En Afrique de l’Ouest, des communautés de pêcheurs pauvres participent, pour la toute première fois, à leur propre développement. Guidés par une méthode par étapes, avec l’aide de fonds modestes, les membres de la communauté affrontent les problèmes qu’ils ont eux-mêmes identifiés comme des obstacles à leur progrès social et économique.

Ce dossier donne un aperçu de deux communautés. Au Ghana et en Guinée, les hommes qui pêchent le poisson et les femmes qui le traitent et le vendent racontent comment ils se sont organisés pour diversifier leurs moyens d’existence, s’assurer le concours de partenaires puissants des sectors privé et public, jouer un nouveau rôle dans la surveillance de leurs zones de pêche et tenir les braconniers en échec.

Climat de confiance

Les responsables gouvernementaux aux niveaux local et national racontent comment, souvent pour la première fois, ils se retrouvent assis autour de la même table avec des représentants des communautés de pêcheurs pour examiner des problèmes et chercher des solutions.

"Avant, les idées venaient des experts et des consultants, mais maintenant ce sont les populations elles-mêmes qui cernent leurs problèmes, établissent des priorités et participent à la recherche de solutions", explique Mohamed Moustapha Ly, Secrétaire général du Ministère de la pêche et de l’aquaculture de Guinée. "Je rends visite à toutes les communautés de pêcheurs. Elles s’expriment librement, sur tout; elles ont confiance -– c’est cela la vraie nouveauté."

Un programme ambitieux
Les communautés de pêcheurs présentées ici prennent part au Programme pour des moyens d’existence durables dans la pêche (PMEDP), un partenariat entre 25 gouvernements d’Afrique de l’Ouest, la FAO et le Département pour le développement international du Royaume-Uni (DFID). Le Programme, doté d’un budget de 21,5 millions de livres sterling, a été lancé en 1999 et se poursuivra jusqu’en 2006; il se fonde sur deux outils principaux: l’approche des moyens d’existence durables et le Code de conduite pour une pêche responsable, adopté par les Etats membres de la FAO en 1995.

Une approche holistique

L’approche des moyens d’existence durables au développement encourage, en deux mots, les communautés à considérer leurs biens, leurs forces et leurs opportunités comme un tout. Ce type d’analyse jette les bases d’un projet communautaire. Les résultats montrent aux gouvernements comment les villageois s’avèrent des partenaires utiles dans le développement, et non pas juste des bénéficiaires de services.

Le but est d’aider ces communautés, marginalisées par la pauvreté, l’analphabétisme et l’isolement, à devenir des partenaires à part entière de la société. Le fait que les villageois soient marginalisés ne signifie pas qu’ils n’ont pas de bonnes idées. Les représentants officiels du Gouvernement, des organisations non gouvernementales et du secteur privé détachés auprès des Unités de coordination nationales (UCN), les outils du Programme à l’échelon national, servent de catalyseurs pour exploiter ces idées et aider les communautés à s’organiser pour agir.

L’avenir du programme
Depuis 1999, le PMEDP a lancé plus de 40 projets communautaires dans 25 pays; nous en présentons deux ici. Bientôt, faisant fond sur les enseignements tirés, de plus vastes projets pilotes à l’échelle de la sous-région, identifiés par les communautés, les ministères et autres parties prenantes, seront lancés dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest.

La FAO, le DFID et les habitants d’Afrique de l’Ouest espèrent voir d’ici 2006 l’approche du Programme non seulement réduire la pauvreté et protéger l’environnement dans le secteur halieutique, mais aussi être utilisée dans d’autres domaines de la société et être diffusée à tous les ministères. Les graines d’une croissance saine ont été semées dans toute la région et, comme nous le verrons ici, elles portent déjà leurs premiers fruits.

Pays participants

Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Congo, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo.

Février 2003


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Peter Lowrey
Chargé d'information
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