La tâche de nourrir toutes les villes du monde constitue un défi de plus en plus pressant. Aujourd'hui, de la Chine au Chili, les planificateurs et les responsables politiques s'interrogent sur la façon d'assurer les moyens d'existence à une population urbaine croissante.

La FAO aide les gouvernements centraux et locaux à améliorer les systèmes d'approvisionnement et de distribution de produits alimentaires, un processus complexe dans des villes encombrées, où la circulation est chaotique et les infrastructures insuffisantes.

Shova Baral arrive au nouveau marché de Pokhara, à l'ouest du Népal, avec son panier rempli de laitues. Avant, Shova faisait trois kilomètres à pied avec son panier sur la tête pour arriver au centre-ville. Elle passait des heures à essayer de vendre ses produits. Maintenant, grâce à l'appui de la FAO, un marché de gros a été construit où les petits producteurs peuvent vendre directement leurs produits. Shova ne devra plus passer ses journées dans les rues poussiéreuses pour vendre ses marchandises.

"Avant, je venais en ville et je vendais ma marchandise directement au consommateur dans la rue, ce qui prenait beaucoup de temps. Ici, j'obtiens un bon prix pour un panier de légumes, et je peux tout de suite rentrer à la maison et me remettre au travail ", explique Baral.

Le marché de gros est une enceinte construite en ciment de la taille d'un terrain de football avec 105 étals. Le projet de la FAO prévoie aussi des points de collecte de marchandises qui sont un bon complément au marché de Pokhara.

La FAO a dispensé une formation en gestion et manutention des légumes et a créé un service d'information dans le cadre d'un vaste projet d'une valeur de 3,6 millions de dollars. Le projet a appuyé la création de petits centres de collecte outre le marché de Pokhara. Les financements proviennent du Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU) et du Gouvernement du Népal.

Suresh Gupta, 22 ans, vient de Lucknow (Inde) pour s'essayer au métier de grossiste en bananes, arachides et oranges. Il a un téléphone portable et une calculatrice pour ses affaires. "Le nouveau marché est formidable. Je peux vérifier les prix à Katmandou et à Narayangadhj; ainsi, je sais combien je devrais payer et combien je devrais facturer. Les étals sont très grands. Il y a de nombreux parkings, pas trop de monde et les gens sont très coopératifs", dit-il.

Un négociant, en train de charger sur la banquette arrière d'un taxi des oranges qu'il vendra aux détaillants, est tout aussi enthousiaste. "Le marché me convient parfaitement car je ne perds pas de temps à chercher les vendeurs dans la rue", explique Prem Poudel, âgé de 32 ans. "Mon affaire prospère et je gagne davantage."

Bhoj Raj Khanal, le responsable du marché de Pokhara formé par la FAO, est fier de son domaine. "Chaque jour, un millier d'acheteurs et de vendeurs utilisent le marché. Ils ne paient que 5 roupies le droit d'entrée (le prix d'une tasse de thé), ce qui permet de couvrir les frais", déclare-t-il.

"Nous ne fixons pas les prix du marché, mais chaque matin nous sondons cinq acheteurs et vendeurs pour chaque denrée et affichons des prix indicatifs. Nous les envoyons par télécopie ou par courrier électronique aux marchés de gros et nous les diffusons à la radio, de sorte que les vendeurs puissent se rendre là où ils obtiendront le meilleur prix", ajoute-t-il satisfait.