Depuis les années 50, les gouvernements des pays développés, les organismes des Nations Unies et les établissements bancaires travaillant dans les pays en développement ont tenté toutes les approches, l’une après l’autre, pour toucher les catégories les plus pauvres de la société.

Dans les communautés rurales ou urbaines pauvres, des projets pilotes ont utilisé les meilleures méthodologies que pouvaient concevoir les théoriciens du développement, espérant en reproduire les succès chez le plus grand nombre de communautés possibles dans une guerre d’usure contre la pauvreté. Mais la plupart du temps, à la conclusion du projet, les populations émancipées retournaient doucement à leur vie au jour le jour.

Cependant, la réduction de la pauvreté en tant que science continuait à se développer.

"Nous avançons; nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas", fait remarquer Diana Carney, une économiste du DFID et une des principales théoriciennes de l’approche des moyens d’existence durables, qui conjugue les leçons apprises au cours de décennies d’efforts de développement.

"On a reproché au développement d’être excessivement technique et axé sur un seul objectif, alors que tout le reste capote", ajoute-t-elle. "Un énorme travail a été réalisé sur différents aspects de la mosaïque du développement … d’interminables débats sur la participation, sur les droits, sur le capital social, mais l’approche des moyens d’existence dit que nous pouvons tirer des enseignements de toutes ces choses."

Les gens avant tout
"L’action est centrée sur les personnes, et non sur les aspects techniques. Dire qu’elles n’ont rien à apporter au débat est faux", insiste-t-elle. Elle cite en exemple un système expérimental de surveillance des pêches récemment testé en Guinée (voir Les chalutiers mis en échec par les patrouilles de la communauté), où les pêcheurs analphabètes collaborent avec les garde-côtes à l’aide de radios et de dispositifs manuels de positionnement. "L’approche s’appuie sur les points forts des populations. Après tout, les pêcheurs artisans vivent dans la zone à patrouiller."

"L’autre caractéristique importante de cette approche est qu’elle ne reste pas confinée au niveau des comités de village", explique-t-elle. "Si le véritable problème est, par exemple, les traités internationaux de pêche, alors affrontons-le directement."

Février 2003


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