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MOREE, Ghana -- La petite économie de pêche de cette communauté
perchée sur un promontoire rocheux sur l’Atlantique est aussi dynamique
que n’importe quelle unité économique plus importante. Un chaînon
manquant dans la filière de production que ce soit une pénurie
de poisson ou de bois pour les fumoirs encourage les villageois
à se réunir pour chercher une solution et résoudre le problème.
Le récit suivant relate non seulement comment la communauté a résolu
un problème particulier grâce à une idée novatrice, mais aussi comment
elle a acquis à la fois des alliés locaux et nationaux et travaillé
avec les uns et les autres, jetant les bases de son succès.
Des hauts et des bas
Lorsque les pirogues rentrent d’une bonne pêche et débarquent leurs
prises sur les plages en contrebas, les soixante mareyeurs et transformateurs
de poisson et le groupe des femmes de Moree commencent à s’affairer.
Ils achètent tout le poisson qu’ils peuvent se permettre, le transportent
sur la colline dans de grandes cuvettes en fer-blanc, le vident,
le nettoient et le disposent sur des grilles dans les fumoirs. La
fumée s’engouffre en tourbillonnant dans les ruelles de la localité.
Le produit est expédié par camion à Accra, la capitale, à deux heures
de route à l’est, ainsi que dans le reste du pays.
La vie est dure dans la communauté. Les hommes reviennent parfois
brebouilles de la pêche. Les femmes doivent parfois aller jusqu’au
Nigéria pour acheter du poisson à transformer pour la vente. Durant
la saison maigre qui va de janvier à mai, il y a bien peu de disponibilités
pour acheter de la nourriture et beaucoup doivent se contenter de
maigres repas, parfois seulement de l’eau.
Naissance d’une "idée géniale"
Le bois de feu pour les fours étant de plus en plus coûteux, le
groupe de femmes a eu l’idée de démarrer sa propre parcelle boisée.
Elles ont contacté le PMEDP, qui les a mis en contact avec le responsable
gouvernemental local des pêches, Yaw Sabah, désormais un membre
de l’Unité de coordination nationale du Programme.
"J’ai pensé que c’était une très bonne idée, mais qu’elles ne connaissaient
rien à la plantation et à l’entretien des arbres", raconte M. Sabah.
"Aussi avons-nous fait venir les experts nécessaires".
Dans le cadre de l’approche du Programme, un autre membre de l’Unité
de coordination nationale, Doris Yeboah, animatrice du gouvernement,
est arrivée pour "leur montrer toutes les possibilités de participer
à leur propre développement".
Attirer des partenaires puissants
Pour un développement économique dynamique et durable, le PMEDP
encourage les groupes communautaires à former des partenariats avec
des intérêts puissants pour toute la durée du projet, et au-delà.
Pourquoi ne pas faire participer le chef du village? Et le directeur
de la banque locale? Et les agents de vulgarisation gouvernementaux?
Ils ont tous un intérêt dans la croissance de l’économie locale.
"En travaillant de concert, les groupes ont convaincu le chef à
céder des terres pour la plantation d’arbres", fait remarquer Emilia
Amang, la coordonnatrice nationale du Programme.
Plans pour l’avenir
Le micro-crédit a eu moins de succès à Moree. Fin 2002, seulement
3 emprunteurs sur 20 étaient parvenus à rembourser leurs traites,
alors que 17 avaient 5 mois de retard. Un homme politique local
s’efforce, au nom des femmes, de faire annuler les prêts et de redémarrer
à zéro. "Cette année, la pêche a été mauvaise", déplorent les femmes.
Toutefois, elles disposeront bientôt de nouvelles sources de revenu.
Les femmes ont semé du manioc, du poivre, du maïs, du niébé, des
plantains et des mangues entre les arbres. Les acacias à croissance
rapide ont désormais atteint huit mètres de haut et sont prêts pour
la coupe en 2003.
"Lorsque la pêche en mer est mauvaise, nous rêvons d’avoir une source
fiable de poisson", explique Elisabeth Bentum, la secrétaire financière
du groupe. "Et nous voulons une garderie pour les enfants quand
nous devons nous déplacer pour aller chercher du poisson. La plupart
des membres de nos familles sont également marchands de poisson,
ce qui veut dire que nous ne savons pas à qui laisser nos enfants.
Si nous devons les laisser avec un de nos aînés, celui-ci est contraint
de manquer l’école."
Et les hommes de Moree? Ils sont d’un grand soutien et ont aidé
à préparer les terres et à planter les arbres. Mais ils n’ont pas
fait preuve de la même flexibilité que leurs compagnes dans leurs
choix de revenus.
"Les hommes préfèrent s’en tenir à la pêche", admet Nana Kodwo Mensa-Bonsu
II, le chef des pêcheurs de Moree. "Ils préfèrent aller pêcher ailleurs
plutôt que de s’essayer à autre chose, comme l’agriculture par exemple."
Février 2003
Contact:
Peter Lowrey
Chargé d'information
Peter.Lowrey@fao.org
+39 06 570 52762
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