Chiang Mai/Bangkok 16 octobre 2007. Les pays asiatiques devront procéder à des ajustements spectaculaires de leur gestion forestière face à la mondialisation accélérée, d’après un expert forestier de haut niveau de l’ONU, Les forêts du monde sont liées à des événements comme le changement climatique, le commerce des produits, la gestion des eaux, le tourisme et la circulation transfrontière des ravageurs et des maladies dans une mesure qui aurait été inimaginable il y a quelques années à peine
« Les jours où les forestiers pouvaient limiter leur attention à leur propres pays, et ignorer les faits se produisant ailleurs sont révolus » d’après Jan Heino, Sous-Directeur général du Département des forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui a inauguré la conférence de trois jours sur l’avenir des forêts dans la région Asie et Pacifique aujourd’hui à Chiang Mai.
« Nous vivons dans un monde sans frontières et ce qui se produit dans les forêts et le secteur forestier d’un pays dépend, dans une large mesure, de ce qui a lieu dans d’autres pays, qu’il s’agisse de la demande croissante de bois et de produits ligneux, d’interdictions d’exploitation, de taxes sur les exportations, de modification des taux de change, des espèces envahissantes ou d’une panoplie de questions transfrontières », a souligné Heino. « La manière dont les pays réagiront au mieux face à ces défis dans les quelques années à venir déterminera le sort des forêts de la région pour des décennies ».
La région Asie et Pacifique a perdu 10 millions d’hectares environ de ses forêts au cours des 15 dernières années, en raison largement de la nécessité de satisfaire des demandes croissantes de produits agricoles et forestiers, d’après la FAO. Ces derniers temps, de nouvelles menaces pèsent sur les forêts parallèlement à la course au développement des ressources bioénergétiques tirées de cultures comme le palmier à huile.
Bien que la déforestation se poursuive à un rythme alarmant dans la plupart des pays de la région, quelques autres pays, y compris la Chine, l’Inde et le Viet Nam, ont renversé la tendance et augmentent leurs superficies forestières. « C’est, dans une large mesure, le résultat de la croissance économique accélérée et de la richesse croissante qui ont allégé la pression sur les forêts et les terres dans ces pays », d’après C.T.S. Nair, l’économiste forestier principal de la FAO.
« La façon dont les pays gèrent leurs forêts devient de manière croissante une matière d’intérêt international en raison du grand nombre d’impacts que la déforestation et la dégradation des forêts exercent sur le climat et les ressources en eau », a dit Jagmohan Maini, ancien coordinateur du Forum des Nations Unies sur les forêts, dans son allocution à la conférence.
Environ deux cent cinquante experts venus de toute la région Asie et Pacifique participent à la conférence de Chiang Mai qui vise à évaluer la façon dont se présente l’avenir, l’évolution probable des exigences que la société impose sur les forêts, et ce qui peut être fait pour relever les nouveaux défis et exploiter les nouvelles possibilités.
La conférence a été organisée dans le cadre de l’Étude prospective du secteur forestier de la Commission des forêts pour l’Asie et le Pacifique, qui vise à établir les priorités et les stratégies pour le secteur à l’horizon 2020, en tenant compte des grands changements survenant dans la région Asie et Pacifique.




