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Des rayons de lumière dans la brume des forêts

A chaque semaine qui passe, sa vague de mauvaises nouvelles dans la litanie des irresponsabilités, de la cupidité et de la corruption qui semble caractériser la foresterie dans la région Asie et Pacifique. Mais la situation actuelle est-elle si mauvaise qu'on le dit ?
Si l'on en croit une nouvelle étude de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Centre régional de formation en foresterie communautaire (RECOFTC), les voix qui prédisent l'imminent épuisement des forêts de la région pourraient être prématurées. In search of excellence: exemplary forest management in Asia and the Pacific (Recherche d'excellence: Modèles d'aménagement forestier dans la Région Asie et Pacifique) "fait voler en éclats la mauvaise presse qu'a systématiquement la foresterie pratiquée dans notre région ? il y a aussi des expériences positives. Simplement, elles n'ont pas été racontées. "

Le vaste processus de nominations a débouché sur l'identification de 172 forêts considérées comme « bien gérées » dans 21 pays. Les 28 études de cas du livre, minutieusement choisies parmi les nominations, décrivent des situations très diverses, allant des jardins de Damar de l'Indonésie, où les indigènes Krui ont mis au point une gestion durable et lucrative des forêts, aux forêts de mangroves de Can Gio, remises en état après les dégâts causés par les herbicides et les bombes, et au système d'exploitation à « impact minimal » par hélicoptère, dans la forêt de Forever Beech, en Nouvelle Zélande.

Ce livre offre un kaléidoscope d'idées, d'approches, d'inspirations et de déductions qui racontent les histoires de peuples déterminés à se bâtir des moyens d'existence durables en aménageant soigneusement leurs forêts. « Nous voulions montrer le côté positif de la foresterie », dit le sous-Directeur général de la FAO pour l'Asie et le Pacifique, He Changchui. "Beaucoup de gens consacrent leur vie à améliorer l'aménagement des forêts, mais est rare que leur mérite soit reconnu». Néanmoins, He perçoit un changement graduel dans le débat forestier. « On reconnaît maintenant que les initiatives les plus constructives sont celles qui sont basées sur la collaboration, celles où les gouvernements, les écologistes, les communautés et l'industrie forestière travaillent ensemble. C'est une grande leçon de l'étude In search of excellence », conclut He.

L'une des choses qui frappent le plus dans la nouvelle étude est qu'elle fait apparaître des facteurs de réussite communs de la gestion des forêts. Le renforcement de la sécurité de jouissance et des droits de propriété, l'attention pour les moyens d'existence des populations locales, et l'établissement de structures institutionnelles et de cadres de gestion appropriés sont considérés comme des éléments clés d'une gestion efficace des forêts, au même titre que des aspects moins évidents comme l'engagement envers l'aménagement rationnel et l'instauration d'un consensus social.

Le Projet de reboisement de la mangrove de Kalibo illustre l'importance de la sécurité de jouissance des terres et de droits de propriété opposables pour une bonne gestion des forêts. Lorsque le projet a été lancé, la forêt n'existait que dans l'esprit des gens. La superficie à boiser n'était autre qu'une plaine de vase qui laissait la ville voisine exposée aux inondations dues aux marées et aux typhons. Ce cas relate la naissance d'une organisation communautaire (KASAMA) qui a effectivement planté et entretenu une forêt de mangrove. La tâche la plus difficile pour la communauté était de protéger la zone et, plus tard, la forêt des intrus, notamment d'individus puissants qui tentaient de s'approprier certaines parties de la zone pour leur propre usage. Le KASAMA et le Département de l'environnement et des ressources naturelles ont fini par signer un Accord de gestion communautaire des forêts qui garantissait la jouissance des forêts de mangrove et a permis à la communauté d'établir une entreprise d'écotourisme prospère, en misant sur son actif forestier.

« C'est à l'unité modèle de KASAMA que revient tout le mérite de la minimisation des épisodes d'exploitation forestière illégale dans la zone de mangrove, » a dit le responsable Didi Quimpo. « KASAMA offre un moyen de protection bien plus efficace que tout ce que le gouvernement local pourrait se permettre. »

Les améliorations apportées dans la Periyar Tiger Reserve sont des exemples particulièrement intéressants et novateurs de création de moyens de subsistence. Pour atténuer la pression sur la réserve et promouvoir la conservation des forêts, on a mis en place des mesures destinées à faciliter la gestion de la réserve et aménagé les zones environnantes de façon spécifique pour créer une succession de moyens d'existence possibles. L'histoire est celle d'un groupe de contrebandiers condamnés - qui vivaient principalement de l'extraction illégale de l'écorce des canneliers de la réserve - et de leur transformation en gardiens de la biodiversité. Cette transformation presque magique a été rendue possible par des « Comités d'éco-développement » qui ont été constitués pour établir et soutenir des entreprises d'écotourisme et de protection des forêts. Leur succès a été tel que les « écorceurs » gèrent maintenant des excursions-safaris pour les touristes.
"Notre Comité d'éco-développement nous permet de vivre normalement » dit Koshy Joseph, un écorceur clandestin condamné reconverti en guide forestier. « En outre, notre aide est très utile aux autorités pour protéger la Periyar Tiger Reserve, car nous connaissons la forêt dans ses moindres recoins. »
Une étude de cas des forêts du sud-ouest de l'Australie met en évidence l'importance critique de cadres institutionnels efficaces pour gérer les forêts, instaurer un consensus social, et donner confiance dans la gestion des forêts. L'étude de cas décrit la vaste restructuration du département ouest-australien de la Conservation et de la gestion des terres (CALM) opérée en vue de garantir la transparence de la gestion des forêts. Elle montre comment une structure institutionnelle perçue comme inadéquate peut être un obstacle à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques forestières et comment les organisations peuvent surmonter ces défaillances grâce à une restructuration et à des réformes adaptées.
"Je crois en la démocratie, c'est pourquoi je crois que ces changements étaient justifiés », dit Keith Low, un conseiller politique auprès de la Commission ouest-australienne des produits forestiers. « Si les opérations de CALM n'étaient pas transparentes pour le public, il était important que l'organisation soit restructurée.
Le forestier principal de la FAO, Patrick Durst reconnaît que l'étude ne manquera pas de susciter des controverses. « Nous n'avons pas reculé devant l'inclusion de quelques modèles contestables et beaucoup de gens ne seront pas d'accord avec cela. La concession forestière de Diamond Raya en Indonésie et les forêts de Tasmanie et du sud-ouest de l'Australie sont des points chauds pour la controverse sur les forêts ». Mais la controverse n'exclut pas une gestion forestière exemplaire et ces contestations soulignent la nécessité impérieuse d'instaurer un consensus social sur la manière dont les forêts doivent être gérées. La thèse du livre est que toute discussion sur la gestion des forêts est salutaire; l'une de ses conclusions est que les perceptions de l'excellence sont très subjectives.

Le Directeur exécutif du RECOFTC Yam Malla met en lumière l'importance des points communs qui peuvent être décelés entre les études. « Ces éléments communs sont au cœur du mandat du RECOFT - ils renforcent notre conviction que notre approche est la bonne », dit M. Malla.

In search of excellence: exemplary forest management in Asia and the Pacific apporte des réponses à tous ceux qui ont demandé « Pourquoi ne font-ils rien ? » Il est dédié aux nombreux aménagistes forestiers qui agissent pour que les choses changent.

Pour plus ample information, contactez: kwon

© FAO, 2007

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