Contraintes

Les Petits États insulaires en développement présentent de grandes différences, aux plans géographique, biologique, social, culturel et économique, mais ils sont confrontés à des obstacles similaires lorsqu'il s'agit d'utiliser leurs ressources forestières dans une perspective durable, à savoir:

  • Une superficie et des ressources naturelles limitées. 1 De ce fait, la rivalité entre les différentes options d¿utilisation des terres est plus aiguë. De plus, en raison de l¿étendue relativement limitée des bassins versants, la conservation des sols et des eaux est une priorité.

  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Presque tous ces États sont sujets aux cyclones, aux ondes de tempête, aux éruptions volcaniques, aux tremblements de terre, aux feux de forêt, aux glissements de terrain, aux sécheresses prolongées et aux inondations étendues. 2. Étant donné que les dégâts subis touchent souvent l¿ensemble de l¿île, un seule catastrophe risque de mettre à mal l¿infrastructure et l¿économie d¿un pays tout entier. En outre, les Petits États insulaires en développement sont confrontés à long terme aux risques d¿élévation du niveau de la mer associé à l¿évolution climatique mondiale.

  • L¿endémisme élevé des espèces, conjugué à leur rareté, augmente les risques d¿appauvrissement en diversité biologique. En raison de l¿exiguïté de nombreux Petits États insulaires en développement, il est difficile de mettre en réserve de vastes étendues uniquement aux fins de la conservation. Il est donc impératif de mettre au point des stratégies propres à assurer la conservation de la diversité biologique, notamment la conservation des ressources génétiques d¿un certain nombre d¿essences forestières jouant un rôle socio-économique important, et qui sont aujourd¿hui menacées au moins dans une partie de leur habitat naturel du Pacifique Sud.

  • La densité démographique élevée , surtout concentrée dans les basses terres, accroît la pression sur des ressources déjà limitées.

  • Les contraintes économiques dues aux petites dimensions qui ont divers effets, notamment: les coûts élevés de l¿administration publique et de l¿infrastructure, l¿insuffisance des marchés intérieurs et des volumes d¿exportation (parfois en provenance de lieux éloignés), qui augmentent les coûts de et affectent la compétitivité et compromettent les possibilités de mettre sur pied des industries forestières compétitives.

  • Contraintes institutionnelles: Les institutions forestières nationales ont des ressources matérielles, financières et humaines limitées; les politiques forestières auraient besoin d¿être actualisées et l¿on ne dispose pas d¿informations fiables sur les ressources forestières et sur la valeur de leurs fonctions de production et de protection; par ailleurs, le régime foncier en vigueur dans certains pays entraîne une fragmentation des droits de propriété ; enfin les taux de migration élevés, notamment parmi la main d¿¿uvre qualifiée, constituent une entrave supplémentaire.

  • L¿absence de planification intégrée de l¿utilisation des terres. Quelques Petits États insulaires en développement seulement peuvent se prévaloir d¿une planification des terres précise et bien mise en ¿uvre.

  • Pratiques de gestion forestière non durables, telles que : surexploitation des ressources en bois commerciaux, pratiques d¿exploitation inappropriées, sous-emploi des capacités des industries forestières et utilisation de matériel végétal médiocre pour les reboisements, faute de pouvoir accéder à des semences de bonne qualité génétique et physiologique.

Enfin, les longues périodes nécessaires à la mise en valeur des forêts augmentent la vulnérabilité aux variations de la demande et/ou à l'évolution du cadre législatif (notamment des régimes fonciers) ainsi que les risques d'échecs dus à des calamités naturelles, aux ravageurs et aux maladies. Tous ces éléments peuvent dissuader gravement le secteur privé d'entreprendre des activités de boisement et de gérer les forêts dans une optique de durabilité.

Notes

1 - La Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Suriname et le Guyana sont des exceptions notables.

2 - Selon le rapport sur l'impact économique des catastrophes subies au cours des vingt dernières années qui a été produit en 1990 par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des secours en cas de catastrophe, sur les 25 pays les plus exposés, 13 sont des Petits États insulaires en développement.

dernière mise à jour:  vendredi 28 octobre 2005