Site:  
Address:  

Les envahisseurs sont là: Partage des connaissances pour la prévention et l'élimination des ravageurs susceptibles d'endommager les forêts

Rome, 5 mars 2007 - Les proliférations d'espèces forestières envahissantes ne sont plus confinées à un pays ou à une région. L'augmentation des voyages, du commerce et des transports, ainsi que le changement climatique ont fait des espèces envahissantes un phénomène transnational de plus en plus préoccupant. Les espèces envahissantes se propagent rapidement d'un pays à l'autre et peuvent traverser des continents. L'échange de connaissances avec les populations transfrontalières est donc essentiel.

Rome, 5 mars 2007 - Les proliférations d'espèces forestières envahissantes ne sont plus confinées à un pays ou à une région. L'augmentation des voyages, du commerce et des transports, ainsi que le changement climatique ont fait des espèces envahissantes un phénomène transnational de plus en plus préoccupant. Les espèces envahissantes se propagent rapidement d'un pays à l'autre et peuvent traverser des continents. L'échange de connaissances avec les populations transfrontalières est donc essentiel.

Pour faire face à cette menace croissante, la FAO a aidé à établir deux réseaux en Afrique et dans la région Asie et Pacifique. Les réseaux permettent aux populations de partager des connaissances sur les modes de détection, de prévention, de surveillance, d'élimination et de contrôle des espèces forestières envahissantes.

Les espèces forestières envahissantes sont des espèces végétales ou animales non originaires d'un écosystème forestier spécifique, dont l'introduction cause ou est susceptible de causer une dégradation de l'environnement, des pertes économiques ou des effets sociaux négatifs, notamment sur la santé humaine.

Proliférations détectées et circonscrites
Le Réseau sur les espèces forestières envahissantes en Afrique (FISNA) aide les pays subsahariens à échanger des informations sur les recrudescences de ravageurs les plus récentes, et fournit des noms de personnes à contacter dans le pays rapporteur. Ces alertes sont diffusées sur un site web et par une liste de messagerie, alors que les problèmes liés à la circonscription et à la menace potentielle de nouveaux ravageurs sont mis en relief dans le cadre de réunions techniques ou de rapports périodiques.

«Depuis la création de ce réseau en 2004, des informations sur six introductions récentes de ravageurs en Afrique ont été publiées sur le site web, pour alerter les pays sur la menace potentielle et les mettre en rapport avec des personnes susceptibles de fournir des orientations techniques», a indiqué Clement Chilima du Secrétariat du réseau.

Rien que dans la Région Asie et Pacifique, la FAO a chiffré les dégâts écologiques causés par des espèces envahissantes et les mesures de lutte à 200 millions de dollars EU par an.

Avec 32 pays membres, le Réseau de la Région Asie et Pacifique sur les espèces forestières envahissantes (APFISN) organise périodiquement des ateliers, publie des bulletins d'information mensuels sur les proliférations les plus récentes, diffuse les rapports et les actes des ateliers, et gère un système automatique de distribution de listes d'envois pour permettre aux pays de demander l'aide d'un expert ou de partager des connaissances sur les espèces forestières envahissantes.

Un atelier sur la chrysomèle des feuilles du cocotier, qui avait envahi 12 pays de la région Asie et Pacifique, a aidé les participants à identifier et comprendre la gravité du problème et à influencer les autorités de leurs pays, pour qu'elles prennent les mesures nécessaires pour prévenir ou limiter la propagation de ce ravageur. De même, un atelier sur la rouille de l'eucalyptus, actuellement circonscrite à l'Amérique du Sud et à l'Amérique centrale et aux Caraïbes, a contribué à faire prendre conscience du risque de propagation à la région Asie et Pacifique. En conséquence, les échanges de matériel génétique d'eucalyptus sont soumis à des règlementations sévères de quarantaine, visant à prévenir l'entrée du pathogène dans la région.

«Globalement, le réseau a réussi à mettre les espèces envahissantes au centre de l'attention et à convaincre les décideurs et les forestiers de la nécessité de s'attaquer rapidement à ce problème pour ne pas risquer des catastrophes écologiques et une perte de la biodiversité», a mentionné K.V. Sankran, Coordinateur du réseau Asie-Pacifique.

Des réseaux similaires sont à présent proposés pour le Proche-Orient et pour les pays du Cône Sud en Amérique du Sud.

Le prochain Comité des forêts (13-16 mars) discutera des moyens d'améliorer et de connecter ces réseaux, et de renforcer les capacités des pays pour qu'ils puissent respecter les normes phytosanitaires établies par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV).
G. Allard, FAO

Voir également...