14 juillet 2003, Rome -- Les efforts déployés par la FAO pour éradiquer la tique Amblyomma variegatum, qui a tué neuf têtes de bétail sur dix rien que sur l’île de Nevis dans les années 80, ont été couronnés de succès dans une grande partie des Caraïbes. Désormais, la campagne de lutte de l’Organisation, dénommée CAP, est ciblée sur Antigua, Nevis et St. Maarten, où est concentrée plus de la moitié des bovins des Caraïbes et où la tique est encore diffuse.

La tique Amblyomma s’est propagée rapidement aux Caraïbes à la fin du XXème siècle, s’attaquant au bétail et à d’autres animaux et occasionnant une baisse de la production de viande et de lait. La tique provoque une dermatophilose aiguë, une infection de la peau, et la maladie fatale de la cowdriose.

Menace pour le continent américain
L’expansion rapide des tiques a coïncidé avec celle de la population des aigrettes du bétail. L’oiseau, porteur de larves et de nymphes de tique, peut voler jusqu’à la côte de Floride aux Etats-Unis et arriver en Amérique du Sud – une menace qui rend d’autant plus pressante la nécessité de l’éradiquer.

Depuis 1995, un projet exécuté par la FAO et les gouvernements nationaux, et financé par les Etats-Unis, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et l’Union européenne a drastiquement réduit le nombre des animaux touchés.

"Nous mesurons notre réussite au nombre d’îles qui sont provisoirement libérées de la tique Amblyomma", explique Carlos Eddi, un expert de la FAO en maladies parasitaires. "Aujourd’hui, nous avons accompli ceci dans quasiment toute la partie sud de la région, mais il nous reste encore un enjeu de taille à Antigua, Nevis et St. Maarten au nord."

Des efforts importants de lutte contre cette invasion sont également déployés aux Antilles françaises. La cowdriose est endémique en Guadeloupe et à Marie-Galante. Le CAP et le Programme d’éradication de la tique Amblyomma aux Antilles françaises coopèrent pour la mise en oeuvre de la phase de lutte, de surveillance et de collecte de données.

Les pays sont déclarés provisoirement libérés du parasite tant que la tique n’a pas été éliminée de la région entière. Six pays sur neuf participant au programme CAP avaient été proclamés provisoirement exempts, mais la Dominique, Sainte Lucie et Saint Kitts ont été réinfestés. La cellule de coordination régionale du CAP est en train de préparer des recommandations et des plans d’intervention d’urgence pour s’attaquer aux "points chauds", qu'ils soient nouveaux, persistants ou récurrents.

Le potentiel de l’élevage

Traditionnellement aux Caraïbes, la plupart des éleveurs sont de petits agriculteurs qui ont un nombre limité de bovins pour subvenir à leurs propres besoins. A Antigua, toutefois, où l’on trouve la moitié de la population bovine totale des Caraïbes, les exploitations sont généralement plus grandes, ce qui devrait permettre à l’île de développer son potentiel et d’insister sur l’importance des initiatives d’éradication.

Le secteur du tourisme est d’une importance économique vitale pour les îles des Caraïbes. Cependant, en partie à cause de l’incertitude planant sur la qualité et l’approvisionnement en produits locaux, quasiment tous les produits carnés et laitiers servis dans les hôtels sont importés.

"L’éradication de la tique Amblyomma d’Antigua est un préalable essentiel pour la production animale et la sécurité alimentaire, non seulement pour Antigua, mais aussi pour toute la région des Caraïbes", dit Rupert Pegram, directeur du CAP. "Le succès remporté à Antigua est particulièrement important compte tenu du grand nombre de bovins et des possibilités d’essor du secteur de l’élevage."

L’engagement local est déterminant pour le succès de l’entreprise
Le siège du programme sera transféré de la Barbade au sud des Caraïbes, où il a été mené à bien, à Antigua au nord. Ceci permettra à l’équipe du projet de cibler non seulement Antigua mais aussi les îles avoisinantes de Nevis et St. Maarten.

Jusqu’ici, le secret du succès du programme résidait dans sa démarche participative. Les éleveurs locaux, sous la direction du personnel gouvernemental, se chargent d’appliquer à leurs animaux les traitements nécessaires d’acaricides. Des campagnes massives d’information du public sont lancées par l’équipe du projet afin d’encourager la participation de la communauté à éliminer définitivement le parasite. Un calypso a même été écrit et enregistré pour diffuser le message.

Le rôle central des éleveurs dans l’éradication a contribué, d’une part, à limiter les coûts et, d’autre part, à renforcer les capacités techniques et opérationnelles de chaque pays. Mais des fonds supplémentaires sont nécessaires pour achever l’éradication et empêcher le retour du parasite dans la région et sa propagation au reste du continent.


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