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Réforme
des Nations Unies: les agences spécialisées doivent,
elles aussi, opérer un changement
L’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a pour mission de libérer l’humanité
de la faim, s’apprête à célébrer en octobre prochain son 60ème anniversaire.
Cependant, en dépit de l’abondance des disponibilités vivrières de la planète
et des capacités du secteur privé d’en assurer le transport et la distribution
au sein d’un système de libre-échange en expansion, 852 millions de personnes
sont encore victimes de sous-alimentation, pour la plupart dans les pays en développement.
Dès sa naissance, un être humain sur sept est condamné à une espérance de vie
drastiquement écourtée du fait du manque de nourriture adéquate. Le secteur
de l’agriculture est encore largement mis à contribution pour produire des quantités
de plus en plus importantes de végétaux, de viande, de poisson et de fibres, afin
de satisfaire une demande croissante, la population mondiale devant passer de
six à neuf milliards de personnes au cours des trente prochaines années. Pour
ce faire, il faut exploiter les ressources naturelles de manière durable, en préservant
la terre, l’eau, les forêts et les océans pour les générations futures.
Dans cette optique, la FAO, une des plus anciennes institutions spécialisées des
Nations Unies, se doit d’apporter une réponse énergique à la situation à laquelle
est confronté l’ensemble du système onusien, en accueillant les appels pour une
réforme fondamentale. A l’instar d’autres organes des Nations Unies,
la FAO doit réduire ses frais généraux, accélérer ses interventions, éviter les
doubles emplois, laisser à d’autres les activités qu’ils sont mieux en mesure
de mener à bien, et renforcer ses actions dans les domaines où elle détient un
avantage comparatif reconnu. Aussi, la FAO a-t-elle pris des mesures
pour entamer un processus de réforme d’envergure. Si les Etats membres les ratifient
en novembre prochain, ces réformes permettront de faire avancer l’Organisation
sur les rails du changement qui touche toute la sphère de la coopération au développement.
Cela lui permettra de mieux répondre aux attentes des pays développés comme des
pays en développement. Plus que jamais se fait sentir le besoin d’une
organisation internationale qui offre une enceinte neutre aux gouvernements de
toutes les nations pour la négociation d’accords sur l’alimentation et l’agriculture
intéressant le monde entier. Il est fondamental d’aider les pays à mettre en application
les normes alimentaires élaborées avec le concours de l’Organisation mondiale
de la santé pour protéger les consommateurs. Le commerce international de produits
agricoles s’en remet de plus en plus à ces normes pour éviter que les règles et
réglementations nationales ne constituent des barrières techniques à la pénétration
des marchés. Il importe, au plus haut point, de renforcer la capacité
de la FAO à opérer dans plusieurs secteurs prioritaires, à commencer par l’assistance
aux Etats membres pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement,
en particulier celui consistant à réduire de moitié l’incidence de la faim dans
le monde d’ici à 2015. La FAO est en train de reconsidérer ses priorités
et son organisation interne afin d’être mieux à même d’affronter les problèmes
mondiaux intéressant de près les agriculteurs: notamment, les ravageurs migrateurs
comme les acridiens, les queleas (passereau africain nuisible) et les chenilles
légionnaires, qui se déplacent en masse au mépris des frontières, détruisant les
cultures qu’ils trouvent sur leur passage et privant des millions de malheureux
agriculteurs de leurs disponibilités alimentaires et de leurs moyens d’existence.
Chaque année, les maladies des plantes et les épizooties - dont beaucoup
peuvent être évitées à un coût relativement limité - font perdre des milliards
de dollars à l’économie mondiale. La fréquence croissante des situations
d’urgence agricole a montré l’importance de la coordination efficace des interventions
internationales en cas de sécheresses à répétition, d’inondations, d’ouragans,
de tsunamis. Les pays touchés attendent de la FAO un appui pour la formulation
de stratégies nationales aidant à remettre sur pied les capacités productives
susceptibles de relancer l’emploi et les revenus. Les consommateurs s’inquiètent,
en outre, vivement des effets potentiellement catastrophiques de maladies comme
la grippe aviaire qui a déjà causé la mort de 60 personnes et la perte de 140
millions de volailles. La FAO s’appliquera à renforcer ses capacités,
en étendant ses activités de formation et de développement institutionnel, et
ce, non seulement en faisant appel aux sources traditionnelles d’assistance du
Nord, mais en élargissant également son programme de coopération Sud-Sud. Elle
puisera aussi dans le vaste réservoir de compétences techniques et socio-économiques
de l’agriculture désormais disponible dans les pays en développement.
Un changement n’est jamais chose facile, mais il s’impose à la FAO si elle veut
continuer, dans le cadre d’un système onusien réformé - et à un coût raisonnable
- à remplir sa mission visant à libérer l’humanité de la faim. septembre
2005 Cet article a été publié
entre autres dans Dallas Morning News (Etats-Unis) et ABC (Espagne)
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