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19 décembre 2003, Bangkok, Thaïlande
En Asie, la vie de millions de familles pauvres dépend des
ressources des petites fermes piscicoles, des lacs, des cours deau
intérieurs et de locéan.
Dans certains pays comme le Bangladesh, le Cambodge, lIndonésie,
le Japon, la RPD de Corée, la République de Corée
et les Philippines le poisson représente près
de 50 pour cent des apports en protéines animales. Dans
lensemble, la région assure environ les deux tiers
de la consommation mondiale de poisson, selon les études
de la FAO.
En effet, pour de nombreuses communautés pauvres dAsie,
les ressources aquatiques non seulement assurent la sécurité
alimentaire des ménages mais donnent aussi aux familles un
moyen de se procurer des revenus supplémentaires en vendant
le surplus sur les marchés locaux, explique Simon Funge-Smith,
expert en aquaculture du Bureau régional de la FAO pour lAsie
et le Pacifique.
Un don méconnu
En dépit de limportance des pêches artisanales
et de la pisciculture pour tant de pauvres dAsie, les politiques
nationales et les stratégies de développement ne reflètent
pas toujours cette réalité.
"Malheureusement, les avantages que procurent ces secteurs
sont souvent méconnus, négligés par les économistes
agricoles ou éclipsés par les politiques axées
sur lexportation", explique M. Funge-Smith.
Autre problème que doivent affronter les petits pêcheurs
pauvres en Asie, ainsi que les institutions gouvernementales chargées
de les aider: le manque dinformations sur les techniques daquaculture
et de pêche employées avec succès par d'autres
communautés pauvres.
"Le partage de linformation entre les pays et les communautés
de la région est vital pour donner aux gens les moyens dagir
et dapprendre, en tirant des leçons non seulement des
réussites, mais aussi des échecs", Rohana Subasinghe,
Fonctionnaire principal du Département des pêches à
la FAO. "Plus on communique, plus on apprend."
Développement de la base au sommet
Pour aider les familles asiatiques dépendant des ressources
aquatiques à apprendre à les exploiter de façon
durable afin de produire davantage de revenus et de nourriture,
le Réseau des Centres daquaculture de lAsie-Pacifique
(NACA) sest uni à
la FAO, au Département
pour le développement international du Royaume-Uni et
à lorganisation Voluntary
Service Overseas pour soutenir lInitiative Gestion
régionale des ressources aquatiques (STREAM).
Lidée de base était doffrir un appui pour
donner la capacité dagir aux pauvres dont la vie dépend
de la pêche, de laquaculture ou de la récolte
des ressources aquatiques, tout en les aidant à intervenir
activement dans lélaboration des politiques liées
à ces ressources.
"STREAM est un réseau visant à renforcer les
capacités et à partager les informations", explique
M. Subasinghe. "Nous nous efforçons de mieux comprendre
comment en Asie les pauvres sont tributaires de la pêche et
de la pisciculture, et d'identifier des moyens de les aider, de
diffuser les connaissances sur ces questions dans toute la région,
et enfin daider ces communautés à se faire entendre
dans les décisions qui les concernent directement."
En même temps, dit-il, STREAM documente tout ce quil
apprend sur les moyens dexistence des pauvres et quelles
stratégies se sont avérées fructueuses pour
les aider à capturer ou à élever davantage
de poisson et transmet ces informations aux organismes nationaux
et aux décideurs.
"STREAM entend ainsi donner suite au Chapitre 26 dAction 21
de la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement
et le développement, qui invite la communauté internationale
à encourager lauto-détermination des communautés
autochtones afin quelles prennent part à la formulation,
à léchelle nationale, de politiques, de lois
et de programmes liés à la gestion et au développement
des ressources pouvant les concerner", ajoute Graham Haylor,
le directeur du projet.
Parmi les activités principales de STREAM, citons notamment:
la convocation de réunions et dateliers régionaux
et nationaux qui offrent aux communautés, aux responsables
politiques et aux administrateurs des ressources des occasions dapprendre,
denseigner, de se connecter en réseau et de partager
linformation au-delà des frontières sectorielles
et nationales;
la réalisation dinventaires nationaux de ressources
aquatiques qui documentent la manière dont les pauvres les
utilisent et évaluent les cadres de politique influant sur
leur capacité de le faire;
la diffusion de linformation via une revue éducative
en plusieurs langues, une vaste bibliothèque et une base
de données en ligne;
le suivi de différentes approches de gestion et la
collaboration avec les décideurs pour élaborer des
stratégies de développement qui aident les pauvres
à tirer le meilleur parti des ressources aquatiques.
Vaste réseau
A lheure actuelle, STREAM a des antennes au Cambodge, en Chine,
en Inde, en Indonésie, en République démocratique
populaire lao, au Népal, aux Philippines et au Viet Nam.
Elles sont reliées entre elles au sein dun vaste réseau
par une stratégie de communication sur Internet, des réunions
et des ateliers, des vidéos, des conférences périodiques
et la publication de matériels didactiques en différentes
langues et dialectes.
Sur le terrain, des équipes de coordination nationales administrent
les bureaux dans les pays, travaillant en étroite coopération
avec des partenaires tels quorganismes gouvernementaux ou
centres universitaires, organisations à but non lucratif
et groupements communautaires.
La communication qui sétablit est vraiment extraordinaire",
souligne M. Haylor. "STREAM partage les connaissances en 14 langues
par un processus qui permet denregistrer en hindi un récit
raconté par un agriculteur en chotanagpuri (langue tribale
de lest de lInde), de le traduire en anglais, puis dans
les langues locales de nombreux autres pays dAsie-Pacifique,
et de mettre ainsi ces récits à la disposition des
pourvoyeurs de services et des agriculteurs de toute la région."
Depuis sa constitution en décembre 2001, STREAM a déjà
remporté un bon nombre de victoires.
En Inde, par exemple, linitiative a contribué à
donner voix au chapitre aux communautés tribales dans le
plan actuel de développement quinquennal.
Au Cambodge, le soutien offert par STREAM a lancé la participation
active des communautés locales dans la co-gestion des pêches
intérieures.
Au Viet Nam, STREAM a collaboré avec le Ministère
des pêches pour créer un Programme daquaculture
durable pour la réduction de la pauvreté qui, au lieu
dutiliser une approche du sommet à la base, répond
aux exigences des pêcheurs et des agriculteurs en tenant compte
de leurs propres objectifs.
Et dans toute la région, les départements nationaux
et les offices chargés des pêches utilisent le réseau
STREAM pour coordonner les activités, mettre les ressources
en commun, partager linformation et les expériences,
et acquérir de nouvelles connaissances et compétences.
Contact:
George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
+39 06 570 53168
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