais dans de nombreux cas, les activités au niveau de la province peuvent s’avérer plus efficaces. Les parties prenantes locales doivent créer et gérer le programme, mais dans les premiers temps, le soutien externe d’une organisation internationale pourrait être important.

        

   
dernière mise à jour:  vendredi 13 décembre 2013