XIII Congrès forestier mondial 2009

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Résumés et documents présentés durant le Congrès: 

A Comparative Analysis of Community Forestry and Joint Forest Management: Policies, Institutions and Approaches
Auteurs: Rasul, Golam & Karki, Madhav
Résumé: Plusieurs approches de gestion communautaire des forêts (CBFM) ont été élaborées en Asie du Sud dans le but de créer des institutions efficaces et porteuses. Les plus importantes sont les suivantes: la Foresterie communautaire (CF Community forestry) au Népal, la Gestion conjointe des forêts en Inde (JFM Joint forest management) et la Gestion participative des forêts dans les autres pays. Bien que toutes les approches visent à promouvoir une gestion communautaire des forêts, leurs natures et caractéristiques varient considérablement, ce qui à son tour a différentes implications dans la gouvernance des ressources et les moyens d’existence des populations locales. Ce document qui utilise des sources primaires et secondaires, s’efforce de comprendre la nature des deux systèmes ainsi que leurs atouts et faiblesses. L’analyse révèle qu’il existe d’importantes ressemblances et différences entre ces systèmes en termes de niveau d’institutionnalisation, de droits fonciers, de degrés de participation, d’autorités qui prennent les décisions, de droits et d’obligations et de partage des bénéfices. Une comparaison des deux systèmes – CF et JFM – montre que si le modèle de gestion CF est soutenu par la législation nationale, le JFM, par contre est fondé sur un modèle administratif. Les degrés d’institutionnalisation de la JFM et de la CF varient considérablement. Dans le cas de groupes d’utilisateurs des forêts (FUGS) encadrés par la CF, les utilisateurs locaux ont une autorité décisionnelle totale, par contre, pour les comités de gestion conjointe des forêts (JFMC), les utilisateurs des forêts n’ont qu’une autorité limitée. Il existe aussi d’importantes variations en termes de degrés de participation d’un système à l’autre. Si, d’une part, la participation locale dans les CFM est relativement importante, elle est, par contre, faible dans les JFM, surtout en ce qui concerne la manière de gérer les forêts. Malgré l’accent porté sur la gestion participative, la tendance est toujours à l’orientation de la participation. Le cadre politique et juridique, les accords institutionnels, le niveau de décentralisation et de dévolution de ces approches ont été analysés pour en connaître les implications. Des recommandations politiques en faveur de la promotion de la gestion communautaire des forêts sont également formulées à partir des mots-clés suivants: gestion communautaire des forêts, foresterie communautaire, gestion conjointe des forêts, décentralisation, groupes d’utilisateurs des forêts.

Applying Community Behavior Shaping Strategies for Fostering Sustainable Participatory Forest Management
Auteurs: Jain, Kalpana et Jain, Nihal
Résumé: Les psychologues et les conseillers utilisent plusieurs outils et techniques pour façonner le comportement des individus. Nombre de ces outils peuvent être appliqués dans une situation de groupe en modifiant quelque peu les stratégies. Ce document examine les stratégies permettant de façonner les comportements des groupes communautaires et d’obtenir les comportements collectifs désirés. Certaines techniques utilisées pour façonner des comportements individuels comme la gestion du renforcement, la détermination de procédures et d’approches rationnelles/émotives, sont tout à fait pertinentes pour les groupes communautaires. Les activités utilisées pour le développement des communautés, les droits et les mesures d’incitation proposés pour motiver les membres de la communauté ressemblent au renforcement fourni par les stratégies de façonnement des comportements. Les bénéfices accrus tirés de la gestion collective des ressources, constituent également un renforcement important. Les visites sur le terrain et les exemples de réussites servent de modèles aux communautés et aux exercices participatifs, aux réunions communautaires et autres processus de sensibilisation et peuvent être comparés aux approches rationnelles-émotives de façonnement du comportement. Une analyse a été effectuée dans plusieurs villages sélectionnés dans le sud du Rajasthan qui agissent sur plusieurs niveaux institutionnels. Les processus et les activités de développement communautaire ont été analysés dans chaque communauté afin de comprendre quels étaient leurs points communs avec les approches de façonnement des comportements communautaires. Ces observations ainsi obtenues ont servi à réfléchir à l’efficacité des institutions communautaires. Il est apparu que l’efficacité des institutions diminuait lorsqu’il n’y avait pas de calendrier de renforcement lors du déroulement des activités de développement. Par contre, certaines actions collectives étaient durables lorsqu’une combinaison de facteurs motivait l’ensemble des membres de la communauté. Dans l’ensemble, les cas étudiés montraient de façon évidente que les actions collectives étaient durables lorsque la combinaison de droits, de mesures d’incitation, de bénéfices et de processus de sensibilisation renforçait le comportement désiré. C’est sur la base de ces observations, qu’une stratégie consistant à associer plusieurs interventions de développement sera présentée, afin de soutenir des institutions communautaires durables. Mots-clés: façonner le comportement, gestion participative des forêts.

Moving from rhetoric to reality: how can participatory forest management contribute to improving the livelihoods of the rural poor in Caribbean small island states?
Auteurs: Leotaud, Nicole; Mcintosh, Sarah; Seeramsingh, Hema
Résumé: De la théorie à la réalité: comment la gestion participative des forêts contribue à l’amélioration des moyens d’existence des ruraux pauvres dans les petits états des Caraïbes?Ce document examine dans quelle mesure la gestion participative des forêts (GPF) dans les îles de la Caraïbe améliore les moyens d’existence des ruraux pauvres. Il étudie la théorie dominante, analyse les hypothèses actuelles et les modèles de participation, et décrit la manière dont les nouvelles approches sont testées. Les Caraïbes passent lentement de la théorie de la participation à son expérimentation en se servant de plusieurs modèles conçus pour améliorer les moyens d’existence des populations rurales. Ce document présente les conclusions des recherches et du renforcement des capacités effectués dans le cadre d’un projet régional du Mécanisme du Programme forestier national mis en œuvre par le Caribbean Natural Resources Institution (CANARI), en partenariat avec les autorités forestières, dans sept petits états insulaires de la Caraïbe anglophones – la Barbade, le Commonwealth de la Dominique, Grenade, St Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint-Vincent-et les-Grenadines, Trinité-et-Tobago. Ce document évalue d’abord dans quelle mesure les politiques, les lois et les structures institutionnelles des Caraïbes soutiennent le PFM et décrit les lacunes et les capacités à renforcer. Il présente l’approche intégrée utilisée pour remédier à ces insuffisances en utilisant toute une série d’initiatives graduelles et complémentaires, notamment, des ateliers de formation et des petites subventions pour les organisations communautaires, une politique de communication devant influencer les prises de décision aux niveaux de la communauté et des décideurs, des études de cas de différents PFM, un programme de formation de formateurs à la gestion participative des forêts, ainsi que des ateliers nationaux et régionaux qui réunissent les parties prenantes des communautés, du gouvernement, des organisations de la société civile, du secteur privé, de l’université, des agences de développement et d’assistance technique régionales et internationales. L’apprentissage par l’action est un élément déterminant du projet, en particulier à travers la mise en place d’un Groupe multisectoriel d’apprentissage par l’action sur les forêts et les moyens d’existence (F&L ALG). L’ALG a contribué à la mise au point d’un cadre de recherche sur les liens entre les moyens d’existence et le PFM, et joue un rôle central dans l’analyse et la diffusion des enseignements tirés. Le mentorat est un élément clé de l’apprentissage par l’action au niveau communautaire, car il soutient et facilite les réflexions et les analyses des enseignements tirés à l’occasion de projets sur le terrain visant à renforcer les moyens d’existence à travers l’utilisation durable des ressources forestières. Ce document présente des conclusions provisoires, les thèmes importants et les recherches et actions prioritaires qui en découlent. Il se penche aussi sur la meilleure manière de transmettre ces résultats aux décideurs politiques afin que ces théories de la participation puissent être réellement utilisées pour réduire la pauvreté dans les petites îles de la Caraïbe et d’autres régions. 

Cultivating leadership, participation and inter-sectoral dialogue through the development of forest financing strategies: emerging lessons
Auteurs: Boscolo, Marco; Zapata, Jhony; Savenije, Herman; Van Dijk, Kees
Résumé: La prise de conscience à l’égard de l’environnement, les conventions internationales et la globalisation des marchés poussent la plupart des pays à gérer leurs forêts d’une manière plus durable que dans le passé. Cependant, les progrès sont ralentis par une absence de financement approprié. Nombreux sont ceux qui reconnaissent que pour affronter ces difficultés, il faut prendre en considération les manières d’accéder à de nouvelles sources de financement, d’augmenter l’efficacité des mécanismes actuels de financement et d’en concevoir d’autres plus innovants. Le fait de reconnaître le rôle que peuvent jouer les forêts dans la réduction du changement climatique, offre de nouvelles possibilités de financement en faveur de la gestion durable des forêts. Il est essentiel et crucial, pour élargir et diversifier les sources et les mécanismes de financement, et pour tirer profit des nouvelles opportunités de financement qui surgissent, d’élaborer des stratégies de financements destinés aux forêts. Dès juillet 2007, la FAO, le Mécanisme et leurs partenaires ont soutenu la mise au point de stratégies nationales de financement du secteur des forêts en Namibie, au Guatemala, au Surinam, au Salvador, au Pérou et au Paraguay. Ce soutien a été fourni dans le cadre des programmes forestiers nationaux et adapté aux besoins des pays. Il s’est manifesté sous plusieurs formes: de l’élaboration d’évaluations diagnostics à l’organisation d’ateliers de renforcement des capacités, de la facilitation d’activités de suivi aux conseils techniques en matière d’élaboration de nouveaux instruments de financement. Bien qu’il soit trop tôt pour arriver à des conclusions finales sur l’impact de ce soutien, il est évident que ces activités ont produit des résultats différents dans chaque pays, aussi bien en termes de processus (participation, appropriation, apprentissage, communication, développement de partenariats) qu’en termes de résultats (élaboration d’une stratégie et d’instruments innovants de financement). Sur la base de ces expériences, ce document résume les divers enseignements tirés qui soulignent l’importance du renforcement des partenariats locaux, de la participation, du dialogue intersectoriel et de la collaboration. Une de nos approches principales a été de capitaliser sur l’ingéniosité des parties prenantes nationales, sur la créativité et la capacité à trouver des solutions aux difficultés rencontrées. Cela a conduit à un plus grand sentiment d’appropriation, de motivation et de continuité. Les efforts déployés pour attirer et impliquer activement les représentants du secteur financier a réduit les difficultés de communication dues à la culture, aux méthodologies et aux exigences des deux secteurs. Cette clarification facilite l’identification de nouveaux types de collaboration efficaces. Au final, la création d’alliances avec d’autres secteurs aide également le secteur forestier à mieux s’intégrer aux autres activités liées au développement et à obtenir une visibilité et une reconnaissance politiques et publiques accrues.

Participation, governance of community-based organisations and poverty alleviation: issues and lessons from 10 years of co-management of protected forests in Benin (West-Africa)
Auteurs: Natta, ArmandTamoudagou, Kinnin; Kiansi, Yantibossi
Résumé: La République du Bénin (Afrique de l’Ouest) pratique la cogestion des forêts protégées depuis 1993. Plusieurs projets de gestion des forêts ont organisé les populations voisines afin qu’elles puissent protéger les ressources forestières et que cela participe en même temps à la lutte contre la pauvreté, par le contrôle des perturbations anthropiques, le développement d’activités génératrices de revenus et la mise en place d’infrastructures sociales. Dans ce document, la participation des parties prenantes et la gouvernance des associations communautaires sont analysées à partir des expériences de deux parcs nationaux avec leurs zones de chasse et de cinq réserves forestières. L’hypothèse essentielle est que la cogestion des forêts et l’amélioration de la participation des populations locales à tous les stades du processus du plan de gestion constituent le meilleur moyen de conserver la biodiversité, d’assurer une bonne gouvernance des organisations communautaires, d’encourager l’équité d’accès aux ressources forestières et la distribution des bénéfices, d’utiliser efficacement les ressources communes, et de réduire la pauvreté chez les populations rurales qui résident dans le voisinage des parcs nationaux, des zones de chasse et des réserves forestières. Des études de terrain et des entretiens avec les acteurs principaux ont mis en évidence l’enthousiasme des populations durant tous les stades du processus de gestion des forêts. La décentralisation, la démocratisation et la réalité des élections locales au Bénin ont libéré l’énergie et le scepticisme des populations pauvres et analphabètes. De nombreuses questions sont soulevées au sujet de la gouvernance des organisations communautaires qui semble être le monopole de quelques personnes éduquées au niveau local, générant ainsi l’insatisfaction de la majorité. L’accès aux ressources forestières, l’efficience de l’utilisation des ressources communes et la distribution équitable ne sont pas toujours garantis pour l’ensemble des parties prenantes. Les femmes et les jeunes immigrés ne sont généralement associés ni à la planification ni aux prises de décision, ni au partage des bénéfices financiers. Au niveau national, chaque projet possède son propre processus de planification. Par contre, les critères et les indicateurs de bonne participation et de gouvernance des organisations communautaires doivent encore être déterminés. En conséquence, au bout de presque 10 ans de participation au Bénin, la réduction de la pauvreté chez les populations les plus pauvres des communautés dépendant des ressources, n’a pas encore été atteinte.

Community forestry governance and conflict in Nepal: mitigating problems and enhancing opportunities in Terai
Auteur: Rajan Kotru
Résumé: Les infractions, notamment les activités illicites comme l’exploitation illégale des forêts, l’occupation illégale des terres forestières, le braconnage des espèces sauvages, les empiétements et la corruption constituent des sujets préoccupants, qui provoquent souvent des conflits latents ou même violents dans les pays en développement où la gouvernance des forêts est faible. La Banque mondiale estime que l’exploitation illégale des terres publiques peut causer à elle seule des pertes d’avoirs et de revenus atteignant 10 milliards $EU chaque année, un montant six fois plus élevé que l’aide officielle totale au développement consacrée à la gestion durable des forêts dans le monde. Parallèlement, ces mêmes activités qui développent en quelque sorte la pauvreté, augmentent les probabilités et l’intensité des violences liées aux forêts, l’instabilité civile, en alimentant des conflits interinstitutionnels ou transfrontaliers qui se manifestent de façon latente, parfois violemment. Cette tendance globale n’a pas épargné le Népal où le nombre de cas d’empiétements sur les forêts, d’exploitations illégales, du commerce des produits forestiers non ligneux ont augmenté, tout comme la pauvreté et les conflits qui en découlent, durant ces 10 dernières années d’instabilité politique. Malgré le processus de décentralisation mis en pratique par plusieurs initiatives de gouvernance décentralisée des forêts (CF, CFM, DFCC), la contrebande transfrontalière de produits forestiers, les empiétements sur les terres forestières et la conversion illégale des terres forestières doivent encore être combattus pour réussir à éliminer la pauvreté et réduire les conflits. Bien qu’au Népal il existe des cas d’actions collectives et de gouvernance décentralisée des forêts qui ont abouti à une réglementation efficace et à l’application des lois forestières, il arrive parfois que ces mêmes efforts de décentralisation aient affaibli l’application des règles et rendu la situation encore plus complexe et difficile. Comme ce document l’explique, il est donc essentiel, pour garantir une application efficace et déterminée de la Loi sur les forêts et la gouvernance (FLEG) qui réduira la pauvreté, que le soutien politique et l’engagement aux niveaux national, régional et international soient fermement exercés. Il faudrait pour cela renforcer la collaboration locale, régionale et bilatérale pour affronter les violations de la loi forestière et les infractions forestières. Par ailleurs, ces efforts du FLEG visant à atténuer les conflits devront être complétés par les mesures suivantes destinées aux principaux acteurs du secteur forestier: programmes approfondis de sensibilisation, mécanismes de récompenses/incitations, application des processus juridiques, coopération interinstitutionnelle, utilisation de la technologie, partage des informations et suivi transfrontaliers, accords mutuels avec l’Inde et la Chine et finalement un kit de renforcement des capacités (transformation, médiation, négociation des conflits touchant aux ressources naturelles, etc.). Le système actuel de gestion des forêts à Terai, comme le CFM, pourrait servir de mécanisme FLEG, pour gérer efficacement les conflits en ayant une assise communautaire et une interface avec un organisme opérationnel.

Événements collatéraux du Congrès

Théorie politique ou nécessité réelle, présenté par Le Mécanisme pour les Programmes forestiers nationaux  

Date de la présentation: 21 octobre 2009, 12 h 45 – 14 h 15.

Cet événement collatéral avait pour objectif de partager les expériences réussies de processus participatifs et d’analyser les difficultés qui accompagnent la participation des parties prenantes au processus du pfn. La discussion a porté également sur la façon dont les organisations de la société civile telles que les ONG, les OBC, les institutions et les associations nationales ont contribué au processus (ou à l’échec) des processus du PFN.

Country cases highlighted during the side event:
Cambodia
Sokh Heng, National Coordinator, Forestry Administration

Pel Piseth, Programme Manager, Concern Worldwide Cambodia
Documento de antecedente 

El Salvador
René Rivera, Gerente de Operaciones, Ministerio de Agricultura y Ganadería (MAG)
Rafael Gomez, Presidente, Asociación Coordinadora de Agroforestería Comunitaria
Background paper 

Paraguay
Damiana Mann, Directora de Planificación, Instituto Forestal Nacional
Victor Vidal, Mesa Forestal Nacional de Paraguay
Background paper 

Philippines
Remedios S. Evangelista, Chief, Community Based Forest Management Division, Forest Management Bureau, DENR
Background paper 

Sudan
Ibrahim Rahamtalla Hamad, Director, Forest National Corporation
Essam Warrag, President, Sudanese Forest Society
Background paper 

Uganda
Rachel Musoke, Commissioner, Ministry of Water and Environment
Christine Nantongo, Executive Director, Environmental Alert
John Robert Ssonko Kaboggoza, Faculty of Forestry and Nature Conservation
Background paper 

Uzbekistan
Alisher Shukurov, Leading Specialist, Forestry Department forestry
Bakhadir Khusanov, Project Manager, Environment for Healthy Life
Background paper 

dernière mise à jour:  lundi 6 juin 2011