Principe des PFN: Cohérence au sein du secteur forestier et intégration au-delà

Définition et portée

Lorsque, lors des réunions du GIF, les pays s’accordèrent sur l’approche des PFN, ils insistèrent sur le fait que les programmes forestiers nationaux exigent une vaste démarche intersectorielle à tous les niveaux. Les PFN doivent être mis en œuvre en considérant la situation socioéconomique, culturelle, politique et environnementale de chaque pays, et doivent être intégrés dans des programmes plus amples visant l’utilisation durable des terres conformément aux chapitres 10 à 15 d’Action 21. Il faudra en outre tenir compte des activités d’autres secteurs comme ceux de l’agriculture, de l’énergie et du développement industriel.

Le respect de la cohérence dans le cadre des PFN comporte les dimensions suivantes:

  • La cohérence au sein du secteur forestier, qui fait référence à la cohérence entre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux assignés aux forêts dans un pays donné. Elle concerne, en outre, la cohérence des structures et des activités relatives:
    • aux prescriptions juridiques importantes pour les forêts, dont aussi les lois coutumières et les droits traditionnels;
    • à la coordination entre les PFN et d’autres initiatives liées aux forêts;
    • à la coopération entre structures institutionnelles centralisées et décentralisées.
  • L’intégration des PFN au-delà du secteur forestier, qui consiste à établir des liens avec les politiques prioritaires et à améliorer la cohérence avec d’autres secteurs:  
    • Les liens avec les politiques prioritaires concernent l’intégration des questions forestières dans les politiques nationales de développement et de lutte contre la pauvreté. Il est, par ailleurs, tout aussi important d’évaluer l’intégration des objectifs de développement et de lutte contre la pauvreté du pays dans les PFN.
    • La cohérence avec d’autres secteurs indique l’harmonisation des politiques et de la législation, et l’amélioration de la coordination et de la coopération entre les différents secteurs concernés.

 
@FAO/Giulio Napolitano

Les forêts remplissent plusieurs fonctions et fournissent différents biens et services, allant même au-delà du secteur forestier. Les forêts sont, par conséquent, fortement influencées par les autres secteurs. D’autre part, la notion de PFN poursuit la mise en cohérence dans les différents secteurs pour parvenir, par exemple, à un régime foncier sûr et à une évaluation économique adéquate des produits et des services forestiers. Les PFN favorisent la gestion durable et la préservation des ressources forestières, de même que le développement des marchés ou des opportunités d’emploi (ruraux) au-delà du secteur forestier.

Afin de favoriser la cohérence et l’intégration, les règlements existants, les droits traditionnels et les mesures de mise en pratique du secteur forestier et des autres secteurs concernés devront faire l’objet d’une profonde analyse. Il faudra également connaître les stratégies de développement des autres secteurs et leurs répercussions sur les forêts. En outre, si des lacunes ou des contradictions sont constatées, il faudra apporter les modifications nécessaires. Pour finir, il sera également indispensable de mettre au point des mécanismes de dialogue intra et intersectoriel ainsi que de recherche d’un consensus.

Comment mesurer les progrès

Un ensemble d’indicateurs peut aider à mesurer les progrès accomplis pour assurer la cohérence du secteur forestier et son intégration avec d’autres secteurs. Il faudra pour cela prendre en compte, parmi d’autres, les aspects suivants:

  • la reconnaissance des fonctions des forêts et de leur contribution économique, environnementale et sociale aux politiques, processus et stratégies prioritaires de développement national;
  • la reconnaissance et la promotion des possibilités offertes par les forêts à différents niveaux (à savoir, dans les plans de développement au niveau régional, national, provincial ou du district);
  • l’identification des incohérences juridiques et des faiblesses stratégiques (à l’intérieur et à l’extérieur du secteur), et des mesures ou dispositions prises pour les éliminer.
  • la structure institutionnelle, l’introduction hiérarchique et les progrès accomplis en matière de gestion durable des forêts;
  • l’existence et l’application de politiques et de mécanismes financiers/fiscaux contribuant à la gestion durable des forêts;
  • le nombre et l’impact des activités conjointes entreprises par les parties prenantes du secteur forestier (à savoir, les partenariats publics-privés);
  • la reconnaissance et le soutien apporté par les politiques forestières nationales aux plans d’action des accords multilatéraux sur l’environnement dont le pays est signataire (comme la stratégie nationale sur la diversité biologique) et inversement;
  • les tendances de la part du secteur forestier dans l’économie du pays, en considérant les multiples avantages procurés par les produits et les services forestiers;
  • le niveau de représentation et de participation active des groupes de parties prenantes et des autres secteurs dans les mécanismes de coordination forestiers, et inversement.

Expériences nationales

Les expériences nationales sont tirées d’une enquête, menée en 2010 par la FAO et le Mécanisme pour les PFN, afin de mieux comprendre le fonctionnement pratique des PFN.

Bien qu’il soit souhaitable que les PFN soient intégrés dans des programmes plus vastes sur l’utilisation durable des terres, cela est rarement le cas dans la pratique. La mission d’un PFN et son rôle de coordination des activités liées aux forêts dans les différents secteurs ne sont souvent ni clairs ni largement acceptés.

Dans de nombreux pays, la propension d’autres secteurs à participer activement aux processus concernant les PFN, ou à tenir pleinement compte des résultats des PFN dans leurs propres politiques ou procédures de planification, est réduite. Il arrive souvent, en effet, que les avantages de la coopération ne soient pas clairs ou que les contributions des produits et services forestiers aux moyens d’existence locaux et au développement économique ne soient pas encore suffisamment reconnues. D’autre part, les organismes forestiers n’ont peut-être pas toujours saisi les points de vue des autres secteurs et comment ils fonctionnent.

Les moyens de favoriser une plus grande participation intra et intersectorielle, ainsi que des retombées positives incluent:

  • la production et la communication d’éléments probants illustrant les contributions actuelles ou potentielles du secteur forestier à l’économie nationale et à d’autres secteurs;
  • la création de possibilités de discussion, de coordination et de coopération à différents niveaux, engageant également les responsables politiques de haut niveau, offertes par les tables rondes et les plates-formes multi-acteurs;
  • la promotion d’activités conjointes menées par deux ou plus initiatives ou ministères, pour traiter les questions clés d’intérêt commun;
  • l’organisation de l’appui aux ONG et au secteur privé pour stimuler la coopération dans et entre les différents secteurs;
  • la participation des coordinateurs des PFN à l’élaboration des politiques et des stratégies d’autres secteurs qui touchent les forêts.

dernière mise à jour:  mardi 7 août 2012