Des millions d’êtres humains dans le monde entier sont tributaires des forêts comme source de médicaments, de matériaux de construction, de combustible, de revenus – et de nourriture. D’après les estimations de la FAO, environ 500 millions de personnes vivent dans ou aux abords des forêts, et dans certains cas, celles-ci constituent leur principale source de nourriture. Mais presque partout, les forêts servent régulièrement de complément à l’alimentation humaine.

Dans de nombreux pays en développement, les aliments de la forêt représentent un filet de sécurité primordial, aidant les communautés à joindre les deux bouts entre deux campagnes agricoles, en cas de perte de récolte ou durant les périodes de sécheresse, de famine ou de conflit social. Dans certaines zones, les forêts soutiennent l’élevage en offrant du fourrage aux animaux, tandis que dans d’autres – par exemple, les marais de mangrove côtiers – elles aident les pêches locales.

Mais en dehors de ces contributions directes à la sécurité alimentaire, les fonctions environnementales des forêts jouent un rôle déterminant pour la production agricole durable: les forêts et les terres boisées aident à filtrer et à maintenir l’approvisionnement en eau, protègent les sols de l’érosion et les terres de la dégradation, servent de modérateur du climat et freinent le réchauffement de la planète en éliminant le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

Les forêts sont également de riches réservoirs de diversité biologique et offrent à de nombreuses populations pauvres du combustible pour la cuisine et le chauffage, tandis que les emplois qu’offrent la forêt donnent à beaucoup d’autres une source de revenus en espèces.

"La survie des forêts constitue réellement une garantie pour la survie de l’humanité", affirme El-Hadji Sène, Directeur de la Division des ressources forestières de la FAO. "Elles fournissent une immense variété de produits et services et remplissent de multiples fonctions."

Au Congrès forestier mondial qui se tiendra à Québec (Canada) du 21 au 28 septembre, la FAO mettra l’accent sur ces liens multiples et sur le rôle essentiel que les forêts jouent dans la conservation d’autres ressources fondamentales, comme l’eau et les sols.

Québec, un rendez-vous important

Selon M. Sène, la réunion constitue un pas important vers ce qu’il décrit comme la voie de l’aménagement durable des forêts. "Le congrès rassemble des forestiers du monde entier pour trouver des moyens d’exploiter les produits, biens et services que les forêts offrent, sans porter atteinte aux forêts – en bref, comment appliquer aux forêts l’idée de la mise en valeur durable", dit-il.

Depuis 1947, la FAO joue un rôle pilote dans le parrainage et l’organisation de la manifestation, convoquée tous les six ans pour réunir des partenaires du monde entier afin d’examiner tout un éventail de questions. Plus de 3 000 personnes sont attendues cette année.

Mais la FAO s’investit aussi activement dans les discussions et les échanges de connaissances qui ont lieu durant la manifestation. Cette année, des experts de l’Organisation parleront de sujets tels que l’évaluation des ressources forestières, les pratiques d’aménagement durable, le changement climatique, la déforestation, la gestion des feux de forêt, la réduction de la pauvreté en forêt et les débouchés commerciaux pour les produits forestiers non ligneux.

Un parcours en collaboration

La participation de la FAO au Congrès forestier mondial vient étayer son intervention dans d’autres instances internationales sur les politiques forestières.

Compte tenu des réalisations de la FAO dans le secteur forestier, en 1992 la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement a invité l’Organisation à jouer un rôle pilote dans la coordination de l’action internationale pour la lutte contre la déforestation. En cette qualité, au cours des dix dernières années, la FAO a collaboré avec de multiples partenaires – appartenant ou non au système des Nations Unies – y compris pour le soutien d’autres mécanismes multilatéraux s’occupant de questions de foresterie mondiale. Citons le Groupe intergouvernemental sur les forêts, le Forum intergouvernemental sur les forêts, le Forum des Nations Unies sur les forêts et le Partenariat sur les forêts, qui coordonne les apports des organismes internationaux sous la présidence de la FAO.

"Nous nous occupons également de la mise en oeuvre d’autres mécanismes et conventions portant sur les forêts, en particulier les premières Conventions de Rio", précise M. Sène.

Ce nouveau cadre international de coopération renforcée a déjà abouti à des résultats tangibles, constate la FAO dans la Situation des forêts du monde 2003:

– plus de 100 pays ont révisé leurs politiques forestières et mis au point des programmes forestiers nationaux, en tenant compte de la nécessité d’une plus vaste participation de différents partenaires;

– 150 pays participent aux efforts internationaux de mise en place de critères et indicateurs d’aménagement durable des forêts;

– les zones soumises à des plans officiels de gestion forestière sont passées à 88 pour cent dans les pays développés et à environ 6 pour cent dans les pays en développement;

– 10 pour cent des forêts de la planète font désormais partie d’aires forestières protégées;

– la participation des communautés locales à la planification et à la gestion forestières est en augmentation.

Travailler pour l’avenir de la foresterie


Les forêts et la foresterie font partie du mandat de la FAO depuis la création de l’Organisation en 1945. Aujourd’hui, le Département des forêts de la FAO poursuit ses travaux sur une vaste gamme de thèmes importants, comme la foresterie communautaire et la réduction de la pauvreté, la dégradation des forêts et la déforestation, l’aménagement durable des forêts, la conservation et la biodiversité, la gestion des feux de forêt et le lien entre forêts et changement climatique.

Un nouveau domaine important concerne la collaboration de la FAO avec les pays et les associations régionales du monde entier pour élaborer une série commune de critères et indicateurs d’aménagement durable des forêts.

"Il s’agit", explique M. Sène, "d’utiliser ces indicateurs comme base pour de meilleures pratiques, éléments fondamentaux qui orientent le praticien vers l’aménagement durable des forêts".

Pour tout complément d’information sur les travaux du Département des forêts de la FAO et les messages que la FAO entend lancer au Congrès forestier mondial, consultez les liens à droite de l’article.

 

Septembre 2003


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George Kourous
Chargé d'information, FAO
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