Introduction

Au Sommet mondial sur le Développement durable de 2002, les nations se sont accordées sur la priorité que représente l’éradication de la pauvreté. La foresterie a un important rôle à jouer dans ce processus, d’autant que des millions de pauvres dépendent des ressources forestières pour leur subsistance, leur revenu ainsi que pour leur cohésion culturelle et sociale. Certains ont réussi à se soustraire à la pauvreté grâce aux revenus générés au moyen d’entreprises forestières commerciales.

Les stratégies de réduction de la pauvreté et les objectifs, tels que ceux du Millénaire pour le Développement, ont été au centre des tentatives de réduction de la pauvreté dans les pays en développement. La compilation propose les publications qui examinent les relations existantes entre ces principaux efforts de réduction de la pauvreté et la foresterie. Elles mettent en avant les actions, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du secteur forestier, tant au niveau international que local, qui pourraient être prises pour accroître le rôle de la foresterie dans la réduction de la pauvreté.

But

Cette compilation contient les articles, les études de cas, les manuels et autre matériel de référence qui abordent les différents aspects de la relation foresterie-pauvreté. Les thèmes couverts portent sur la nature de la pauvreté (e.g. DFID 1999, ODI 2000) et sur la relation entre cette dernière et la foresterie (e.g. Wageningen UR, 2005, UNDP PROFOR, 1999, FAO, 2003, EFI 2003), qui est par ailleurs traitée dans le contexte des principales approches de réduction de la pauvreté aux niveaux international et national (e.g. EFI 2002 and 2003, FAO 2003, IDS 2001, IUCN 2003). De nombreuses publications traitent de la politique forestière et des réformes de gouvernance qui sont nécessaires afin que les forêts puissent jouer pleinement leur rôle dans la réduction de la pauvreté (e.g. IDS 2001, EFI 2003, FAO2000, UNDP 2001 and WRI 2005). Certaines sont relatives à la conservation, entre autre de la biodiversité, dont l’importance est reconnue pour sécuriser les moyens de subsistance de nombreux pauvres, et à son potentiel pour générer des revenus (e.g. CIFOR& Forest Trends 2003, Forest Trends 2005, WRI 2005). Les facteurs critiques pour une obtention de revenus durables et une commercialisation réussie de produits forestiers sont examinés (e.g. WRI 2005, IDS 2001). Plusieurs publications et liens Internet abordent les aspects du développement des capacités pour les gestionnaires forestiers et les usagers afi n de parvenir à une réduction de la pauvreté à travers l’aménagement durable des forêts (e.g. EFI 2003, IIED web, IDS web 2001-2011). De nombreuses publications se rapportent au rôle des gestionnaires forestiers pour faciliter l’accès aux ressources, pour être le médiateur des intérêts de multiples utilisateurs des forêts, riches et pauvres, et pour veiller sur le suivi et la recherche (e.g. ECTF 2002, EFI 2003, PREM 2005). Certaines études particulières de cas régionaux sont aussi incluses (e.g. IUCN 2000, EFI 2003, WRI 2005, Forest Trends 2005).

Vue d’ensemble des enjeux

Les principaux articles indiquent qu’il y a habituellement un écart entre la gestion forestière et les principales initiatives de réduction de la pauvreté, telles que les Stratégies nationales de réduction de la pauvreté et les objectifs du Millénaire pour le développement. Le rôle de la foresterie dans la réduction de la pauvreté n’a pas bénéfi cié d’une bonne communication au niveau international et en conséquence, il n’attire pas des fonds adéquats. La coordination entre les planifi cateurs macro-économiques et les gestionnaires forestiers est une priorité pour renforcer le rôle de la foresterie dans la réduction de la pauvreté. Elle l’est aussi pour s’assurer que la stimulation économique à court terme dans les Stratégies de réduction de la pauvreté n’affecte pas les ressources forestières en tant que le « fi let de sécurité » des pauvres. Le soutien fi nancier international est important pour faire concorder l’aménagement forestier et la réduction de la pauvreté.

La prise en compte des caractéristiques biophysiques de chaque forêt et la nécessité du maintien de leur durabilité constituent un facteur central de la réfl exion7. La relation entre, d’une part la dégradation et la conservation des forêts et d’autre part la pauvreté ne peut pas être comprise en dehors du contexte ou sans considérer les rôles respectifs des usagers pauvres et riches des forêts. Cependant, plusieurs articles montrent que les riches usagers des forêts et les grands investissements dégradent aussi les forêts tandis que les pauvres jouent un rôle signifi catif dans leur préservation8. Pendant que de nombreux gouvernements prônent des initiatives en soutien aux usagers pauvres des forêts, les politiques forestières et les incitations économiques tendent à favoriser les intérêts des riches. De nombreuses publications illustrent que la prise de responsabilité par les pauvres est un aspect inhérent de la réduction de la pauvreté et qu’elle est nécessaire pour atteindre une durabilité écologique. Les réformes gouvernementales qui incluent un meilleur accès à la ressource, un cadastre, des incitations économiques et une plus grande autorité de gestion pour les pauvres sont parmi les principales recommandations afi n d’aboutir à une réduction durable de la pauvreté.

La création de revenus durables à partir des services environnementaux, du tourisme, du bois, de l’agro-foresterie et des autres produits forestiers non ligneux (PFNL) est la clé pour éradiquer la pauvreté des populations dépendantes des forêts. Les enjeux essentiels de la commercialisation incluent un accès facilité au crédit, au marché et aux partenariats commerciaux bénéfi ciaires, ainsi qu’un soutien au développement de la production et à l’amélioration de la qualité. Ils incluent aussi un suivi et une réponse face aux aléas des conditions d’existence10. Le tourisme offre des potentiels ponctuels pour la réduction de la pauvreté. Les paiements pour les services environnementaux sont encore expérimentaux. Les PFNL ont donné localement des résultats positifs, mais la plupart sont de plus en plus considérées comme des pièges de pauvreté, du fait des faibles valeurs à la vente, de l’importance du travail demandé, des grands risques d’interrompre l’équilibre entre les activités génératrices ou non de revenus. Même si les revenus tirés des PFNL soutiennent les plus pauvres, ils demeurent insuffi sants pour éliminer une dépendance directe aux ressources forestières nécessaires à la subsistance11. La plus importante source de revenus forestiers reste le bois12. Historiquement, les investissements technologiques et fi nanciers pour la récolte du bois ont été cités comme des obstacles pour les pauvres. Cependant des partenariats secteur privé – communauté et les technologies appropriées, telles que les scieries portables, ont permis un tel accès et ont fait l’objet d’une plus grande attention.

En résumé, la publication montre que d’importants efforts restent encore nécessaires aux niveaux international, national et local pour amener la foresterie à répondre aux objectifs de réduction de la pauvreté. Les gestionnaires forestiers devront plus encore se faire l’avocat des pauvres, faciliter l’accès aux services du secteur non forestier, suivre les impacts et faciliter la recherche pour améliorer l’information de base sur des actions de référence.

dernière mise à jour:  mardi 17 juillet 2007