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1er décembre 2003, Maputo, Mozambique -- Les responsables
de neuf pays africains dévastés par lépidémie
du sida sont tombés daccord sur un processus visant
à prendre en compte les effets de la maladie afin de ne pas
faire échouer les politiques agricoles.
Laccord a été conclu lors dun atelier
au siège de la FAO, une semaine avant la Journée mondiale
du sida, le 1er décembre, alors que les nouveaux chiffres
transmis par ONUSIDA estimaient qu'entre 2000 et 2020, 55 millions
dAfricains disparaîtront prématurément.
Le décès de ruraux dans la force de lâge
est un rude coup porté à lagriculture africaine,
petites et grandes exploitations confondues. Non seulement l'on
assiste à une pénurie de travailleurs agricoles valides,
mais les agriculteurs emportent avec eux dans la tombe leurs connaissances
sur les méthodes dexploitation. Une étude de
lagriculture communale au Zimbabwe a constaté que la
production de maïs a chuté de 61 pour cent dans
les ménages qui ont été victimes dun
décès lié au sida.
Ont participé à latelier de la FAO vingt-cinq
décideurs agricoles en provenance de divers pays: Afrique
du Sud, Burundi, Éthiopie, Malawi, Mozambique, Ouganda, République-Unie
de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe, pays où les taux de prévalence
du sida sont parmi les plus élevés au monde.
Les participants ont mis au point un processus en sept phases visant
à incorporer systématiquement les questions de VIH/SIDA
dans les politiques agricoles, affrontant des thèmes comme
lanalyse de situation, la cartographie des politiques, les
négociations avec des partenaires tels que les ministères
des finances, le suivi et lévaluation.
"Les participants à latelier ont travaillé
sur des exemples de politique agricole concrets afin de cerner les
problèmes éventuels et didentifier des moyens
de les résoudre", explique Marcela Villarreal, coordonnatricre
de la question sida à la FAO et une des organisatrices de
latelier.
"Nous avons pu ainsi renforcer la sensibilisation sur limportance
dentreprendre une révision systématique de la
politique agricole dans le contexte du VIH/SIDA et denvisager
un outil efficace pour mettre en uvre cette révision,"
déclare Prabhu Pingali, Directeur de la Division de lanalyse
du développement agricole et économique à la
FAO, et organisateur, lui aussi, de latelier.
Latelier a évoqué lexemple dune
politique agricole avortée par la maladie. Au Malawi, pour
tenter daccroître la production des petits exploitants,
le Gouvernement a distribué des kits de base de semences
et dengrais aux plus vulnérables, en quantité
suffisante pour des parcelles dun dixième dhectare.
Lors de lévaluation de limpact du programme,
il a constaté que les veuves du sida qui recevaient les enveloppes
étaient dans une situation si désespérée
quelles avaient vendu lengrais et mangé les semences.
Résultats du dernier rapport sur la faim
Daprès LÉtat de linsécurité
alimentaire dans le monde 2003 (SOFI 2003), récemment
publié par la FAO, dici 2020, lépidémie
de VIH/SIDA aura emporté un cinquième ou plus de la
main-duvre agricole dans la plupart des pays dAfrique
australe.
Pour combattre la faim efficacement dans les régions ravagées
par le sida, les interventions doivent porter sur les besoins spécifiques
des ménages victimes de la maladie en intégrant des
mesures de prévention et en empêchant sa diffusion.
Daprès des études menées dans des zones
gravement touchées, plus de la moitié des ménages
sont dirigés par trois catégories de personnes: les
femmes (30 pour cent, pour la plupart des veuves), les grands-parents
(près de 20 pour cent) et les orphelins (près
de 5 pour cent). Faute de main-duvre, de ressources
et de savoir-faire pour cultiver les cultures vivrières de
base et de rente, de nombreux ménages sont passés
aux cultures de subsistance, tandis que dautres ont complètement
abandonné leurs champs.
Contact:
Peter Lowrey
Chargé d'information, FAO
peter.lowrey@fao.org
+39 06 570 52762
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