Programmes forestiers nationaux
Principes des pfn : Cohérence au sein du secteur forestier et intégration au-delà
Définition et importance
Chercher la cohérence au sein du secteur forestier (liens intrasectoriels) veut dire harmoniser les objectifs économiques, environnementaux et sociaux et les rôles assignés aux forêts dans un pays donné. Dans une approche globale, la cohérence veut aussi dire promouvoir les synergies entre toutes les parties prenantes et les partenaires, et réduire au minimum les contradictions et les impacts négatifs réciproques de leurs actions.
Le respect de la cohérence exigera en outre que soient reconnus les lois coutumières et les droits traditionnels, ainsi que le savoir traditionnel sur les forêts comme facteurs légitimes déterminants du développement du secteur forestier.
L’intégration au-delà du secteur (intersectorielle) porte sur les points suivants :
- politiques et stratégies sectorielles d’une importance primordiale, comme le développement durable et la réduction de la pauvreté (intégration verticale) ;
- coordination avec les autres secteurs (coordination horizontale).
Cette intégration se justifie par le fait que, d’une part, les forêts remplissent diverses fonctions et fournissent des biens et services qui transcendent le secteur forestier et, d’autre part, elles sont fortement influencées par d’autres secteurs.
Comment procéder et quelles mesures prendre
Pour promouvoir la cohérence, il faudra analyser attentivement les règlements existants, les droits traditionnels et les mesures pratiques de mise en œuvre. Au besoin, on effectuera des modifications/adaptations. Une situation qui assure des avantages à tous peut être obtenue par l’identification du savoir traditionnel sur les forêts et la négociation des droits d’usage et des intérêts relatifs.
Sont nécessaires des connaissances et une analyse approfondies des rôles actuels et potentiels des forêts, et des perspectives et attentes des parties prenantes, ainsi que des stratégies de développement d’autres secteurs et de leur impact sur les forêts. Il faudra aussi identifier et choisir les approches favorisant le dialogue intrasectoriel et intersectoriel et la création d’un consensus, et prendre les mesures nécessaires pour les concrétiser.
Comment mesurer les progrès
Un ensemble d’indicateurs peut faciliter la mesure des progrès des pfn vers la cohérence du secteur forestier et son intégration à d’autres secteurs, notamment en indiquant clairement les réalisations et les tendances aux niveaux intrasectoriel et intersectoriel. Cette mesure peut, parmi d’autres facteurs, prendre en compte:
- la reconnaissance des fonctions des forêts et de leur contribution (économique, environnementale et sociale) aux politiques de développement, aux processus et aux stratégies nationaux (réduction de la pauvreté, par exemple);
- la reconnaissance et la promotion des occasions offertes par les forets à différents niveaux (dans les plans de développement régionaux, nationaux et locaux ou au niveau du district, par exemple) ;
- l’identification des incohérences juridiques et des faiblesses stratégiques (à l’intérieur et hors du secteur) et les mesures prises pour les éliminer ;
- la structure institutionnelle, l’introduction hiérarchique et les progrès vers la gestion forestière durable ;
- l’existence et l’application de politiques et mécanismes financiers/fiscaux contribuant à la gestion forestière durable;
- le nombre et l’impact des activités conjointes entreprises par les parties prenantes forestières (partenariats publics-privés, par exemple) ;
- la reconnaissance et le soutien des politiques forestières nationales dans les plans d’action des accords multilatéraux sur l’environnement dont le pays est le signataire (dans la stratégie nationale pour la biodiversité, par exemple) et inversement ;
- les tendances de la part du secteur forestier dans l’économie nationale, en tenant compte des multiples avantages procurés par les produits et services forestiers ;
- le niveau de représentation et de participation active de groupes de parties prenantes et d’autres secteurs dans les mécanismes de coordination forestiers.
La participation des parties prenantes appartenant à d’autres secteurs aux forums des pfn peut être évaluée sous l’angle de sa fréquence, de son niveau, de la capacité de représentation des participants et de leur connaissance des questions forestières. Il en est de même pour la participation des représentants du secteur forestier aux forums d’autres secteurs et des cadres de décision et de planification au niveau macro comme les stratégies de réduction de la pauvreté.
