Principe des PFN: Souveraineté nationale et direction du pays

Définition et portée

Dans le cadre des programmes forestiers nationaux, il est communément reconnu et convenu que les pays exercent leurs droits souverains de gérer et d’utiliser les forêts à l’intérieur des frontières nationales conformément à leurs propres politiques environnementales et besoins de développement. Les pays exercent également leurs droits souverains en choisissant la meilleure manière d’élaborer les PFN, comme convenu par le GIF/FIF et le FNUF.

 

Le principe de souveraineté nationale et de direction du pays comporte trois dimensions différentes:

  • la souveraineté du pays dans sa conception de PFN;
  • la direction nationale en ce qui concerne les donateurs internationaux;
  • la direction en ce qui concerne l’engagement et la coordination avec d’autres secteurs d’un même pays.

Pour assurer une direction nationale forte des processus concernant le PFN, les décideurs doivent être conscients de la contribution des forêts au bien-être de la nation et être prêts à développer encore le secteur. Pour cela, il faudra améliorer l’image que les décideurs ont du secteur forestier et des autres secteurs en démontrant la contribution de la sylviculture au développement et à la lutte contre la pauvreté. La volonté politique et l’engagement des décideurs sont également influencés par l’opinion publique et les médias: la transparence des processus concernant le PFN est donc une condition indispensable pour donner une image positive du secteur forestier.   

Les dispositifs de négociation qui sous-tendent la souveraineté nationale et l’appropriation du processus concernant le PFN sont capitaux. Ils peuvent comprendre un forum national des parties prenantes, un comité directeur, ou un groupe directeur où tous les groupes importants de parties prenantes sont représentés, avec pour mandat de surveiller et de diriger le processus du PFN.

En plaçant la coordination des donateurs sous la direction nationale, il sera possible de mener des interventions ciblées, synergiques et axées sur la demande, ainsi que de mettre à profit l’aide publique au développement (APD).

Comment mesurer les progrès

L’existence d’une déclaration de politique générale connue, officiellement adoptée et largement admise sur les forêts, la faune sauvage et les aires protégées est incontestablement un jalon important. Un autre indicateur de l’image du secteur est la façon dont on en parle dans les médias.

Dans les pays bénéficiant de l’appui des donateurs, l’évaluation de la direction nationale peut être fondée sur la qualité et l’efficacité de la coordination de ces donateurs, de même que sur la mesure dans laquelle leurs rôles et leurs mandats ont été établis.

Enfin, la représentation des pays et la qualité de leurs contributions aux forums ou aux ateliers internationaux sont un signe d’engagement et de souveraineté.

Expériences nationales

Les expériences nationales sont fondées sur une enquête menée en 2010 par la FAO et le Mécanisme pour les PFN, visant une meilleure compréhension du fonctionnement des PFN dans la pratique.

Dans l’ensemble, la plupart des pays ont indiqué qu’ils détiennent et dirigent leurs PFN. En revanche, les organismes menant les processus concernant les PFN peuvent avoir des difficultés de direction et de manque d’autorité ou de capacités pour coordonner, négocier et gérer les modifications. Pour qu’un PFN donne une orientation stratégique, il doit assurer la direction et la coordination au sein et au-delà du secteur forestier. Son comité directeur devra donc être en mesure de diriger au niveau national.

Dans de nombreux pays, la faible priorité accordée au secteur forestier suppose une insuffisance de financement pour la mise en œuvre des PFN. Il en résulte que cette mise en œuvre ne sera réalisée que dans des zones pilotes locales, ce qui profitera aux parties prenantes locales mais ne générera pas d’avantages tangibles au niveau national.

En général, les moyens de renforcer la gouvernance à travers les programmes forestiers nationaux sont les suivants:

  • placer la direction des PFN à des niveaux administratifs ou politiques plus élevés;
  • faire une planification administrative et budgétaire adéquate en matière de consultation, de coordination et de communication;
  • créer des dispositifs flexibles qui encouragent la participation d’un vaste ensemble de parties prenantes à, entre autres, la mise en œuvre des stratégies et des programmes;
  • favoriser l’inclusion des PFN à des cadres et des processus de consultation plus vastes sur, par exemple, le développement durable ou les changements climatiques.

dernière mise à jour:  mardi 7 août 2012