Rome, 3 novembre 2005 - L'exploitation sélective n'est pas nécessairement destructive et peut être entreprise en ne causant qu'un impact limité sur les forêts restantes, si des techniques correctes sont appliquées, a dit la FAO aujourd'hui, en réponse à une étude menée récemment sur les impacts de l'exploitation en Amazonie.
Les chercheurs à l'Université de Standford viennent de mettre au point avec succès des méthodologies affinées qu'ils ont appliquées avec de bons résultats aux données satellitaires provenant de l'Amazonie pour indiquer l'étendue de l'exploitation sélective dans les forêts, qui avait été omise dans les évaluations précédentes.
« L'approche promue par les chercheurs permet de surveiller les impacts de l'abattage dans les forêts amazoniennes et nous montre les endroits où elles ne sont pas exploitées durablement. Toutefois, l'exploitation sélective n'est en principe pas tellement destructive. Des pratiques rationnelles consentent d'utiliser la forêt sans la décimer et sans mettre en danger sa capacité de régénération », a dit Wulf Killmann, directeur de la Division de l'économie et des produits forestiers de la FAO. « Les graves dommages dus à la coupe décrits dans l'étude sont inacceptables et il faudrait appliquer des pratiques d'exploitation durables ».
Exploitation à impact limité
Les bonnes pratiques de récolte, à savoir l'exploitation à impact limité, devraient être appliquées pendant l'abattage, estime la FAO. En recourant à cette pratique les forêts peuvent être exploitées tout en procurant des bienfaits économiques et en protégeant le sol, l'eau et la biodiversité.
Par exploitation à impact limité on entend les mesures pratiques largement acceptées qui doivent être prises lors des opérations de coupe. Telles sont les évaluations avant et après la récolte, la construction et l'entretien soigneux des chemins forestiers, l'abattage dirigé et la coupe des lianes.
D'après une étude mondiale menée par la FAO, l'Université de la Colombie britannique et l'Université canadienne Lakehead, par rapport aux pratiques conventionnelles, l'exploitation à impact limité entreprise correctement réduit non seulement la perturbation des peuplements résiduels mais aussi les déchets.
« L'exploitation sélective permet de produire du bois de façon durable avec un minimum d'effets adverses sur les forêts. S'ils ne peuvent dégager un revenu des forêts, les propriétaires forestiers tendent à les convertir à d'autres utilisations, ce qui est bien plus endommageant que l'exploitation sélective », a dit Killmann.
Pour contribuer à mettre en œuvre l'exploitation à impact limité, la FAO a élaboré, de concert avec les pays, des codes d'exploitation régionaux et nationaux pour l'Asie et l'Afrique. Un code régional est en cours de préparation pour les forêts tropicales ombrophiles d'Amérique du Sud, y compris l'Amazonie.





